Les News — 08 avril 2012

Quasiment sur le podium depuis le début de saison, Reims (2ème) et Clermont (4ème) sentent désormais la pression de Troyes (3ème), revenu plus que jamais dans la course à la montée. Après avoir vécu des moments difficiles, les deux équipes s’affrontent lundi 9 avril à 20h30, sur Eurosport, pour confirmer leur retour en forme.

Jean-Luc Arribart, le consultant foot d’Eurosport, imagine une rencontre ouverte, palpitante. Le sprint final lancé, tous les points revêtent une importance capitale et il est indispensable de ne pas se contenter d’un match nul. Alors que la pression est terrible sur les épaules des Rémois, à cause de la dimension historique qui accompagne leur parcours (33 ans que le club n’a plus connu l’élite). Clermont, lui, joue bien plus qu’une simple montée L1, dans une région passionnée de rugby.

Se dirige-t-on vers une lutte à trois pour la montée ? 

Avec sa dix-huitième victoire vendredi soir contre Guingamp, Bastia est sûr de monter en Ligue 1. Il reste donc deux places à prendre pour trois équipes : Reims, Troyes et Clermont. Nantes a perdu tout espoir après le nul face à Troyes et la défaite à Monaco. Je sentais à un moment donné des équipes comme Istres et Châteauroux capables de créer la surprise. Je n’y crois plus. Sedan et Tours sont encore trop imprévisibles pour en faire des outsiders sur la durée. Ils ont cinq points de retard et il sera difficile de les combler, même s’il reste sept matches et que tout n’est pas encore perdu. Mais il va falloir se rapprocher très rapidement du podium. Pour moi, la montée se jouera à 90% entre Reims, Troyes et Clermont.

Quels sont les enjeux de ce match pour les deux équipes ?

Cet affrontement entre Reims et Clermont n’est pas décisif mais constitue une bonne occasion de se replacer dans la course à la montée pour les Auvergnats. Pour Reims, c’est une opportunité d’écarter un concurrent direct et de consolider sa place de dauphin derrière Bastia.

J’imagine un match acharné et très ouvert. Les deux équipes feront tout pour l’emporter, notamment en première mi-temps. Clermont peut se contenter d’un nul, ce ne serait pas une mauvaise opération. Après, on sent quand même que depuis les blessures de Rivière et Perrinelle cette équipe est moins consistante, moins efficace. Elle n’aura peut-être pas les moyens de venir l’emporter.

D’autant plus que Clermont peine à l’extérieur en ce début d’année 2012.

Effectivement, les hommes de Der Zakarian n’ont toujours pas gagné cette année à l’extérieur. Si performants loin de leurs bases lors de la première partie de saison, ils restent sur un nul en cinq matches en 2012. Et forcément, on ne peut pas leur donner beaucoup de chance pour ce match à Reims quand on connaît la capacité des Champenois à faire le plein de points à la maison.

Les Rémois sont bien repartis après leur mauvaise série. Le public est présent et ils font à nouveau peur à domicile. Je pense qu’ils vont s’imposer contre Clermont qui paraît trop vulnérable à l’extérieur.

Ce match est-il plus important pour Clermont que pour Reims ?

Je crois que Reims a plus à perdre. Ce n’est pas un drame non plus pour Clermont d’être battu chez le second du championnat ! En cas de défaite à Auguste Delaune, les Rémois se retrouveraient troisièmes, derrière Clermont, avant d’aller à Nantes la semaine prochaine. Dans ce contexte, il est plus important pour Reims de faire un résultat et de garder une certaine distance avec ses poursuivants.

Même en s’inclinant, Clermont resterait à deux points du podium. La pression sera davantage sur les Rémois, qui n’ont plus de joker à domicile après les dernières mauvaises performances contre Sedan, Tours et Laval.

Ne croyez-vous pas qu’une nouvelle défaite chez un concurrent direct (Après Troyes il y a deux semaines), mettrait un coup derrière la tête des joueurs Clermontois ?

