Les News — 25 mars 2012

Deux semaines après avoir laissé le Racing Club de Lens sur une défaite contre Bastia, Eurosport revient au stade Bollaert, lundi 26 mars à 20h30. A l’époque, les Sang et Or espéraient encore réaliser une série pour recoller au podium. Aujourd’hui ils reçoivent Nantes pour clôturer cette 29ème journée de Ligue 2, avec quatre points d’avance sur la zone rouge.

Toujours à la lutte pour le podium, les Canaris ne perdent plus beaucoup de points mais n’arrivent toujours pas à prendre place dans les trois premiers. Avant la réception de Troyes la semaine prochaine et une première explication, les joueurs de Chauvin n’ont pas le temps de s’égarer. Cette semaine, En Pleine Lucarne vous présente « La Grande affiche Ligue 2 » avec Christophe Jammot. Avant cette rencontre, le commentateur d’Eurosport compare le RC Lens à un chef d’oeuvre en péril ayant un besoin urgent de victoire. Pas évident lorsque l’on reçoit un adversaire comme Nantes, qui doit impérativement l’emporter pour recoller sur les équipes de tête.

Quels sont les enjeux de ce Lens-Nantes ?

Cette rencontre précise les ambitions des deux clubs. Si l’on commence par Lens, Il y a urgence de prendre des points. Quand on voit le réveil de Boulogne, on se dit que cela n’est pas terminé. Amiens semble condamné, et malheureusement ou heureusement, il ne reste que deux places pour la relégation. Lens est sous la pression de résultats et de son public. Avant le match contre Bastia, les gens se voulaient optimistes et préféraient regarder le haut du classement. Avec cette défaite (3-1) et la confirmation à Guingamp, on sait aujourd’hui dans quelle partie de tableau les Lensois joueront. C’est un club en grand danger, un chef d’oeuvre en péril.

Lens est-il vraiment en danger ?

Il va falloir être très sérieusement armé sur le plan psychologique pour s’en sortir. S’il suffisait aux joueurs de faire la différence sur le terrain, elle aurait déjà été faite depuis longtemps. On rentre dans un nouveau contexte où le mental sera primordial. Quand on voit l’équipe du Mans qui continue de faire illusion mais à qui rien ne sourit, on peut se poser des questions. Lens souffre depuis pas mal de temps. Il y a eu un renouvellement d’effectif, l’arrivée d’un entraîneur, la mayonnaise n’a jamais réellement prise.

Je pense que c’est un groupe qui n’était pas du tout préparé à cette éventualité et qui se retrouve très affaibli mentalement. Du coup, quand les résultats ne suivent pas, le groupe craque complètement au lieu de se fissurer par petites touches. C’est certainement le point le plus noir en ce moment pour les Lensois. Il suffit d’un petit grain de sable pour que tout parte en vrille. Jean-Louis Garcia et Gervais Martel vont devoir trouver les bons mots afin de relancer le groupe.

Les sens-tu armés pour lutter ?

Je ne suis pas certain. Malgré cet effectif renouvelé, c’est un club qui a montré des lacunes psychologiques importantes. Les derniers résultats de Lens révèlent un constat inquiétant : quand ça lâche ça, explose vraiment ! Dans une structure comme le RC Lens, tu ne penses jamais au pire. À l’inverse, le voisin de Boulogne-sur-Mer sait forcément qu’il traversera des moments comme ceux-là pendant la saison.

Le calendrier difficile doit-il inquiéter les Sang et Or ?

Il faut se méfier du calendrier, il peut jouer des tours en fin de saison. Certaines équipes vont chercher des points où on ne les attend pas, donc il faut plutôt avancer étape par étape. Les Lensois ont commis l’erreur de s’imaginer revenir dans la course au podium avant d’avoir joué les matches. D’autant plus que le calendrier sera remis à jour la semaine prochaine. Et si Le Mans gagne à Metz, il y aura encore plus de pression sur les épaules des joueurs de Garcia. Chaque chose en son temps, pour l’instant l’urgence est de prendre trois points contre Nantes.

Les supporters reprochent à l’équipe de manquer d’âme, est-ce vrai ?

Ce n’est pas que de leur faute ; mais les nouveaux arrivants n’ont pas été en mesure de s’imprégner totalement de l’atmosphère du Racing. Les valeurs lensoises n’ont pas pu s’exprimer dans ce contexte difficile. De toute façon quand il n’y a pas de résultats, un club est toujours victime de son passé. Depuis qu’il y a eu ces bouleversements, le club a surement perdu un peu de son identité effectivement.

Avec les soucis extra sportifs et les mauvais résultats, Lens a-t-il le profil d’un relégué idéal ?

