Les News — 01 avril 2012

Avec des matches sous haute tension dans le fond du classement et le retour de Clermont sur le podium, cette 30ème journée de Ligue 2 a définitivement lancé le sprint final. Plus question de se poser des questions, il va falloir tout gagner pour ne rien regretter. Lundi 2 avril à 20h30, la rencontre entre Nantes et Troyes va terminer de la meilleure des façons cette journée de championnat, sur Eurosport.

Mieux vaut tard que jamais pour les Troyens, puisqu’il aura donc fallu attendre les 10 derniers matches pour voir débarquer les caméras d’Eurosport. Une première pleine d’émotion mais aussi remplie d’enjeux. Elle marque à la fois le retour de l’entraîneur troyen, Jean-Marc Furlan, à Nantes et l’affrontement entre deux prétendants à la montée Ligue 1.

Christophe Jammot, médusé par la prestation des Canaris à Lens la semaine passée (défaite 1-0), présente cette rencontre aux allures de dernières chances pour le club du président Kita.

Quelles conclusions tirez-vous après la défaite de Nantes à Lens la semaine passée ?

Je ne sais pas dans quel climat va se retrouver le club nantais. Il y a eu beaucoup de choses négatives sur les moments de vérité. J’ai un doute sur la faculté des Nantais à repartir de l’avant. J’ai peur que ce soit très dur mentalement de voir Clermont se remettre à gagner et Reims qui ne craque pas. Il y a encore de la place compte tenu du nombre de points qu’il reste à distribuer ; mais je me demande si cette équipe a toutes les vertus morales pour y parvenir. Cette forme d’impuissance offensive face à Lens m’a inquiété. Il n’y a pas l’étincelle, la réussite, la capacité à se dépasser pour aller chercher un résultat.

Les problèmes offensifs viennent-ils d’un manque de réussite ou d’une ambition mesurée ?

Ils ont marqué trois buts contre Boulogne, qui est depuis plusieurs mois un club relégable. Pour le reste, nous avons pu voir cette apathie offensive contre Le Mans, Metz ou encore à Lens. Si l’on fait les comptes, les Nantais n’ont marqué que deux buts en sept matches depuis la victoire contre Châteauroux (3-0, 23ème journée).

Landry Chauvin dispose d’un joueur de qualité qui peut faire beaucoup de bien au niveau offensif. On l’a vu sur ses prises de balles et sa vitesse lors de son entrée en jeu à Lens, Bangoura a faim de ballon. Il est certainement d’un niveau supérieur à la Ligue 2. Reste à savoir s’il arrivera à la fois à se fondre dans le collectif mais aussi à dynamiter une attaque en berne. En tout cas, je pense sincèrement qu’il représente une des dernières chances pour Nantes en cette fin de championnat.

Son retour n’intervient-il pas trop tard ?

Avec neuf matches à disputer, je ne crois pas que ce soit trop tard. Après ce n’est pas de la faute des Nantais non plus. Bangoura a joué blessé à la Coupe d’Afrique des Nations, et puis derrière il y a eu des séquelles en arrivant chez les Canaris. C’est certainement son amour pour son équipe nationale (Guinée) qui l’a poussé à jouer blessé et qui lui a coûté très cher par la suite.

Dans quel état d’esprit étaient les Nantais après la défaite à Lens ?

Très abattus, très fermés. Avec plus ou moins des demandes de la part du club de ne pas s’exprimer. Certes, il y a une main dans la surface de réparation en fin de rencontre. Mais il ne faut surtout pas se cacher derrière cette erreur côté nantais. Avec si peu de présence offensive, on ne peut rien espérer !

Le club fonde beaucoup d’espoir sur Bangoura. C’est assez étonnant de voir le FC Nantes  compter sur un seul joueur pour huit ou neuf journées. La grosse interrogation est de savoir dans quel schéma tactique Landry Chauvin va désormais faire évoluer son équipe.

Le mental est-il la cause des problèmes offensifs nantais ?

J’ai l’impression que les jeunes pousses sur lesquelles on comptait beaucoup, tirent un peu la langue.  C’est toujours compliqué d’enchaîner des saisons pleines en professionnel lorsqu’on débarque de CFA. Face à Lens on a aussi un gardien qui s’est mis une pression énorme. Le jeune Zelazny retournait dans sa région natale (Né à Grande-Synthe, à 1h de Lens) et a commis une très grosse erreur qui coûte le point du nul. Il y a une dynamique à retrouver.  Le groupe me semble affecté par ces mauvaises performances et le fait de voir les équipes de devant reprendre leur marche en avant.

