Les News — 26 avril 2012

Entre 18h et 20h, Nicolas Sarkozy et François Hollande s’exprimaient pour la première fois à la télé sur le sport, dans le cadre du Grand Forum d’Infosport+. Ce n’est certes pas ce qui vous fera changer d’avis dans vos votes les 6 mai, mais l’occasion était si rare qu’en voici les meilleurs extraits.

Nicolas Sarkozy

Sa passion pour le sport

« J’aime le sport, ça a été toujours été dans ma vie indispensable, même en campagne, je fais une heure de sport par jour, au minimum, parce quand je suis en vacances, c’est un peu plus long parce que je fais des sorties en vélo de deux à trois heures. J’ai toujours aimé ça, mais ce qui est curieux c’est que j’aime le pratiquer et j’aime le voir. Très jeune, vers 15-16 ans, j’allais la Cipale, à Vincennes, tout seul voir à l’époque c’était Pierre Trentin, Daniel Morelon, Didier Quintin, je rêvais de leurs exploits. J’ai toujours supporté le PSG, j’y allais jeune, très jeune, personne ne m’y amenait, j’y allais tout seul ou avec des amis et j’ai emmené mes enfants très tôt qui perpétuent, un peu comme la Madeleine de Proust, cette tradition. Un mois de juillet sans le Tour de France, ce n’est pas un mois de juillet pour les français. Moi j’ai un souvenir d’une victoire de Richard Virenque dans le Ballon d’Alsace avec Philippe Seguin, que j’aimais beaucoup pour tout dire. On a passé sept heures, à l’époque on était au RPR, à regarder l’étape du Ballon d’Alsace. Parce que le sport c’est un élément qui rassemble, c’est extrêmement important, c’est beaucoup plus important même que ce que le croient les sportifs. Moi les chaînes de sport maintenant c’est le paradis, je les regarde toutes et donc je suis très au courant. Et le soir, assez tard quand je rentre, Carla vous le dirait, je regarde toujours les informations sportives. Dimanche, en attendant les résultats du premier tour, j’ai vu un magnifique Liège-Bastogne-Liège »

Son programme et sa politique sportive

« Ce qui nous manque c’est d’abord un schéma national des équipements. Je pense qu’il y a beaucoup d’équipements de proximité, c’est très bien, mais qu’il nous manque un schéma national. Je m’explique : je vous ai parlé de Dunkerque, c’était magnifique, c’était très bien organisé, mais il nous manque un grand centre aquatique. Deuxièmement, il y a ces sports extraordinaires que sont le volley, le basket, le hand, il nous manque des arènes, j’ai vu, je ne sais pas si c’est la Croatie ou la Serbie qui ont organisé des Championnats d’Europe, il y a six ou sept salles de 8000 à 12000, en France non. Ce n’est pas possible. Donc on va faire un schéma national des équipements sportifs et l’Etat participera au financement exclusivement de ce qui rentre dans ce schéma national. Si j’ai voulu l’Euro 2016, c’est pour quoi ? C’était pour donner un coup de main aux clubs. Parce que s’il n’y a pas l’Euro 2016, il n’y a pas de modernisation des stades. Or nos stades, il faut les moderniser parce que les stades du monde entier maintenant c’est des lieux où on fait des stages pour les entreprises, où il y a une vie. Vous comprenez qu’un stade ça ne peut pas vivre une fois tous les 15 jours, ça n’a pas de sens, ça n’a pas de signification, c’est un ensemble. Je vais prendre mes responsabilités, moi je suis clairement pour la rémunération des Présidents de Fédération. C’est un travail très difficile d’être Président de Fédération et si vous ne les rémunérez pas, vous avez alors soit quelqu’un qui est à la retraite, je n’ai rien contre, soit quelqu’un qui a beaucoup de moyens »

Les Jeux Olympiques

« Je voudrais dire deux choses : tout d’abord, Denis Masseglia, je le soutiens de toutes mes forces pour obtenir des Jeux Olympiques en France, il faut qu’on en discute. Je pense qu’il faut arrêter d’être candidat pour participer. Il faut être candidat pour gagner. Parfois, on dépose une candidature sans demander aux autres, il y a une vraie stratégie. Deuxième remarque, Londres : j’ai bien regardé ce qu’ils ont fait. Ils ont fait un choix qui est excellent, ils ont choisi Sébastien Coe qui a été un grand athlète et qui a été un remarquable organisateur et ils lui ont donné les clefs. Chez nous parfois, quand on fait des candidatures, il y a autant de patrons qu’il y a de places autour de la table. Donc s’il y a tant de patrons, il n’y en a pas. Troisièmement, il faut comprendre que ceux qui sont à convaincre ce sont les 100, 113, 116, je ne me souviens jamais, membres du Comité Olympique International. Alors moi j’ai une idée mais c’est Denis Masseglia qui décidera, je pense que 2024 est une date qui pourrait être mythique pour la France. Pourquoi ? C’est le centenaire, c’est une belle date, je ne peux pas être concerné parce qu’en 2024, ça fait bien longtemps que je ne serai plus président, mais je trouve que ça serait fantastique que la France ait cet objectif, qu’on s’y mette tous, qu’on choisisse la stratégie et qu’on y aille. C’est très important d’avoir les Jeux Olympiques, même si je voudrais vous le dire, moi je ne suis pas ceux qui contestent quand il y a une Coupe du Monde dans un pays arabe ou quand il y a des Jeux Olympiques en Chine, le sport est universel »

