Entretiens EPL Les News — 16 novembre 2012

Inventeur du mot « Zapping », créateur du « Journal du hard », passé de « Nulle Part Ailleurs » à la bande à Ruquier via Radio Nova ou encore « Pif Paf » sur Paris Première, Philippe Vandel a connu presque toutes les chaînes de télévision et stations de radio. Aujourd’hui chroniqueur sur France Info, mais aussi sur D8 dans « Touche pas à mon poste », il est également animateur hebdomadaire de l’émission « À Domicile » sur Sport 365, dont il partage la présentation tournante avec Jean-Philippe Lustyk, Benoît Maylin et Pierre-Louis Basse. En Pleine Lucarne a rencontré ce présentateur plus sportif qu’on ne le pense, grand amateur vélo et fan de Formule 1 et de l’ASSE.

On ne vous attendait pas spécialement sur une chaine d’information sportive, êtes-vous un amateur de sport ?

Je suis un grand amateur de sport. En 1998, j’ai même présenté une émission sur Canal  Satellite, qui s’appelait « Pôle position », avec laquelle j’ai suivi tous les Grand Prix du monde. Je suis passionné de Formule 1. Sinon, j’ai toujours adoré le sport. J’ai joué au foot, fait du vélo, j’ai toujours été très sportif.

Quels sont les sports que vous pratiquez ou avez pratiqués ?

Comme tous les gamins, j’ai essayé un bon nombre de sports. J’ai fait du judo quand j’étais petit, je me débrouillais bien et je suis allé jusqu’à la ceinture verte. Puis j’ai dû arrêter pendant six mois à cause d’une opération de l’appendicite. À mon retour, les autres étaient devenus meilleurs que moi à cause de la coupure. Cela m’a énervé et j’ai arrêté le judo pour me mettre au football. J’ai joué pendant 10 ans au foot, que ce soit en club ou au lycée. Depuis, je me suis mis au vélo. Je fais une heure de vélo par jour depuis quinze ans. Enfin, j’essaye car ce n’est pas toujours facile de concilier avec mon emploi du temps chargé. Mais je m’impose de le faire cinq jours par semaine. Je parcours entre 5 000 et 6 000 kilomètres par an.

En tant que spectateur, quels sports et quels évènements regardez-vous  à la télévision ?

Je pense que je n’ai pas manqué un seul Grand Prix de Formule 1 depuis qu’ils sont diffusés à la télévision. Je peux me réveiller à quatre heures du matin pour voir le Grand Prix du Japon. Et c’est aussi vrai pour les essais qualificatifs. Pour le premier Grand Prix de cette saison, en Australie, je me suis même levé en pleine nuit pour voir les essais libres.

Sinon, je regarde le foot. Mais il y en a beaucoup trop à la télévision. Attention, je ne dis pas qu’il faudrait en diffuser moins, je dis qu’il m’est impossible de tout suivre. Je dois préparer les émissions, lire des livres, m’occuper de mes enfants, voir des films, faire du sport. Il est impossible de tout voir.

Y a-t-il un sportif dont vous êtes fan ?

Les idoles, c’est bien quand on a quinze ans. Mais je dois reconnaître que les pilotes de Formule 1 sont les sportifs que je préfère. Ce sont ceux qui ont le plus la tête sur les épaules. Ce ne sont pas des branleurs, des mecs qui refusent de s’entraîner, de descendre du bus. J’aime bien les gens qui ont des valeurs, qui sont courageux. J’aime bien René Arnoux, j’aimais bien Ayrton Senna, j’aime beaucoup Alain Prost. Après, il y a toujours des dingues que j’adore, parce qu’ils étaient un peu fous. Il y a beaucoup de footballeurs que j’adore.

Avez-vous des exemples de footballeur que vous adorez ?

Les footballeurs que j’adore ? C’est la grande époque. J’adorais les Verts de Saint-Étienne, que j’ai vus jouer au stade Geoffroy Guichard. La grande équipe, avec Jean-Michel Larqué et consorts. J’ai vu des matches avec Dominique Rocheteau, c’était dingue !

Êtes-vous toujours supporter de l’AS Saint-Étienne ?

Tout le temps ! J’ai toujours été supporter de Saint-Étienne. Je suis toujours les résultats, c’est ce que je lis en premier. Un jour Aimé Jacquet m’a dit « Je t’aime bien parce que tu nous soutenais même quand nous étions en deuxième division ». J’ai remarqué que lui comme moi disions « nous » quand nous parlions de l’AS Saint-Étienne. Aujourd’hui encore, c’est le score que je recherche en premier. Quand il y a le but par but sur France Info, j’attends le score de Saint-Étienne.

Allez-vous toujours au stade Geoffroy-Guichard pour assister à des matches ?

J’y suis retourné bien sûr. Mais ces derniers temps je n’ai pas vraiment eu le temps. Je travaille beaucoup, entre la radio et les différentes émissions de télé, je n’ai pas beaucoup de temps libre. Je me contente de suivre de loin.

Pour en revenir à la télévision, comment avez-vous été contacté pour présenter « À Domicile » ? 

