Entretiens EPL Les News — 13 juin 2012

Une fois son sac à main négligemment posé dans un coin et après s’être assise au volant d’un Proto Pescarolo sur le circuit des 24h du Mans, Margot Laffite (ici en photo avec Arnaud Simon, le DG d’Eurosport) se sent aussi bien dans son baquet que Dori, le poisson de Nemo, l’est dans l’eau : la présentatrice de Dimanche F1 sur Eurosport est dans son élément ! Nous l’avons donc laissée effectuer quelques tours de piste à 200 km/h avant d’aller lui demander ses impressions sur la plus célèbre course d’endurance au monde qui fêtera sa 80e édition le samedi 16 juin et qu’elle commentera pour Eurosport. Et au passage de nous faire un bilan de sa première saison aux commandes de « Dimanche F1 ».

Vous qui commentez la F1 et qui naviguez dans le sport auto depuis toujours, quelle place tient une compétition comme les 24H du Mans dans votre cœur ?

C’est la première compétition automobile à laquelle j’ai assisté. Non pas par goût car je ne m’intéressais pas trop trop au sport auto à ce moment-là, mais parce que j’avais 15 ans et qu’un bon copain de l’époque était fou des 24h et m’avait emmené là-bas (rires). Donc c’est une course qui m’a obligatoirement marquée : de voir autant de monde en tribune, (250 000 personnes y assistent, ndlr), autant de nations représentées, des pilotes d’un niveau exceptionnel. Même si par la suite j’ai préféré la vitesse sur circuit plutôt que l’endurance. Les 24H est sans doute l’une des courses les plus difficiles au monde, notamment dans la catégorie reine, les LM P1. Ça roule à 300 km/h, le jour, la nuit, sous la pluie, dans des conditions de confort très difficiles.  C’est une course extrême, bien plus éprouvante que la F1. Et puis à l’époque, des pilotes de F1 participaient au Mans. Aujourd’hui, on mélange moins les genres et s’il doit y avoir des passerelles, ce sera plus de la F1 au Mans que l’inverse.

De quelle façon allez-vous couvrir l’épreuve pour Eurosport ?

Je serai sur place, au Mans, pendant toute la durée de l’épreuve, dans les stands et les paddocks, avec Franck Lagorce. Je ferai des interviews avant le départ et j’interviendrai de temps à autres pendant l’événement en prenant les réactions à chaud des pilotes. Puis, tous les jours de la semaine qui précédera les 24H, du lundi 11 au vendredi 15 juin, aux alentours de 22h, j’animerai un talk qui s’appellera « Le Mans 24 minutes » – pas besoin de te donner la durée (rires). Je serai en compagnie de Paul Belmondo et Jacques Leunis et nous reviendrons sur les qualifications du jour. Le jour de la course, le samedi 16 juin, notre talk se déroulera juste avant le départ. La course elle, débutera à 15h et sera commentée par des spécialistes. Eurosport et Eurosport2 (pour les essais et 2h pendant la course, ndlr), prendront l’antenne dès le mercredi 13 juin, 18h, pour les essais qualificatifs en direct et, le jour J diffusera la course en intégralité et en direct.


D’un talk à l’autre, parlons de « Dimanche F1 » que vous présentez pour la deuxième année sur Eurosport. Quel bilan tirez-vous de la première saison ? Quelles ont été les difficultés, les satisfactions ? Ce n’était pas évident tout de même pour des débuts dans la peau d’une présentatrice ?

Pas évident en effet. Même si je suis passionnée de sport auto et que j’ai envie de participer aux débats, l’important était de rester à ma place, de jouer mon rôle de chef de bande, d’être à la fois assez pointue pour les vrais amateurs quoi nous suivent et à la fois assez compréhensible pour un public moins averti, et de mettre en valeur ceux qui m’entourent. Et, heureusement, je connaissais déjà les consultants qui m’entouraient tels que Franck Lagorce, Franck Montagny ou Sébastien Bourdais. Donc, ça m’a rassuré.

