Rugby — 11 novembre 2011

Week-end chargé sur France 2, avec le début de la H CUP. Au micro, l’inévitable Matthieu Lartot, toujours aussi fringant après un mois et demi passé à la coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande pour France Télévisions.

Samedi 12 novembre, il sera en compagnie de Raphaël Ibanez et Philippe Lafon, pour commenter le match Ospreys-Biarritz (16h30), en direct du Pays de Galles. Une nouvelle opposition Galles-France après celle de la coupe du monde… Pas une minute de repos pour le trio, puisqu’ils seront à Toulouse, dimanche 12 novembre, pour la rencontre face à Gloucester (16h). (Voir le calendrier Tv complet de la H Cup.)
Tout ce qu’il faut savoir sur ces deux affiches, c’est Matthieu Lartot qui nous en parle. Ca tombe bien, la rubrique s’appelle « A l’affiche ! ».

Le premier match aura lieu samedi, avec le déplacement de Biarritz aux Ospreys. Que dire des chances du BO ?

Il est difficile de faire un pronostic en ce qui concerne Biarritz. Ils ont fait un début de saison catastrophique et se retrouvent dernier du Top 14. Mais ce n’est pas l’équipe qui a débuté le championnat qui va ouvrir cette coupe d’Europe. Ils ont récupéré leurs mondialistes, dont on peut penser que ça va changer pas mal de choses. Imanol Harinordoquy, Dimitri Yachvili, Fabien Barcella, Raphaël Lakafia et Damien Traille reviennent. Rien qu’Harinordoquy et Yachvili métamorphoseraient le BO. La formation sera meilleure sur la pelouse des Ospreys. Mais cette province galloise est une grosse écurie européenne, étant donnée que la H CUP reste l’objectif prioritaire de ce type d’équipe. C’est pour eux l’unique compétition dans laquelle il faut briller.
Certes, le match est à l’extérieur et cela va être très compliqué pour les Biarrots.  Mais il sera intéressant de jauger d’entrée de jeu, leurs qualités cette année, car la coupe d’Europe pourrait devenir un objectif primordial après ce début de saison raté…

Sur quoi Biarritz doit-il s’appuyer pour éviter de sombrer dans une spirale négative ?

Ils ne vont pas essayer de jouer un rugby très aéré contre les Ospreys, mais plutôt se concentrer sur ce qu’ils savent faire : c’est-à-dire un travail d’avants important et la botte de Dimitri Yachvili. Le demi de mêlée biarrot représente 80% des points de son équipe l’an passé. Dans ce début de saison, dans des matches serrés, Yachvili leur a vraiment fait défaut. Ils vont se recentrer sur un jeu basique et restrictif mais qui peut être payant contre les Gallois.

La H CUP peut-elle être un levier pour les Biarrots, en vue du championnat ?

Ce qui est certain, c’est que la compétition tient à cœur à Biarritz. Ils ont été quarts de finaliste l’an dernier, et finaliste il y a deux ans. Ils essayent de faire plaisir à leur public en délocalisant des matches chaque année à Anoeta ou San Sebastian. Ils vont avoir envie de bien figurer dans cette compétition, d’autant plus que c’est très mal parti en championnat. Pour eux, c’est une nouvelle saison qui peut démarrer ce week-end face aux Ospreys. Leur poule est assez difficile, avec les Ospreys, les Saracens et le Benetton Trévise. Une défaite en poule est le seul joker que peuvent s’autoriser les équipes. S’ils perdent, ils devront tout gagner derrière. Contre les Saracens, le champion d’Angleterre en titre, le match sera délocalisé au Cap, en Afrique du Sud, où le contexte sera difficile pour les Basques. Mais il y a des joueurs d’expérience et chaque année, ils sont au niveau, en tout cas dans cette compétition.

Ces joueurs d’expérience, ce sont les internationaux. Mais qu’en est-il de leur état de forme ? Sont-ils en mesure d’aider leur équipe ?

