Autres Sports Entretiens EPL — 13 janvier 2012

Présent à Canal + depuis 1992, Vincent Radureau est l’un des messieurs omnisports de la chaîne. Que soit du football, du handball qu’il présente chaque jeudi dans Les Spécialistes handball, ou du basket avec les commandes de Canal NBA, le magazine du lundi soir sur le championnat US. C’est justement pour cette dernière émission qu’En Pleine Lucarne est allé à sa rencontre. Car Lundi soir, c’est le Martin Luther King Day avec 11 matches et 12 heures d’antenne sur Sport + (programme tv). Et le Canal NBA prendra une tournure spéciale pour marquer l’événement.

L’occasion donc de découvrir un peu mieux qui est Vincent Radureau, son rapport avec le basket et de parler de cette soirée assez spéciale et surtout de Canal NBA qu’il partage avec Jacques Monclar et George Eddy. Le tout avec beaucoup d’enthousiasme et de sympathie.

Lundi soir sur Sport +, c’est le Martin Luther King Day. 11 matches pour 12 heures d’antenne, c’est la plus grosse soirée basket, voire de sport de l’année ?

On ne peut pas faire beaucoup plus que ça. Soirée plus nuit, de 19 heures à 7h30 du matin, c’est le plus gros rendez-vous basket, en terme de durée, que l’on peut proposer. Je ne pense pas que l’on puisse faire mieux pour ce qui est d’événements en direct. Dans la saison, on peut avoir des soirées thématiques avec du direct et des reportages, mais rester en direct pendant 12 heures, c’est inégalable.

Au milieu de cette soirée monstre, il y aura « Canal NBA », un de vos bébés. Comment prépare-t-on une émission en plein cœur d’un direct de cette envergure ?

Ce Canal NBA sera différent des autres. Il sera un peu moins tourné sur le côté magazine, sur l’actu de la semaine écoulée, mais plus sur les réactions à chaud des matches de lundi soir. Une sorte de « Jour de Foot » version NBA, « Jour de NBA » en fait. Il y a une pause américaine dans la soirée, entre minuit et 2 heures où il n’y a plus de matches. Nous nous installerons là, entre 23h40 et 1 heure du matin, pour proposer à chaud avec Jacques Monclar et George Eddy des résumés de tout ce qu’on aura vu depuis 19 heures. Ce sera à nous de jeter un œil sur tous les matches qui seront retransmis en simultané et en multiplex sur Sport +.

Concernant les autres émissions de l’année, comment sont-elles construites, quelle est votre organisation ?

L’émission classique, je la prépare tous les matins de la semaine, au réveil, quand je prends connaissance de ce qu’il s’est passé dans la nuit. J’essaie de regarder le plus possible de matchs en direct, mais, effectivement, le matin c’est mon premier rendez-vous NBA. Ça me permet de voir, au fil des jours, comment la semaine se déroule et d’en faire le compte rendu le plus précis. Ensuite, à partir du dimanche, avec mon rédacteur en chef, on commence à échafauder le conducteur de l’émission car nous nous appuyons essentiellement sur les matches du samedi soir et du dimanche soir. Nous commençons à construire l’émission dès le dimanche soir et je commence à écrire, car j’aime bien écrire mes textes.

Le lundi est aussi une grosse journée car on finalise le sommaire de l’émission, j’écris sur ce qui s’est passé dans la nuit de dimanche à lundi et on regarde les sujets et reportages que nos journalistes ont envoyés. Nous recevons par exemple le sujet de Xavier Vaution, « American Dream », le lundi vers 13 heures, la plupart du temps.

Jacques Monclar et George Eddy connaissent-ils les sujets à l’avance ou sont-ils dans l’improvisation totale ?

On leur donne juste l’ordre des thèmes dans l’émission. En gros, voilà de quoi on va parler et à quel endroit dans l’émission. De façon à ce qu’ils ne déflorent pas les sujets avant même d’en avoir parlé et que l’émission poursuive un déroulement logique. Pour le reste, ils sont libres et c’est pour cela que ce sont les meilleurs.

Pas facile de gérer deux intervenants aussi charismatiques…et bavards non ? Vous reprenez d’ailleurs souvent George Eddy parce qu’il en dit trop….

(Rires) C’est l’émission la plus « kiffante » que j’ai eu à faire. Justement grâce à ces deux personnages-là. Non seulement ils sont extrêmement charismatiques, mais à l’antenne c’est un duo formidable. C’est un confort absolu d’avoir ces deux gars-là à côté de moi. Je peux me reposer sur eux. A chaque fois que je pose une question, la réponse sera intéressante.

