Les News Ligue 2 — 03 février 2012

Après avoir diffusé l’AS Monaco lundi dernier, Eurosport se rend cette semaine chez un autre mal classé avec la rencontre Le Mans-Nantes. Relégué en Ligue 2 à l’issue de la saison 2009-2010, les Sarthois sont restés à quai l’an passé en terminant au pied du podium. En proie à de grandes difficultés financières, le club a du faire confiance à son centre de formation pour relever la tête. Aujourd’hui dix-septième du championnat, Le Mans a remplacé Arnaud Cormier par Denis Zanko sur le banc du club il y a un mois. C’est dans cette situation très compliquée que le MUC accueille Nantes, lundi 6 février à 20h30, pour la 22ème journée de Ligue 2. Des Canaris toujours aussi irréguliers, qui n’ont plus vraiment le droit à l’erreur s’ils veulent conserver une chance d’accrocher le podium. Dans le cadre de notre partenariat avec Eurosport et comme toujours avec plaisir, Christophe Jammot analyse ce match synonyme de mauvais souvenirs pour hommes de Zanko.

Màj : la LFP vient d’annoncer le report du match à une date ultérieure. Nous vous reproposerons donc cette affiche à l’occasion.

 

 

Pensez-vous qu’il était nécessaire pour Le Mans de changer d’entraîneur ?

Il était nécessaire, mais un peu tardif. J’ai le sentiment que c’est une décision qui aurait dû être prise en fin de saison dernière. Le groupe était marqué par une relégation et l’échec de la remonté en Ligue 1. D’ailleurs, la rencontre Le Mans-Nantes à la 38ème journée de Ligue 2 avait été vécue comme une seconde relégation. Les Manceaux avaient gagné (3-2) pour finalement terminer quatrième du championnat à la différence de buts avec Dijon. Donc pour moi, le changement était  devenu obligatoire avant même les six premiers mois catastrophiques de cette saison.

Denis Zanko est-il l’homme de la situation ?

Il a l’avantage de bien connaître les jeunes du club sachant que Le Mans est dans une grande difficulté financière. Dans ce contexte économique, s’appuyer sur des jeunes relève de l’obligation. On peut penser qu’il a le profil ad hoc pour diriger cette équipe puisqu’un homme de l’extérieur débarquerait en terre inconnue. Mais seuls les résultats nous diront s’il s’agissait de la personne idoine ou non.

L’effectif manceau ne manque-t-il pas tout simplement de qualité ?

Il y a un manque de moyens financiers, donc à un moment de donné cela se répercute sur les résultats sportifs. Le groupe manque d’expérience et de maturité. Obligatoirement, la confiance ne suit pas et cela devient compliquer d’évoluer dans un tel environnement. Les jeunes doivent se battre pour maintenir le club à flots et subissent une pression terrible lorsqu’ils jouent à domicile, dans une MMArena rarement bien garnie. Même si le club a décrété l’état d’urgence, j’ai l’impression que l’opération commando n’a pas vraiment commencé.

Sportivement, Zanko a mal débuté l’année 2012 avec deux éliminations en coupes. Est-ce un mal pour un bien de n’avoir plus que le championnat à jouer ?

Il ne faut pas oublier qu’un changement d’entraîneur ne modifie pas l’effectif. C’est une équipe qui va mal depuis plusieurs mois, donc il n’y a aucune raison qu’elle se mette à gagner simplement parce qu’un nouveau coach débarque. Si elle arrive à gagner un minimum de matches pour se maintenir, vue la marge de manœuvre inexistante, ce sera déjà une bonne chose. Honnêtement, les deux éliminations en coupe sont logiques pour une équipe en difficulté. L’important est de grignoter quelques points en championnat et jouer à domicile contre Nantes, n’est pas forcément un cadeau à l’heure actuelle. Même si les Nantais manquent de consistance à l’extérieur, le club reste bien embarqué et joue toujours le podium.

Le Mans se met-il trop de pression à domicile dans son stade flambant neuf ?

On l’avait senti l’an passé notamment après l’inauguration. C’est un peu ce qu’a vécu Caen lorsqu’ils sont passés de Venoix à Michel D’ornano. L’effectif avait eu besoin de temps pour apprécier sa nouvelle enceinte et pouvoir donner la pleine possession de ses moyens.. Jouer dans un stade moderne de 25 000 places et revêtir le maillot de son club formateur reste très compliqué pour les jeunes du Mans. Zanko doit faire face à un immense chantier.

Avec deux victoires en trois matches de championnat en 2012, Zanko a-t-il relancé son équipe ?

Malgré ces deux victoires, les Sarthois n’ont pas bougé au classement et sont toujours dix-septièmes. Tout le monde va se révolter pour prendre des points et il va falloir engranger à tout prix. Quand on voit les futurs adversaires : Nantes, Metz, Le Havre, Troyes ; il y a de quoi être inquiet. Dans un mois on peut se dire que Le Mans ira mieux, mais pour cela il faut enchaîner avec quatre ou cinq victoires vu la complexité de ce championnat.

Etes-vous alarmiste pour le futur du Mans ?

