Depuis ce matin, mercredi 12 juin, et à quelques jours du départ 100e Tour de France, Clovis Cornillac incarne sur grand écran François, héros anonyme et populaire du film « La Grande Boucle ». L’histoire d’un homme qui réalise son rêve : faire le Tour de France… mais à sa manière. Une comédie pour laquelle Clovis Cornillac a dû enfourcher un vélo de course, effectuer les étapes du vrai  Tour de France jusqu’à grimper des cols mythiques et courir un contre-la-montre avec Bernard Hinault et Laurent Jalabert. Normal donc qu’EPL s’intéresse à ce comédien et à sa relation au cyclisme. Et vous allez voir que Clovis Cornillac n’a pas ménagé sa peine pour être crédible. Entretien.

Synospis et bande annonce

« François est un passionné du Tour de France. Licencié par son patron et quitté par sa femme, il part faire la Grande Boucle avec un jour d’avance sur les pros. D’abord seul, il est vite rejoint par d’autres, inspirés par son défi. Les obstacles sont nombreux mais la rumeur de son exploit se répand. Les médias s’enflamment, les passants l’acclament. Le Maillot Jaune du Tour enrage. » François doit être stoppé !

 

Clovis, avant d’accepter ce film, quelle relation aviez-vous avec le cyclisme, et le Tour de France en particulier ?

Comme beaucoup de Français : j’aime beaucoup le sport et je le regarde souvent à la télévision. Je ne suis pas particulièrement le cyclisme, mais le Tour de France, oui, bien évidemment. Le Tour est un événement qui n’existe qu’une fois dans l’année. C’est un rendez-vous pour des millions de Français, il rime avec été, avec vacances, il a une saveur particulière. mais je ne suis pas du tout spécialiste de cyclisme et je ne pourrais pas vous dire quand Fausto Coppi a gagné quelle étape ou quel braquet utilise tel ou tel cycliste. Je suis un amateur qui a vibré pour Bernard Hinault quand j’étais gamin. pour Laurent Fignon aussi. Ah cette dernière étape sur les Champs avec Greg Lemond et 12 secondes d’écart à l’arrivée. Elle est folle ! Ca, c’est inoubliable. Puis j’ai adoré Jalabert aussi. Ces sportifs sont l’histoire du Tour de France. C’est un événement patrimonial qui a rythmé des périodes de ma vie. Comme pour tous les Français je pense, qu’on aime ou pas le vélo.

Donc vous n’êtes pas coureur amateur. Qu’est-ce qui vous a alors décidé à aller souffrir sur un vélo ? Masochiste ?

(rires) Non, c’est l’histoire bien sûr. Je trouve formidable de faire un film sur l’accomplissement du rêve d’un homme comme François (qu’il joue). François incarne un personnage, qu’il soit un homme, une femme, ça peut être n’importe qui, on s’en fout, qui va se retrouver à vivre son rêve, retrouver sa femme, son fils, remettre de l’ordre dans sa vie en se dépassant, en réalisant des choses exceptionnelles et en accomplissant un rêve. Ce qui arrive à mon personnage peut arriver à tout le monde. Je trouve touchant de renouer avec un grand film populaire, transgénérationnel, pour tous les âges, qui fait fi des clivages systématiques hommes-femmes lorsque l’on parle de sport par exemple. Ensuite, bien sûr, le fait que ça se passe sur un vélo m’a fait dire que j’allais tester le fameux dépassement de soi. Si je voulais être François, il fallait que je passe par là, souffrir.

En quoi a consisté votre préparation physique ?

Cela ne dira peut-être rien aux profanes, mais pour les amateurs j’ai parcouru près de 6 000 kilomètres en quatre mois et demi. Ca commence à faire ! J’ai également suivi un régime alimentaire, d’abord pour maigrir, puis pour mieux encaisser la répétition des efforts. Il fallait que je sois crédible quand je pédalais.

Et les cols que l’on vous voit escalader, c’est pour la photo ou les avez-vous vraiment franchis ?

Je les ai escaladés ! Par demi-étape, parce que je roulais trop lentement pour couvrir une étape entière dans la journée, mais je les ai grimpés à ma main : la Madeleine, le Tourmalet et l’Aubisque, le Mont Ventoux ou des cols qui ne sont pas dans le film. C’était une sensation magnifique. Je roulais tout le temps pendant le tournage, j’ai beaucoup vécu avec mon vélo, pour garder le rythme. J’ai aussi fait le contre-la-montre de cinquante-trois kilomètres que vous voyez dans le film dans la roue de Bernard Hinault. Des souvenirs inoubliables.

A l’image de votre personnage, vous êtes-vous découvert vous-même, dans les cols par exemple ?

Franchement, je ne croyais pas qu’il était possible de les grimper. Au début, je pensais que lorsqu’on disait « cols hors catégorie » cela signifiait que ce n’était pas pour les gens normaux, « hors catégorie », donc uniquement réservés aux champions. Il y avait les « toutes catégories » pour moi et les « hors catégories » pour les pros. C’est dans ces cols que j’ai compris que le cyclisme était sans doute le sport le plus dur au monde physiquement. Quand je vois la vitesse à laquelle ils les grimpent et moi je ce que j’ai souffert dedans en les montant à mon rythme…Mais, la grande leçon est qu’en allant à son rythme, quand on pédale pour soi, en dehors de l’aspect compétition, et que l’on est un minimum préparé, on peut aller partout à vélo ! Et ça c’est un sentiment extraordinaire.

Seriez-vous devenu accro au vélo ? Vous avez investi dans un vélo de course pro ?

En quelque sorte. Je continue à en faire aujourd’hui. Et l’histoire veut que j’ai rencontré le patron de « Look », un mec formidable, et il m’a offert un vélo, une pure merveille.

Dans le film vous évoluez dans le milieu du Tour de France avec des personnages comme Bouli Lanners, un directeur sportif véreux, un supporter limite « beauf » (Bruno Lochet), un leader d’équipe à l’ego démesuré, le dopage… Bref, très caricatural. C’est l’image que vous avez du milieu ?

Non, bien sûr, nous sommes dans une comédie, les traits sont volontairement caricaturaux, ces personnages s’inscrivent dans l’histoire. Et ce sont de beaux personnages. Et quand bien même ils existent réellement dans le milieu, nous ne les avons jamais pointé du doigt méchamment dans le film. Bien au contraire, ils dégagent finalement quelque chose de touchant, de l’humanité. Il n’y a pas de « beaufitude », on ne se moque pas d’eux. Ces personnages montrent que, unis par une même passion, par l’amour du vélo, on peut s’entre-aider, donner tout son amour à un inconnu. Il n’y a que de la bienveillance dans ce film, et dans le Tour de France aussi d’ailleurs. Ca fait du bien, surtout dans notre contexte actuel. Je ne tiens pas forcément à faire passer de messages à travers mon personnage car ce serait un peu prétentieux or ce film n’a aucune prétention, excepté celle de rassembler les générations et de passer un bon moment.

Vous êtes-vous retrouvé dans le personnage de François ?

J’ai pour habitude de beaucoup m’investir dans chacun des personnages que j’interprète. Donc forcément, chez François, il y a un peu de moi. Je dirais, comme trait principal, la gentillesse. Je suis quelqu’un de gentil. J’ai certes plein de défauts, mais je suis un gentil comme lui, bienveillant.

propos recueillis en exclusivité pour En Pleine Lucarne par Vincent Rousselet-Blanc

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