Entretiens EPL Les News — 01 juillet 2013

Dans la série « jeunes talents », notre étudiant en communication belge, Bruno Ahoyo, a décidé aujourd’hui de nous présenter Samuel Ollivier, commentateur cyclisme et foot sur beIN Sport. Pour beaucoup, Samuel Ollivier c’est d’abord une voix. Voix découverte sur RMC pour la plupart où il a beaucoup travaillé sur le football. Et sur RTL-L’Equipe pour les plus internautes d’entre nous, où il était préposé à la petite reine. Passé depuis sur beIN Sport, le jeune journaliste de 24 ans a porté le Giro sur la chaîne en mai dernier. Entretien.

Comment se passe ta nouvelle vie à beIN Sport ?

Cela a été très enthousiasmant de participer à une création de chaîne ! J’avais déjà eu la chance de participer à la création de la radio RTL-L’Equipe en 2007. C’était tout aussi prenant, plaisant de remplir une page blanche de cette façon. De plus, de pouvoir créer une émission comme « Girophare », qu’on a l’ambition d’établir comme référence et donc d’améliorer, c’est génial.

Comment s’est passée ton embauche à beIN Sport ?

Florent Houzot est venu me chercher sur BFM où je faisais bien évidemment de l’antenne. Il voulait que je rejoigne le projet, donc je suis content d’avoir eu sa confiance.

Comment as-tu été amené à travailler sur le Giro, et comment l’émission est-elle née ?

En fait, j’ai couvert pas mal de cyclisme pour RTL/L’Equipe avec Emmanuel Barth. On commentait les courses en binôme, et c’est donc une association qui s’est reformée assez naturellement.  On a d’ailleurs commencé cette saison par la classique Milan-San Remo. Moi j’étais au départ de la course, en position « bord terrain », à Milan avec les coureurs. Et Emmanuel à l’arrivée, à San Remo, en tant que commentateur. Pour ce qui est de « Girophare », c’est encore une fois une initiative de Florent Houzot. Il voulait qu’on essaye d’apporter de la nouveauté aux courses cyclistes, qu’on essaye de les mettre en valeur. Qu’on se différencie : c’était vraiment le but de la réflexion qu’on a menée ensemble. Cela passait donc par une émission avec des consultants, et quelques innovations. On a donc essayé de donner priorité au direct, d’avoir un invité par jour, montrer les coureurs cyclistes au naturel…

Grandement aidés par nos consultants (Roberto Damiani, Eric Boyer, Nicolas Fritsch, Jean-Patrick Nazon) , on a eu en tout cas la grande satisfaction d’avoir réussi à créer une équipe en quelques jours. On peut aussi relever que personne n’avait fait de télé auparavant à part Eric, donc avoir eu des retours aussi positifs et avoir réussi  à obtenir des fidèles, cela fait très plaisir.

A vrai dire, je ne te connaissais pas spécialiste vélo, pour t’avoir suivi sur RMC…

Non, c’est vrai que je n’ai pas couvert de cyclisme sur RMC. Mais comme je l’ai dit précédemment, j’ai fait deux saisons complètes de vélo sur RTL/L’Equipe , où je commentais toutes les courses, et où j’ai même pu faire le Tour de France. Moi qui adore ce sport, j’étais comme un fou bien sûr !

J’ai discuté récemment avec Mathieu Istace, journaliste sportif à la RTBF, qui m’avait expliqué que le cyclisme était pour lui le sport le plus exigeant. Tu penses la même chose ?

Il est évident que le métier de coureur cycliste requiert beaucoup d’investissement. Investissement physique et personnel, car on est toute la saison en déplacement. C’est d’ailleurs une des principales raisons qui explique la réticence de ces athlètes à venir sur les plateaux télé. Ils préfèrent profiter de leurs familles quand ils sont libres. Cela reste quand même des héros. Quand tu vois, par exemple , Vincenzo Nibali, qui gagne le Giro avec cette ultime étape de montagne sous la neige et le brouillard (à Tre Cime di Lavaredo, 20ème étape), c’est une image fantastique. Donc oui,  sport très exigeant, mais il est toujours difficile de comparer les sports.