François Hollande

L’imposition des sportifs

« D’abord je leur dis, comprenez le monde dans lequel vous êtes. Ouvrez-vous, vous gagnez beaucoup d’argent, vous avez beaucoup de talent, mais regardez ce que vivent aussi ceux qui vous regardent donc ayez cet effet de miroir : nous vous regardons, regardez-nous. Ensuite les sportifs, ils peuvent lisser leurs revenus sur plusieurs années. Le droit fiscal aujourd’hui le permet, pas besoin d’inventer une procédure. Et puis je voulais dire aussi aux clubs, attention à cette inflation des rémunérations qui d’ailleurs a désorganisé le football européen. Dans le rugby, aucune rémunération n’est supérieure à un million d’euros. Moi je soutiens un club de rugby, le CAB de Brives, dans le rugby il n’y a pas ces rémunérations. Là où il y a eu cette inflation, on voit des clubs qui sont au bord de la faillite, avec un risque, c’est là que peut s’institutionnaliser des pratiques que nous voulons justement réprimer » « J’ai remarqué qu’un certain nombre de dirigeants de fédérations avaient plutôt été dans le sens que j’indiquais, notamment Noël le Graët »

Sa passion du sport

« J’avais 13 ans, je collais des petites images sur des carnets Panini et je lisais France Foot, pour moi c’était le meilleur moment de la semaine. C’était le mardi quand j’achetais France Foot et le jeudi quand je jouais au foot, et le samedi voire le dimanche quand j’allais m’entraîner avec le FCR »

« C’est mon grand-père maternel qui m’a emmené au stade le premier, et je lui en suis très reconnaissant parce qu’il m’a fait découvrir Colombes puis après le Parc des princes. Il habitait Paris donc je suis allé voir des matchs de l’équipe de France très tôt et il m’a appris le foot. Quand je suis allé à Paris il n’y avait pas encore le PSG, ou c’était au début, donc j’allais voir le Red Star au stade Bauer. Voilà des souvenirs que j’ai, où il y avait Nestor Combin, Di Nallo, ils avaient repris des joueurs qui venaient de Lyon notamment »

« C’était des histoires de stade, et chaque fois que je vais dans une ville maintenant pour faire campagne ou pour aller faire des réunions, je demande toujours à passer devant les stades… qui ont beaucoup changé, par exemple samedi j’étais au stade de Reims où j’ai vu Reims marquer à la dernière minute. Le stade a considérablement été embelli. c’est très important un stade dans une ville, parce que ça va être un lieu de rassemblement, même si on a des idées différentes on se retrouve pour soutenir la même équipe »

Sa politique sportive

« Dans l’éducation nationale : revalorisation de l’éducation sportive. Sur le plan de la prévention des risques de santé, obésité, maladies cardio-vasculaires, le sport sera considéré comme une activité que nous devons stimuler. Troisièmement, contrats entre l’état et les collectivités locales car ce sont elles qui aujourd’hui investissent le plus dans le sport, pour que nous ayons un bon financement régulier du sport. Et mobilisation du secteur privé, celui qui gagne de l’argent autour du sport pour que nous puissions financer les équipements de quartiers »

« Les équipements de quartiers il y en a de moins en moins, parce que d’abord il faut trouver des places, des terrains, ensuite parce qu’il faut avoir des règles de sécurité, les communes ne peuvent pas toujours y investir autant qu’elles le souhaiteraient »

Jacques Vendroux : « Vous voulez créer une agence mondiale de lutte contre la fraude sportive »

Oui, parce que maintenant on a hélas avec les jeux d’argent qui se sont installés… nous savons maintenant qu’il y a des matchs truqués, c’est terrible pour nous qui aimons le sport. Moi j’ai regretté qu’il y ait eu cette importance de l’argent, cette introduction de paris… vous avez ce qu’il s’est passé en Italie, mais ce qu’il se passe dans d’autres pays, et donc nous devons créer une agence. Aucun spectateur ne doit se poser la question d’un trucage, d’un match arrangé … nous devons mettre en place cette agence, comme nous l’avons fait pour le dopage et avec des règles extrêmement strictes. Ceux qui y dérogent doivent être écartés »

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Vincent Rousselet-Blanc

(1) Reader Comment

  1. Alalah la surenchere !

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