Alors que la qualification pour l’Euro 2012 est en poche pour l’équipe de France A, c’est au tour de celle de l’équipe de France Espoirs d’être aujourd’hui en balance. En effet, le jeudi 10 et le lundi 14 novembre prochains, les Bleuets, accueilleront la Roumanie (3-0) et la Slovaquie en matchs de poule en vue d’une participation au Championnat d’Europe moins de 21 ans UEFA – 2011/2013 qui se déroulera en Israël. Les deux rencontres seront diffusées en direct à 20h40 sur Direct 8. Alexandre Delpérier, qui commente les Espoirs du football français depuis maintenant trois ans sur Direct 8, sera bien au rendez-vous pour ces deux confrontations. Entre le poker, la Formule 1 ou encore l’équipe de France féminine de football d’avec laquelle il semble désormais indissociable, le rédacteur en chef du service des sports de la chaîne de la TNT est sur tous les fronts. Avec le naturel qui le caractérise, il nous parle des Bleuets, mais aussi de son métier de journaliste commentateur ou des critiques qu’il suscite parfois.

Alexandre, ces deux matchs contre la Roumanie, et surtout contre la Slovaquie, apparaissent déjà comme déterminants dans ces qualifications à l’Euro 2013. Que pensez-vous de l’équipe Slovaque ?

On ne les a pas encore rencontrés. Dans un premier temps, il va falloir que la France confirme tout le bien que l’on peut penser d’elle. D’abord face à la Roumanie, avant d’accueillir la Slovaquie (c’est fait, victoire 3-0, ndlr). Il est important de ne pas tomber dans la facilité et se dire que la qualification est déjà acquise. Même si les éliminatoires se déroulent bien pour le moment (3 matches, 3 victoires), nous n’avons pas affronté les Slovaques et évoquer un adversaire sans l’avoir joué, est dangereux.

Cette équipe de France espoirs ne manque t-elle pas de véritables patrons ?

Je ne pense pas. Depuis la génération qui a brillé à la Coupe du Monde et la nouvelle campagne de qualification, je trouve que l’on possède un groupe vraiment homogène. Cette équipe est composée de tout jeunes joueurs et d’autres un peu plus expérimentés. De plus, la grande majorité de l’effectif bénéficie de temps de jeu dans leur club. Sincèrement, il y a beaucoup de talents dans cette équipe de France espoirs, plus que dans la précédente, ce qui explique peut-être qu’on ne s’est pas qualifié pour le denier Euro, même si la France n’a pas eu beaucoup de chance. Néanmoins, je pense qu’on possède un vrai groupe fort. Quand je dis fort je pèse mes mots. L’équipe de France espoirs tient une vraie génération brillante avec des joueurs comme Gaël Kakuta (Bolton), Antoine Griezmann (Real Sociedad), Alexandre Lacazette le Lyonnais…

… et Raphaël Varane en tête ?

Je ne suis pas certain que cela ne dépende que de lui. Avec Eliaquim Mangala, ils forment une talentueuse charnière centrale. L’un joue régulièrement au FC Porto, l’autre rentre de temps en temps au Real Madrid. Au final, je ne suis pas sur que ce soit Varane le patron. On en parle beaucoup car il a signé au Real. Désormais, il est important de lui donner du temps de jeu, et de lui laisser le temps. Il a énormément de talent, mais cela paraît difficile d’être le patron lorsque l’on n’est pas titulaire dans son club.

« L’équipe de France espoirs n’a pas été assez protégée »

Selon vous, cette génération possède t-elle les qualités pour remporter l’Euro ?

Difficile, voire même impossible, de répondre. Pour commencer, se qualifier est déjà compliqué. Ensuite, un Euro, tout le monde sait que c’est toujours difficile. Néanmoins, je pense que la France fait partie des équipes capables de gagner cette Euro 2013. Maintenant le remporter, c’est autre chose : beaucoup de paramètres entrent en jeu. Il suffit que vous ayez une ou deux pièces majeures qui soient blessées pour la compétition et tout est remis en cause. Dans tous les cas, je n’ai jamais été aussi optimiste pour l’Equipe de France espoirs. C’est une certitude.

On a souvent tendance à encenser les Espoirs. Pourtant, depuis 2005 et le Tournoi de Toulon, la vitrine des trophées prend la poussière. Comment expliquer ce manque de résultats dans les grandes compétitions ?

