Autres Sports — 26 mai 2012

Le dimanche 27 mai 2012 sera marqué par le 70e Grand Prix de Monaco*. Sur la plus prestigieuse course de la saison, tous les pilotes rêvent d’accéder à la plus haute marche du podium. Mais cette saison, le championnat est très serré… Jean-Louis Moncet, consultant depuis 1992 pour TF1, décrypte, pour le bulletin TF1 Pro, les enjeux à venir sur le tracé du Rocher.

Quel est votre sentiment sur ce début de saison ?

Avec 4 vainqueurs différents (Jenson Button, Fernando Alonso, Nico Rosberg et Sebastian Vettel) sur les 4 premiers Grands Prix, nous assistons à un début de saison très serré. Les constructeurs sont au coude à coude avec Red Bull Renault devant, suivi de près par McLaren Mercedes puis Lotus Renault, Ferrari et plus loin Mercedes. Concernant les monoplaces, il semble que les McLaren soient un peu plus performantes mais l’écurie ne dispose pas pour autant de la meilleure équipe. Elle n’a d’ailleurs pas réussi à concrétiser ses poles positions par un titre, excepté en Australie, à cause de problèmes techniques lors des arrêts au stand. Quant aux pilotes, nous retrouvons cette saison les mêmes pointures : Schumacher, Rosberg, Alonso, Vettel, Webber, Button, Hamilton… au milieu desquels nous voyons arriver Romain Grosjean et Kimi Räikkönen.

Pourquoi le Grand Prix de Monaco est-il si réputé ?

Plusieurs éléments contribuent au charme et à la réputation de ce circuit. Tout d’abord, les spectateurs sont très proches des voitures d’où la nécessité de règles de sécurité très strictes. De nombreux endroits autour de la piste permettent de voir les pilotes travailler et les caméras arrivent même à faire de gros plans sur l’intérieur des cockpits. Par ailleurs, le circuit se trouve au cœur de la ville et emprunte les grands boulevards, les petites rues, les descentes, le tunnel et même le port. Ce tracé confère au Grand Prix son aspect amusant et quelque peu magique. Magique avant tout parce que Monaco rime avec yachts, casinos, plage, mer, soleil, fête et surtout principauté. Pour toutes ces raisons, ce Grand Prix est le plus glamour de la saison et nous ne nous ennuyons jamais !

A Monaco, les dépassements sont presque impossibles. Le départ sera-t-il le moment le plus important de la course ?

D’une manière générale, le départ est le moment fort de chaque course. La position sur la grille de départ compte aussi beaucoup d’autant plus cette saison où le championnat est très serré. Il ne faut pas manquer ses qualifications, surtout à Monaco où effectivement les dépassements sont très difficiles et risqués car une seule erreur peut vous éliminer directement de la course. D’ailleurs, à peu près 65% des pilotes partis en pole position à Monaco ont remporté la course.

Quelle voiture est la mieux parée pour cette course ?

Les Red Bull, les McLaren et les Lotus-Renault ont toutes leurs chances. Cependant, il ne faut pas négliger Ferrari qui a présenté une voiture fortement modifiée lors des essais privés à Mugello et pourrait réaliser une belle course également. En revanche, la monoplace me paraissant être la moins compétente pour ce type de circuit est la Mercedes, davantage performante sur les circuits avec des grands espaces et des longues lignes droites.

Le dernier Français à avoir remporté cette course est Olivier Panis en 1996. Quelles sont les chances de nos 3 pilotes français aujourd’hui ?

La voiture de Romain Grosjean fonctionne très bien et nous connaissons sa rapidité, surtout en qualification. S’il est bien placé sur la grille de départ, il peut réaliser un formidable Grand Prix. Quant à Jean-Eric Vergne, il a rencontré des problèmes circonstanciels sur sa monoplace. Après le Grand Prix de Bahrein, la voiture est directement repartie à l’usine où elle a été démontée pour comprendre les dysfonctionnements. Elle devrait de nouveau être performante dès le Grand Prix de Barcelone. A Monaco, Jean-Eric courra son 6e Grand Prix seulement et pour réussir sur le Rocher il faut une certaine expérience. Il peut s’en sortir si sa voiture est bien compacte et a une bonne motricité en reprise de virage lent car la puissance du moteur comptera moins. Concernant Charles Pic, il a toujours été très proche de son coéquipier, Timo Glock, sauf à Bahrein où il a dû abandonner. A Monaco, avec sa petite voiture, il peut accrocher une meilleure place car ce Grand Prix, long et difficile, requiert beaucoup de concentration et Charles a cette qualité.

Avez-vous un souvenir particulier d’un Grand Prix de Monaco ?

J’en ai beaucoup mais le plus formidable d’entre eux reste les qualifications de 1990. Nous sentions qu’entre Ayrton Senna, aux commandes de sa McLaren-Honda, et Alain Prost, avec sa Ferrari, la course au meilleur temps allait être serrée. A TF1, nous avons alors pris le parti de séparer l’écran en 2, avec un pilote de chaque côté, afin de comparer leur tour et leurs erreurs, l’endroit où il perdait des secondes… Aujourd’hui, ce procédé se retrouve partout. Mais faire vivre ces qualifications à nos téléspectateurs de cette façon en 1990 était sensationnel !

Un pronostic sur le vainqueur ?

A Monaco, les plus grands pilotes peuvent trébucher et nous assistons souvent à des courses très tendues qui font la beauté de ce circuit. Mais je miserais tout de même sur Sebastian Vettel sans pour autant oublier Jenson Button qui a montré sa force sur ce type de circuit.

propos recueillis par Coralie Vallet pour TF1 Pro

*GRAND PRIX DE MONACO DIMANCHE 27 MAI à partir de 13:20 avec F1 A LA UNE.

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Vincent Rousselet-Blanc

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