L'Actu Média Les News — 22 mai 2013

Les 24 et 25 mai prochain auront lieu les demies finales du Top 14. Après Marseille et Toulouse, c’est Nantes qui accueillera ces matchs à élimination directe. Et pour l’occasion, RMC SPORT qui produit notamment toute « l’antenne sport » de RMC délocalise ses productions en Loire Atlantique. L’occasion de demander à François Pesenti, le patron de RMC Sport, ce que cache cette stratégie de délocalisation.

Pourquoi déployer les grands moyens pour des demi-finales de Top 14  ?

C’est une double opportunité que nous avons saisie. Une opportunité qui vient d’un partenariat signé avec la Ligue Nationale de Rugby (LNR). Nous avons plusieurs évènements prévus avec eux et notamment ces demi finales qui revêtent un enjeu important. Pour la LNR c’est un moyen de délocaliser le rugby dans une ville importante, Nantes, une ville pas forcément historique  du TOP 14. La LNR avait donc besoin d’un partenaire média fort pour les accompagner dans cette voie.

De notre côté, nous nous inscrivons parfaitement dans cette démarche parce que RMC a un peu le même développement que le rugby…nous sommes partis du Sud et on remonte vers le Nord. Par ailleurs, nous sommes désormais la seule radio nationale a joué la carte du rugby à fond parce que le rugby est ancré comme le 2ème sport derrière le football, parce qu’il est devenu le 2ème feuilleton hexagonal parce que, comme pour RMC, l’avenir du rugby se joue dans le nord de la France. Nous avons des courbes de croissance et de territoires assez proches finalement. On pense donc, comme la LNR, que l’avenir du Top 14 passe par des clubs puissants dans le nord, l’est et l’ouest de la France.

Là, nous arrivons à Nantes, fief de football mais aussi de rugby. Le rugby y est très présent même si au niveau élite aucun club n’est présent. Mais il faut encourager ces délocalisations comme celles que nous avons accompagnées à Lille. Pour le développement du rugby, ce sont des villes essentielles, et pour le développement de nos audiences, aussi. J’y vois là une double opportunité.

D’où un dispositif exceptionnel ?

Effectivement, nous mettrons les petits plats dans les grands. D’autant que nous arrivons dans une période où le foot va prendre un peu moins de place. Le rugby va donc gagner en visibilité et comme ces phases finales sont les matchs les plus importants pour le grand public, on y va à fond.

C’est-à-dire ?

Plus de 12h d’antenne sont prévus. De 18h à 23h vendredi, depuis Nantes, nous proposerons le Moscato Show suivi de  l’Intégrale Sport. Le lendemain, on fera les Grandes Gueules du  Sport (10h-13h) plus l’Intégrale Sport(14h-18h), en direct de là-bas aussi. On délocalise donc à la fois des talk show et des tranches « live » au stade de La Beaujoire depuis la tente que l’on aura installée avec la Ligue dont on recevra quelques invités. Pour les live, nous avons prévu un dispositif type football avec un avant-match, le match, un après-match.

La grande caravane RMC donc…

Oui (sourires). C’est même, pour l’équipe « rugby », la plus grosse délocalisation de l’année puisque cela va mobiliser entre 10 et 15 personnes.

Les équipes sont-elles déjà sur place ?

Non. En radio nous n’avons pas les mêmes délais que la télé. La technique partira la veille et pour ce qui concerne la partie éditoriale, l’équipe partira le matin même (le vendredi) et rentrera au plus tard quelques heures après le match de samedi. Bien sur, on y  a déjà fait des repérages en amont mais nos contraintes ne nécessitent  pas un déplacement plus tôt que la veille.

Ceci dit, déplacer des Vincent Moscato, des Serge Simon…ce n’est pas simple en raison de leur planning serré. On le fait que si nous avons deux bonnes raisons de le faire. Et c’est le cas : nous allons dans des villes où l’on a besoin de s’implanter encore plus et sur des évènements où nous sommes partenaires et pour lesquels il est important que nous soyons là, à leur côté, pour leur offrir une médiatisation nationale.

Avez-vous prévu des opérations de street marketing ?

Pas à ce jour. Aujourd’hui tout ce qui est « street marketing » ou communication plus globale, nous le faisons dans le cadre de plans plus globaux. En revanche, il y aura de la presse nationale, de la PQR, des médias locaux, des partenariats…

Est-ce une opération rentable ?

