Autres Sports — 27 janvier 2012

Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Giants de New York s’affronteront le 5 février à Indianapolis lors de la 46e édition du Super Bowl, dans une affiche qui était déjà celle de la finale de la Ligue professionnelle de football américain (NFL) il y a quatre ans (2008). W9 diffusera l’évènement en direct dans la nuit du dimanche 5 février, avec aux commentaires la doublette Thomas Desson/Richard Tardits. Ce dernier a accepté, pour EPL, de se pencher sur les enjeux et les clés de cette finale dans laquelle les Patriots partent favoris.

- Cette année encore, pourquoi rester éveillé toute la nuit pour assister au Super Bowl, si ce n’est pour le concert de Madonna ?

Une finale de championnat, c’est toujours intéressant à regarder. Puis le Super Bowl, c’est l’un des plus gros évènements sportifs de l’année, en terme sportif, de budget, de spectateurs, de téléspectateurs. Tous les gens qui nous regardent ne sont pas forcément de fins connaisseurs, ils viennent surtout chercher du spectaculaire. Mais pour ceux qui suivent la saison régulière et qui connaissent bien ce sport, cette finale est avant tout la revanche de 2008. A cette époque, les Giants avaient battu des Patriots alors invaincus jusque là, 17-14 (18 victoires, 0 défaite).

- Les Patriots ont encore cette défaite en travers de la gorge ?

Je pense qu’ils l’ont encore mauvaise oui, même si depuis, les équipes ont beaucoup changé.

Les Giants sont-ils de nouveau capables de réaliser l’exploit ?

A mi-saison, il n’y a que quelques semaines, les Giants n’étaient qu’à 7 victoires et 7 défaites, et autant dire que personne ne les attendaient à ce niveau ! Ils sont sortis d’une poule assez relevée. Les Philadelphia Eagles ou les 49ers de San Francisco étaient des candidats plus crédibles, mais l’équipe new-yorkaise a réussi à retourner la situation et termine cette saison en trombe.

- Aux vues des demi-finales, très accrochées (Les Giants ont battu les 49ers de San Francisco (20-17 a.p.) en finale de la Conférence Nationale grâce à un field goal de Lawrence Tynes en prolongation tandis qu’auparavant, les Patriots s’étaient qualifiés en s’imposant contre les Ravens de Baltimore (23-20) en finale de la Conférence Américaine, après que Billy Cundiff eut manqué le field goal de l’égalisation à onze secondes de la fin du temps réglementaire), à quelle type de finale peut-on s’attendre ?

Le feu d’artifice peut partir très vite comme on peut assister à un match défensif. Les Patriots, c’est une équipe à la Harlem Globetrotters, très impressionnante, avec une capacité à beaucoup marquer. Mais les Giants ont eux une bonne gestion de la montre et jouent très bien le jeu au sol. Mais ils peuvent aussi s’adapter à l’adversaire, comme ce fut le cas en demi finale, et jouer plus long. Ce sont en tout cas deux équipes très différentes. Manning sera très certainement le joueur clé pour les Giants, et Tom Brady celui des Patriots. C’est la septième fois que les Patriots iront au Super Bowl et ce sera la cinquième de leur quarterback vedette Tom Brady, qui va d’ailleurs égaler au passage le record de John Elway avec Denver. La Nouvelle-Angleterre a enlevé trois fois le Super Bowl (2002, 2004, 2005), à chaque fois avec Brady aux commandes. Ca va être un sacré choc.

- Durant le match de saison régulière, les Giants l’avaient emporté 24-20. Ce match peut-il avoir un impact sur cette finale ? Est-ce un premier avantage ou toutes les cartes sont-elles redistribuées ?

Ce match n’aura aucune incidence sur la finale. D’abord parce que les équipes, notamment par le jeu des blessures, ne sont pas les mêmes. Les coachs ont refait leurs calculs, retouché leurs schémas de jeu, ça n’aura rien à voir.

- En parlant des coachs, pouvez-vous nous décrire la philosophie de Bill Belichick et Tom Coughlin ?

Il faut déjà savoir une chose, c’est qu’au football américain, ce sont les coachs qui décident. Les deux sont des experts, des hommes d’expérience, capable d’appuyer là où ça fait mal, de s’adapter à chaque instant à la tactique adverse. Bill Belichick, le coach des Patriots, est connu pour sa défense de fer, même si cette année il a été obligé de jouer plus l’offensive, avec à sa disposition un effectif très talentueux. Tom Coughlin est lui un stratège, quelqu’un qui sait très bien garder le ballon, gérer les temps de jeu. Il aime que son équipe joue les ballons au sol. Les Giants ne mettent pas souvent 50 points, et sont moins spectaculaires que les Patriots, mais ils sont de bons gestionnaires.

- Y-a  t-il un favori qui se dégage dans cette finale ?

Pour moi, les Patriots partent largement favoris. Je pense même qu’ils vont marquer le coup, et gagner assez largement. Je vois un score de 38-10 au début du 4e quart-temps, et un score final de 38-24, avec un léger relâchement des Patriots en fin de match.

Je ne suis pas devin, mais je pense qu’il y aura des points dans le premier quart-temps, que les Patriots vont chercher à faire la différence le plus rapidement possible. Mais avec la fin de saison surprenante des Giants, il faut se méfier. Surtout qu’avec Manning comme quarterback, on peut s’attendre à tout. C’est l’homme de cette fin de saison alors qu’il était en difficulté, à l’image de son équipe, pendant la saison.

- Que devront donc faire les Giants pour limiter Brady et son équipe ?

Le seul poste où les Giants ont l’avantage, c’est la défense arrière. Des running backs comme Ahmad Bradshaw ou Brandon Jacobs peuvent faire la différence. Et le seul moyen d’empêcher Brady de briller, c’est de le limiter dans ses lancers courts, à 10/15 yards, et l’obliger à porter le ballon ou faire de longues passes. Ca permettra de limiter l’avancée des Patriots.

- Cette finale, à Indianapolis, devrait être l’apogée de la carrière de Peyton Manning, le frère d’Eli Manning. Expliquez-nous pourquoi.

Indianapolis espérait fêter son héros, à domicile, dans son antre, en effet. Mais les Colts, la franchise d’Eli Manning, ont fait une saison catastrophique, et il devra regarder son frère devant la télé à défaut de jouer ce match. Il aurait pourtant mérité ! Il a remis Indianapolis sur la carte de la NFL. Brady est d’ailleurs son bourreau, car bien souvent les Patriots ont fini premiers, devant les Colts, en saison régulière. Reste à voir s’il martyrise aussi le frère en finale.

propos recueillis par Victor Lemée, pour En Pleine Lucarne

Photos  ©Jean Brice Lemal/W9

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