Entretiens EPL Les News — 29 avril 2013

Ce blog étant une fenêtre ouverte sur ceux qui parlent de sport dans les médias, et pas obligatoirement les plus connus d’entre eux, aujourd’hui voici une interview réalisée par un étudiant en communication belge, de la Haute Ecole Louvain en Hainaut. Orange détient les droits de retransmission de la Ligue 1 pour mobiles et tablettes, contrat portant sur la période 2012-2015. La filiale de France Télécom avait donc besoin de visages expérimentés pour couvrir et mettre en valeur un produit  souvent marginalisé… Aperçu sur feu Orange Sport où il a commenté de la Bundesliga et de la Serie A, Antoine Morin (27 ans) est l’un d’entre eux. Il commente les matchs aux côtés de David Ginola et collabore à la chaîne d’info sportive Sport365. Son parcours, son travail, ses aspirations. Entretien découverte avec, souhaitons-lui, un visage du sport-média de demain.

Quel a été ton parcours universitaire?

Je suis directement entré dans une école après mon bac, car je n’étais vraiment pas intéressé par le fait de faire de longues études. J’ai donc fait une licence à l’ISCPA, à Paris (spécialisation télé-news) et j’ai fait mon stage de fin d’études à Media365. J’y ai été embauché directement après avoir été diplômé.

Comment es-tu entré à Orange Sport ?

En fait, Media365 est le groupe audiovisuel qui s’occupait de la production et de la réalisation éditoriale des chaînes Orange Sport et Orange Sport Info (En Belgique,Belgacom 11 fonctionne exactement sur le même modèle. C’est la société Woestijnvis qui fournit le contenu éditorial des chaînes de l’opérateur, NDLR). Au début je faisais essentiellement du desk (montage de sujets, voix-off) , puis en 2008, Arnaud de Courcelles, le directeur des rédactions du groupe Media365, m’a demandé si j’étais intéressé par le commentaire de match car ils cherchaient des journalistes pour couvrir le catalogue de droits de la naissante Orange Sport. J’ai fait un essai sur les Jeux Méditerranéens et cela a plus à mes patrons. Dès lors, j’ai pu commenter de la Bundesliga, de la Coupe de la Ligue anglaise, et même de la Serie A puisqu’on avait droit à quelques matches. Et puis avec le temps je me suis diversifié : sujets pour le Ligue 1 Football Tour le vendredi, Luis Football Tour le samedi, commentaires de matches de tennis. Notamment les Masters 1000, dont Bercy et surtout Roland Garros durant 3 ans. Orange ayant acquis les droits de retransmissions des matches sur les courts Philippe Chatrier et Suzanne Lenglen.

Et puis il y a eu l’arrêt de la chaîne…

Oui… Le PDG de France Télécom, Stéphane Richard, voulait recentrer les activités du groupe Orange sur la téléphonie mobile. Il estimait que ce n’était pas notre vocation de diffuser du foot, surtout que les droits coûtaient très cher et ne rapportaient finalement pas assez.

 …mais la récupération des droits mobiles pour trois ans.

Effectivement. Orange détient les droits pour mobiles du Championnat de France depuis 2008, donc c’est le deuxième contrat qu’on ait finalisé avec la Ligue de Football Professionnelle. J’y travaillais d’ailleurs  jusqu’en 2010, et fatalement j’ai arrêté après avoir basculé à la télévision. Donc dès qu’Orange m’a re-proposé de travailler sur ce support, j’ai accepté.

Quel est votre dispositif, vos commentateurs, vos consultants?

En fait, on est 5 journalistes titulaires : moi, Maxime Gras et Corentin Meynier qui collaborent à RMC, Julien Taxis qui travaille parfois pour Ma Chaîne Sport, et Peter Anderson qui est un journaliste connu des téléspectateurs d’Infosport+. Plus quelques pigistes qui sont présents de façon plus ou moins régulière. On a un consultant, et ce n’est pas le premier venu : David Ginola qui a signé en janvier dernier pour 12 matches. Bien souvent, on commente à deux journalistes, en studio depuis Paris.

