"A l'affiche" Les News Liga — 18 janvier 2012

Ce soir, à 22h sur Canal Plus Sport, et la semaine prochaine, le 25 janvier, également à 22h sur la même chaîne se jouera la plus grande et la plus belle affiche du football mondial actuel, le fameux Clasico entre le Real Madrid et le FC Barcelone. Les deux meilleures équipes d’Europe vont de nouveau croiser le fer mais cette fois en quarts de finale de coupe du Roi. Pour l’occasion, Omar Da Fonseca, en direct de Madrid d’où il commentera le match, a accepté de présenter ce choc pour En Pleine Lucarne. De l’ambiance dans la capitale espagnole à quelques heures du match aller à Jose Mourinho, en passant par le triple Ballon d’Or barcelonais, Lionel Messi, Omar Da Fonseca nous dit tout sur ce match qu’il attend avec impatience, qu’il espère le plus beau possible et qu’il vivra au côté de Christophe Josse.

Il y a-t-il une ambiance spéciale à Madrid pour ce jour de Clasico ?

Je ne suis pas très loin du stade. Je suis allé boire un café près de Santiago Bernabeu, le stade, et il y a déjà du monde aux alentours de la boutique officielle du Real. Il y reste encore 300 places à vendre pour les abonnés. Donc pas plus d’ambiance que ça, mais on voit déjà les rues qui se bloquent à côté du stade, les gens viennent plus tôt, les retraités viennent boire des cafés avant le match. Mais nous sommes clairement dans une ambiance de derby car en Espagne le football est une religion. La culture foot est beaucoup plus développée ici qu’ailleurs.

En France, au contraire, on parle de plus en plus d’une certaine lassitude. Ces Clasicos répétés commenceraient à ne plus intéresser…

Ce clasico là est plus calme, par rapport aux comportements des clubs, surtout en comparaison avec ceux de l’année dernière. Mais ce n’est pas le plus calme non plus. On essaie de le tempérer, de le réduire un peu, de dire que ce n’est pas très important. Hier j’ai pris l’avion et, que ce soit les gens, la télévision, les journaux, tous essayent de prendre la dimension de cette rivalité. Ce côté psychologique, avec le Barça par rapport à Madrid, le premier du championnat, Madrid, contre le 2eme, Barcelone qui fait pourtant toujours office de favori, etc.

A un moment, il va falloir que le Real Madrid prouve qu’il peut rivaliser avec Barcelone. Tous ces éléments planent dans l’air et ça plaît beaucoup. On sait que le match va être intense, que les joueurs vont tout donner. Le contexte est toujours magnifique.

Qui aborde le mieux ce quart de finale, quel est le favori pour ces deux matches ?

Quand on parle d’équipes de cette ampleur, je ne vois pas de favori. Mais le contexte fait que Madrid doit un moment donné gagner. José Mourinho ne veut pas le faire ressentir. Hier en conférence de presse, il a expliqué qu’il n’avait rien à prouver et que pour lui c’était un match de plus. Mais en même temps, je suis sûr que pouvoir obtenir une victoire contre le Barça, à Madrid, même si c’est seulement le match aller, ça lui donnerait, pas de l’importance mais un plaisir intérieur. Aujourd’hui, il a tout gagné, mais un match contre Barcelone, c’est important, aussi réducteur soit-il. Car il ne faut pas oublier que l’an dernier Madrid a gagné la coupe du Roi et a annoncé partout qu’ils l’avaient fait contre le Barça, etc… C’était comme si les Madrilènes avaient remporté le titre de champion sauf que ce n’était que la coupe du Roi. C’est dire l’ampleur d’une telle victoire.

Cette année on accorde un peu moins d’importance à ce choc. Parce que Madrid est premier et qu’il joue bien. Je pense que le Real se doit de gagner. Pour trois raisons, c’est le clasico, c’est la coupe et c’est psychologique. Celui qui gagnera aura forcement l’avantage pour la suite de la saison et pour la qualification en demi-finale. Le Barça va vouloir gagner pour Pep Guardiola, car il n’a jamais perdu ici. De toute façon, Barcelone veut toujours gagner. Moi j’adore, ce sont des matches ouverts. On se demande toujours ce qu’il va se passer, sur le banc, dans les tribunes et sur le terrain. C’est du grand football.

Ce choc aura-t-il un impact sur la suite de la saison ?

Oui ça compte. Aujourd’hui l’avantage psychologique est pour le Barça. Chaque fois qu’ils jouent, ils gagnent, ils dominent. Ils ont perdu la finale l’an dernier, mais j’ai revu le match trois fois. Ils devaient le remporter. Ils se baladaient et perdent sur un contre. Si victoire du Barça il y a, ça va forcément consolider cette positon de force. Du côté de Madrid, même si le jeu n’est pas aussi contrôlé avec une possession de balle comme le Barça arrive à faire, ils gagnent et marquent beaucoup de buts. Ils ont deux, trois joueurs qui sont en formes malgré un Ronaldo un peu en baisse. Ce qui prouve d’ailleurs que Madrid est encore plus fort que l’an dernier.

Cet avantage du Barça on le retrouve dans le duel Ronaldo – Messi. C’est un match décisif pour le portugais ?

