Les News Ligue 2 — 12 janvier 2012

Après un week-end à rebondissements où le PSG est passé proche de l’accident industriel en 32e de finale de Coupe de France contre Locimé, Eurosport reprend vendredi 13 janvier au soir son feuilleton de la Ligue 2, en partenariat avec En Pleine Lucarne. Le Havre AC (6ème) accueille le RC Lens (15ème) à 20h30, en match avancé de la 19ème journée du championnat. Pour cette dernière journée des matches aller, Christophe Jammot analyse la rencontre entre deux équipes irrégulières aux ambitions similaires. D’un côté, le plus vieux des clubs français doit impérativement monter en Ligue 1 pour étrenner son nouveau stade, de l’autre, le Racing Club de Lens en mal de confiance souhaite recoller au peloton de tête. Un match à enjeux donc.

Le Havre-Lens, deux équipes irrégulières à l’objectif commun : la montée.
C’est un petit peu le problème du Havre depuis quelques saisons maintenant. Même quand ils sont remontés en Ligue 1, on n’a jamais senti que le club pouvait se donner les moyens de se maintenir. Le doute persiste encore cette saison et il est difficile de faire du Havre un candidat sur la durée. Les moyens financiers devraient permettre de conserver tout le monde, mais rien n’est sûr. Et puis il faut espérer que le futur stade ne pèse pas trop lourd au-dessus des Havrais. La perspective de jouer en Ligue 2 avec la livraison de l’enceinte cet été, n’est pas envisageable pour le président Jean-Pierre Louvel. L’effectif va devoir être armé mentalement pour résister à la pression. Il ne faudrait pas qu’ils vivent la même mésaventure que Le Mans l’an dernier qui, après avoir loupé la montée de peu, se débat aujourd’hui dans les profondeurs du classement.

Cédric Daury enchaîne sa troisième saison d’entraîneur sur le banc du Havre, pourtant l’irrégularité reste le gros problème de cette équipe ?
J’ai l’impression que Le Havre fonctionne de la même manière que le club de Caen. Franck Dumas est depuis des années l’entraîneur normand et reste en place contre vents et marées. Je trouve cela positif et rassurant de continuer à faire confiance même quand tout n’est pas rose. Aujourd’hui, le problème du Havre est de pouvoir conserver ses meilleurs joueurs. Dans le cas contraire, il faut à chaque fois reconstruire. Le départ du capitaine Gueida Fofana à Lyon a laissé un vide compliqué à combler pour Cédric Daury. En ce moment, Mendes Da Graça casse la baraque. Beaucoup de clubs semblent s’y intéresser mais on ne sait pas vraiment s’il a été approché. En tous les cas, un départ du buteur cap-verdien avant le 31 janvier, n’est pas forcément à exclure.

Le HAC a pourtant montré ses ambitions avec les arrivées de Alo’o Efoulou et Fanchone notamment.
Même si Fanchone n’est pas vraiment une nouveauté en L2 et que Alo’o Efoulou n’a marqué qu’un seul petit but, ces arrivées prouvent que le club essaie de se structurer. Malgré tout, cette équipe reste aléatoire. Ils peuvent battre tout le monde comme passer au travers à n’importe quel moment.  Ce manque de régularité doit énerver le staff, l’entraîneur et les joueurs. Après une fin d’année en dents de scie, les Havrais ont l’opportunité de se relancer face à Lens. Avec le déplacement à Bastia dans trois semaines, ils ont deux matches très importants à négocier. De quoi peut-être leur offrir quelques certitudes.

L’épisode Coupe de France (qualification 4-3 contre Lorient) peut-il leur permettre de prendre conscience de leur potentiel ?
Même si ce genre de match peut-être déclencheur, la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Ils restent sur trois matches sans victoire en championnat et doivent impérativement rebondir. Après les mauvais résultats récents, le club pointe seulement à 3 points du podium. A mon avis, l’équipe de Daury devra absolument prendre du recul sur la construction du nouveau stade. Ils voient l’évolution des travaux depuis Jules Deschaseaux. Difficile de ne pas trop penser à la perspective d’évoluer en Ligue 1 dans ces conditions.

Si Le Havre connait le même sort que Le Mans, on risque d’assister à la fuite des cerveaux dans les rangs normands.
J’imagine la pression très forte qui doit s’installer au Havre en ce moment. La montée est un enjeu crucial cette saison pour le doyen des clubs français. On s’est longtemps retranché derrière des infrastructures et une pelouse de mauvaises qualités. Le nouveau stade arrive, espérons que ce soit davantage un facteur motivant qu’inhibant pour les joueurs. Daury possède une équipe qui tient la route, c’est surtout dans le domaine mental qu’il va falloir être très forts.

