Les News Rugby — 29 octobre 2011

La Coupe du Monde tout juste terminée, le rugby continue de squatter les écrans de télévision. Sur Eurosport, le championnat de Pro D2 s’installe de manière régulière cette saison, avec deux affiches par journée. Ce dimanche, à 18h30, Olivier Canton et Xavier Garbajosa seront en direct du stade Guy Boniface à Mont de Marsan, pour un bouillant derby des Landes. Le Stade Montois accueille Dax, son voisin de seulement 40 kilomètres. Ambiance garantie.

L’affiche va-t-elle tenir ses promesses ? Quelles sont les forces en présence ? Pourquoi faut-il à tout prix regarder Mont de Marsan – Dax ? Le journaliste Olivier Canton présente le match et répond à toutes ces questions pour En Pleine Lucarne. Il en profite aussi pour faire le point sur la présence croissante du ballon ovale sur Eurosport. Comme le derby landais, c’est toute une histoire.

Comment choisit-on de diffuser un match de Pro D2 sur Eurosport et sur quels critères ?

C’est d’abord un travail en amont, quelques journées de championnat auparavant. On regarde quelles vont être les futures affiches. Il faut regarder l’aspect sportif, avec le classement des équipes et leur situation, mais aussi l’aspect « symbolique » et l’histoire du match. Ce derby landais entre Mont de Marsan et Dax en est le parfait exemple. Ce week-end, Eurosport propose deux affiches. Bourgoin – La Rochelle (samedi à 18h45) et le derby des Landes (dimanche à 18h15).

La première sera commentée par Nicolas Delage et Olivier Magne. C’est une affiche évidente car ce sont deux clubs qui descendent de Top 14, qui seront amenés à jouer la montée à la fin de la saison. Je serai ensuite accompagné de Xavier Garbajosa pour le deuxième match. C’est une affiche qui respire le rugby, c’est un derby qui dépasse le simple cadre de la Pro D2. C’est un réel événement dans la région.

Est-ce important pour vous de proposer aux gens un match avec une saveur particulière ?

C’est toujours un plus de pouvoir ajouter quelque chose à la rencontre. Historiquement, les deux clubs se sont affrontés en finale de championnat de France. C’était en 1963, et c’est jusqu’à maintenant le seul titre de champion pour Mont de Marsan. Dax n’a jamais connu cette joie. Là, c’est un derby qui parle à tous les amoureux du rugby, quelles que soient les générations. Dax est un club qui a formé de nombreux internationaux, comme Olivier Magne ou Richard Dourthe. Marc Lièvremont a notamment été entraîneur des Rouges et Blancs il y a quelques années. Dax et Mont de Marsan ont toujours réussi dans le rugby français. Les Montois étaient encore en Top 14 il y a trois ans et ils ont joué la montée l’an passé. Dax était dans l’élite en 2007-2008. On a l’assurance d’avoir des histoires à raconter autour de ce match. Ce devrait aussi être une belle rencontre.

Sur un plan sportif, à quoi faut-il s’attendre ?

C’est une affiche passionnante ! Tout simplement parce que Dax est co-leader du championnat avec Oyonnax. C’est surtout le seul club encore invaincu dans ce championnat de Pro D2, avec six victoires et un match nul contre Pau. Mont de Marsan rêve donc d’être le premier club à faire chuter les Dacquois. Ils sont également dans le haut du tableau et invaincus à domicile. Ils ont impérativement besoin d’un succès pour rester au contact des leaders. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ces deux clubs au même moment dans le peloton de tête. Il y a tout un esprit de revanche, car l’an passé, Mont de Marsan avait gagné les deux matches face à son voisin landais. Dax n’a pas gagné à Guy-Boniface depuis 2006 ! Cela rajoute encore un peu de piment à la saveur de ce match.

Devant son public, le Stade Montois part il avec une longueur d’avance ?

Mont de Marsan a absolument besoin d’une victoire, alors que Dax a peut-être un petit peu moins la pression. Après, c’est un derby et il faut absolument le gagner, ne serait-ce que pour les supporters. Les Montois ont déjà gagné à domicile face à Tarbes, La Rochelle et Bourgoin, qui sont tout de même des grosses équipes du championnat. C’est un match capital pour le Stade Montois, pour rester dans les équipes de têtes alors on va dire qu’il va gagner. Mais c’est très dur de pronostiquer sur un tel match.

