De prime abord, une rubrique Portrait Chinois peut passer pour du contenu gadget superficiel destiné à remplir avantageusement un magazine ou les pages d’un site. Mais en raccrochant d’avec Frédéric Brindelle, le spécialiste handball* et cyclisme de Canal+, on peut légitimement se dire que cette rubrique peut parfois réserver de très belles surprises.

Inutile de « teaser » plus longtemps. Frédéric Brindelle comme vous le ne le connaissez sûrement pas, c’est ici, sur En pleine Lucarne, et nulle part ailleurs ! Et comme les footeux ont leur fameux « match de référence », voici le portrait chinois de référence d’ « EPL ». Avis aux futurs « portraîtisés » et un grand merci à Fred d’avoir ainsi joué le jeu.

Un animal : Un singe ! C’est l’animal qui ressemble le plus à l’homme, qui en est le plus proche et comme j’adore les gens. Et puis ses facéties, ses rires, sa façon de faire l’idiot, sa sympathie et son efficacité dans ses gestes correspondent bien à ce que je suis dans la vie.

Une chanson : là c’est compliqué car je viens du monde de la musique. Quand j’étais plus jeune, j’avais un groupe, j’étais chanteur et percussionniste, je jouais aussi du piano. Mais à n’en choisir qu’une ce serait « Toi et moi contre le monde entier » de Claude François et ce pour des raisons très personnelles. Cette chanson symbolise le rapport que j’ai avec mon fils. « Tu es blond et je suis blond… » (il chantonne) Elle raconte l’histoire de ma vie ratée avec mon père et de celle que je réussis aujourd’hui avec mon fils après un long combat de papa dont le divorce ne s’est pas super bien passé. Cette chanson symbolise notre histoire et nous la jouons et nous la chantons ensembles assez régulièrement dans les réunions de famille.

Un objet indispensable : une montre chronomètre que ma grand-mère m’avait offert quand j’avais 13-14 ans. Là aussi il y a une vraie histoire derrière cet objet. Ma grand-mère, mère de 10 enfants, m’a élevé. Elle était femme de ménage et ne roulait pas sur l’or. Mais elle était comme moi, passionnée de sport ,et quand elle m’a offert cette montre-chronomètre je savais qu’elle s’était signée pour l’acheter. Comme un idiot, quelques jours plus tard, je joue au hand avec. J’étais gardien de but et évidemment, je la casse pendant le match. On la fait réparer et rebelote, encore au hand, je la recasse. Et là, l’horloger me dit qu’elle est irréparable. J’étais inconsolable. 13 ans plus tard, là aussi c’est un chiffre de ma vie, j’avais donc 27 ans, lors d’un grand rangement dans mon appartement, je retrouve cette montre. Je la manipule un peu, nostalgique, et elle se met à fonctionner à nouveau ! C’était en 1996, un dimanche. Quatre jours plus tard, ma grand-mère décédait. Depuis cette montre marche fabuleusement bien et j’y ai vu comme le signe que la vie continue. Ca m’a beaucoup aidé à encaisser la disparition de ma grand-mère et, sans aller plus loin, cette montre marque encore aujourd’hui les étapes importantes que je vis avec mon fils.

Un sportif : Laurent Fignon ! D’abord parce que le cyclisme est mon autre discipline de prédilection, je le pratique depuis toujours, en Seine et Marne d’ailleurs, comme Fignon, et je le commente à la télé. Laurent Fignon a toujours incarné pour moi LE Champion. J’ai eu l’infime honneur de commenter le tour de Pologne à ses côtés et j’avais pour rêve de commenter le Tour de France avec lui. La vie…et les droits sportifs du Tour en ont décidé autrement.

Un club de cœur : Ce serait dans le hand bien sûr mais il est impossible d’en dissocier un des autres, je les aime tous. Et l’Equipe de France bien sûr, qui m’a fait vivre des moments d’une incroyable émotion. Maintenant, puisque je joue le jeu, j’ai un club de cœur, qui a rythmé ma jeunesse. C’est un club de foot : le FC Nantes. Quand j’étais petit, j’avais le maillot avec Europe1 marqué dessus et à chaque fois que je vais à Nantes commenter du hand, je demande au taxi de passer devant le vieux Stade Marcel Saupin où évoluait l’équipe légendaire des années 80, et je me recueille. Il se trouve en plus que j’ai commenté du foot, eh oui, avec Patrice Rio et Eric Pécout, deux anciens Jaunes. D’ailleurs, pour vous faire un aveu, j’ai bien failli commenter du foot sur Canal+ après les JO 2008. Cyril Linette m’avait repéré pendant les Jeux et m’avait testé sur Foot+ au cas où la chaîne connaîtrait des départs de commentateurs. Personne n’a bougé finalement et il n’y avait pas de raison que je continue. Et puis maintenant le hand se développe sur la chaîne et j’ai un job de rêve.

