"A l'affiche" Les News Ligue 2 — 15 décembre 2011

Chaque semaine, Eurosport et En Pleine Lucarne s’associent pour vous présenter et décrypter la Grande Affiche Ligue 2 de la semaine

Après un nouvel interlude Coupe de France et la diffusion de Louhans-Cuiseaux – Bastia, lundi dernier (victoire 4-0 des Corses), Eurosport retrouve son feuilleton du championnat de Ligue 2 avec la 17e journée, disputée exceptionnellement un vendredi.

Demain, Vendredi 16 décembre, à 20h30, le Racing Club de Lens se rendra au stade Saint-Symphorien du FC Metz pour y affronter une vieille connaissance. L’occasion pour ces deux équipes de poursuivre leur belle série et de se rapprocher encore un peu plus d’un podium désormais à portée de main. A deux semaines de la trêve hivernale, Jean-Luc Arribart évoque les enjeux de cette rencontre et se « mouille » sur la montée en Ligue 1.

La semaine passée, Christophe Jammot qualifiait la rencontre entre Reims et Nantes de journée du patrimoine français. Ce Metz-Lens y ressemble aussi fortement.

Ce sont deux équipes que l’on a longtemps eu l’habitude de voir en Ligue 1. Lens était encore dans l’élite l’an passé et Metz, un des bastions du football français, patiente depuis trop longtemps dans  l’antichambre de la Ligue 2. Ces dernières semaines, elles retrouvent des couleurs avec de belles séries de part et d’autre. Metz reste sur quatre victoires consécutives alors que Lens vient d’enchaîner trois succès d’affilée. Cela nous promet une belle rencontre.

Comment expliquez-vous le début de saison un peu compliqué traversé par les deux équipes ?
Metz possède beaucoup moins de moyens financiers que Lens et a subi énormément de changements ces derniers mois. Il est donc normal de les voir alterner le très bon comme le très mauvais. L’équipe est jeune, et l’instabilité n’aide pas à construire dans la sérénité. En attestent les neuf dernières rencontres, où Metz reste sur quatre victoires après avoir connu cinq défaites consécutives. Malgré tout, les Messins pointent à une intéressante sixième place, à égalité de points avec Bastia, et à seulement quatre points du podium.

Dans ce championnat très serré, il suffit de gagner 2 ou 3 matches de suite pour se retrouver dans le wagon de tête. Une homogénéité qui laisse aussi beaucoup d’espoirs à Lens, dans une situation un peu similaire à celle de Metz. Avec un des plus gros budgets de Ligue 2, l’effectif a été énormément chamboulé. Nouvel entraîneur, nouveaux joueurs, il a fallu du temps pour trouver sa bonne carburation. Depuis quelques rencontres, elle semble devenir plus consistante, et avec son formidable public, je la vois bien se mêler à la lutte finale.

Pourquoi Metz n’arrive-t-il pas à enchaîner ?

C’est une équipe qui donne l’impression d’avoir besoin de se mettre en danger pour mieux jouer au football. Après, il est certain que Dominique Bijotat a eu quelques soucis pour aligner régulièrement les mêmes joueurs. Une équipe a besoin de stabilité et les nombreuses blessures dans l’effectif ont certainement contribué à ces résultats surprenants. Après, il ne faut pas oublier que Metz a traversé une période très difficile où Bijotat a failli être remercié à plusieurs reprises. Je me rappelle d’ailleurs d’une phrase amusante tenue par l’ancien entraîneur d’Ajaccio : « J’ai mis un col roulé pour cacher les marques de scie ».

Dernièrement, l’équipe retrouve une cohésion, un collectif et surtout la rage de vaincre. Mais tant que les résultats à domicile ne seront pas convaincants (3 victoires sur 8 matchs ; 16ème équipe à domicile), le FC Metz ne pourra jamais vraiment envisager l’avenir sereinement.
D’où vient cette incapacité de gagner à domicile ?

Le public messin est connaisseur et exigeant. Il peut s’avérer cruel pour des joueurs un peu jeunes dans leurs têtes. Visiblement, le désamour actuel entre l’équipe et ses supporters inhibe le FC Metz lors de ses matches à la maison. De plus, un groupe jeune n’affiche jamais vraiment assez de garanties pour avoir une sécurité sur la durée. Quand une équipe est chamboulée par la présence de joueurs du centre de formation, il faut s’attendre à avoir des résultats en dents de scie.

Malgré tout, j’estime que le FC Metz peut nourrir des belles ambitions pour les matches retours. Se retrouver à quatre points du podium à 22 matches de la fin, laisse obligatoirement beaucoup d’espoirs.

Peut-elle réellement prétendre à une place dans le trio final ?

Elle doit impérativement arrêter d’avoir de longs passages à vide. Même si c’est une équipe très jeune, elle n’a plus beaucoup le droit à l’erreur après son début de saison moyen. Sa chance est d’évoluer dans un championnat très serré où seul Clermont et à un degré moindre Reims, peuvent creuser l’écart. Tout le reste du contingent de Ligue 2 semble d’un niveau assez similaire.

En quoi cette rencontre face à Lens est-elle importante ?

Metz doit obligatoirement reconquérir son public grâce à des bonnes performances à domicile. Un nouveau revers à Saint-Symphorien risque de marquer encore un peu plus le divorce et de mettre davantage de pression sur les joueurs. Il est fondamental de prendre des points à la maison et d’engranger un maximum de confiance. En aucun cas, le fait d’évoluer sur ses terres doit être un désavantage. C’est pourquoi les messins doivent gagner ce match face à Lens, pour terminer l’année sur une bonne note et se réconcilier avec leurs supporters.

