Entretiens EPL JO 2012 Les News — 25 juillet 2012

Dans le très fourni dossier de presse réalisé par France Télévisions à l’occasion des JO de Londres 2012 (27 juillet – 12 août), le service communication du service public a demandé aux journalistes et consultants vedettes de se remémorer le souvenir des jeux Olympiques qui les a le plus marqués. Il n’y a pas de raison pour que vous n’en preniez pas connaissance. De Laurent Luyat à Fabien Lévêque en passant par Marie Drucker, Gérard Holtz, Lionel Chamoulaud, Patrick Montel, Nelson Montfort, Jérome Alonzo, Marinette Pichon, Louise Ekland, Alexandre Boyon, Roxanna Maracineanu, Michel Rousseau, Stéphane Diagana, Brahim Asloum, Arnaud Romera et bien d’autres, tous ont évoqué un grand moment d’émotion sportive olympique. Florilège et surprises car ce n’est pas toujours dans leur sport de prédilection qu’ils ont vibré.

 

LAURENT LUYAT

Ce seront donc mes 7es J.O. depuis Sydney en 2000 comme présentateur. Avec parmi mes souvenirs marquants, la consécration de Laure Manaudou en 2004 à Athènes. Toute timide sur le plateau à côté de son mentor Philippe Lucas, ce jour-là elle devient une star. Quatre ans plus tard, à Pékin, elle finira en larmes après un nouvel échec. Étonnant paradoxe. Je me souviens aussi, à Sydney, de nos médaillés français qui me rejoignaient sur le plateau dès la prise d’antenne à 8 heures du matin. Ils avaient fêté leur médaille toute la nuit, le maquillage était plus que nécessaire…

LIONEL CHAMOULAUD

Mon plus grand souvenir à jamais des Jeux olympiques, c’est la rétrospective de ceux de Los Angeles que j’ai réalisée avec Jean-Paul Jaud en 1984. Deux heures de show tv montées en 13 jours et 12 nuits. ABC, qui retransmettait les Jeux aux Etats-Unis, souhaitait nous l’acheter. En restant modeste, un grand moment de télévision dont je suis très fier.

GÉRARD HOLTZ

A Pékin, en 2008, les handballeurs français, auréolés de leur médaille d’or, arrivent sur notre plateau. Ayant déjà bien arrosé leur victoire, ils commencent, en direct, à me soulever, à défaire ma cravate et à vouloir me piquer ma veste chinoise ! Dans ce tel chahut, je craignais même que l’un d’eux ne passe à travers le vitrage qui nous entourait. Heureusement, notre consultant Fabien Galthié, avec son aura de coach, parvient à les calmer. Il m’a sauvé la vie !

LOUISE EKLAND

« J’avais 14 ans, en 1992, aux J.O. de Barcelone.Voici l’acte de courage extraordinaire qui m’a le plus marquée. Derek Redmond, un athlète britannique spécialiste du 400 mètres, aborde sa demi-finale en confiance. Malheureusement, à mi-parcours de la course, il est foudroyé par un claquage terrible ! Redmond craque et fond en larmes devant les 65 000 spectateurs. Sa déception est terrible mais il ne va pas se laisser abattre. Il repousse les médecins qui viennent à son secours pour finir la course sur une jambe. Son père Jim assiste à l’événement. Il arrive en courant, prend son fils par la taille et le soutient jusqu’à la ligne d’arrivée ! Le public était debout pour applaudir le courageux sprinter ! C’était incroyable ! »

ALEXANDRE BOYON

J’aime que les J.O. offrent de beaux symboles. Trois mois avant Sydney, je rencontre Terence Parkin, nageur sourd, ainsi que Charlene, sa partenaire d’entraînement. Il s’apprête à concourir chez les valides. Lors des Jeux, il réussit l’exploit de remporter la médaille d’argent du 200 mètres messieurs et l’Afrique du Sud le désigne sportif de l’année. Pour la petite histoire, Charlene n’a pas obtenu de médaille mais s’est rendue célèbre lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de Turin en 2006. La nageuse et future princesse y accompagnait Albert de Monaco.

MICHEL ROUSSEAU

Jeux olympiques de Mexico en 1968 : ma première épreuve, ma première course… Toutes les trois minutes, la porte ouvre sur la piscine olympique et avale les huit nageurs d’une série. Au même rythme, assis au douzième rang, j’avance d’un banc, et mon angoisse d’un cran. Trente minutes plus tard, sur le plot de départ, mes jambes tremblent fortement. Neuvième… Premier éliminé pour la finale.