Un lieu : la montagne en général, et la Toussuire en particulier car j’y pars en vacances assez régulièrement ces dernières années. J’aime la plénitude de la montagne, c’est pour moi le plus bel endroit, associé à mes plus belles vacances. Et puis le sport n’est jamais très loin puisque, à côté de la Toussuire, j’ai le Col de la Croix de fer que les amateurs du Tour de France connaissent bien.

Un plat : les desserts avec une prédilection pour tout ce qui est crêpes, gaufres, glaces, crème aux œufs. Sans oublier la Chantilly qui va avec (rires). Mais je n’aime pas le chocolat. Ce goût pour les desserts me vaut parfois des prises de bec avec mon pote Greg Anquetil qui commente le hand avec moi car lui aussi est gourmand et on se charrie souvent sur le poids que l’on prend et où on le prend : lui c’est au cou, moi c’est au ventre (rires). Ainsi, au resto, il fait exprès de prendre une entrée en espérant que l’on finira sur un plat et non sur un dessert. Mais ça ne marche jamais (rires). Mais bon, je ne fume pas, je ne bois pas beaucoup, alors je m’accorde ce pêché mignon pour le sucré.

Une émission de télé : deux, je peux ? Champs Elysées de Michel Drucker parce que c’était de la vraie variété à la télé, en direct, avec de vrais chanteurs, de vrais musiciens. C’était une fête cette émission. Et comme je viens du cabaret, j’y étais sensible. Je ne comprends pas qu’on n’ait pas poursuivi dans ce genre aujourd’hui.

Ma deuxième émission c’est Stade 2. Là encore parce que c’est grâce à elle que j’ai découvert le sport, que je me suis fait ma culture sport quand j’étais gamin. Avec les Roger Couderc, Richard Diot, Thierry Roland, etc. Le sport, c’était là que ça se passait à l’époque. Cette émission reflétait aussi très bien les années 80 que j’aimais et je revendique ce côté nostalgique du foot des années 80, de la musique de l’époque aussi avec des textes plus proches de nos préoccupations. Allez, je vous fais encore un aveu : mon rêve professionnel a toujours été de présenter un jour Stade 2.

Un site Internet : celui de l’équipe allemande de hand de Kiel. Il est admirablement bien fait car d’un site de club on a accès à toute l’actualité du hand. Et en cyclisme, je ne peux me passer de Cyclingbase qui a révolutionné mon travail grâce à ses fiches sur les coureurs.

Votre souvenir d’événement sportif le plus marquant : Les 8 secondes de Laurent Fignon sur le Tour de France 1989 contre Greg Lemond. J’en ai pleuré devant ma télé. Et j’ai encore en tête le commentaire de Patrick Chêne, mon modèle dans la profession, qui égrenait les secondes à l’antenne. Il n’y avait que ça à faire et il l’a fait. C’était génial.

Et si je peux un 2e événement que je n’oublierai jamais : Séville 82 et la demi-finale France-Allemagne. A tel point que lors de mon premier voyage de noces, je suis passé par Séville et j’ai demandé à ma femme de me laisser aller visiter le stade Sanchez Pizjuan.

Il y aurait bien aussi le hand, mais j’ai vécu tellement de moments extraordinaires qu’ils constituent un tout, magique, que ce soit avec les hommes ou les filles de l’équipe de France.

Ce que vous détestez. L’injustice peut me provoquer des réactions terrifiantes. Sinon, dans le milieu professionnel, je déteste la nouvelle hiérarchie que certains de mes confrères peuvent donner à l’information. Dans un « journal des sports », on ne parle que de foot, même quand il n’y a rien à en dire alors que personne ne mentionne une 4e place de Thomas Voeckler dans Liège-Bastogne-Liège. Certains ont choisi l’ère de l’information marketing, de l’info sportive peopolisée. Je veux me battre contre ça. Heureusement, chez nous je n’ai pas à me plaindre de ça car avec I-Télé, la matinale de Canal+ avec Sylvère-Henry Cissé et Infosport+, l’info sport est très bien traitée.

recueilli par Vincent Rousselet-Blanc pour En Pleine Lucarne

* Canal+Sport, mercredi 9 mai 20:40 : Handball Direct D1. 24e journée. Chambéry / Saint-Raphaël.

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Vincent Rousselet-Blanc

(2) Readers Comments

  1. Super journaliste. On se serait juste passé de la langue de bois sur la derniere question, à moins que ce soit une maniere d’allumer quelqu’un en faisant semblant de faire un compliment.

    Parce que ce M. Sylvere est tres sympathique, mais voilà quoi, il represente exactement la dérive decrite par M. Brindelle. Le vide plutot que le fond, sous pretexte que ça doit etre grand public

    Merci pour cette belle interview, où on sent le passionné qui nous fait vibrer à l’antenne. L’un des tres tres bons de Canal. Ils st devenus bien rares

  2. Ah merci ca c’est quelqu’un qui joue le jeu , se dévoile vraiment .Un bel interview merci

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