Souvent dénigrée, la Coupe de la Ligue a décidé de nous offrir une finale de rêve. Samedi soir, en direct sur France 2 à 20H50, l’Olympique Lyonnais et l’Olympique de Marseille s’affrontent au Stade de France pour décrocher bien plus qu’un trophée.

Fabien Lévêque, aux commentaires en compagnie de Xavier Gravelaine, a parfaitement ciblé les enjeux de cette finale. Quand les Rhodaniens courent après un titre depuis 2008, les Marseillais tenteront de conserver leur titre et surtout, d’enrayer la pire série du club phocéen de son histoire, 12 matchs sans victoires, dont 11 défaites. Une situation incompréhensible pour Fabien Lévêque qui tente de décrypter ce malaise et cette finale qui réserve de nombreuses surprises…

Fabien, cette finale de Coupe de la Ligue revêt une importance toute particulière. Peut-être même l’une des plus importante depuis sa création ?

Oui, c’est vrai. Vu le contexte, je dirais qu’elle est plus importante pour les Marseillais que pour les Lyonnais. Les Rhodaniens ont deux possibilités de remporter un trophée cette saison (finale de coupe de France contre Quevilly le 28 avril) alors que Marseille ne possède que cette finale. De plus, l’OL est toujours en course en championnat pour une place européenne sur le podium ; donc, pour l’OM, c’est vraiment l’événement à ne pas rater. Et si les Olympiens venaient à se manquer, le groupe pourrait exploser littéralement…

L’Olympique de Marseille se rapproche également du bas de tableau en Ligue 1…

Il faut être sérieux, ils vont se maintenir sans problème. Par contre, ne pas être européen en fin de saison serait dramatique, surtout en terme d’image. Les Marseillais vont débarquer au Stade de France face à Lyon, qui est plutôt sur une pente ascendante en ce moment, avec une série incroyable de 12 matches sans victoires et surtout, 11 défaites.

Le groupe est atteint. Si samedi, ils n’ont pas ce sursaut d’orgueil, la fin de saison risque d’être très compliquée et certains états d’âme pourraient ressortir. Le maintien sera acquis quoi qu’il arrive et le risque de finir en roue libre est grand. Même en cas de succès, la saison ne sera pas sauvée et restera entachée de ce début de saison catastrophique.

Dans ces conditions, comment les joueurs abordent-ils une telle rencontre ?

Il va falloir se dire que ce match est une parenthèse, une rencontre à part dans le quotidien marseillais. Depuis presque deux mois règne un contexte pesant. C’est le moment où jamais de se révolter et montrer à tout le monde que le club possède fierté et orgueil pour aller chercher un trophée. J’ose croire que Marseille dispose des capacités pour réagir. Ce n’est pas possible, qu’ils terminent la saison dans cette dynamique désastreuse, s’il n’y a pas de réaction lors de la finale, je ne comprends plus…

Le match va se dérouler devant 80 000 spectateurs, contre l’Olympique Lyonnais et en plus, l’OM est double tenant du titre. C’est le moment ou jamais pour se réveiller. Didier Deschamps va remobiliser ses troupes, il a l’expérience nécessaire des grands rendez-vous. Sur ce match, je suis persuadé que Marseille va démontrer un autre visage.

Que ce soit contre Montpellier mercredi dernier ou les précédents matches, les supporters olympiens ont cessé tout encouragement. Difficile d’imaginer même scénario pour cette finale de Coupe de la Ligue ?

Ils seront derrière leur équipe. Le contexte était particulier contre Montpellier : les banderoles et lors des buts montpelliérains, les supporters marseillais exultaient, c’était surréaliste. S’ils se déplacent à 40 000 au Stade De France, je ne vois pas l’intérêt de pourrir le match de son club. Ils vont tout donner, c’est obligé, c’est dans l’intérêt de tout le monde. Pas sûr non plus que des banderoles soient déployées, par contre, si cela tourne mal, l’atmosphère risque d’être tendue…

Ce fameux sursaut d’orgueil pourrait venir de certains joueurs comme Brandao, qui a fait de la Coupe de la Ligue sa spécialité ces dernières années !

Sincèrement, je ne pense pas qu’il sera titulaire. Puis étant donné la forme actuelle de Brandao, pas sûr que Didier Deschamps y trouve son compte. Après, il est vrai que cette compétition à très souvent réussi au Brésilien. Il a inscrit de nombreux buts très importants mais pas certain que cela suffise. Le coach s’appuiera sur ses hommes forts : Valbuena, Ayew, Rémy, et sur un réveil éventuel d’Amalfitano. Si ces joueurs sont en forme, Marseille aura l’opportunité de garder son trophée.