ROXANA MARACINEANU

Les Jeux de Sydney ont été pour moi l’occasion de … boucler la boucle. Deux ans plus tôt, j’étais championne du monde. Pour mes parents, partis de Roumanie avec pour seuls bagages leurs deux enfants, une fierté. En arrivant à Sydney, je réalise que j’appartiens à une famille. Inondée d’émotions à chaque réveil juste à penser que je suis aux Jeux. Des grands écrans partout dans la piscine, des gradins qui montent au ciel et… ma mère, qui, faute de place, passe sous les grilles (!) et parvient à convaincre les vigiles de les laisser entrer le temps de ma finale. Un 200m dos, trois longueurs en tête et à la quatrième, l’or qui s’envole. Je suis deuxième, déçue et heureuse en même temps, lorsque sur le podium j’entends l’hymne roumain. Diana Mocanu championne olympique, Roxana vice-championne. Les efforts de ma mère doublement récompensés !

STÉPHANE DIAGANA

Les Jeux de Barcelone, en 1992, furent les seuls auxquels j’ai pu prendre part, avec à la clé une prometteuse 4e place. J’avais 23 ans et une très petite expérience de la compétition internationale. Je les ai vécus les yeux grands ouverts, comme un gamin dans un magasin de jouets. Je me souviens de ce moment particulier où, me dirigeant vers le restaurant du village olympique, je vis Stefan Edberg, n°1 mondial de tennis, que je regardais quelques mois plus tôt à la télévision et qui était assis là, au soleil, à quelques mètres. A cet instant je me suis dis, pas de doute tu es bien aux J.O. !

NELSON MONFORT

Sans le moindre doute, la première interview faite avec l’athlète américain Carl Lewis aux J.O. de Barcelone, mes premiers Jeux. Il venait de perdre son père et, enveloppé du drapeau U.S. autour des épaules, il me déclare : « Je dédie ma médaille d’or a mon père qui, de là-haut, veille sur moi ce soir… » Il n’y avait rien à ajouter. Je m’en souviens comme si c’était hier.

PATRICK MONTEL

Barcelone en 1992. Le 10 000 mètres féminin est le théâtre d’un duel homérique entre Elena Meyer, la blanche Sud Africaine et Derartu Tulu, l’Ethiopienne. Aucune des deux ne veut céder. Après un sprint échevelé, Derartu devance Elena. Les deux athlètes, sueur et drapeau national mêlés entament alors, bras dessus bras dessous, le tour d’honneur de tous les symboles. L’Afrique du Sud, tout juste sortie de l’odieux régime de l’apartheid, inaugure symboliquement, grâce à elles, le processus de normalisation de ses relations avec le continent africain.

ARNAUD ROMERA

J’ai été très marqué par l’injustice dont fut victime le boxeur français Alexis Vastine en demi-finale des J.O. de Pékin. Alexis domine tout le combat face au Dominicain Diaz. Il mène de 4 points à 1 minute de la fin et là, l’arbitre lui inflige coup sur coup 2 avertissements complètement farfelus, soit 4 points de pénalité. Le rêve d’or olympique s’écroule. Sur le ring, Alexis fond en larmes, il crie sa détresse. Son abattement est poignant, les images font le tour du monde mais rien ne changera la décision, pas même la réclamation déposée par le clan français. J’ai eu moi aussi envie de crier devant une telle injustice. J’ai eu honte pour la boxe, ce sport que j’aime, que je défends. J’ai eu mal pour Alexis et pour sa famille que je connais bien. Des gens honnêtes, intègres, bosseurs et tous boxeurs. Ce jour là, un arbitre a cassé le rêve d’un gamin de 21 ans. Alexis se consolera avec la médaille de bronze olympique. A Londres, l’heure de la revanche a sonné.

FRÉDÉRIQUE JOSSINET

Nous sommes en 1988. Je regarde mes premiers Jeux olympiques à la télé, j’ai 12 ans. Je vois un petit cheval noir (1m58 au garrot) sauter des obstacles terriblement hauts avec un cavalier incroyablement élégant. C’est Jappeloup et Pierre Durand. Ils deviennent champions olympiques. Je sors dans le jardin et je crie « Ils ont gagné, ils ont gagné ! » et ma mère me regarde et me dit : « Un jour moi aussi je dirai elle a gagné, elle a gagné. » Seize ans après, en 2004 lorsque je décroche la médaille d’argent aux J.O. d’Athènes je me suis dit qu’elle avait vu juste !