Au-delà de leur apport sur le terrain, ils amènent surtout de la confiance et de la sérénité dans la vie de groupe. Quand on retrouve d’un seul coup son capitaine, son meilleur centre et son buteur, tout de suite le reste de l’effectif est reboosté. Sur l’état physique, je ne suis pas tellement inquiet car il y a match qui a sauté (contre Bayonne, en raison d’une épidémie d’oreillons).Ils ont eu une dizaine de jours pour se reposer. Ils ont fait un stage de trois jours à Hendaye, où bizarrement, comme chaque année quand ça va mal à Biarritz, ils vont là-bas et ça repart derrière…
Je pense vraiment que le renfort de ce « 5 majeur » va relancer complètement le BO. Même s’ils ne gagnent pas, ils peuvent se rassurer et repartir sur quelque chose de neuf. Je discutais avec Patrice Lagisquet (entraîneur du BO), il y a quelques jours, il me disait que ce qui lui avait manqué au-delà de la qualité intrinsèque de chaque mondialiste, c’était leur impact dans la vie de groupe et leur rôle de taulier sur le terrain. Il a besoin de ces joueurs pour encadrer des jeunes qui ont moins d’expérience. C’est le cas de Benoit Guyot, 3ème ligne de 22 ans, qui était un peu orphelin des cadres que sont Harinordoquy ou même Lakafia. Ces joueurs-là vont donner des repères à leurs coéquipiers.

En face, il y a les Ospreys et donc une grande partie de l’équipe du Pays de Galles…

C’est une équipe qui est redoutable pour cela. Comme le Leinster qui regroupe la moitié de l’équipe d’Irlande, les Ospreys fournissent la moitié du XV du Pays de Galles. Les joueurs se connaissent parfaitement, car ils évoluent dans la même province toute l’année et se retrouvent ensuite sous le maillot national. C’est une équipe qui sera aussi très remontée par rapport à la défaite du XV du Poireau en demie face à la France lors de la coupe du monde. Il y a aura un certain esprit de revanche. Le défi est vraiment très grand pour cette équipe de Biarritz. Seul point positif, le Liberty Stadium est un stade où il n’y a pas une si grosse ambiance que cela. Ce n’est pas toujours plein. C’est peut être plus « chaud » à Cardiff, qu’aux Ospreys. Les Biarrots peuvent profiter de cela.

Comment la province galloise a-t-elle évolué par rapport à la saison dernière ?

Il y a eu beaucoup de changements dans cette province. Des joueurs importants sont partis, que sont Mike Phillips et James Hook. Mais il reste des joueurs comme Shane Williams qui sont capables de créer l’exploit à n’importe quel moment.  Je dirais que la grosse perte pour cette équipe des Ospreys, c’est son demi de mêlée Phillips (parti à Bayonne). C’était un joueur hyper important dans le dispositif. En plus, il a fait une coupe du monde fantastique avec le Pays de Galles. Après derrière, il y a quand même des joueurs très talentueux. Sonny Parker, au centre, c’est un joueur très puissant. Et évidemment, Shane Williams, un joueur de grand talent et de grande expérience. A l’ouverture, il y a Dan Biggar qui joue depuis deux-trois ans en coupe d’Europe. Il a eu le temps de se faire la main. C’est vrai, sans sa charnière, le jeu des Ospreys sera peut-être moins fluide derrière. Mais ils ont des joueurs de talents, c’est indéniable. Il a des automatismes qui sont presque naturels dans cette équipe. Dans ce domaine là, les Ospreys ont clairement l’avantage sur le Biarritz Olympique.

« La Ligue Celte est un laboratoire » 

Ils viennent de perdre contre Glasgow (28-17) et ont fait match nul à Llanelli (9-9). Quelle importance accordez-vous à ces résultats ? C’est une baisse de forme ?

Il ne faut pas se leurrer. La Ligue Celte est un laboratoire pour eux. Ils font énormément tourner leurs effectifs, des jeunes joueurs sont alignés, pour garder prioritaire cette coupe d’Europe qui est pour eux leur fond de commerce. C’est leur objectif principal. La Ligue Celte sert à garder la forme, à répéter des combinaisons. Il ne faut pas prendre tous les résultats au pied de la lettre. Leur championnat n’a pas la même importance que le notre. Je me méfie beaucoup de ces résultats en dents de scie chaque année. Même le Munster connaît parfois des gros trous d’air en championnat car ils ont fait tourner leur effectif, mais ces équipes là ne montrent jamais le même visage en coupe d’Europe. Ils ne sont peut-être pas dans une phase encourageante mais eux aussi vont récupérer un certain nombre de leurs mondialistes. Ca va être un match hyper excitant à suivre.