Patrick Chêne, qui est un ami, m’a appelé un jour pour me proposer une émission quotidienne de 22h à minuit. Malheureusement, pour moi c’était impossible de présenter tous les soirs, je n’avais pas le temps. Je lui ai répondu que j’aimerais le faire, que l’idée m’amusait mais seulement un jour par semaine. Quelques temps plus tard, il m’a rappelé en me disant : « Choisis ton jour ». J’ai choisi le lundi car il y a tous les résultats sportifs du week-end.

Quel touche, quel « esprit » voulez-vous apporter à cette émission ?

C’est très simple, je ne réfléchis pas en terme de touche ou d’esprit, je fais ce qui m’intéresse, en posant les questions qui m’intéressent. J’ai toujours fait comme cela. Je ne me dis pas « voilà ce qu’il faut dire ou ne pas dire, voilà ce qu’il faudrait faire ». Je suis comme je suis. La touche, c’est moi. On aime ou on n’aime pas, mais je ne vais pas me forcer à parler comme un bourrin ou à débiter des expressions de professionnel pour faire genre. Je parle comme je parle dans la vraie vie.

Choisissez-vous les invités vous-même ?

C’est très compliqué parce que gérer les invitations c’est un travail à plein temps. En réalité, si on faisait toutes les émissions à la même enseigne, si on prenait ceux qu’on voulait, on aurait tous Messi et Zidane. Ce qui est marrant, ce que j’aime faire c’est mettre quelqu’un du sport, un connaisseur, avec une personne qui s’y connaît moins. Récemment, j’ai invité Bob Sinclar, en passant des images de son clip où il joue sur le central de Roland Garros, on invite aussi des experts. La semaine prochaine, je reçois Éric Naulleau et Guy Carlier qui sont deux snipers mais qui s’intéressent beaucoup au sport tous les deux.

Ce choix de « grandes gueules » reconnues, c’est pour mettre un peu d’animation dans le débat ?

Pour tout vous dire, ce n’est pas moi qui ai eu cette idée mais je la trouve très bonne. Personnellement, Guy Carlier et Éric Naulleau faisaient partie des personnes que je désirais inviter. Ils avaient accepté tous les deux. C’est la chaîne qui a eu l’idée de les inviter ensemble. On va bien voir ce que cela donne mais je trouve que c’est une très bonne idée.

Quel sera le thème de l’émission ?

Nous allons dresser un premier bilan de la saison. Nous allons parler de tout, des paris de handball, de l’équipe de France de football qui est redevenue compétitive, de Zlatan, du PSG qui n’arrive pas à tout dominer malgré tout son argent, de tous les sujets, de toutes les polémiques de l’année.

Et des déboires de Romain Grosjean, en tant qu’amateur de F1 ?

Je ne sais pas s’ils ont suivi Romain Grosjean. S’ils ne sont pas au courant, si je suis le seul que ça passionne, ce n’est pas intéressant. Mais si cela les intéresse, je parlerai avec grand plaisir. Le mec qui n’arrive pas à faire un tour en entier une fois sur deux c’est intéressant.

Il y a des sujets « chocs » sur lesquels on ne peut pas s’empêcher de rebondir dans l’actualité ?

Aucun sujet n’est choc. Ce qui est choc ce sont les  gens. Par exemple, on peut faire une émission passionnante sur les fourmis et faire une émission emmerdante sur le 11 septembre. Ce sont les gens qui parlent, l’intelligence, qui sont intéressants, pas le sujet. Le sujet est accessoire. Il faut voir comment prend la mayonnaise. J’ai vu des gens s’engueuler  sur la couleur des maillots. Moi je déteste les nouveaux maillots fluo, j’ai horreur de ça, tu peux faire une émission passionnante sur les maillots fluos. Le « choc », on ne sait jamais d’où ça part ni comment ça part. Ce n’est pas parce que le sujet est intéressant que l’émission le sera. Une bonne émission c’est la combinaison entre un sujet intéressant et des intervenants intéressants. D’une manière générale, il n’y a pas de recette d’une bonne émission, sinon nous le ferions tous. Nous ferions tous 15% de parts de marché. La règle c’est qu’il n’y a pas de règle.

Quel est votre objectif sur une émission comme « À Domicile », vous faire plaisir en parlant de sport tout en gardant cette liberté de ton ?

Si c’est pour me faire plaisir, je reste chez moi, je ne traverse pas Paris sous la pluie en scooter. L’objectif c’est de faire plaisir aux gens qui nous regardent. La télévision ce n’est pas la littérature française, on ne fait pas les choses pour se faire plaisir. Si tu veux te faire plaisir, tu deviens écrivain. Tu écris pour toi et parfois cela touche le lecteur. Mais la télévision c’est déjà à destination du téléspectateur. La liberté est une condition, ce n’est pas l’objectif. Sinon n’importe qui se balade à poil avec une chaussette sur la tête et dis « je suis en liberté ».

propos recueillis par Aurélien Blaison pour En Pleine Lucarne

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Aurélien Blaison

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