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Chaque semaine, un journaliste, animateur ou consultant de l’émission C Samedi Foot, nous éclaire sur les deux championnats que l’émission couvre, la Ligue 2 et la Ligue 1. Pour débuter cette collaboration, la semaine dernière, Lionel Rosso, l’un des deux présentateurs principaux de C Samedi Foot, nous avait longuement présenté le concept de l’émission.
Aujourd’hui, c’est au tour de Francesca Antoniotti, sa comparse à l’écran, mais également aux commandes du Multiplex Ligue 2 chaque week-end sur la chaîne, de nous parler de football, de Bastia, son club de coeur, de Clermont et de Reims, ses favoris pour la montée en Ligue 1, mais aussi de Monaco, de l’OM qu’elle supporte, du foot féminin et du PSG. Entretien avec une femme de caractère.
D’abord, comment va le moral après l’annonce de l’arrêt de Cfoot ?
Je préfère ne pas en parler. Rien n’a encore été décidé définitivement et officiellement, cela se fera très prochainement (le 10 février, ndlr).
De toute façon la Ligue 2, elle, se poursuit, le Multiplex que vous animez et l’émission que vous co-animez avec Lionel Rosso, C Samedi Foot aussi. Le report de quatre matchs le week-end dernier et, éventuellement de nouveaux ce week-end, rend-il l’émission plus compliquée à faire ?
Evidemment, les reports compliquent un peu tout mais d’un autre côté, samedi dernier, lors du dernier Multiplex de la 22e journée, nous avons eu 6 matchs sur les 8 prévus donc cela ne nous a pas trop perturbés sur le fond, ni dans la façon de mener le Multiplex ou C Samedi Foot. Et puis il y a eu beaucoup de buts : 21 en six matchs ! On n’a pas eu à se plaindre. Ensuite, lors de cette journée, nous avons eu des matchs importants : nous avons vécu la défaite du 1er, Clermont, face à Chateauroux (1-2), un changement de leader avec la victoire de Reims à Guingamp (3-2) et un carton de Bastia, 5-1 contre Troyes, qui n’a servi à rien puisqu’ils restent 3e.
Pour cette 23e journée, l’intégralité de la journée se déroulera le samedi après-midi, à 14h30, puisque le match Le Havre – Sedan du vendredi soir a été décalé. Pour le moment, rien n’a été annulé.
Cela fait quelques années que vous suivez la Ligue 2 sur le terrain d’abord, lorsque vous étiez à MCS, et maintenant sur CFoot, avec le Multiplex. Quel regard portez-vous sur ce championnat ?
Cela fait effectivement 5 ans que je suis la Ligue 2. C’est un championnat palpitant car il s’y passe toujours quelque chose, lors de chaque journée. C’est un vrai bon championnat, avec de très bons joueurs, et chaque année de jeunes révélations. Je me souviens de l’époque d’Olivier Giroud (Montpellier) quand il jouait à Tours par exemple, ou de Laurent Koscielny (Arsenal), lui aussi à Tours. Regardez ce qu’ils font aujourd’hui.
Cette saison apparaissent des joueurs comme Romain Alessandrini, de Clermont, Ryan Mendes du Havre, Sadio Diallo, l’attaquant de Bastia (qui jouera à Rennes la saison prochaine, ndlr)… Ce sont tous de très bons joueurs que l’on voit éclore ou se révéler. Et puis la Ligue 2 est un championnat serré, qui offre beaucoup de suspense. C’est toutes les saisons comme ça.
Cette saison la Ligue 2 me plaît d’autant plus que mon club de cœur, Bastia, que je supporte depuis toute petite, réalise un excellent parcours qui devrait les faire remonter en Ligue 1 en fin de saison.
« Je vois Reims, Clermont et Bastia en Ligue 1″
Voyez-vous vraiment les Corses accéder en Ligue 1 en fin d’exercice ?
