Autres Sports — 11 octobre 2011

Désormais, le lundi à 2oh, les auditeurs amateurs de sport devront choisir. Entre Bixente Lizarazu et son « Club Liza »sur RTL, ou Tony Parker, qui a débuté hier soir sur RMC Sport son Tony Parker Show, qu’il tenait déjà sur la radio sportive entre 2005 et 2008. Or, pour une fois, ce n’est pas RTL qui est dans la ligne de mire de RMC Sport, mais les stations musicales. Explications depuis les coulisses de l’émission à laquelle nous avons été invités hier soir, à l’Atelier Renault, sur les Champs-Elysées.

19h45. Les grosses voix de Vincent Moscato et de Sébastien Chabal résonnent à l’étage de l’Atelier Renault, sur les Champs-Elysées, camp de base de RMC Sport pendant la coupe du monde de rugby. Le Moscato Show tire à sa fin. Dans un quart d’heure, à 20h03, après le flash info et quelques pubs, ce show laissera place à un autre, « le Tony Parker Show » que la station a fait renaître de ses cendres après trois saisons d’absence à l’antenne. Avec, et c’est la grande nouveauté, un Tony Parker en chair et en os derrière le micro et non plus au téléphone depuis San Antonio. Le lock-out NBA a du bon !

« Nous avons signé pour une saison…et sans doute pour plus longtemps encore, avoue François Pesenti, le directeur de RMC Sport, visiblement content d’avoir récupéré notre star du basket français et international. Tant qu’il y a aura grève en NBA, Tony Parker interviendra physiquement en plateau. Et si la NBA reprend, nous poursuivrons depuis les Etats-Unis, comme nous le faisions avant entre 2005 et 2008. Pour Tony Parker, le TP Show est un moyen de se rapprocher de ses fans français auxquels il tient beaucoup. Vous vous doutez bien qu’il ne fait pas ça pour l’argent et personne ne pourra remettre en cause le vrai sentiment de fierté d’être français qui l’habite. On l’a vu à en équipe de France, on le voit maintenant qu’il revient jouer à l’ASVEL, Tony aime la France. »

Tony, justement, il arrive. Pas besoin de le voir. Il suffit de jeter un oeil à travers les larges baies vitrées de la façade de l’Atelier Renault pour le comprendre : une troupe de badauds, des touristes pour la plupart, a reconnu la star et joue du flash. En quelques secondes, le basketteur pigiste de l’ASVEL et « smicard« , comme il se définira lui-même à l’antenne dans un éclat de rire, rejoint le studio RMC perché sur la mezzanine de l’Atelier Renault. Il n’est pas venu seul. Quand il est en France, Tony est invariablement flanqué de son ami, le DJ Cut Killer, à qui le basketteur a confié l’habillage musical du TP Show, comme celui de son dessin animé diffusé actuellement sur M6. Un Cut Killer qui, l’apprend-on dans la foulée vient de se voir décerner le prix du meilleur DJ Urbain, ce qu’annoncera fièrement TP au micro dès le début de l’émission. Comme pour lancer une heure de bonne humeur, de convivialité et de « chambrage » en direct.

20h03. Pierre Dorian, l’animateur de RMC appelé à officier avec TP, est déjà prêt, en place devant son micro. Tony, qui discutait encore avec une des vingtaines de personnes présentes dans le petit studio, se précipite sur son fauteuil. C’est parti.  Le jingle très hip-hop du TP Show retentit. C’est parti ! TP est heureux de retrouver le micro, ça se voit. Et il le dit ! Les vannes fusent entre Cut Killer et son ami. Dans la régie son, François Pesenti apprécie le ton du champion, naturel, décontracté, parfois libéré de certaines contraintes de la langue française. Mais bon, la station est déjà habituée avec Luis Fernandez.  Tout ce que le directeur attendait du TP Show.

« Nous sommes en frontal avec « le Club Liza » sur RTL, c’est vrai, explique François Pesenti. Mais, pour une fois, il ne faut pas nous opposer à RTL. Certes, le TP Show est une émission sportive, avec des invités sportifs prestigieux, mais nous comptons surtout sur l’émission, sur son ton, et bien sûr, sur la personnalité de Tony Parker qui est très populaire chez nous, pour aller chercher les jeunes qui, à cette heure-là, entre 20h et 21h, sont majoritairement sur les stations musicales. C’est clairement la population que l’on vise avec ce show. » RTL peut donc dormir tranquille.

Malheureusement les mesures d’audience radio actuelles, données sur une semaine complète, ne permettent pas de mesurer la popularité d’une émission. « C’est un problème effectivement, poursuit François Pesenti. Aujourd’hui, les mesures Médiamétrie permettent surtout de mesurer le succès d’une grille. Nous travaillons pour que ça change. »

Mais, ce soir, pas besoin de Médiamat ou d’autres instituts pour savoir que le TP Show fonctionnera. Le joueur des Spurs propose un sommaire poids-lourd d’entrée : une interview en faux direct avec David Beckham. « Nous l’avons enregistré une heure avant l’émission, dans les conditions du direct, parce que David, qui est à Los Angeles, devait partir à l’entraînement. A une heure près on l’avait en direct« , dévoile François Pesenti.  Mais on n’y voit presque que du feu. Tony relit ses questions posées une heure auparavant, le montage fait que les réponses fusent et, le must, un traducteur est en plateau pour une traduction en direct, ce qui donne au tout une vraie impression de « Live ».

Il faut dire aussi que Tony Parker joue admirablement l’acteur dans ses questions et fait comme si Beckham était au bout du fil en lui lançant les mêmes remarques amicales qu’une heure plus tôt lors de l’enregistrement. Surtout, il ne manque jamais de bien montrer qu’il connaît la probable future star du PSG, qu’il appelle « Dave », comme pour bien marquer qu’il est dans son émission et que les stars qui y interviennent le font parce que c’est TP qui leur demande. Petits extraits entendus à l’antenne : « tu m’as envoyé un texto pour ma médaille d’argent à l’Euro », « j’ai déjà joué au basket avec tes enfants »… Mais pas un mot sur le PSG avec qui Beckham serait en contact avancé : « c’était la condition imposée par son agent« , explique François Pesenti. Pas grave, Beckham, 15 minutes en direct, ça ne se refuse pas. »

Dans la foulée, Tony pratiquera de la même façon, avec son autre invité, cette fois joint en direct par téléphone : son pote de l’équipe de France et de NBA, Nicolas Batum. Là encore, échanges d’amabilités et « chambrage » en règle.

L’émission file à toute vitesse. François Giusseppi, journaliste spécialiste basket de RMC, s’invite à la table. TP hurle un « Giuss » ! Eclate de rire. Il y a du rythme, de l’ambiance, de la bonne humeur, du bruit et pas de pubs toutes les cinq minutes. Teddy Rinner vient conclure le show. Les jeunes ont du apprécier cette première.

Reportage de Vincent Rousselet-Blanc, pour En Pleine Lucarne

@ photos :STEPH / VISUAL Press Agency

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Vincent Rousselet-Blanc

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