La réception de Troyes est-elle la dernière chance de croire encore au podium pour Nantes ?

Beaucoup d’équipes se sont intercalées devant les Canaris au classement. Quand on est quatrième ou cinquième, le podium reste à portée de vue, à portée de points. Mais dès qu’il y a cinq ou six équipes à dépasser, la tâche devient tout de suite plus compliquée. Donc pour moi, cette rencontre contre Troyes représente la toute dernière chance des Nantais dans ce championnat. S’ils veulent continuer à lutter pour la montée, ils doivent l’emporter !

De l’autre côté, Troyes est diffusé pour la première fois de la saison sur Eurosport, une donnée importante ?

Jean-Marc Furlan m’a proposé de m’inviter tous les mois à manger pour ne pas qu’on les retransmette (rire). Je pense qu’il redoute un peu cette première télé dans le sens ou c’est la première fois qu’il est perturbé dans son approche du match. Les entraînements sont forcément différents lorsque l’on joue le lundi. Et puis, certains joueurs élèvent leur niveau de jeu ou au contraire passent au travers dès que la télévision est présente. Même si Jean-Marc Furlan connait la maison puisqu’il a été consultant pour Eurosport, j’ai senti quelques appréhensions quand je l’ai eu au téléphone.

Cette rencontre est d’autant plus particulière que Jean-Marc Furlan revient à Nantes.

Furlan sait faire abstraction de ses aventures personnelles. Je ne pense pas que ce facteur rentre en compte dans la préparation du match. Il aura plus que jamais envie de faire un bon résultat parce que c’est à Nantes ; mais il n’y a absolument pas d’animosité de ce côté-là pour l’entraîneur troyen.

Est-il revanchard ?

Le connaissant bien, il est revanchard de ne pas avoir eu le temps de réussir. Peut-être que ce n’était pas un club fait pour lui. Il a retrouvé ses repères à Troyes. On l’a vu dans sa carrière, c’est quelqu’un qui a besoin de s’inscrire dans la durée pour avoir des résultats. Il a eu des fractures terribles avec son passage à Strasbourg. Le club alsacien a dégringolé en Ligue2 (11 défaites d’affilé sur la fin de championnat de Ligue1) pour ensuite passer tout près de la montée la saison suivante. Jean-Marc Furlan a forcément ses échecs en tête encore aujourd’hui et il n’a pas envie de connaître cela à nouveau avec Troyes.

Est-il surpris de voir son équipe lutter pour la montée ?

On s’est amusés la dernière fois avec Jean-Luc Arribart à regarder l’effectif troyen. Il n’y a aucun joueur inconnu dans cette équipe. À deux ou trois exceptions près, la plupart ont déjà fait une longue carrière, avec un long vécu. Quand on regarde l’effectif, il est logique de retrouver Troyes dans les cinq premiers. Bien sûr, c’est facile de le dire maintenant. Mais lorsque l’on regarde les noms dans cet effectif, on se dit qu’il n’y a pas de raison que la mayonnaise ne prenne pas.

Existe-t-il une dépendance Marcos ?

C’est incontestablement un des petits chouchous de Jean-Marc Furlan. Et visiblement, l’entraîneur troyen sait exactement comment le faire jouer. Il est possible d’être dépendant d’un joueur quand le reste de l’équipe l’accepte. En réserve, on peut compter sur Sébastien Grax par exemple, même s’il n’a pas beaucoup joué. Marcos est un vrai talent, donc on ne va pas bouder notre plaisir de voir un tel joueur dans ce championnat. Il est fin, technique, ne joue pas sur son physique, c’est un régal !

Peut-on comparer le Troyes de cette année avec le Dijon de l’an passé ?

Troyes a un récent passé en L1, c’est un club qui était passé dans l’élite dans les années 70-80. Il ne faut pas l’oublier, Dijon n’avait jamais fréquenté la Ligue1. C’est plus une habitude de voir les Troyens jouer les premiers rôles en Ligue 2 et faire quelques apparitions à l’étage supérieur. Je dirais qu’il s’agit plutôt d’une renaissance pour le club de l’Aube.