En fait, ma plus grande difficulté a été de gérer le fait que ce soit en direct car mon plus grand trac c’était de dire « Bonsoir » aux téléspectateurs pour ouvrir l’émission. Je n’arrivais pas à trouver le ton, la méthode pour le faire (rires).

Bref, de petites difficultés car pour le reste tout s’est tout de suite bien passé car nous sommes vite pris dans le rythme de l’émission qui est assez dense. Le plus difficile a été de créer une bonne dynamique entre tout le monde, une bonne musique entre nous car nous sommes dans un talk, avec des débats qu’il faut équilibrer, tempérer, harmoniser. C’était mon rôle et j’ai l’impression que nous y sommes plutôt pas mal arrivés. Maintenant, tout n’est pas parfait et on essaye tous sans cesse à Eurosport d’apporter des améliorations à l’émission.

« Dimanche F1 », C’était mon objectif : travailler dans ce milieu, avec des professionnels qui m’entourent, rencontrer des gens intéressants que l’on invite en plateau, parler de sa passion… je pense que le résultat se voit à l’antenne et en tout cas je prends un énorme plaisir à l’animer.

Ça y est, le côté « fille de… » est derrière toi ?

Oui, même si je ne peux pas le renier et si c’est grâce à lui que je fais ce que je fais aujourd’hui, mais j’ai beau m’appeler Laffite, j’ai dû faire mes preuves, travailler, surtout quand on s’adresse à des passionnés. Les téléspectateurs ont le sens critique. Le fait d’avoir roulé un peu en course me donne aussi de la crédibilité. Et je participe encore tous les ans au Trophée Andros et si l’an dernier je n’ai pas eu le temps de rouler, je compte bien reprendre quelques courses cette année. D’ailleurs, quand je me déplace sur les circuits, je remarque que certains me regardent différemment maintenant, avec peut-être un peu plus de considération pour le travail que je fournis sur Eurosport. Même mon père s’intéresse un peu plus à ce que je fais (rires).

Il y a peu de place sur les grandes chaînes consacrée aux émissions sur les sports mécaniques, pour quelle raison ?

C’est un peu un cercle vicieux. Moins on en propose, moins les gens s’y intéressent. Regardez le WRC, nous avons un octuple champion du monde avec Sébastien Loeb, des rallyes spectaculaires, et le WRC reste très peu médiatisé. Les gens se contentent de ce qu’on leur donne, un peu de téléréalité par-ci, des séries américaines par-là, etc. et s’y intéressent parce qu’on leur livre ça. Si on leur donne du sport mécanique, qui dit que ça ne les intéressera pas ? Regardez « Automoto » marche plutôt bien depuis que l’émission s’est recentrée sur le sport mécanique.

En tant que pilote quel serait ton rêve aujourd’hui ?

Faire du rallye raid ! J’ai essayé récemment la vieille Mitsubishi Pajero de Peterhansel, celle du Dakar 2007. C’était génial, ça m’a donné envie de découvrir le rallye raid car contrairement aux courses de vitesse sur circuits qui possèdent une logique que j’adore, scientifique, mathématique, perfectionniste à l’extrême, avec peu de place au hasard, le rallye lui offre une part d’aventure séduisante que j’aimerais bien connaître un jour. En tant que pilote bien sûr.

Propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc pour En Pleine Lucarne

photo : Eurosport

Share

About Author

Vincent Rousselet-Blanc

(2) Readers Comments

  1. cher Margot je vous pose simplement une question, je voudrais savoir comment passer une journée de stage de F1 avec un grand pilot de F1 car je suis passionnette de voiture de course comme vous et votre père.

  2. Il sera possible de suivre en direct, en vidéo, en intégralité et gratuitement les 24 Heures du Mans sur Internet, avec l’ACO et/ou Audi :
    http://davidbenard.free.fr/index.php/2012/06/14/24-heures-du-mans-direct-live-streaming-video/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>