Rugby — 08 mars 2012

Dimanche 11 mars, à partir de 15h50 sur France 2, la France affrontera l’Angleterre lors du traditionnel « crunch », le match le plus emblématique du Tournoi des VI Nations. Interviewé dans le « webdo », document du portail de la communication de France 2, réservé aux journalistes, Raphaël Ibañez, ancien capitaine de l’équipe de France et consultant pour France Télévisions, fait le point sur cette rencontre.

Que représente le match France-Angleterre, le fameux « crunch », dans le Tournoi des VI Nations ?
Sans aucun doute, c’est « the game », le match. La rencontre qui, au fil des ans, a contribué à écrire l’histoire de cette compétition majeure de l’hémisphère nord qu’est le Tournoi des VI Nations. Étrangement, quel que soit le niveau des deux équipes, cela reste toujours un rendez-vous incontournable, parce qu’il est ancré dans la tradition et dans la mémoire collective. C’est un peu, au cœur de l’hiver, le réveil des rivalités ancestrales entre les deux nations… mais sur un terrain de sport. Quoi qu’il arrive, les Français garde un œil attentif et vigilant sur les Anglais, et inversement. Le « crunch » est au rugby ce que l’entente cordiale fut à la politique.

Pour ceux qui ne sont pas passionnés au point de suivre tout le tournoi, c’est le match à ne pas manquer…
C’est un raccourci mais c’est vrai. Cela dit, c’est un peu désobligeant à l’égard d’autres pays, comme le Pays de Galles et éventuellement l’Irlande, qui sont des prétendants très sérieux pour le titre face à la France.

Comment l’équipe d’Angleterre aborde-t-elle ce rendez-vous face à la France ?
Les Anglais ont vécu un véritable cauchemar en Nouvelle-Zélande puisque, on s’en souvient, leurs joueurs se sont surtout illustrés par leurs frasques et qu’ils ont été très forts… hors du terrain. Cette édition du Tournoi est donc l’heure du rachat pour une équipe nationale restructurée en profondeur. Il y a un prestige à restaurer. Les joueurs y sont parvenus lors de leurs deux premières rencontres face à l’Écosse et à l’Italie. Des matchs qui étaient loin d’être totalement accomplis ; sur le plan collectif et technique, il y avait à redire. Mais on a pu voir cette force de caractère qui est la marque de fabrique des Anglais en équipe nationale, et cette façon combattive et tenace d’aborder la compétition, de ne jamais renoncer, qui leur a permis de sortir vainqueurs de ces deux confrontations.

Et les Bleus ?
Les Français vivent ce Tournoi comme une transition en douceur, sinon dans la continuité, entre deux époques. Mais surtout, un autre élément est à prendre en compte, assez inédit par rapport aux éditions précédentes. Après la finale de Coupe du monde, les joueurs du XV de France abordent cette compétition avec un statut de favoris, alors qu’en France, on a plutôt l’habitude d’être des challengers, et qu’on est souvent très efficace une fois dos au mur. Du coup, c’est cette nouvelle configuration qui m’intéresse et me passionne. Comme les supporters, comme les entraîneurs, j’ai très envie de voir comment cette équipe va réussir à assumer sa position de favorite, se servir de la confiance et de l’identité très fortes qui se sont créées en Nouvelle-Zélande, s’appuyer sur les leaders avérés comme son capitaine Thierry Dusautoir – peu de mots mais beaucoup d’efficacité au cœur de l’action – ou comme Aurélien Rougerie, au centre de l’attaque.

Comment avez-vous apprécié leur premier match contre l’Italie ?
Bien, les enjeux n’étaient pas immenses. Il s’agissait de lancer la nouvelle édition du Tournoi et le mandat de quatre ans de Philippe Saint-André, de laver au passage l’affront de la défaite de 2011 contre l’Italie. Mais si l’on considère que l’équipe de France avait eu peu de temps de préparation, le scénario était parfait. Elle était attendue sur les fondamentaux, la conquête et la défense, et elle a été plutôt efficace à ce niveau puisqu’elle a pu opérer en contre pour mettre à distance les Italiens. On a pu noter une marge de progression dans l’ambition offensive, la créativité. Cela laisse présager un beau volume de jeu quand il s’agira de faire face à des nations de plus grande qualité. En tout cas, un bon premier match. Prometteur et encourageant.

Comme beaucoup, vous fondez des espoirs dans le dernier match du Tournoi, France-Pays de Galles…
Nous espérons tous une finale du Tournoi lors de la dernière journée à Cardiff. Cela représenterait un sommet du rugby européen, avec deux équipes qui ont fait leurs preuves récemment, notamment en Coupe du monde, et qui s’inscrivent en seigneurs dans cette compétition… Mais, quoi qu’il en soit, que cette échéance ne détourne pas du plaisir de ce « crunch ». Quelle qu’en soit l’issue, quand la France et l’Angleterre se retrouvent face à face sur un terrain de rugby, c’est toujours un sacré match. J’en parle d’expérience…

Propos recueillis par Christophe Kechroud-Gibassier pour « Webdo »

Share

About Author

Vincent Rousselet-Blanc

(0) Readers Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>