Je suis inquiet parce que les finances sont devenues précaires. On avait l’impression que le club faisait en sorte d’évoluer dans le bon sens avec notamment l’arrivée de son stade moderne. Mais j’ai peur que la douceur ambiante n’ait raison du Mans. Beaucoup de dirigeants se retranchent derrière l’idée : « on ne peut pas descendre, on fera tout pour s’en sortir ». Malheureusement, je n’ai pas l’impression que les joueurs aient la même volonté de se maintenir pour le moment. Que ce soit au Mans ou ailleurs, personne ne veut croire à une descente. Pourtant, mathématiquement tout est possible.

Denis Zanko a fait venir Moussa Maazou pour relancer un secteur offensif en berne, est-ce un bon choix ?

Certains attaquants du Mans ont été pris en grippe par le public donc c’est toujours un peu compliqué. Je souhaite à Maazou de réussir même s’il est compliqué d’arriver en cours de saison. Quand on voit un jeune comme Cissé au potentiel indéniable, qui se fait siffler dès qu’il rentre parce qu’il a manqué de réussite à un moment donné, cela devient dur à gérer.

Comment s’annonce la rencontre face à Nantes ?

Déjà, ce match va rappeler de mauvais souvenirs malgré la victoire de l’an dernier. J’ai envie de comparer cette rencontre à l’image du Mans d’ailleurs. Ils viennent de faire deux victoires en trois matches et malgré tout cela ne suffit pas pour se donner de l’air. L’an passé, ils s’imposent mais restent bloqués au pied du podium à cause d’une répétition d’erreurs tout au long de la saison. Et puis Nantes en face, a peut-être un peu plus la baraka en ce moment avec des résultats trompeurs sans faire des matches géniaux. Ils sont toujours dans le coup pour espérer le podium même s’ils vont devoir enchaîner à un moment ou un autre pour recoller définitivement.

Comment expliquez-vous cette incapacité à confirmer ?

J’ai toujours en tête la défaite à Boulogne dans les 10 dernières minutes où j’ai l’impression qu’il y a eu une cassure (2-1 avec deux buts boulonnais en fin de match). C’est une équipe branchée sur courant alternatif, capable de très bons résultats comme de se casser la figure la semaine suivante. Mathématiquement, ils restent en bonne position puisqu’ils sont à cinq points du podium. Il faudra quelques journées pour récupérer ce retard et attaquer la dernière ligne droite avec l’objectif du podium en ligne de mire.

En conservant tout son effectif et en recrutant Damien Le Tallec et Ismail Bangoura, peut-on dire que Nantes a réussi son mercato ?

Les joueurs qui arrivent et qui flambent sont une denrée rare. J’ai le souvenir de Brice Jovial au Havre qui n’avait pas suffi pour accrocher la montée. C’est toujours bien d’avoir des renforts mais tant qu’ils n’affichent pas 10 buts au compteur en une petite vingtaine de matches, on ne saura pas si on a réalisé une bonne pioche. Comme Alex Dupont (entraîneur de Brest), je ne suis pas fan du mercato qui, a mon avis, perturbe l’équipe en place. De toute façon, pour savoir si un mercato est réussi ou non, il faut attendre le bilan de fin de saison et pas seulement deux ou trois matches. Landry Chauvin doit être satisfait de ces arrivées mais si les Nantais n’accrochent pas le podium, le recrutement n’aura pas été déterminant.

Face au 17ème du championnat, le FCN a-t-il le droit à l’erreur ?

Les Canaris sont tellement irréguliers que tout peut arriver. A l’inverse de Clermont, Reims ou Bastia qui peuvent s’en sortir même quand elles sont moins bien, Nantes n’a aucune certitude. Je pense de moins en moins que cette équipe sera celle de la deuxième partie de saison. Ils s’imposent laborieusement contre Tours. Je continue de penser qu’elle pourra faire grosse impression sur les matches retour mais il va falloir à tout prix envoyer à chaque rencontre pour n’être que dans du positif. Pour l’instant Chauvin n’a pas trouvé la bonne formule pour empêcher cette habituelle chute de tension.

Le rythme des trois premiers n’est-il pas trop soutenu ?

Pour l’instant ils ne craquent pas. Clermont Reims et Bastia forment un vrai bloc et jouent davantage en équipe que les autres. Avec un peu de talent supplémentaire devant, la différence se fait ressentir au niveau du classement. La course à la montée commence vraiment maintenant. C’est là où Chauvin va devoir trouver les solutions et gommer les problèmes défensifs pour réaliser une bonne série.

Un favori pour ce match ?

Je pense qu’il va faire froid et je sens un bon 0-0 (rires). Je crains le pire. Honnêtement, les joueurs ont du mal à être hyper efficaces dans ces périodes hivernales. Au mieux, je vois Le Mans accrocher un match nul. J’ai le sentiment que c’est un club condamné à souffrir encore pas mal de temps.

propos recueillis par Anthony Davière (3e année école de journalisme de Nice) en exclusivité pour En Pleine Lucarne

@photos : Eurosport

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Anthony Daviere

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