On est donc d’accord : le dopage est LE fléau du cyclisme.

Du sport en général. Pas que du cyclisme. Il est certain que le dopage a entaché des performances de coureurs considérés comme des champions. Après, les contrôles sont de plus en plus efficaces. Beaucoup de choses sont faites pour éviter les situations du passé, comme par exemple les blancs dans les palmarès.

Anne-Laure Bonnet a fait son vrai retour à la télévision française via beIN Sport. Sur Twitter elle a été très plébiscitée pendant la compétition…

C’est clair que c’est une plus-value énorme sur la ligne d’arrivée. Premièrement, son CV parle pour elle : elle a travaillé pour TF1 et Sky Italia sur plusieurs sports (Formule 1, football…). Elle a également une maîtrise colossale des langues. Quand tu as un tel festival à chaque arrivée d’étape, entre Samuel Sanchez qu’elle questionne en espagnol, Vincenzo Nibali qu’elle interviewe en italien, les quelques mots en polonais qu’elle avait placé  pour Rafal Majka, Bradley Wiggins en anglais, et je sais aussi qu’elle parle portugais….Tu ne peux qu’être content de l’avoir en tant que collègue de travail. Ce qui est aussi remarquable, c’est que malgré son énorme expérience, elle est arrivée humble et a tout fait pour s’intégrer au maximum. Je trouve que le trio qu’elle a formé avec Emmanuel Barth et Cédric Vasseur a été très complémentaire tout au long du Giro. Elle a apporté un ton différent de ce qui se fait ailleurs.

Quels retours avez-vous eu sur Girophare ?

Ils ont été globalement positifs, et de la part de tout le monde d’ailleurs. Du monde du cyclisme, des téléspectateurs, même de collègues non-initiés… On est content de cela, et on a donc encore plus envie d’évoluer, et d’essayer d’apporter des touches différentes. Ce n’était bien sûr que notre première saison de cyclisme sur beIN. On va donc essayer de moderniser humblement les retransmissions de course et nos émissions.

L’interactivité avec les téléspectateurs a été un des points forts de votre émission.

Oui, les tweets ont été prédominants dans l’émission, et c’est un choix éditorial par ailleurs. Il y en a quelques-uns, comme Rémi Reverchon par exemple, qui en ont bien profité d’ailleurs, comme il l’explique très bien dans le documentaire anniversaire de notre chaîne. Mais pour bien comprendre la force que cela a représenté pour « Girophare », voici un exemple. La quatorzième étape n’a pas pu être diffusée en intégralité à la télévision, car il y avait du brouillard : du coup, l’avion qui fournit les images n’a pas pu décoller. Toute notre après-midi a été une véritable péripétie, car il fallait être à l’antenne  pendant trois heures. En attendant qu’éventuellement les images arrivent. Ce fut chose faite à… 20 minutes de l’arrivée. Les tweets, via les questions des téléspectateurs, ont fourni la plupart du conducteur et de la matière de notre émission, tout simplement.

Après cette première année, quel est ton meilleur souvenir sur ta nouvelle chaîne ?

En fait, comme j’ai la chance de faire beaucoup de choses, il y en a plusieurs. Je dirais le Giro car c’était une véritable aventure humaine, au-delà du professionnel. Trois semaines de vrai bonheur, un vrai plaisir. Merci aussi à Laurent Salvaudon, et à ses qualités d’éditeur, ce fut un très beau défi. Mais il y a aussi bien évidemment la Ligue des Champions : quand on peut aller couvrir des matches à Istanbul, à Donetsk, à Dortmund… on ne boude pas son plaisir.

Et tes meilleurs souvenirs de journaliste sportif en général ? 