Sincèrement, je pense qu’ils ont les qualités pour le faire et, au-delà de ça, ils ont montré qu’ils étaient capables cette année d’être réguliers dans leurs performances alors que j’avais peur qu’ils n’arrivent pas à gérer leurs travers. Et puis, ils ont surtout l’équipe pour aller jusqu’au bout. C’est la meilleure attaque (37 buts) et la 2e défense (20 buts). L’équipe est équilibrée, composée de jeunes tels que Wahbi Khazri, 2e meilleur passeur de L2 (6 passes), Jérémy Choplin, etc, et d’anciens, revanchards, comme Jérome Rothen qui se retrouve dans un vestiaire avec un statut de cadre sur lequel on compte ou Toifilou Maoulida, 2e buteur du championnat (9 buts).
Même s’ils n’ont que 5 points d’avance sur le 4e (Sedan), et que l’on sait qu’en Ligue 2 ce n’est pas un gros avantage, les Corses ont montré en 22 journées qu’ils étaient bien là cette saison, qu’ils ne lâcheront pas, et qu’ils possédaient l’état d’esprit qui leur manquait par le passé pour remonter en Ligue 1. C’est une vraie belle équipe. Je pense que les trois premiers actuellement au classement monteront en Ligue 1 ! (Reims, Clermont et Bastia, ndlr)
Au final nous avons Reims, Clermont et Bastia en tête, alors que l’on attendait les Nantes, Lens, Monaco, les anciens pensionnaires de Ligue 1 présentés comme favoris…
Pour ceux qui suivent la Ligue 2, le trio de tête n’est pas surprenant. Reims, ça joue très bien et ils possèdent Cédric Fauré qui a déjà mis 8 buts. Clermont, ça joue aussi et ils ont Alessandrini qui éclate (6 buts). Quant à Bastia, on en a parlé.
Maintenant, dire « On s’attendait à untel ou untel », ça ne veut rien dire. Oui on attendait Nantes, Monaco ou Lens. On attendait aussi Le Mans dans son nouveau stade, Le Havre qui a bien débuté et qui commence à s’écrouler. C’est vrai qu’il y a des équipes sur lesquelles on pouvait miser. Je croyais en Sedan et je les vois perdre du terrain.
Je pense aujourd’hui que les trois premiers actuels seront les trois qui monteront en Ligue 1. Les qualités qu’ils montrent font que je pense qu’ils s’accrocheront à ces trois places jusqu’à la fin. C’est un prono, il vaut ce qu’il vaut (rires).
Comment expliquer qu’une équipe comme l’AS Monaco soit dans le trou ?
Je vais répéter ce qu’on dit un peu partout, mais Monaco a manqué de cet esprit de combattant qu’il fait en Ligue 2. Chaque match en Ligue 2 est un vrai combat, tout simplement parce que c’est moins technique que la Ligue 1 et, par conséquent, l’engagement physique est plus important, un peu plus rugueux.
La Ligue 2 c’est un match de coupe tous les week-ends. Monaco a beau empiler des noms ronflants dans son équipe, avoir de bons joueurs, il n’a pas eu cet esprit conquérant. D’ailleurs, il ne l’avait pas non plus en Ligue 1, c’est un peu à son image, l’image d’un club tranquille. Mais je ne pensais franchement pas que leur situation serait aussi dramatique. Les joueurs qui ont connu l’expérience au niveau supérieur le disent eux-mêmes, en Ligue 1 on a moins le sentiment de faire la guerre tous les week-ends qu’en Ligue 2.
Vous animez sur Cfoot, le Multiplex, un exercice que vous avez découvert cette saison. Difficile ?
Oui j’ai découvert ça cette année car, avant, sur MCS, j’étais sur les terrains. C’est un exercice très compliqué parce que l’on doit gérer une grosse machine avec 8 matchs simultanément, des journalistes et des commentateurs partout sur les terrains, ça bouge tout le temps, il faut être concentré sur tout ce qui se passe, ne rien manquer, prendre la journée dans son ensemble pour être capable d’analyser les moindres évolutions au score dans un contexte plus large que celui du match en question, et donner aux téléspectateurs les infos dont ils ont besoin pour bien vivre ce Multiplex. C’est très excitant et j’adore ça.
J’y apporte ma touche obligatoirement personnelle car je suis une journaliste femme, mon fort caractère, mon franc-parler, un peu d’humour. Après je ne prétends pas révolutionner le genre car je prends avant tout de ce que me donnent les journalistes sur les terrains.
