Entretiens EPL Les News Rugby — 14 septembre 2012

Depuis le début de saison, son visage, sa voix et son bagage rugbystique sont devenus incontournables sur Canal+. On retrouve désormais Isabelle Ithurburu dans « Jour de Rugby » – avec un nouveau concept – et sur le bord du terrain lors du grand match de Top 14. L’occasion de faire avec elle, un point complet sur son ascension, sa passion pour le rugby et son regard sur le championnat. Car en plus d’être l’atout charme de la chaîne, Isabelle Ithurburu est une parfaite journaliste du ballon ovale.

Comment gérez-vous désormais la double dose de travail, avec la présentation de « Jour de Rugby » et votre rôle de femme de terrain ?

Ce n’est pas éprouvant, mais c’est un petit-marathon, oui. C’est surtout assez cohérent car, concernant le match du vendredi soir, je dois y revenir deux fois lors de la journée du samedi, dans « Samedi Sport » et « Jour de Rugby ». Ça me permet de suivre encore plus les matches et d’être au plus près des acteurs du Top 14.

Après avoir présenté « Jour de coupe du monde », c’est une belle promotion…

C’est une suite logique, car mes patrons ont vu que j’aimais le rugby – et je ne m’en suis jamais cachée ! -, que c’était le sport que j’appréhendais le mieux. C’est celui que je connais depuis longtemps, si on parle de culture générale et de connaissances. Dans la progression, il y a eu « Samedi Sport » entre les deux, Canal+ m’a fait de plus en plus confiance, et confirme cela en me confiant cette émission. J’en suis ravie évidemment ! Mais j’espère surtout que cela durera. C’est compliqué. Je travaille beaucoup, mais je sais que ça peut s’arrêter du jour au lendemain, la télé est un monde particulier.

Comment jugez-vous votre premier mois aux manettes de « Jour de Rugby » ?

Tout se passe super bien, notamment avec tous les journalistes envoyés spéciaux sur le terrain. On prépare la semaine et on s’appelle régulièrement le jour même pour couvrir au mieux les matches. Dans l’émission, c’est super sympa, c’est convivial. Le fait d’être avec Thomas Thouroude également. Je pense que cela se ressent à l’antenne. C’est un moment détendu. Thomas aime beaucoup le rugby, il y a joué, il s‘y intéresse.

Y a-t-il une volonté de la chaîne de lier « Jour de Foot » et « Jour de Rugby », pour attirer un autre public ?

Il y a une volonté de faire de « Jour de Foot » et « Jour de Rugby » deux émissions qui se ressemblent, avec les mêmes codes et les mêmes manières d’aborder les matches. Il faut faire une grosse émission de sports. Et l’on s’en rend compte, de plus en plus d’amateurs de foot – peut-être involontairement au début – viennent sur le rugby. Ils commencent à se prendre au jeu. Les retours sont bons. L’émission « Jour de Rugby » a gardé les mêmes lignes qu’avant. Avec tous les matches, tous les essais. On essaye de mettre le plus d’images depuis des années. On a également accès aux vestiaires, aux petits moments d’intimité des joueurs. Canal+ essaye de montrer à ses abonnés que nous sommes partout.

BeIn Sport ne s’est pas encore attaqué au Top 14, c’est peut-être plus facile aussi pour travailler…

L’avantage que nous avons – et nous allons nous battre pour le garder- c’est justement d’avoir accès aux moindres recoins du Top 14, avec l’exclusivité. Mais l’avantage avec BeIn Sport, c’est que cela nous montre qu’il faut toujours se remettre en question, et même au rugby. Il faut montrer aux abonnés que nous traitons le sport, et le rugby en particulier, d’une manière différente, et nous le faisons d’une belle manière à mon avis. Il y a beaucoup d’expertise, de très bons consultants, il faut se battre pour garder cela.

Sentez-vous que votre atout féminité est important ?

Les femmes s’intéressent énormément au rugby. Et dans le métier, elles ont toujours très bien reçues et intégrées auprès des joueurs, des clubs et des spectateurs. A l’antenne, peut-être que les femmes sont contentes de voir une femme présenter l’émission, ça oui.