Y’a-t-il une hiérarchie du mode Canal ? Margotton N°1, Guy n°2…

En fait, pendant la première partie de saison, il n’y avait pas vraiment de hiérarchie, la répartition des matches se faisant suivant les plannings de chacun. Un peu au hasard. Étant chroniqueur pour l’émission Live365 sur la nouvelle chaîne Sport365, j’avais pour ma part hérité des affiches de 17h le samedi et le dimanche … Quand Orange a décidé de couvrir certaines grosses affiches sur site, (dans les faits à partir du match OM-PSG, le 7 octobre) j’ai été choisi pour le faire puisque les responsables d’Orange me connaissaient mieux que mes camarades, vu mon passé dans l’entreprise. Nous étions à chaque fois deux à aller sur site et j’ai partagé le micro avec Julien Taxis, Corentin Meynier et Julien Chapoy (collaborateur à l’Equipe du Dimanche sur C+) avant de laisser ma place à Maxime Gras dans ce rôle de « numéro 1″ du duo. Sachant qu’à part la prise d’antenne lors du plateau d’avant-match, il n’y a pas vraiment de hiérarchie. Quand ils ont fait signer David, il a été décidé que Maxime Gras et moi même serions les deux commentateurs attitrés à ses cotés, dans une rotation qui s’opère tout les deux matches. Donc, de sorte à ce que chacun de nous ait un nombre égal de matches à commenter.

Le petit écran doit te manquer parfois, non ?

C’est clair ! Après, Orange Sport est malheureusement restée assez confidentielle, donc de toute manière, les dés étaient pipés en quelque sorte. Aujourd’hui avec l’explosion des tablettes numériques, les audiences des matches diffusés sur les supports nomades sont presque plus intéressantes pour nous que celles de l’ancienne chaîne. Et depuis le début de saison, je n’ai pas réussi à regarder un match de Bundesliga sur beIN Sport ou C+…      Quand je vois les génériques, ça me rappelle tout le plaisir que j’avais à travailler au quotidien sur ce championnat. Mais avec les matches sur place j’arrive quand même à compenser.

Tu as commenté les CAN 2010 et 2012 sur Orange Sport. Est-ce que tu as pu aller sur place, et as-tu des souvenirs personnels marquants de ces compétitions ?

Travailler sur la CAN a été un grand plaisir ! Surtout que depuis longtemps c’est une compétition que j’adore. Je n’ai malheureusement pas pu aller sur place pour diverses raisons. J’ai beaucoup travaillé à la production de sujets qui alimentaient quotidiennement les émissions spéciales de la chaîne autour de la compétition. J’ai aussi pu commenter beaucoup de matches depuis les studios à Paris, ce qui m’a là encore procuré beaucoup de plaisir… D’autant que la chaîne avait choisi des consultants qui avaient un vrai vécu sur le football africain, comme Patrick M’Boma en 2010 ou Kaba Diawara l’an dernier.  Ne pas avoir vécu la CAN sur place est le seul regret de mes années à Orange.

Tu es encore en contact avec les anciens d’Orange?

Florent Martin et Xavier Domergue sont bien occupés sur beIN Sport bien évidemment, donc on est plus trop en contact, à part quelques SMS échangés tout au long de la saison. Je parle surtout avec Xavier, comme on était tous les deux sur la Bundesliga à Orange, et qu’on a pas mal collaboré ensemble. Je croise encore Denis Balbir de temps en temps, mais je joue surtout dans le même club que Florian Genton, dans la Ligue Amateur d’Ile-De-France, à Issy-Les-Moulineaux. Et on s’appelle régulièrement avec Maxime Bossis, avec qui je commentais les compétitions allemandes et qui est maintenant consultant Canal.

Tu n’as pas essayé de partir sur beIN comme tous, à la fin d’Orange Sport ?

Je ne te cache pas que j’ai envoyé un CV, mais je n’ai pas eu de réponse.

Tu m’as dit que tu travaillais sur Sport365. A quelles tâches?

Je suis chef d’édition du JT de Sport365 et je travaille au desk. Le jeudi j’écris et monte le magazine tout en images 365Ligue 1, puisqu’on a le droit d’utiliser de brefs extraits du Championnat.  Au début de la saison, je collaborais à Live365 mais aujourd’hui c’est Maxime Gras qui y remplit la fonction de chroniqueur en plateau.

Que peut-on te souhaiter pour la suite, et quels sont les prochains rendez-vous sur Orange Mobile?

Pour la fin de la saison, et selon les répartitions de match, je vais normalement commenter PSG-Valenciennes et Lyon-PSG. Il y a évidemment de fortes chances pour que l’un des deux soit le match du titre. Pour avoir commenté le match du titre de Dortmund il y a deux ans, ce sont des événements exceptionnels dans une carrière de commentateur sportif. Pouvoir le vivre depuis le stade sera encore plus fort.

Et sinon, j’espère qu’Orange va continuer à perfectionner son offre tablettes-mobile. Tant qu’on jouera le jeu sur mobile, c’est parfait pour moi. A 27 ans, je considère que je n’ai pas terminé ma formation donc tout cela est très enrichissant. Plus je suis sur site, plus je progresse.

Propos recueillis par Ahoyo Bruno

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Vincent Rousselet-Blanc

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