Il y a une chose évidente et j’en ai discuté avec la Fédération Française de Football et son Président Noël le Graet : l’Equipe de France espoirs n’a pas été assez protégée jusqu’à présent. La complexité des Espoirs réside dans le fait qu’elle représente le marche-pied vers l’équipe de France A. Or, dès qu’un garçon brille, il est tout de suite happé par ces « A ». Tant mieux pour les Bleus, tant mieux pour Laurent Blanc, mais cela veut dire qu’à chaque fois, on prive les Espoirs de leurs meilleurs éléments. Ce qui est, au fond, très contradictoire. Il faut arriver à trouver un compromis intéressant et intelligent pour tout le monde. Bien sur, l’équipe de France « A » représente la vitrine, mais, au final, cela devient difficile pour les autres. Quand on perd Sakho (PSG) et M’vila (Rennes) en même temps, comme par hasard, nous n’arrivons pas à nous qualifier pour l’Euro 2011. Alors, je ne sais pas ce qu’il faut faire. Je suis juste en train de dire qu’on ne les protège pas assez. D’ailleurs, je pense qu’il va y avoir une évolution.

Vous semblez prendre énormément de plaisir à commenter les féminines et les Espoirs. Comment en êtes-vous arrivé là ?

A la base, il y avait les espoirs et les féminines sur la chaîne qui a signé un contrat avec ces deux équipes pour 5 ans. Lorsque je suis arrivé à Direct 8, Thierry Cheleman, le patron des sports, m’a proposé de commenter leurs matchs et j’ai accepté avec beaucoup de plaisir. Concernant les féminines, je découvrais vraiment le foot féminin, mais j’ai tout de suite été emballé. Je me souviens que pendant plus de deux ans, je disais à mes copains ou confrères journalistes de regarder le football féminin. Beaucoup se gaussaient de cette équipe de France féminine. Aujourd’hui, lorsque l’on analyse les audiences de la dernière coupe du monde et l’engouement suscité, on se rend compte que Direct 8 a eu tout juste de A à Z sur cette équipe de France.

« Je ne triche pas. Je suis spontané comme je l’ai toujours été. »

Bruno Bini, le sélectionneur des féminines, dit de vous que vous êtes le « Roger Couderc » des Bleues. Les Féminines sans Delpérier, ce ne serait plus pareil ?

Ce serait prétentieux de ma part de le dire. J’agis comme j’ai toujours agi, que je commente du football, de la formule 1, du tennis ou même de la boxe. Si j’accepte de faire quelque chose, si je décide de me lancer dans une mission, c’est que je vais m’y jeter corps et âme. Je ne triche pas. Je suis spontané comme je l’ai toujours été.

Comme tout commentateur, certains aiment votre style, d’autres pas. On vous reproche notamment de trop parler, d’être trop supporter. C’est une nature chez vous cet enthousiasme ou Direct 8 vous a demandé de commenter ainsi ?

C’est ma vraie nature. Vous savez, je ne sais pas s’il faut accorder tant d’importance à quelques gens qui pensent détenir les règles du petit commentateur parfait. Ce que je sais, à l’inverse, c’est que je rencontre beaucoup de gens, je parle du public dans les stades par exemple. Ils me remercient, me disent que c’était sympa. Je pense qu’il en faut pour tout le monde. Je ne me permettrai pas de critiquer ceux devant qui je m’endors quand ils commentent des matches, en ne visant personne. Mais voilà, ma nature me dit qu’il en faut pour tout le monde. Il est important de le préciser. Nous sommes tous différents, comme en société ou en politique.

Je vois W9 fière de faire 1 500 000 téléspectateurs avec le PSG, bientôt l’un des plus gros budgets d’Europe. Sur Direct 8, nous sommes très fiers de rassembler plus d’un million de téléspectateurs avec les féminines. Est-ce ma faute, est-ce grâce à moi ? Je n’en sais rien, mais j’ai envie de dire peu importe. En tant que rédacteur en chef des sports, ce qui m’intéresse, c’est que le contenu soit cohérent : que les sujets d’avant match soient préparés, que les interviews qui vont être faites durant le match soient de qualité. Je suis plutôt dans cette logique, je ne m’attarde pas sur le cas Delpérier.

Commenter pour le grand public est-il un exercice différent que de commenter sur une chaîne sportive ?

Je ne crois pas qu’il y ait de véritable différence. J’adore les commentaires de basket sur Canal+ et, en réalité, je me sens pas très éloigné de leur enthousiasme… Parfois même, quand je lis deux, trois blogs de grands philosophes de la profession, je préfère écouter ce que disent les gens quand je vais au stade ou dans la rue. Au final, c’est ça qui m’intéresse.

propos recueillis par Steeven Devos (3e année école Nouvelle de Journalisme de Nice), en exclusivité pour En Pleine Lucarne

photos : Direct 8/DR

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Vincent Rousselet-Blanc

(4) Readers Comments

  1. Pingback: France (Espoirs) – Italie, le 28 mars sur Direct 8 « En Pleine Lucarne

  2. Pingback: France Espoirs – Roumanie : les Bleuets gagnent aussi à l’audimat sur Direct 8 « En Pleine Lucarne

  3. Superbe article, j’aime que l’on s’interesse au football féminin !!!
    Bravo Steeven et merci Alexandre pour ces réponses.

  4. Bel article

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