Après, au niveau du parcours pourquoi pas. On n’avait pas vu les Champenois sur le podium cette saison et on commence seulement à les prendre au sérieux. Ils n’ont jamais été totalement décrochés, toujours entre la cinquième et la dixième place, à part au tout début de saison (douzième après 3 journées). C’est un club qui a bien vécu son année et qui a profité des résultats poussifs de certains. Aujourd’hui, ils sont clairement dans le coup.

Comment sentez-vous cette rencontre entre Nantes et Troyes ?

Furlan aime le beau jeu et fait généralement du spectacle avec ses équipes. Perdre à Nantes ne serait pas infamant. Au pire, c’est une défaite à l’extérieur qui ne serait pas dramatique. Mais à mon avis, Troyes voudra avoir la maîtrise du ballon et ne fermera pas le jeu. Du côté de Nantes, il s’agit de la toute dernière chance dans la course à la montée. Ce sera intéressant de voir Ismaël Bangoura, si tenté qu’il soit titulaire. Sa présence peut-elle changer le visage de Nantes ? Il faut espérer en tout cas. J’imagine donc un match assez ouvert entre ces deux équipes.

Compte tenu des problèmes offensifs de Nantes, Chauvin va-t-il être obligé de changer son système ?

En 4-4-2 ou alors en mettant des joueurs sur les côtés pour étirer la défense troyenne. Après c’est aussi une question de rythme. Quand on voit N’Goyi ou Raspentino un peu fatigués, on se dit qu’au- delà du système, c’est surtout la fraîcheur mentale qui va faire la différence.

Il va quand même bien devoir tenter quelque chose ! Nantes ne peut pas reproduire une prestation aussi pauvre que celle disputée à Lens !

On dit souvent qu’une équipe est à l’image de son entraîneur. Ces derniers temps, Nantes la joue un peu gagne-petit. Mais à un moment donné, les joueurs doivent se prendre en charge aussi ! Quand ils voient que ça ronronne, c’est à eux de mettre le turbo. À Lens ou au Mans (0-0) aucun n’a été capable d’accélérer, de changer le rythme de la rencontre. Peut-être qu’il manque de relais sur le terrain, que ce groupe manque de taulier tout simplement. Cette équipe a besoin d’un joueur de caractère au milieu du terrain, un garçon qui bouge les troupes au cœur du jeu. Et Nantes de ce côté-là, n’est pas très bien servi.

Comment peut-on monter en Ligue 1 sans leader et en étant si contre-performant à l’extérieur ? (Nantes est 19ème hors de ses bases).

J’attendrai lundi soir avant de les enterrer.  Mais sur l’apathie que j’ai vue face à Metz, Le Mans ou Lens, je me demande si leur rêve n’est pas en train de s’évaporer. En plus d’être aux abonnés absents à l’extérieur, ils ne sont pas impériaux à domicile. Ce fut laborieux face à Metz, la dernière journée ils encaissent trois buts contre Boulogne-sur-Mer qui est avant-dernier du classement…Nantes est le champion des occasions manquées ! Ce match face Troyes représente la toute dernière occasion. Une défaite sonnerait le glas des ambitions nantaises cette saison.

Propos recueillis par Anthony Davière pour En Pleine Lucarne

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Anthony Daviere

(4) Readers Comments

  1. Bonjour, je vous rappellerait a juste titre que pour la main soit disant, non siffler pendant le match; Lens-Nantes; il n y a effectivement pas penalty ni faute ni quoi que ce soit d autre…..
    Selon les regles d arbitrages, il me semble que si le joueur a le bras le long du corp et que c est le ballon qui vient au bras, il n y a pas penalty………..Merci d’avance mais les commentateurs connaisse ce reglement alors arretez de ressasser ces memes reflexions, cela devient tres tres lourd……
    Aldric Leclere; supporter du FC Nantes.

    • Bonjour Aldric,

      Christophe Jammot parle de cette main sur une demi-ligne et explique qu’il ne faut pas se retrancher derrière ça côté nantais. La règle est effectivement celle que vous donnez. Mais vous le savez aussi bien que moi, l’appréciation de l’arbitre prend le dessus. Combien de mains collées au corps ont été sifflées ? C’est obligatoire de l’évoquer, nous ne polémiquons absolument pas-dessus.

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