Le 25 juin, à quelques jours du départ du 100e Tour de France, France 2 diffusait son documentaire historique sur « La Légende du Tour » (2×52 min), à base d’images d’archives colorisées et de documents inédits. Ce documentaire sera d’ailleurs rediffusé à l’occasion de la dernière étape du Tour. Comment réalise-t-on un tel documentaire ? Où déniche-t-on ces archives ? Quels ont été les obstacles à sa réalisation ? Pour avoir les réponses autant s’adresser directement à son auteur, Jean-Christophe Rosé. Ce que nous avons fait.

Où trouver les archives ?

« Aujourd’hui et, contrairement à ce que certains réalisateurs voudraient faire croire, les images inédites sont rares, même s’il est vrai que certaines sont nettement moins connues que d’autres. Nous avons passé six mois à chercher et visionner des archives dans différentes cinémathèques. En France, bien sûr, mais aussi des documents venus de différents pays adeptes du cyclisme tel que les Etats-Unis, l’Angleterre ou encore la Belgique et l’Italie. »

Rappelons que la télévision n’est présente sur la route du Tour que depuis la fin des années 1940. Le premier reportage en direct d’un sommet alpin se limita à un plan fixe. Il fallut attendre les années 1960 pour assister à des reportages en direct faisant pénétrer le téléspectateur au coeur de la course.

« Après les années 50 les caméras sont devenues amovibles, et il est donc possible de filmer les champions en dehors du contexte sportif. Louison Bobet, triple vainqueur du Tour de France (1953, 1954, 1955) est le premier cycliste à avoir été filmé chez lui avec ses amis et sa famille. L’avancée technologique de la caméra a permis de détacher le champion du palmarès, et ainsi de lui rendre un coté plus accessible, plus proche des spectateurs. »

« Ce travail de recherche et de visionnage fut l’une des étapes les plus longues dans la conception de ce documentaire. Il a été suivi de 5 mois de modélisation puis d’un an de tournage. »

Le travail de colorisation

« La difficulté d’un tel procédé réside avant tout dans la justesse historique, il fallait rester fidèle aux couleurs d’origine. Les panneaux publicitaires devaient retrouver leur aspect d’antan (il cite en exemple la marque d’apéritifs BYRHH qui n’existe plus aujourd’hui) ainsi que les maillots des cyclistes. L’équipe de France à changé 10 fois de maillot depuis l’arrivée des équipes nationales dans le Tour, il fallait donc suivre l’évolution de ces derniers et les reproduire au plus proche de la réalité. La colorisation a été faite de façon informatique. C’est François Montpellier, expert en la matière, qui s’en est chargé. »

Le montage

« C’est un montage classique. Le gros du travail a été le tri et le classement des images. On ne voulait pas faire un catalogue vitrine, mais montrer les champions les plus emblématiques et en dégager une analyse sociologique et historique. »

Eddy Merckx fait obstacle

« En effet, précise le réalisateur, le quintuple champion du Tour, Eddie Merckx (1969, 1970,1971, 1972, 1974), a demandé à censurer quelques phrases retraçant son malaise de 1970, malaise très certainement dût à la prise de substances dopantes. »

Le Tour populaire ? 

« Oui ! Le documentaire a reçu un formidable acueil à l’international et a déjà été vendu dans 17 pays ».

Enquête réalisée par Pierre Riedinger

 

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Vincent Rousselet-Blanc

(7) Readers Comments

  1. Jmax, pour ce qui est du « malaise très. certainement dût a la prise de substances dopantes » je n’ai fait que relater l’interview obtenu avec le réalisateur, Mr Rosé.
    Si Eddie Merckx n’avait rien á se repprocher pourquoi aurait il voulut recourir á la censure?

  2. Comme d’autres lecteurs, j’ai été stupéfait de ne rien voir sur Laurent Fignon et en particulier, sur le tour 1989 avec bien entendu son étape finale mais aussi, un formidable tour d’attaque sur presque chaque étape. Quand à l’affirmation « malaise très certainement dût à la prise de substances dopantes » , on la laisse à son auteur qui doit certainement être médecin pour une telle assurance.

  3. absence totale de Laurent Fignon, incroyable ! Hinault qualifié de « baroudeur des années frics », profitant d’un vélo révolutionnaire mis au point par Renault pour gagner ses Tours et qui vole quasiment Lemond du Tour 85 ! en revanche un bon quart d’heure consacré à Armstrong alors qu’il fallait régler son compte à ce tricheur en 2 minutes. Je n’ai rien compris à la dernière demi-heure de votre documentaire.

  4. Pas un mot ni une image sur Laurent Fignon….. Un choix incompréhensible. D’autant que Thévenet, double vainqueur également a eu sa place dans la Légende du Tour

    • En effet, le Tour 1989 notamment a été complètement zappé. Incroyable.
      Cela dit, le doc était très bien fait.

  5. Cela ne concerne pas ce sujet là mais Vincent est-ce normal que je n’aie plus sport 365 sur orange satellite ?

    • La je ne sais pas trop

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