A l’image du Havre, Lens peine à enchaîner les résultats cette saison.
Entre la candidature à l’Euro, le manque de moyens, la volonté de Gervais Martel de vendre le club, l’équipe ne peut jamais travailler dans la sérénité. On a le sentiment d’un gros gâchis et plus le temps passe, plus cela devient compliqué. Tout le monde ne parle que de la montée puisqu’une série leur permettrait de recoller. Attention de ne pas oublier de regarder derrière. Lens est 15ème, reste sur deux défaites de rang et a rapidement dit adieu à la Coupe de France. L’effectif n’est pas en confiance, et quand on regarde la liste des matches (Le Havre, Clermont, Monaco), on se pose des questions sur la capacité de Lens à réagir.

Rester en Ligue 2 serait vécu comme une catastrophe pour le club…
Tout le monde a en tête l’épisode Racing Club de Strasbourg (Relégué administrativement en CFA2). C’est un club qui est descendu, qui était mal géré et qui a littéralement explosé par la suite. Financièrement, le foot français a vécu un petit moment au-dessus de ses moyens et aujourd’hui la moindre erreur va se payer cash.

Surtout que Lens a fait beaucoup d’efforts avec l’arrivée de Jean-Louis Garcia et un recrutement conséquent.
L’effectif a été régénéré, pourtant la mayonnaise n’a toujours pas prise. Quand tu as seulement gagné un tiers des matches (6 sur 18), il y a forcément un problème quelque part. A mon avis, il est plus dur d’être Lensois que Clermontois. Tout le monde attend le RCL, obligatoirement la pression est sans doute plus forte que pour d’autres équipes. Je ne dis pas que les supporters doivent être inquiets. Mais personnellement, j’ai de plus en plus de mal à croire que Lens terminera sur le podium.

Avant le match Metz-Lens, Jean-Luc Arribart nous confiait pourtant que Lens semblait avoir trouvé un collectif, que l’équipe dégageait enfin quelque chose.
Je suis peut-être un peu plus dur, mais il est clair que nous avons souvent une vision différente de Lens avec Jean-Luc. Je ne mettrai pas en cause le diagnostic de mon « docteur préféré », cependant j’ai l’impression que cette équipe n’est pas armée pour se mêler à la lutte. Je souhaite me tromper pour les Lensois mais pour le moment je ne suis pas convaincu du tout.

Quel est le problème selon vous ?
Lens est dans une situation semblable à celle de Nantes : un club usé par des saisons compliquées. Il faut du temps pour relever la tête. On le voit bien avec Metz qui a connu très longtemps la Ligue 1, et qui a mis un certain moment pour s’acclimater à son nouveau statut. Je pense que tout le monde doit être usé de batailler tout le temps. Il n’y a pas de semaine facile pour Lens à l’inverse de clubs comme Guingamp par exemple.

Ne doit-on pas craindre que Lens finisse pas se résigner, baisser les bras ?
C’est le risque ! Quand tu concèdes l’ouverture du score, tu perds tous tes repères. Quand ça ne va pas, tout est contre toi. On le voit avec Monaco en Coupe de France d’ailleurs (défaite 4-3 à Angers). Globalement, les hommes de Simone ont montré de belles choses, mais ils encaissent quand même un penalty à la 88ème minute. Inconsciemment, les joueurs tombent dans une spirale négative, et cela peut devenir très compliqué.

Lens a pu profiter de la trêve et de son absence en Coupe de France pour travailler dans la tranquillité.
Tu es obligé de faire un match amical, pendant que tu regardes les autres s’éclater en Coupe de France. Cela va faire un mois que Lens n’a pas joué en compétition et c’est clairement un handicap de ne pas jouer cette coupe. Quand tu ne fais qu’un seul match par semaine, tu peux te permettre de temps en temps d’en avoir deux. Ce sera le cas la semaine prochaine pour certains clubs et notamment Le Havre. Et les Lensois seront à cours de rythme face à des Normands ayant repris depuis une semaine.

Donc avantage Le Havre dans cette confrontation ?
Une sorte de confiance offensive s’est installée au Havre, contrairement à Lens qui cravache pour marquer. L’équipe de Cédric Daury peut faire la différence de tous les endroits du terrain alors que le RCL ne compte qu’un vrai buteur dans ses rangs (David Pollet 7 buts). Dans ces conditions, je vois donc plus ce match sourire aux Havrais.

Propos recueillis par Anthony Davière en exclusivité pour En Pleine Lucarne

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Anthony Daviere

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