« Je voulais devenir footballeuse »
D’où vous vient votre passion pour le foot au point d’en faire carrière ?
Depuis que j’ai l’âge de 4-5 ans. Mon oncle m’emmenait voir tous les matchs de Bastia à Furiani. A chaque fois c’était un événement, la sortie de la semaine. J’ai tout de suite accroché, puis passionnée et j’ai su très tôt que c’est le métier que je voulais faire…après avoir mis une croix sur le football.
Vous vouliez jouer au foot ?
Oui (rires), devenir footballeuse professionnelle. J’aurais adoré. Mais bon, vous savez, la majorité des journalistes foot sont des footballeurs ratés (rires).
Puisque l’on en parle, que vous inspire l’explosion du foot féminin aujourd’hui ?
Il est évident que la Coupe du Monde en Allemagne a enfin permis de faire connaître ce football aux Français et c’est mérité. Maintenant, il est encore impossible de suivre une équipe correctement sur une saison le championnat de France puisqu’il n’est pas médiatisé, ou très peu (sur France 4 et Eurosport, ndlr). C’est vraiment dommage car ce sont des filles formidables.
Nous avons comme consultante à CFoot Gaétane Thiney et Sandrine Soubeyrand. Elles sont remarquables car le foot féminin est extrêmement difficile à pratiquer pour arriver à leur niveau car ce n’est pas l’activité principale d’une femme.
« Le PSG a un beau salon, mais c’est tout »
Parlons un peu de Ligue 1 pour terminer. Comment jugez-vous cette saison ?
Elle est passionnante car on a beau dire que le PSG va être champion, rien n’est moins sûr. Derrière Montpellier s’accroche et on voit bien que l’équipe tient la route et est d’une régularité extraordinaire. Ils montrent qu’il va falloir continuer de compter avec eux. Marseille effectue une remontée spectaculaire qui devrait lui permettre de terminer dans les trois premiers. Lyon est redevenue une équipe assez impressionnante et joue bien sûr une place en Ligue des Champions. Et il ne faut pas oublier Lille, 3e actuellement. En revanche je pense que Rennes est hors course.
Quand je regarde le classement, les matchs restant à jouer, je n’arrive pas à faire un pronostic, ni pour le titre de champion, ni pour les places en Ligue des Champions. Sur les 5 gros clubs actuellement en tête et qui mériteraient de jouer l’Europe l’an prochain, deux ne joueront pas la Ligue des Champions l’an prochain et franchement, je ne vois pas lesquels. La fin de saison sera palpitante.
Vous avez sans doute, hors Bastia, une équipe préférée en Ligue 1 ?
Oui, j’adore Marseille ! Je suis très attachée à ce club. Ce qui me vaut des railleries au sein de la rédaction de CFoot d’ailleurs (rires). Je suis très heureuse de les voir revenir car ils étaient quand même lanterne rouge à un moment et ils ne sont pas aidés par leur effectif, un peu trop juste cette saison pour jouer le titre, il manque des joueurs pour être champion. Pour faire revenir Brandao c’est qu’il y a un problème d’effectif.
Un petit mot sur le PSG ?
La venue des qataris est une bonne chose pour le football car il permet de voir des joueurs qu’on n’imaginait même pas venir jouer en France un jour. Je n’allais plus trop au Parc des Princes ces dernières années mais cette saison, dès que j’en ai l’occasion, je vais voir jouer le PSG car c’est tout de même sympa de voir jouer cette attaque parisienne assez flamboyante. Un peu décevante parfois, et je ne dis pas ça parce que j’aime Marseille (rires).
Maintenant, le PSG n’écrase pas le championnat, le déséquilibre entre ses moyens et ceux des autres ne se traduit pas encore d’un point de vue comptable au classement. Alors oui, le PSG s’est encore renforcé, mais pour le moment, je dirais que le PSG a un beau salon, mais c’est tout. J’espère que la venue des qataris va donner des idées à d’autres pour investir dans d’autres clubs français.
propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc pour En Pleine Lucarne
@photos CFoot
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