J’en ai deux : le premier, c’est ma première Grande Boucle , à 20 ans avec Emmanuel. On était tous les deux de très jeunes journalistes à cette époque et RTL/L’Equipe nous avait permis de couvrir le Tour sur place. C’était un grand souvenir. Le second, c’est la Coupe du Monde de rugby en 2011, que j’avais couverte pour RMC/BFM TV. Suivre l’épopée du XV de France jusqu’en finale, c’était déjà quelque chose. J’ai pu aller voir une école de Haka dans la banlieue d’Auckland, c’était terrible aussi. Mais j’étais aussi et surtout allé réalisé un reportage à Christchurch, la ville qui avait été frappée par les séïsmes quelques mois en arrière. J’avais réussi à me rendre au centre-ville alors que c’était une zone rouge, dévastée et en ruines (interdite à la presse d’ailleurs). C’était très émouvant de voir la difficulté que les gens avaient à survivre, leur détresse, le fait qu’ils avaient tout perdu…. C’était très touchant et c’est un souvenir très fort pour moi.

Je tiens donc à remercier François Pesenti de m’avoir envoyé sur place. Il a été une personne importante dans mon début de parcours professionnel et je le remercie grandement pour la confiance qu’il m’a accordée durant toutes ses années.

Peut-on s’attendre à ce que tu commentes d’autres disciplines sur la chaîne à l’avenir ?

Je suis très content des disciplines que je traite pour le moment, c’est-à-dire cyclisme et football. Après, tout est possible :  cela dépendra de l’évolution des droits. On verra bien.

Et est-il prévu que tu travailles sur les prochaines courses cyclistes ?

Oui, les prochaines échéances dont on a les droits sont les Mondiaux de cyclisme sur route (à Florence) et le Tour de Lombardie. On est en pleine réflexion avec Florent Houzot et toute l’équipe cyclisme sur la couverture de ces grands évènements.

Pour finir, beIN Sport a-t-elle prévu quelque chose de spécial pour la Grande Boucle ?

Un suivi assez classique. On va utiliser nos rendez-vous d’info, comme l’Expresso par exemple pour offrir un suivi régulier de la course à nos téléspectateurs. Donc via images et réactions, et si possible reportages.

Propos recueillis en exclusivité pour En Pleine Lucarne par Bruno Ahoyo.

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Bruno Ahoyo

(6) Readers Comments

  1. Bonsoir, je vous contacte pour connaitre le moyen de voir la vidéo que vous avez effectué avant le match guingamp.psg du 14 décembre dernier. Je suis le garçon avec le message pour thiago silva .
    merci beaucoup de prendre le temps de me répondre.

  2. je cherche le mail de Samuel ollivier ou comment entrer en contacter avec lui pour mon fils malade pour lui demander personnels.
    maintenant il est occuper par le tour de Gero ITALIE merci

  3. Tres bon journaliste

  4. Bein sport a employé des moyens tv qu’on avait jamais vu en France. Ce Giro a été traité d’une excellente façon !! Le Giro a enfin été du niveau de la grande course qu’elle est. Un traitement semblable à la ligue des champions en foot. Le trio sur place a superbement bien fonctionné, interview dès l’arrivée + l’émission du girophare pour son traitement avant/après les étapes ont été efficaces. Très belle arrivée de BIS dans l’univers du vélo pour moi.

  5. Je l’ai déjà dit sur Twitter mais BeIn Sport à mieux traité le giro que FTv ne le fait pour le Tour de France et pourtant FTv à bien plus de moyens et elle réalise en plus. Et alors au niveau des journalistes c’est pareil BeIn largement devant FTv aussi. Adan Holtz et celui qui commente le résumé de l’étape dont j’ai oublié le nom (godard?) C’est tout simplement pas possible!!

  6. C’est vrai que c’était une émission assez agréable à regarder.Elle renouvelle le genre. Comme quoi, la concurrence a vraiment du bon.

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