Entretiens EPL Football Les News — 18 juin 2012

Dans la famille des anciens gardiens devenus consultants foot à la télévision, j’appelle Jérôme Alonzo. Ancien keeper star du Paris Saint-Germain, de l’Olympique de Marseille ou encore de l’OGC Nice et de l’As Saint-Etienne, Jérôme Alonzo est aujourd’hui omniprésent dans le monde des médias, que ce soit sur l’Equipe TV ou à travers son magazine mensuel de presse écrite « Surface » et, bientôt, sur l’antenne de France Télévisions en remplacement de Xavier Gravelaine ainsi que sur une nouvelle chaîne – c’est l’info que vous découvrirez en fin d’interview. Mais pour le moment, c’est à l’Equipe TV que nous avons partagé un moment avec lui, dans les coulisses du magazine « Euro & Co » (que l’on vous fera découvrir) diffusé tous les soirs. Généreux dans l’échange, il nous expose ici son rôle de consultant et les nouveaux défis qui l’attendent à la rentrée.

Quel est votre rôle sur l’Equipe TV durant cet Euro 2012 ?

Je vais partir dans l’humain plutôt, ils le savent très bien, je ne suis pas un féru de tactique. 4-3-2-1 ou 4-4-2: c’est  tellement malléable, cela peut changer en cours de match. Moi ce qui m’intéresse ce sont les enjeux, les doutes qui peuvent habiter un joueur avant un match ou encore les émotions. Il y a des gens très forts en tactique, moi je préfère l’humain.

Comment préparez-vous vos interventions ?

Je lis tout. Evidemment, l’Equipe, France Football, Le Parisien, le JDD. Je me nourris de tout ça, non pas pour faire du copier-coller, mais parce que des choses m’auront forcément échappées. Ma préparation c’est donc avant tout une revue de presse quotidienne.

Échangez-vous avec des joueurs ou des anciens joueurs ?

Honnêtement non. Je préfère me faire ma propre idée. J’ai par contre beaucoup d’échanges avec  des amis à moi, entraîneurs ou managers. L’intérêt majeur serait d’appeler des joueurs présents à l’Euro, ce qui n’est évidemment pas possible. Appeler d’autres joueurs qui auront la même approche que moi, cela ne m’intéresse pas. Je préfère partager avec eux en plateau, comme c’est le cas par exemple aujourd’hui avec Rémy Vercoutre. On peut être d’accord ou pas, c’est super constructif.

Avec cette expérience d’homme de télévision accumulée sur Orange Sport et à L’Equipe Tv, comment vous sentez-vous avant de prendre l’antenne ?

Je ne  ressens absolument rien de plus qu’avant de commencer cette interview avec toi en ce moment.  C’est toujours la passion qui m’a guidée. La pression je l’avais quand je présentais mon émission le dimanche en direct (« Alonzo Dimanche » sur l’Equipe TV). Après quand tu es autour de la table et que tu réponds à des questions, c’est facile. En plus tu as vu l’équipe est ici comme une famille, il n y a vraiment aucune pression. C’est du bonheur. On essaye de faire quelque chose de propre, de concis. On ne marche sur les pieds de personne.

Avez-vous des petites manies ou des petits rituels avant de prendre l’antenne ?

Pas du tout. Avant les matchs, j’en avais plein. Je ne suis absolument pas superstitieux par rapport à la télévision. J’ai cette chance, depuis ma première télé, d’être absolument imperméable à la pression.

Et avant les matchs quels étaient vos petits rituels ?

Là, c’était un peu plus personnel. Quelques petits signes religieux, quelques grigris dans le sac. Quelques sous-vêtements fétiches comme tout footballeur ou sportif de haut niveau.

Comment se sont passées les premières éditions du magazine « Euro & Co » jusqu’à présent ?

Super ! Les invités ont été souvent brillants. Je garde un très bon souvenir de Stéphane Porato, de Rémy Vercoutre, ou encore d’Olivier Echouafni qui était très bon. On a eu également Cédric Sorhaindo, le handballeur, qui a apporté le regard d’un autre sport. Après on attend avec impatience des gens comme Eric Roy, des personnages brillants du football. Les expériences sont superbes et l’invité apporte beaucoup à l’émission.

Vous êtes un homme surbooké. Comment jonglez-vous actuellement entre toutes vos activités ?

Pour Surface, je dois reconnaître que le numéro spécial euro, je le dédicace entièrement aux équipes qui ont travaillé dessus. J’ai juste donné mon accord pour la couverture, fait l’édito et modestement contribué en contactant l’agent de Karim Benzema pour avoir son accord pour la couverture. Toute le reste a été réalisé par ma Team qui m’a bien aidée parce que moi je n’avais pas le temps. Comme je le dis les journées sont très chargées, en plus je vis à Nice, ce qui n’est pas évidant. Quand je viens à Paris c’est un peu Rock and roll. La clé est d’avoir un bon agenda, marquer les bonnes heures et les bons lieux de rendez-vous, et ça roule tout seul.

Venons-en à cet Euro 2012, qu’en avez-vous pensé jusqu’à présent ?

Je ne suis pas transporté et en même temps je ne suis pas déçu. C’est un Euro qui se passe normalement. Première belle émotion avec le match de l’Espagne (ndlr : victoire 4-0 contre l’Irlande) et le Pays bas – Allemagne. On va dire que c’est un Euro qui va crescendo.

Vous me confessiez tout à l’heure qu’on assisterait à un Euro des gardiens. Qu’avez-vous pensé d’eux justement ?

Il n’a pas encore eu beaucoup d’arrêts à faire, mais mon coup de cœur est Gigi Buffon. Toujours là, c’est un modèle d’exemplarité, de longévité et de charisme. Sinon pas de flop particulier, si ce n’est Petr Cech. Très brillant avec Chelsea cette saison, il en est à une petite boulette par match. Il m’a d’ailleurs couté deux pronostics déjà (rires).

Votre pronostic pour cet Euro ?

A ta place, je me méfierais (rires au moment où Erick Bielderman présent dans la salle, nargue Jérôme Alonzo sur ses différents échecs au jeu des pronostics). Globalement, je ne suis pas très inspiré pour le moment, mais cela peut changer très vite.

Pour finir, que pouvons-nous vous souhaiter pour la saison à venir ?

De ne pas perdre mon agenda (rires). Je finis ma mission avec l’Equipe Tv le 1er juillet après la finale de l’Euro. J’ai passé une année extraordinaire. J’ai eu un choix de carrière à faire. Je ne voulais pas m’éloigner du terrain, France Télévisions m’offrait l’opportunité de revenir très près pour les JO et pour les coupes de France et de la Ligue. Je me lance dans cette aventure avec beaucoup de joie et d’envie.

Je vais également certainement rejoindre, avec l’accord de France Tv, une autre chaîne du câble qui est en train de se monter (365sports, ndlr). Nous sommes en train de travailler ensemble avec Patrick Chêne. Ça devrait pouvoir le faire. Je ne peux pas en dire plus tant que France Tv n’a pas donné son aval. J’ai envie d’aider Patrick à lancer ce projet qui me paraît sympathique, une chaîne de sport un peu différente de ce qui se fait. Si je peux modestement y contribuer, je le ferai. Je continuerai à faire également « le match des experts » le vendredi soir avec Manu Petit et Eric Naulleau sur France 2.

propos recueillis par MB

Photos : l’Equipe TV / Lablatinière

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Vincent Rousselet-Blanc

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