Le week-end prochain, avec le Grand prix d’Australie qui ouvre la saison, les passionnés de Formule 1 devront prendre de nouvelles habitudes puisque c’est désormais sur Canal+ que sera retransmis le championnat du monde. Et si dans le dispositif de Canal+, certains noms ou visages vous sont déjà familiers, celui de Julien Fébreau, commentateur des courses, l’est un peu moins. Son visage tout du moins. Qui est ce spécialiste ? D’où vient-il ? Comment envisage-t-il cette nouvelle aventure ? Entretien découverte.

Finalement, l’une des surprises du dispositif Canal+ pour les téléspectateurs, sera de vous découvrir, tout du moins votre visage. D’où venez-vous ?

Les gens ne me connaissent pas de visage, c’est normal, parce que je viens de la radio. J’ai un physique de radio (rires). J’ai passé 7 ans à RMC dont quatre à commenter de la Formule 1, de 2005 à fin 2008 puis j’ai enchaîné avec deux saisons de F1 pour Europe 1 en 2009 et 2010. Ensuite, j’ai été engagé par le journal l’Equipe, toujours sur la F1, avant que Canal+ ne vienne me proposer de rejoindre son dispositif. Une offre qui ne se refuse pas ! J’ai commenté 114 grands prix à la radio entre RMC et Europe 1. La radio et l’Equipe m’ont permis de beaucoup évoluer, de traiter la F1 de manière différente et de pouvoir aujourd’hui commenter mon 115e à la télé, une grande première pour moi. J’ai hâte d’y être !

Et vos études ?

J’ai intégré après un Bac Communication, une école spécialisée dans les métiers de la Radio, « Studio Ecole de France » qui était basée à Boulogne Billancourt à mon époque (à Issy-les-Moulineaux aujourd’hui, ndlr). Et aujourd’hui, ironie du sort, je reviens à Boulogne, mais à Canal.

Je crois savoir aussi que vous êtes pilote, même si vous n’aimez pas que l’on vous qualifie ainsi…

(rires) Oui, je suis plutôt un gentleman driver, plutôt. Ma passion pour le sport automobile m’a été transmise par mon papa qui lui était pilote automobile. Il a participé à de nombreux Rallyes Raid, comme le Dakar, a été sacré champion de France de Rallycross en 1992. J’ai donc toujours baigné dans ce milieu et ça m’a bien évidemment donné envie de piloter. Maintenant, j’ai trop de respect pour les pilotes, surtout ceux de F1, dont c’est le métier, pour me considérer moi-même comme l’un des leurs.

Le fait de me mettre au volant me permet juste de mieux apprécier la performance de ces pilotes, de mieux comprendre leurs sensations, certaines de leurs émotions, de mieux juger la pression avant les courses, leurs manières de conduire, ce qui peut se passer dans leur tête à certains moments de la course. C’est évidemment un plus pour mon travail de commentateur, dans la compréhension de ceux que je croise et que j’interviewe dans les paddocks à l’année ou dont je commente les exploits au micro. C’est pourquoi je continue de participer à quelques courses dans l’année. Et puis c’est ma passion, un loisir, j’adore conduire !

Cyril Linette, le directeur des sports de Canal+, vous a engagé pour le dynamisme de vos commentaires…à la radio. Radio – Télé : le commentaire sera le même ?

On ne fera bien sûr pas de la radio, même s’il est vrai que c’est un genre de commentaire très adapté à la Formule 1. Mais il ne sera pas complètement différent non plus, car quand Cyril Linette est venu me chercher c’était justement pour que je lui apporte le ton que j’avais sur RMC ou Europe. Et puis il y aura jacques Villeneuve à mes côtés, donc ce ne sera pas de la radio, rassurez-vous (rires). De plus, pour la télévision il faudra apporter quelques aménagements liés à l’image que, par définition on n’avait pas à la radio. Mais je ne toucherai pas à mon style et je continuerai à m’enflammer. Comment faire autrement de toute façon ?

Comment définiriez-vous votre style ?

Passionné ! La F1 est un spectacle grandiose ; je ne peux que m’enflammer à quelques secondes du départ où une vingtaine de pilotes vont s’élancer à fond vers le premier virage. Si je ne le fais pas là, alors il ne faut pas commenter ! Et j’ai hâte de vivre celui d’Australie le 17 mars prochain sur Canal. J’apprendrai aussi à laisser parler les images quand il le faudra d’autant plus que Canal+ proposera de nombreuses images de caméras embarquées, par exemple, et insistera aussi beaucoup sur la qualité du son pendant la course. Ces moments-là, il faudra les laisser vivre aux téléspectateurs sans les commenter. Nous proposerons de nombreux moments immersifs à ce niveau-là. Ecouter les consignes des stands aux pilotes pendant la course, le son des moteurs, c’est quelque chose que les spécialistes adorent et adoreront encore plus avec ce qu’on leur proposera. En F1, le son est une information.