BRAHIM ASLOUM

Les Jeux olympiques sont un événement planétaire dont rêve chaque athlète. Le mien a commencé en regardant pour la première fois à la télévision ceux d’Atlanta, en 1996. Avec des étoiles plein les yeux, je me suis dit alors que je voulais y participer. Je venais de commencer la boxe depuis un an. Quatre années plus tard, en travaillant très dur et en croyant en moi, j’ai réussi à me qualifier aux Jeux olympiques de Sydney. C’était en 2000. Je m’impose en finale et deviens le premier Français champion olympique de boxe anglaise depuis 1936. Cela reste mon plus beau souvenir.

OLIVIER GIRAULT

Aux J.O. de Pékin, lors des matches de poule, l’un des joueurs les plus importants de l’équipe de France, Jérôme Fernandez, se blesse. Il est remplacé par Cédric Paty et sort du dispositif olympique. Mais l’équipe souhaite que Jérôme reste à Pékin jusqu’à la fin des Jeux. Après la finale, lors de la remise des médailles, elle refuse même de rentrer sur le terrain s’il n’est pas sur le podium. L’organisation des Jeux accepte et fait de Jérôme le 15e champion olympique au lieu des 14 prévus. Une histoire d’hommes, d’amis tout simplement.

RICHARD DACOURY

Difficile de choisir. Les émotions ont été trop nombreuses, trop intenses depuis 1996, mes 1ers J.O. dans l’équipe France Télévisions. Mais si vous insistez, je peux vous en citer quelques unes, comme les médailles d’or sur 200 et 400m de Marie José à Atlanta, celle d’argent des basketteurs français en 2000, le 2e titre olympique de David Douillet à Sydney ou encore l’hommage rendu à Mohamed Ali avant la finale de basket à Atlanta et bien d’autres encore…. Des rires, des larmes, de pures émotions, des instants rares que je suis heureux de retrouver tous les 4 ans.

FABIEN LEVÊQUE

Du haut de mes 31 ans, c’est la Dream Team de 1992 qui m’a marqué à vie dans l’histoire des J.O. C’était à Barcelone. Les États-Unis possédaient alors une incroyable armada de basketteurs avec Michael Jordan, Magic Johnson, Larry Bird, Scottie Pippen, Charles Barkley ou encore Patrick Ewing. Tous les cadors de la NBA étaient réunis sur le parquet, et c’était tout simplement magique. Avec 40 points d’écart en moyenne à chaque match, ils avaient logiquement remporté l’or olympique. Cette équipe reste, à mes yeux, la plus belle de l’histoire.

MARINETTE PICHON

Lors des J.O. de Sydney en 2000, les séries de qualifications du 100m nage libre homme mettent en compétition trois nageurs. Mais deux font un faux départ et sont donc éliminés. Le troisième et dernier, Eric Moussambani, portant les couleurs de la Guinée Equatoriale, s’élance donc seul ! Même si son style pour le moins hésitant provoque certains éclats de rire, il suscite également le respect des supporters devant les efforts accomplis par cet athlète pour décrocher sa qualification.

JEROME ALONZO

Souvenir incroyable des J.O. de Los Angeles en 1984 où l’équipe de France de football s’impose en finale face… au Brésil !!! Je me souviens parfaitement que je m’étais levé très tôt avec mon papa pour regarder le match !! Francois Brisson et Daniel Xuereb nous offrent la victoire deux buts à zéro… Albert Rust était notre gardien, je me souviens de son maillot… Nous étions le 11 août 1984 et je m’en rappelle comme si c’était hier…

KADER BOUDAOUD

Grâce à une constellation d’étoiles, il y a vingt ans, le basket-ball devenait planétaire. A Barcelone, en 1992, naissait la Dream Team, l’équipe de rêve. En pleine révision, un oeil sur mon mémoire de maîtrise, un oeil sur ma télé, Jordan, Magic Johnson, Bird et les autres ne s’affrontaient pas. Cette fois-ci, les stars de la NBA jouaient ensemble, comme dans un rêve. Pas pour l’argent mais pour l’or olympique…

MARIE DRUCKER

« Deux souvenirs me reviennent : Le premier, quand Mohamed Ali a allumé la flamme en tremblant à Atlanta en 1996. L’image de cet immense champion sur le ring en 1960 à Rome (même si je n’étais pas née !) s’est alors juxtaposée. Il n’avait que 18 ans. Il a depuis tout gagné. Et le second, c’est celui de la victoire de Derartu Tulu aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992. Elle a été la première africaine noire à remporter un titre olympique, en l’occurrence sur 10 000 mètres. »

Photos : France Télévisions / Thomas Laisne/création Meije Randetti

 

 

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Vincent Rousselet-Blanc

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