A la radio nous n’avons pas une logique d’audience quotidienne. Disons qu’avec nos sondages tous les 3 mois, on est plus dans la lame de fond que dans la vague quotidienne. Il n’y a donc pas de recherche de rentabilité à court terme. En revanche, historiquement, le développement de RMC au-delà du ton, s’est fait aussi par son côté dynamique, sa volonté d’aller sur le terrain, au contact des évènements, d’être réactif et donc de délocaliser l’antenne si nécessaire. Les grandes radios sont devenues un peu statiques mais, depuis dix ans, RMC a relancé cette envie de terrain.

Concrètement ?

En cette période de printemps, par exemple, nous avons une campagne « Luis Attaque-Larqué Foot »  à Lille, St Etienne, Lyon et Nice en rapport avec la course à l’Europe en foot. Puis à Nantes pour le TOP 14. On sera aussi sur l’hippodrome d’Auteuil pour le Grand Steeple Chase de Paris, au Grand Prix de France Moto avec deux émissions délocalisées là-bas.

Et à Wembley pour la finale de la Champion’s League ?

Non. C’est trop cher. Et puis nous n’avons pas d’auditeurs à aller chercher là-bas…ce qui est important pour nous, sur le plan national, c’est de nous servir de nos partenariats pour aller à la rencontre de nos publics, de nos fans et des organisations. C’est très important pour nous.

RMC SPORT est une agence, qui tend à développer/étoffer ses contenus pour tous supports, ce déplacement est-il l’occasion aussi de déplacer un JRI (son/image), un photographe ? …

Alors là nous y allons principalement pour faire de la radio. Le cœur de nos actions reste la radio. Maintenant, dès que l’on se déplace, il y a toujours des caméras, pas de photos, nous ne sommes pas une agence photographique, mais une caméra oui. Tous nos reporters tournent, c’est d’ailleurs ce que l’on met en avant dans nos partenariats.

A défaut d’être un diffuseur télé d’évènements, nous sommes, à travers BFM TV dont on est l’agence sportive, capable de mettre à l’antenne des sujets. On aura ainsi sur Nantes, 2 JRI qui auront pour mission de faire monter en puissance l’évènement pendant toute la semaine. Ces images et ITW seront également disponibles pour nos clients puisque nous avons des chaînes d’info ou des boites de production clientes de ce genre d’images.

Le développement Web sera aussi actif puisque les sites du groupe relayeront aussi nos informations. En conclusion, pour nous, ces demi-finales ce sera 8 jours d’antenne.

A plus long terme, quelles sont les ambitions de RMC Sport ?

Elles sont multiples. La première c’est de  continuer à être leader du sport à la radio.  La deuxième est clairement de développer notre activité télé…

En radio et web, on crée nos contenus et on les édite à travers RMC et nos sites. En télé, nous sommes, disons, plus un producteur pur et le développement de l’agence passe par là. Aujourd’hui en terme d’info news nous avons un dispositif digne d’une chaîne d’info sportive de type Canal Plus ou L’Equipe puisque nous sommes présents sur presque tous les terrains nationaux, voire même parfois plus présent que nos concurrents.

Ensuite, il y a les documentaires ou les talks shows…le marché est difficile, mais nous avons pas mal de projets dans les cartons. Ensuite c’est la production télé vers le web à laquelle je crois beaucoup. Il y aura une économie, très prochainement, j’en suis convaincu. Parce qu’il y a un très gros potentiel d’audience ; parce que les « gros » acteurs du web ne peuvent pas se contenter de balancer de la vidéo non contrôlée, faite par des amateurs, il leur faudra des exclusivités maitrisées, des marques fortes… Il y a déjà des initiatives. C’est un formidable espace de création qui s’offre à nous car on va pouvoir se permettre des choses beaucoup plus osées, beaucoup plus spécifiques, beaucoup plus axées vers telle ou telle communauté.

Une fois de plus, il faut se tourner vers les Etats-Unis, où déjà des talk-shows spécifiquement créés pour le web commencent à fonctionner avec des dizaines de millions de vues. Et ce sont des programmes tournés vers des communautés, des communautés au sens large, puisque l’audience est mondiale. Voilà un axe de développement possible.

Propos recueillis par Romain Allaire en exclusivité pour En Pleine Lucarne

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Vincent Rousselet-Blanc

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