Les deux formations ont joué cette semaine : mardi pour Lyon et mercredi pour l’OM. Ce petit détail pourrait-il avoir une influence, surtout en cette fin de saison où les organismes sont mis à rudes épreuves ?

Lyon a eu un match difficile à Ajaccio avec beaucoup de tension en Coupe de France (0-4). Contre Montpellier, les Marseillais avaient la finale dans la tête, c’est évident. Le match en milieu de semaine ne devrait pas compter. En revanche, mentalement cela fait un match de plus sans victoire pour l’OM. C’est pesant dans les têtes de chacun, c’est long. On sent une équipe atteinte.

J’étais à Munich pour le quart de finale retour de la Ligue des Champions (2-0), certains se plaignaient de l’individualisme de certains joueurs. Le groupe ne tire peut-être pas dans le même sens. Cette finale peut également permettre de ressouder tout le monde.

Votre compère, Xavier Gravelaine, nous confiait il y a quelques semaines qu’il croyait en cette équipe lyonnaise. Même après son revers chypriote en C1. Pouvait-on s’attendre à une telle remontée ?

Après le match à Nicosie, il y avait deux solutions pour cette équipe : soit elle démontrait une certaine fierté, soit elle sombrait. Elle a réagi comme une grande, comme une véritable équipe de champions. C’est un peu la marque de l’Olympique Lyonnais d’avoir de telles ressources mentales pour inverser la tendance. Ils sont capables de répondre présents quand l’équipe est dos au mur. Ils ont infligé leur première défaite au PSG depuis l’ère Ancelotti (quart de finale de coupe de France (1-3)), au Parc des Princes, et enchaine bien depuis cette performance.

Désormais, Lyon est favori c’est clair. Il n’y a pas photo sur la forme du moment et possède en plus nettement plus d’atout. Néanmoins, sur un match comme celui-ci, j’imagine mal Marseille craquer. Le match s’annonce très serré. L’OM a enchainé des séries intéressantes cette saison, j’ai du mal à croire que tout d’un coup, les talents de cette équipe aient disparu. Ils vont forcément réagir samedi soir, c’est le rendez-vous idéal pour eux.

Vous parliez de l’expérience de Didier Deschamps. A titre de comparaison, Remi Garde est encore un débutant dans le métier. En cette fin de saison à suspens, l’entraineur lyonnais est-il capable de gérer seul ?

Les responsabilités sont réparties. Dans ces moments précis, les joueurs sont également conscients de ce qu’ils ont à faire. Ils sont habitués aux grandes rencontres avec la Ligue des Champions, notamment. Le club se bat pour le titre ou le podium chaque année. Je ne pense pas qu’il y ait une appréhension du côté de Remi Garde. Son équipe a semble-t-il retrouvé le plaisir du jeu et ses hommes s’épanouissent plus que sous les ordres de Claude Puel. C’est une formation tournée vers l’avant donc tout le monde s’y retrouve. Alors c’est vrai, quelques périodes d’inconstances et de nombreuses défaites cette année sont venus gâcher ce parcours, mais l’OL souhaite rattraper le temps perdu depuis 2008, et le dernier trophée du club.

Sans donner votre pronostique, quel scénario imaginez-vous pour cette finale ?

Un scénario serré. Je vois Marseille capable de réagir et de s’imposer sur une petite marge. Dans le cas contraire, si Marseille s’enfonce et prend un but très tôt dans la partie, l’équipe pourrait exploser littéralement et une large victoire lyonnaise serait à prévoir. Puis l’OM qui rate son entame de match est un scénario possible, mentalement ils sont extrêmement friables en ce moment. S’ils sont capables de montrer qu’ils sont là, qu’ils se sont réveillés, le débat sera équilibré jusqu’au bout.

Un dernier mot sur le duo que vous formez avec Xavier Gravelaine (qui annoncera son départ de France Télévisions à l’occasion de cette Coupe de la Ligue, ndlr) ?

Tout fonctionne à l’instinct. Cela fait maintenant quatre ans qu’on commente ensemble, depuis le tournoi olympique de football à Pékin en 2008. Depuis, nous avons enchainé entre la coupe de France et coupe de la Ligue notamment. Nous possédons une soixantaine de rencontres donc les automatismes et les habitudes roulent toutes seules !

Propos recueillis par Steeven Devos pour En Pleine Lucarne

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steevendevos

(1) Reader Comment

  1. Dernière chance pour l’OM d’accrocher l’Europe et de sauver un peu sa saison.

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