Aimeriez-vous commenter un match un jour ?

Pour l’instant non, pas forcément. Je n’ai peut-être pas encore le bagage nécessaire pour cela. Encore plus que dans d’autres disciplines, le fait d’avoir pratiqué ce sport est un énorme avantage. Mais peut-être plus tard… Pas sur du court terme en tout cas. C’est un exercice très complexe et très différent de la présentation.

Quelles différences y a-t-il entre présenter une émission et être journaliste au bord du terrain ?

Aller sur le terrain, c’est super, pour connaître les joueurs et vivre l’émotion depuis le stade c’est vraiment très intéressant et différent du studio. Mais pour moi, c’est une continuité. Ça m’apporte une expérience. Il faut s’intéresser plus à la technique lorsqu’on est au bord du terrain que sur un plateau.

Après quatre journées, quel regard portez-vous sur ce début du championnat ?

Il y a eu deux journées un peu compliquées au niveau des nouvelles règles, notamment en mêlée. Mais ça commence à rentrer dans l’ordre tout doucement. Il y a de plus en plus d’essais. On a même eu un record lors de la dernière journée (31 essais). Au niveau des équipes, Toulon impressionne. Et c’était prévu. Après, Biarritz et Grenoble n’étaient peut-être pas attendus à ce niveau-là. Au niveau des déceptions, le Stade français et Agen ne sont pas au mieux. Ils ont pris un mauvais départ, mais la saison est encore longue. Le Stade français a quasiment le même effectif que l’an dernier et il peut vite rattraper son retard…

Peut-on dire que le Biarritz Olympique est de retour après une saison de galères ?

Biarritz réussit enfin à vivre sans Dimitri Yachvili ce qui n’était pas le cas la saison dernière. La charnière formée au club, composée de  Jean-Pascal Barraque et Yann Lesgourgues, montre que Biarritz va pouvoir tenir toute une saison au haut niveau, sans son demi de mêlée international. Le BO peut rejouer les premiers rôles cette année en championnat, mais aussi en coupe d’Europe, il risque d’être un prétendant sérieux.

Le Top 14 est-il plus ouvert que les autres années ?

On voit des équipes qui n’étaient peut-être pas prévues là et qui vont se mêler à la bataille pour les six qualifiés. Même en bas, à part Mont-de-Marsan pour qui c’est écrit qu’il aura beaucoup de mal à se maintenir, cela va être très intéressant à suivre jusqu’au bout.

Que dire des difficultés d’Agen de Philippe Sella et Mathieu Blin, deux de vos anciens consultants ?

Ce n’est pas forcément une équipe qui a un gros budget. Le défi n’était pas facile dès le départ. Partir à Agen, ce n’est pas partir à Toulouse. Il faut leur laisser du temps. Là, ils vont avoir un moment crucial avec trois rencontres face à des adversaires directs pour le maintien. C’est là que ça va se jouer. Après les trois prochains matches, on verra si Agen a vraiment mal démarré. Pour le moment ils ont quand même joué des grosses équipes comme le Racing, Montpellier et Toulouse.

On sent que vous prenez beaucoup de plaisir à l’antenne…

J’aime le sport et j’aime la façon dont Canal le traite. On a toutes les armes, les images, les joueurs nous connaissent. Journaliste sportif est un métier passionnant, et avoir la chance de faire essentiellement le sport qu’on aime, c’est assez génial. Je suis véritablement épanouie.

propos recueillis par Thomas Perotto pour En pleine Lucarne

 

 

 

 

 

 

 

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Thomas Perotto

(3) Readers Comments

  1. Oui, ces deux là sont bons.

  2. Je suis d’accord que Sella et Pelous manquent de vie…
    Mais T.Lombard et R.Dourthe sont très bons.
    C’est mon opinion

  3. Merci pour l’interview.

    Le problème, ce sont les journalistes et certains consultants (Sella, Castagneide, Pelous,…).
    Cela manque un peu de vie…

    Bon la « qualité » des matchs y est certainement pour quelque chose, mais l’ennui transpire aussi à l’antenne.

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