Ils savent que l’équipe est affaiblie avec les absences de Rivière et Perinnelle. Ils sont prêts à en découdre et ont désormais intégré cette donne. Leur avance a fondu, la montée n’est plus aussi sûre qu’elle ne l’était. Ce match à Reims marque le début d’une série de quatre rencontres très importantes. Ils défieront Angers et Boulogne qui jouent leur peau, puis Monaco, devenu invincible depuis plusieurs semaines. Si les Clermontois négocient bien ces affrontements, ils s’offriront une fin de saison plus tranquille avec un calendrier moins compliqué.

Avant sa victoire face au Havre la semaine passée (2-1), Clermont restait sur huit matches sans succès. Quelle est l’importance de Michel Der Zakarian dans ces moments-là ?

Son équipe est à son image : généreuse, combative, accrocheuse. Ses joueurs sont des guerriers qui haïssent la défaite. Après, ils peuvent aussi être sur les nerfs comme l’est parfois Der Zakarian. On pense notamment à son « pétage » de plomb à Lens qui lui a valu huit matches de suspension. Même si ses joueurs le connaissent, cet énervement a dû un peu perturber le vestiaire. Il vient appuyer la thèse d’une fébrilité importante dans le camp auvergnat.
Michel Der Zakarian transmet une rage et une hargne impressionnantes à ses joueurs. Comme il était sur le terrain, c’est un remonteur de pendule, un entraîneur qui ne laissera aucun répit à son équipe tant qu’elle ne fera pas tout pour gagner. Dans sa gestion des joueurs, il est très proche et très communicatif. Il accompagne son équipe, tel un douzième homme.

À l’inverse de Reims où les dirigeants sont omniprésents, la direction clermontoise garde une certaine distance avec le football. Est-ce plus facile de travailler dans la tranquillité pour Michel Der Zakarian ?

Les choses sont assez simples dans l’organisation à Clermont. Claude Michy, le président, s’intéresse très peu aux affaires du football. Il a seulement choisi son coach. C’est forcément plus facile pour Michel Der Zakarian puisqu’il a très peu de facteurs à maîtriser. Il ne s’occupe que de ses joueurs.

Après, le coach clermontois risque vraisemblablement de partir à la fin de la saison. Il arrive en fin de cycle et veut découvrir un nouveau projet. Mais je le connais très bien, il ne lâchera pas et fera tout pour terminer le podium. En plus, une montée en Ligue 1 chamboulerait peut-être ses plans de carrière. Même si Claude Michy ne fera pas de folie, l’impulsion permettra sûrement de réaliser de belles choses comme ce formidable projet de nouveau stade.

À Reims, il faut rappeler que les dirigeants voulaient virer Hubert Fournier au début de la saison. Ils se voyaient déjà en Ligue 1 et ont mis une pression considérable sur le vestiaire après les mauvais résultats récents. On a senti beaucoup de crispation, tout le monde commençait à parler de gâchis.  Je peux comprendre que les dirigeants veuillent absolument retrouver l’élite, 33 ans ça fait très long, mais c’est à la fin de la saison qu’on tire les bilans ! Quand tout va bien, les dirigeants ont tendance à  se voir trop beaux. Et à l’inverse, dès que les choses se compliquent, ils se mettent à faire du catastrophisme.

La situation a dû être difficile pour Hubert Fournier ?

D’un côté, le coach rémois s’est retrouvé avec des joueurs qui avaient perdu confiance. De l’autre, des dirigeants qui empilaient les discours négatifs. Il a subi une pression terrible que Michel Der Zakarian ne connaîtra jamais à Clermont ! Le club auvergnat va peut-être découvrir la Ligue 1 pour la première fois de son histoire. Claude Michy, davantage un organisateur d’évènements moto, prend cette situation avec le sourire (rire) ! Néanmoins, il dirige son club avec un décalage de gentleman. Il gère bien les finances et laisse les gens compétents s’occuper du football.