Le mot décisif dans le football, il faut le radier. Parce que tant que l’on peut mettre les chaussettes et les chaussures aux pieds, il y a toujours des choses à faire ou à exprimer. Aujourd’hui, tout le monde dit que Ronaldo est perturbé, mais il y a plusieurs façons de voir les choses. Ronaldo, dans son for intérieur, dans son orgueil et dans son égo se dit qu’il va tout donner pour montrer de quoi il est capable.

Alors que Messi, par son caractère et la situation dans laquelle il est, ne va pas venir décontracté non plus mais est conforté dans sa façon de jouer. Plus on avance, plus il est intermittent, il apparaît quand il en a envie. Il est en décalage, c’est un match à l’extérieur, il a déjà gagné à Madrid et à ce que j’ai lu dans la presse, s’il marque il sera le meilleur buteur des Clasicos. En plus, il veut offrir un cadeau à Guardiola pour ses 41 ans, car c’est aujourd’hui son anniversaire.

Le duel entre les deux joueurs existe et la confrontation est là, même si ce sont d’abord deux équipes et pas seulement un duel Ronaldo-Messi ou Guardiola-Mourinho. Ce sont des condiments qui rendent le match encore plus intéressant.

Ronaldo n’est-il pas barré par Messi en termes d’images, de statistiques et de trophées avec un triplé au ballon d’or ?

Barré non, il est juste dans une situation qui l’expose plus. Ronaldo est un garçon qui, rien qu’avec sa morphologie, sa beauté, son coté belle gueule et son mode de vie, est exposé. Il est plus accessible à tout le monde et en même temps, et c’est la limite, il est plus attaquable. Il réagit plus, il s’exprime plus. Alors que Messi, il joue à la Playstation chez lui, il est introverti, on se demande même s’il existe en dehors d’un terrain de foot, il ne s’exprime qu’avec son pied gauche (sourire). Donc il y a des exigences différentes entre l’un et l’autre.

Ce sont deux joueurs différents. L’un est le véritable athlète, la machine, celui qui a été travaillé et formaté et qui joue avec puissance et violence, Ronaldo. Et l’autre, Messi, c’est le côté artiste, le côté imprévisible. Rien ne les unit, tout les oppose et ils peuvent faire basculer un match.

Le second duel de ce match, c’est Mourinho – Guardiola. L’un a-t-il l’avantage sur l’autre ?

Pour moi, les entraîneurs c’est à part. Même s’ils ont des choses à dires, ils sont là pour la communication, défendre les joueurs et se positionner par rapport à une philosophie. Chacun défend ses arguments. Mourinho a expliqué hier qu’il avait gagné dans d’autres pays et c’est vrai. Il a soi-disant une philosophie du foot, mais qui est moins visible et probable que celle de Guardiola. Lui, c’est tout le contraire, c’est quelqu’un qui n’a jamais entraîné ailleurs et qui est plus dans l’esprit, l’idée de jeu, des principes et des références de jeu. Il se met moins en avant que Mourinho.

C’est un duel d’hommes qui se traduit avec les équipes. Mourinho qui défend Ronaldo, et qui annonce à tout le monde qu’il faut arrêter de le critiquer. Dans « Marca » aujourd’hui, il dit que si on critique Ronaldo, c’est comme si on s’attaquait à lui. Ça, ce genre de phrases, j’ai du mal à les comprendre. Ça fait partie des modes de communication des entraîneurs. Ils ont un aspect autre du management qui ne concerne pas le terrain.

Comment voyez-vous Madrid jouer ce soir ?

Je ne sais et pourtant j’ai acheté les journaux et j’ai été à la conférence de presse. Personnellement je souhaite qu’il ne joue pas avec Pepe en milieu défensif. On se souvient que ça avait été catastrophique, voire pénible de voir ça. Le journal « As » annonce pourtant ça, alors que « Marca » dit le contraire. J’espère que Mourinho va tenter de jouer avec ses milieux et avec cette envie de faire déjouer le Barça. Mais sans essayer de donner des coups, sans imposer ce côté friction, impact physique et plutôt utiliser le potentiel qu’il possède. J’aimerais que Mourinho et le Real partent avec l’idée d’oser.

Côté Barça, Guardiola peut-il retenter une défense à trois défenseurs comme lors du match de championnat ?

Je pense que non. Ça dépend de la position de Dani Alves. Soit il est placé haut dès le début, soit il le laisse pour partir de derrière. Moi je pense qu’il est beaucoup plus performant en utilisant la seconde méthode. Je vois le Barça jouer en 4-3-3 comme d’habitude.

Un petit pronostic pour ce soir ?

Je pense à un match nul, mais il y aura des buts. Je ne vois pas comment cela pourrait en être autrement. Pour Madrid, le public, pas seulement connaisseur sinon exigeant, va pousser. En contrepartie, le jeu du Barça est basé sur la prise de risque, donc je vois des buts. On va dire un 2-2 ou un 3-3. Un match impressionnant, avec des renversements de situation, pour qu’encore une fois on passe une très bonne soirée de football.

Propos recueillis par Jonathan Demay, en exclusivité pour En Pleine Lucarne

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Jonathan Demay

(2) Readers Comments

  1. Très bon interview, commentateur intéressant

  2. messi10

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