Non content d’être des grands spécialistes de basket, ce sont aussi des mecs qui ont une vraie culture télé, une vraie technique. Si à un moment nous dépassons notre temps imparti, ils peuvent faire des réponses courtes. Ils peuvent s’adapter au format de l’émission sans aucun problème. Ce sont des gens intelligents, ils savent suivre une émission et  savent surtout  que chacun à un rôle à respecter sinon ça marche pas.

Nous passons du bon temps ensemble, ça coule, c’est fluide, on fait une heure d’émission et on se dit « c’est déjà fini ! ». C’est comme ça chaque semaine.

Quant à reprendre George Eddy, c’est parce que, parfois, il oublie l’ordre des thèmes dans l’émission. Voilà pourquoi de temps à autre je me permets de lui dire « Woh, Woh, on verra ça plus tard George ! » et ça le fait rire. Pour le reste, travailler avec eux, c’est un confort, je suis dans des chaussons. C’est un bonheur.

Connaissiez-vous bien Jacques et George avant de faire cette émission ?

George, forcément, car je suis à Canal depuis 1992. Ça fait donc un petit moment qu’on se croise dans les couloirs. Nous avions déjà travaillé ensemble sur la première édition d’ « American Dream » à l’époque. Jacques, je le connaissais moins, mais nous nous sommes tout de suite trouvés. Dès la première émission de Canal NBA. Je sais qu’il est abonné de Canal depuis fort longtemps et qu’il regarde un peu tout ce qui passe, donc il me connaissait bien à travers ce que je faisais à l’antenne. Il n’y a pas eu de rounds d’observation.

En 20 ans de présence à Canal+, vous avez touché à tout. Où se situe Canal NBA dans l’échelle du plaisir ?

Quand on m’a décrit l’émission pour le la proposer, quand on m’a parlé du nouveau décor, de la fréquence, de la matière – une émission sur la NBA – j’ai immédiatement trouvé Canal NBA excitant. C’était mon rêve américain à moi ! Ce sport m’enchante semaine après semaine. Pas facile de refuser un tel cadeau non ?

Qu’aimez-vous dans le basket, et notamment le basket NBA ?

C’est énormément de showtime, de spectacle. C’est une manière de jouer ce sport qui me bluffe à chaque fois. Il n’y a pas une émission où je ne fais pas « Woh ». Je suis toujours abasourdi quand je vois les performances des basketteurs NBA.

Il y a aussi le côté Américain de la chose. J’aime me balader à travers les Etats-Unis par équipes interposées, aller de Chicago à Los Angeles ou encore à Dallas. C’est un championnat d’un niveau relevé et on le constatera sans doute lors des prochains Jeux Olympiques de Londres, avec une équipe en préparation qui pourrait bien ressembler à une Dream Team et qui aura un impact considérable sur le jeu.

Avez-vous des joueurs et des équipes préférés en NBA ?

Je suis très Chicago, je dois l’avouer. D’abord parce qu’il y a Joakim Noah, un joueur que j’adore. J’adore les joueurs qui jouent avec la rage de vaincre. Avec Noah je suis servi. J’adore Derrick Rose aussi. Il y a aussi le passé de cette franchise. Je me suis éveillé au basket NBA, comme bon nombre de mes camarades, avec Michael Jordan et les Bulls. C’est la raison pour laquelle je garde beaucoup de sentiments et d’affection pour cette franchise. J’aime aussi beaucoup un garçon comme Kevin Durant, qui a l’air d’être quelqu’un de très solide, humainement en tout cas, et qui n’a pas l’air d’avoir un melon considérable malgré un talent exceptionnel.

Un souvenir de basket plus fort que les autres ?

Peu après mon arrivée à Canal+, en même temps que Grégoire Margotton. Nous étions issus de la même école de journalisme et comme nous étions fraîchement arrivés au service des sports de Canal, nous faisions ce que l’on appelle des secours la nuit. C’est-à-dire que l’on restait toute la nuit sur un petit plateau au cas où le faisceau lâche, pour pouvoir reprendre l’antenne et meubler en cas d’incident. Ces « secours » se passaient pendant les Finals NBA. Je me souviens d’une finale de Michael Jordan. Particulièrement d’un match où il avait réalisé une partie extraordinaire alors qu’il était malade (NDLR : en 1997). C’est le souvenir le plus fort que je garde de cette époque-là.

Propos recueillis par Jonathan Demay, en exclusivité pour En Pleine Lucarne

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Jonathan Demay

(1) Reader Comment

  1. Réellement quand je vois l’interview je me dis que le vincent radureau que je vois à l’antenne me semble le même que dans son interview : simple et plein de malice.

    L’émission en elle même est très bien construite. Seul regret les horaires.

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