Même si cette manière de présider donne beaucoup de libertés à Michel Der Zakarian, il ne faut pas oublier que Clermont n’est pas une ville de football. L’entraîneur, si passionné, s’oppose totalement à l’environnement. Cette région ne vit que pour le rugby et manque cruellement de dynamisme. Et il est clair qu’un peu de ferveur et d’enthousiasme donneraient un capital confiance indéniable aux joueurs.

Voir Reims gagner à nouveau, avec le discours des dirigeants, donne-t-il encore plus de crédit au travail d’Hubert Fournier ?

Je le trouve très calme et très lucide. Il a très vite trouvé son équipe, son organisation et ses joueurs clés. Ce que n’ont jamais réussi Jean-Louis Garcia (Lens) et Landry Chauvin (Nantes) par exemple. Ces entraîneurs ont quasiment passé leur saison à chercher l’équilibre et le bon système à adopter pour leur équipe !

Hubert Fournier était déjà au club. Il connaissait bien son effectif et les qualités de chacun. Si l’on regarde les profils de Bastia, Clermont et Reims, on se rend compte que ces trois équipes travaillent de la même façon. L’entraîneur est resté, les joueurs n’ont quasiment pas bougé, il y a eu une continuité. Et bizarrement, les équipes présentent dès les premières journées, se retrouvent encore aujourd’hui sur le podium.

Est-ce l’année ou jamais pour Clermont ?

Cela fait deux ans qu’ils sont près du podium et luttent pour la montée jusque dans les dernières journées. Je me souviens d’un match à Arles-Avignon où Clermont pouvait encore monter avec une victoire et des résultats favorables. L’an passé, ils n’étaient pas loin non plus. Cette équipe-là, avec Michel Der Zakarian, a vraiment bien travaillé dans son recrutement. Avec peu de moyens, elle a réussi à se renforcer, à être performante. Et c’est vrai qu’à un moment donné, à force de rester à quai, il peut y avoir une cassure. L’entraîneur partirait, des joueurs clés comme Alessandrini s’en iraient…Clermont peut traverser une vraie lassitude sportive. C’est donc l’année ou jamais effectivement. C’est là qu’il faut s’accrocher. Clermont peut basculer en Ligue 1 avec des perspectives formidables ou s’empêtrer en Ligue 2 et tenter d’exister tant bien que mal. On ne peut pas faire des miracles tous les ans !

Propos recueillis par Anthony Davière pour En Pleine Lucarne

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Anthony Daviere

(3) Readers Comments

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  3. R
    R échu. RLe derby a été chaud pour Jean-Michel Aulas et cela ne s’est malheureusement pas limité au terrain. Le président lyonnais n’a pas du tout apprécié le comportement des supporters stéphanois mais aussi l’absence d’un cordon de sécurité digne de ce nom lors du trajet et de l’arrivée du car lyonnais à Geoffroy-Guichard. Résultats, le bus de l’OL s’est fait canarder et toute la délégation rhodanienne a été la cible des projectiles des supporters stéphanois. Une attitude qui a mis Jean-Michel Aulas dans une colère noire auprès des délégués de la rencontre, avant qu’une plainte officielle ne soit formulée. 

    « Nous sommes tombés dans deux guet-apens qui se sont traduits par des envois de pierres et de canettes de bière qui auraient pu briser les vitres du car. Je ne sais pas qui a cette responsabilité mais le dispositif était différent de d’habitude avec seulement deux motards et une escorte qui nous a vite abandonnées, ce qui a provoqué des débordements graves qui ont effrayé les joueurs. Quand on voit cette foule à trois mètres, ça fait peur. J’ai déposé une main courante pour agression en bande organisée. Même si tout est fait pour que l’omerta se taise sur ce dispositif qui était bruyant et dangereux pour l’équipe de Lyon, Jean-Michel Aulas dit les choses », a annoncé sur Orange Sport un président lyonnais visiblement remonté, et qui semble surtout remettre en cause la protection policière, bien trop faible à son goût, entourant sa délégation sur ce derby. 

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