Pour moi, celui qui a le profil idéal est celui à qui rien ne sourit. C’est un poteau sortant alors que dans un autre contexte, il aurait été rentrant. Cela s’inscrit dans la durée à l’image du Mans cette saison. On a l’impression que même en faisant quelques efforts, la réussite ne tourne pas de leur côté. Les Lensois peuvent avoir ce profil, surtout que leur petit matelas d’avance sur la zone rouge est en train de disparaître.

En même temps, une victoire contre Nantes donnerait sept points d’avance aux Lensois sur le premier relégable.

Toute équipe qui va se reposer sur un bon résultat ou se miner par une contre-performance, sera plus en danger qu’une autre. Si tu fais une victoire mais que derrière tu enchaînes par deux défaites, tu en seras toujours au même point. Le danger est de satisfaire ou de se mettre la tête à l’envers suite à un résultat. Il faut penser match après match, tout en ayant l’obligation d’occulter ce qui s’est passé dans la journée précédente. Ces clubs-là doivent réaliser une série, tout en étant capable de ne pas s’alarmer ni de s’enflammer.

Est-ce la même chose pour Nantes qui lutte pour le podium ?

Nantes se retrouve une fois de plus dans une situation où l’on attend confirmation. Ils doivent prouver qu’ils ont le potentiel pour se mêler à la lutte et être l’équipe de cette deuxième partie de saison. Je défends toujours l’idée que le club a le profil pour atteindre le podium. Mais Troyes s’est invité à la fête sans faire de bruit et il faudra aller les chercher. Ce groupe nantais doit retrouver le goût de l’ambition, à l’image du match fourni au Mans (0-0). Il y avait les moyens de gagner, ce que sait faire Bastia de manière beaucoup plus tranchée.

A l’image du match au Mans où ils auraient pu être plus ambitieux, les Nantais sont-ils trop dans le calcul ?

Comme c’est une équipe joueuse, plutôt technique, elle n’a pas encore forcément cette vertu collective qui lui permettrait de devenir une machine à gagner. Mais au fil des semaines, l’élastique se resserre de plus en plus : Nantes commence à coller au bon peloton. Par contre, les autres s’activent aussi et notamment Troyes. L’explication va venir très rapidement entre les deux (30ème journée). Elle ne sera pas capitale ni déterminante mais nous donnera l’occasion de comparer les deux équipes.

Avec la réception de Troyes la semaine prochaine, les Nantais sont-ils dans l’obligation de gagner à Lens ?

Nantes joue un match compliqué face à une équipe qui lutte pour le maintien. J’ai l’impression que l’équipe se rapproche un petit peu plus de ce qu’il faut faire pour monter. Cette rencontre face à Lens sera l’occasion de jauger les Canaris par rapport à Bastia, venu s’imposer (3-1) à Bollaert il y a deux semaines. La différence actuellement c’est que Nantes sait ne plus perdre. Ça reste gagne petit bien sûr mais ce n’est pas négligeable. Ils grignotent lentement mais sûrement leur retard. Au contraire de Clermont qui est en train d’enchaîner les mauvais résultats et qui n’a plus gagné depuis huit matches maintenant.

Un match nul à Lens serait une contre-performance ?

Tout dépendra du contenu. Prendre un point à Lens reste un bon résultat puisque toutes les équipes n’en sont pas capables. Après, pas sûr que ce sera suffisant au moment du décompte final. Il faudra faire mal pour l’emporter à Lens, ce que les Canaris n’ont pas su montrer sur la pelouse du Mans. S’ils reproduisent une performance de ce type, on dira que c’est une équipe qui joue encore avec le frein à main.

Que penses-tu de la course à la montée ?

Même si les Bastiais n’aiment pas qu’on le dise, ils ont une carburation largement suffisante pour rester en tête. Il y a une semaine on disait que Reims était en grande difficulté ; ils viennent d’enchaîner deux précieux succès. Ils n’ont pas assez de marge pour se reposer mais semblent être définitivement repartis du bon pied. Pour moi, Clermont est l’équipe la plus en danger. Après être restée très longtemps devant, elle craque complètement.
La pente est en train de se durcir, l’écrémage s’opère. C’est comme une course de montagne, au fil des journées certaines équipes lâchent et d’autres confirment. Il y a des clubs qui vivent cachés tout au long d’une saison pour surgir dans le sprint final. Je pense notamment à Troyes voire Sedan dont on ne parle plus trop. Faut se méfier de ces clubs un peu entre deux eaux. On ressent moins l’usure et la pression lorsque l’on est en embuscade. Il ne faut surtout pas éliminer ces équipes, on l’a vu l’an passé avec Dijon. Avec une grosse série dans le final, on peut très bien accrocher le podium.

Propos recueillis par Anthony Davière pour En Pleine Lucarne

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Vincent Rousselet-Blanc

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