De leur côté, les Sang et Or piétinent à l’extérieur.

Effectivement, leur bilan à l’extérieur est plutôt moyen pour le moment, avec seulement sept points pris en sept matchs. Attention cependant, puisqu’ils se sont imposés au Mans, face à un adversaire dos au mur, lors du dernier déplacement. Depuis quelques semaines, Lens redevient une équipe compétitive et difficile à battre.

Avec son effectif et le visage séduisant de ses derniers matchs, peut-on considérer Lens comme l’équipe la plus costaud de Ligue 2 ?

Même si son début de saison est très décevant, l’équipe du président Martel semble avoir trouvé ses marques. Elle s’est donnée les moyens de remonter en Ligue 1 en faisant venir un nouvel entraîneur en la personne de Jean-Louis Garcia. L’ancien coach d’Angers a eu besoin d’un peu temps pour apprivoiser un nouveau club et prendre la mesure de son effectif. Il a du essayer, tâtonner, avant de pouvoir former son noyau dur de 7/8 joueurs. Aujourd’hui Lens est solide avec une organisation de jeu définie et des joueurs clés à tous les postes. Selon moi, le Racing a mangé son pain noir : l’équipe va devenir plus en plus performante et compétitive.

Le retour aux affaires de David Pollet coïncide-t-il avec le renouveau lensois ?

Jean-Louis Garcia possède un effectif de qualité avec des solutions dans toutes les lignes. Beaucoup d’entraîneurs de Ligue 2 aimeraient avoir autant de possibilités dans leurs effectifs. Maintenant, David Pollet tient effectivement la corde en attaque pour le moment. En réussite en ce moment, le Belge est un attaquant physique avec un profil assez atypique. Il aime se bagarrer aux avants-postes, est très bon de la tête, mais qui manque encore d’efficacité dans le dernier geste. Beaucoup d’observateurs lui reprochent d’avoir un ratio occasions/buts trop faible. Je trouve malgré tout qu’il  progresse et s’affirme au sein de cette équipe au point d’en devenir un joueur très important.

Un compliment que l’on pourrait retourner à Mathieu Duhamel, son homologue messin ?

Je ne le connais pas très bien, mais je sais qu’il marquait beaucoup de buts lorsqu’il était à Créteil. Arrivé à Metz, l’hiver dernier en provenance de Troyes, il a franchi un palier. C’est un garçon très généreux avec une bonne patte gauche et qui progresse énormément depuis qu’il évolue sous les ordres de Bijotat. Comme David Pollet d’ailleurs, il ne se contente pas de marquer des buts, mais participe aussi énormément à la construction du jeu et sait se montrer disponible pour ses coéquipiers.

Lens a-t-il définitivement franchi le pas et trouvé la bonne formule ?

Les joueurs de Jean-Louis Garcia avaient besoin de se rassurer défensivement après avoir pris beaucoup trop de buts en début de saison (15ème défense). Lens était trop vulnérable mais semble plus costaud depuis trois, quatre matches et la défaite à Nantes. Pour pouvoir se libérer offensivement, je me plais à dire qu’il faut être solide sur ses bases. Avec la qualité de ses milieux de terrain et de ses attaquants, Lens a les moyens pour faire la différence face à de nombreux adversaires. En se montrant imperméable, l’équipe sera définitivement lancée dans son championnat.

Vous la sentez donc capable de venir s’imposer à Metz ?

Avec les problèmes récurrents de Metz à domicile et la bonne passe traversée par l’équipe nordiste, ce sera un match totalement ouvert. Lens est une grosse cylindrée de Ligue 2 qui retrouve une bonne carburation. Ils ont les capacités pour poser bon nombre de difficultés à cette équipe messine.

Malgré ses problèmes à domicile, Metz reste tout de même une équipe très solide ?

Cette formation présente un inconvénient majeur : elle ne prend pas beaucoup de buts mais en marque également très peu. Elle a des difficultés pour gagner facilement ses matches, ses victoires sont toujours accrochées. A partir du moment où Lens trouvera la faille rapidement, la perte de confiance messine à domicile et la scission avec son public, joueront un rôle déterminant. Entre la prudence justifiée de Metz qui se sait très solide et la confiance retrouvée des Lensois, je pense que cette rencontre se jouera sur l’ouverture du score. Si Lens marque en premier, Lens gagnera le match.

Avec deux équipes en forme, peut-on s’attendre à assister à une belle rencontre ?

Metz et Lens jouent pour gagner. Elles prennent des risques : seulement 3 matches nuls pour Metz et 4 pour Lens. Leurs entraîneurs ne calculent pas et savent pertinemment que l’on n’avance pas en collectionnant les matches nuls. Alors que certaines équipes se contentent d’attendre et cherchent avant tout à ne pas perdre, ces deux formations veulent toujours les trois points.

Metz et Lens ont conscience aujourd’hui qu’elles peuvent lutter dans la course à la montée. Nous sommes presque à mi-course et elles ont acquis la certitude d’avoir leur mot à dire. Elles jouent donc dans cette optique de remporter un maximum de points, pour s’accrocher le plus longtemps à leurs rêves de montée.

propos recueillis par Anthony Davière (3e année école de journalisme de Nice) en exclusivité pour En Pleine Lucarne

photos : Eurosport

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Anthony Daviere

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