Dans le deuxième match, le Stade Toulousain a-t-il du souci à se faire face à Gloucester (dimanche, 16h) ?

Toulouse à domicile, face à Gloucester, devrait tranquillement s’imposer dans son jardin. C’est tout de même LA référence à l’échelle européenne. Toulouse reste sur 24 matches sans défaite à la maison. C’est la grosse machine. Ils ont l’habitude et l’expérience de ces rendez-vous. Il y a quand même très peu de chance de voir une surprise dimanche. Mais c’est un match avec un niveau plus difficile qu’en championnat, il va falloir que Toulouse élève un peu son rugby.

Les hommes de Guy Novès peuvent-ils envisager le doublé Top 14-H CUP ?

C’est la question qui revient chaque année lorsqu’il s’agit de parler de Toulouse. On a envie de dire que c’est possible, mais évidemment, c’est très difficile à réaliser. Ce n’est pas sur la saison régulière que cela va se jouer, mais sur un mois et demi deux mois, au printemps, il faudra réaliser un sans-faute. Et pour cela, il faut que la saison régulière se soit passée correctement. Surtout pour Toulouse, c’est s’assurer de recevoir le quart de finale de coupe d’Europe et avoir un peu de chance lors du tirage lors de la demie. On devrait déjà retrouver Toulouse dans les deux phases finales au printemps. Ensuite, la fin de saison est hyper chargée. Il faut à un moment donné définir une priorité. L’an passé, ils avaient ciblés le Top 14 car ils se déplaçaient lors de la demi-finale au Leinster, et cela leur a réussi.

Combien de matches votre chaine va-t-elle retransmettre de matches cette saison en coupe d’Europe ?

Toutes compétitions confondues, car l’on diffuse également l’Amlin Cup (Challenge Européen), on a 26 matches sur France 2 et France 4. Dans la répartition, c’est tout simple, on diffuse deux matches de H CUP chaque semaine (un le samedi et un le dimanche) et un match de Challenge (le samedi soir). Sur les phases finales, on retransmet tous les quarts et demies lorsqu’un club français est engagé et évidemment la finale.

« Une compétition qui nous tient à cœur à France télévisions »

C’est à vous de faire vos choix dans le calendrier ?

Oui, France 2 est prioritaire sur le choix des rencontres. Après, on doit laisser un match par journée à Canal+ d’un club français à domicile (en l’occurrence Montpellier-Leinster, voir interview de Thomas Lombard   » ). En gros, on a le choix numéro 1, Canal le n°2 et on récupère le troisième. C’est fait en bonne intelligence, et au final, tous les clubs s’y retrouvent. Nous avons la vocation en tant que service public, de diffuser un maximum de matches de clubs français. On s’accorde assez bien finalement.

Quelle est pour vous l’importance de la H CUP ?

A défaut d’avoir le Top 14, la H CUP est notre compétition de clubs. Cela nous permet d’être en permanence en relation avec les équipes durant la saison. C’est une compétition qui nous tient à cœur. Historiquement, on l’a diffuse depuis qu’elle existe.

Avez-vous ressenti une ambiance particulière auprès des clubs français, juste avant le début de la compétition ?

C’est assez excitant pour toutes les équipes, car cette compétition leur permet de sortir d’une sorte de routine. On affronte des équipes différentes, avec d’autres joueurs. Et surtout, c’est un niveau supérieur au Top 14. C’est un le niveau  intermédiaire entre le rugby domestique (le championnat) et le rugby international. C’est une situation particulière pour les joueurs, le rugby est plus complet, plus dur et plus intéressant.

Propos recueillis par Thomas Perotto (3e année école de journalisme de Nice, @thomasperotto) en exclusivité pour En Pleine Lucarne

 photos : France Télévisions

 

 

 

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Vincent Rousselet-Blanc

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