On s’adressera au plus grand nombre, aux spécialistes comme aux autres. Mon but est surtout de ne pas saouler les gens, mais de leur donner des infos intéressantes, qu’ils sortent d’une course en ayant appris quelque chose. La F1 c’est de la technologie, de la technique, c’en est même la plus belle vitrine, et on en parlera bien sûr, mais c’est aussi de vraies histoires humaines, incroyables pour certaines. Ca aussi je veux les raconter dans mes commentaires. Je pense que l’on arrivera facilement à parler à tout le monde sans que ce soit ennuyant.

Un mot sur Jacques Villeneuve qui sera à vos côtés cette saison en tant que consultant ?

Jacques c’est le choix rêvé. C’est un pilote emblématique de la Formule 1 pour moi : il a été champion du monde, vainqueur à Indianapolis, il est charismatique, il n’a pas sa langue dans sa poche, il est toujours très au fait de l’actualité de la discipline depuis sa retraite, côtoient encore les pilotes d’aujourd’hui, il a un sacré carnet d’adresses et, surtout, il possède une qualité d’analyse extraordinaire, même si parfois il risque de froisser certains par son franc-parler (rires). Bref, c’est le consultant qu’il faut à Canal et c’est ce que souhaitait la chaîne : une liberté de ton.

Il n’est bien sûr pas là pour casser du sucre sur le dos des autres à longueur de temps, mais s’il doit dire des vérités alors il les dira. Il nous reste à former un bon duo, complémentaire. Jacques, je l’ai connu quand j’ai débuté, il courait encore. Nous avons toujours eu de bonnes relations. Et, la semaine dernière, lors de la séance photo pour Canal+, il n’a pas fallu cinq minutes pour que l’on fasse les pitres tous les deux… Ca devrait le faire entre nous (rires). La complicité va venir très vite.

Quelle sera votre place dans le dispositif ?

Je serai présent à l’antenne pour commenter les essais libres, le vendredi. Je profiterai aussi de cette journée et de la veille, le jeudi, pour aller à la pêche aux informations dans les écuries, faire mon travail de journaliste avant celui de commentateur. Ce travail me permettra de nourrir mes commentaires. Ensuite, je commenterai les qualifications du samedi en configuration course, avec Jacques Villeneuve et les grands prix, bien sûr, le dimanche. J’interviendrai également dans l’émission « la Grille » animée par Thomas Sénécal avec Laurie Delhostal et Franck Montagny, émission qui prendra l’antenne 45 minutes avant la course du dimanche. Puis il y aura un debrief après-course auquel je participerai également, avec les réactions des pilotes, les conférences de presse, etc.

Sans jouer les Mme Irma, qu’attendez-vous de cette saison ? Comparé à la saison dernière par exemple ?

La saison dernière a été extraordinaire dans la mesure où les 7 premiers grands prix ont été remportés par 7 pilotes différents. Du jamais vu et je ne pense pas que ce sera le cas cette saison…quoi que. On a la chance cette année d’avoir une stabilité des règlements, rien ne change fondamentalement. Ce qui a pour conséquence logique que les écuries dont les voitures étaient un peu à la traîne l’an dernier ont eu le temps de s’améliorer, de faire des ajustements, de gagner un peu en performance, ce qui va resserrer le niveau. Et, on l’a vu aux essais privés cet hiver, la question des pneumatiques aura un rôle primordial cette saison. Les stratégies chez les uns et les autres seront capitales.

Ensuite, on a un Alonso qui est mort de faim car il veut un nouveau titre de champion du monde et il a la voiture pour. Vettel est remonté comme une pendule. Il ne faut pas oublier la Lotus qui marche super bien et au volant de laquelle on aura un champion du monde qui est Raikkonen. Et puis il y aura quatre français dont Romain Grosjean en qui on place de gros espoirs. Aujourd’hui, il est bien, armé du mental nécessaire pour bien figurer. Franchement, je ne vois pas comment, ni pourquoi, il ne gagnerait pas une course cette année. Je vois bien cette saison se jouer à l’avant-dernière course ou à la dernière. Et sur canal, on ne privilégiera pas systématiquement les Français, mais on s’y intéressera de près bien sûr car j’ai un relationnel développé avec eux depuis des années. Mais, avant tout, nous diffusons le championnat du monde de F1, pas le championnat de F1 des Français. Mais s’ils brillent, alors tant mieux pour nous.

Propos recueillis par Vincent rousselet-Blanc en exclusivité pour En Pleine Lucarne

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Vincent Rousselet-Blanc

(2) Readers Comments

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