Le calendrier de début de saison explique-t-il l’écart entre les deux équipes au classement ?

Il faut tout d’abord saluer le beau parcours de Dax. Mais c’est vrai que Mont de Marsan a eu un petit peu moins de matches à domicile. Ils ont eu du mal à démarrer la saison, ils avaient beaucoup de blessés (ndlr : ils ont perdu à Aix en Provence, puis à Grenoble). Mais malgré cela, ils sont dans les clous. Ils ont même réussi à aller gagner à Carcassonne il y a 15 jours (25-30). Après ce match, ils auront un match difficile à Pau, avant de recevoir Aurillac et Béziers, deux équipes largement à leur portée. De son côté, Dax a réussi à éviter le piège des matches à l’extérieur, puisqu’ils l’ont emporté à Auch (6-24) et à Narbonne (18-22), avec un match nul à Pau entre les deux (9-9).

Au final, les Dacquois n’ont pas la pression. Pour l’instant, ils sont dans les points. Il y a quelque chose d’assez incroyable, c’est qu’à la même époque l’an passé, Dax était largement distancé. L’écart de points est impressionnant. Ce début de saison est totalement inespéré. Ils se sont sauvés à la dernière journée de la saison précédente, donc le maintien était forcément l’objectif. Ils ont fait profil bas et cela leur réussir particulièrement bien. Les ambitions vont peut-être être revues à la hausse.

Dax a-t-il enfin trouvé la bonne formule avec un groupe qui mélange l’expérience des avants et la jeunesse de la ligne de ¾ ?

Ils ont fait un recrutement assez intelligent. Sylvain Mirande, qui arrive de Montpellier (avec également J.M. Alcade) où il a joué la finale du Top 14, fait beaucoup de bien derrière. Ils ont trouvé un bon compromis entre les avants et les ¾. Rien que David Darricarrère (arrivé de La Rochelle, Top 14) est une vraie bonne recrue au poste d’entraîneur. Par son discours, il a su réveiller cette équipe. Il y a des joueurs revanchards, comme le talonneur Emmanuel Maignien qui n’avait pas été conservé à Pau et qui fait un très bon début de saison à Dax. Ils ont des joueurs de talent, avec notamment Filimone Bolavuvu ou Saula Radidi, deux Fidjiens. J’ai vu cette équipe plusieurs fois, car nous l’avons commentée sur Eurosport, et elle n’a pas vraiment de faille pour l’instant. Il y a un gros pack, une défense solide, de bons buteurs. Dax peut être la révélation de la saison.

Y a-t-il des joueurs qui ont porté les couleurs des deux équipes ?

L’entraîneur de Dax, David Darricarrère, a porté le maillot du Stade Montois il y a quelques années. Du côté des joueurs, Antoine Vignau-Tuquet joue maintenant à Mont de Marsan, mais il a longtemps été le buteur de Dax. Il y a aussi Simon Ternisien, l’ailier des Rouges et Blancs, qui lui, a fait le parcours inverse.

En quoi le championnat de Pro D2 est il intéressant à suivre ?

Ce qui revient le plus dans la bouche des entraîneurs, c’est l’homogénéité du championnat. Il n’y a pas comme dans les années précédentes, une équipe comme Toulon ou le Racing, avec un gros effectif et des stars internationales. Ces clubs qui écrasaient tout le monde et on savait que la première place leur était promise. Du coup, on parle peur être moins de la Pro D2, à cause de cela. Elle accapare moins l’attention du public, du fait qu’il n’y ait pas de « grosses » équipes. Mais Toulon et le Racing ont eu le mérite de faire parler de ce championnat. Cette saison, c’est l’homogénéité qui risque de capter l’attention d’un maximum de gens. Les places vont valoir cher et on va se rendre compte qu’il y a de très nombreux prétendants à l’une des six premières places.

Est-ce important pour Eurosport de faire un zoom régulier et permanent sur le championnat ?

Evidemment, surtout que c’est la première saison que la chaîne suit la Pro D2. C’est important d’assurer une bonne visibilité de ce championnat. Quand on voit la qualité des clubs, comme La Rochelle ou Bourgoin, qui descendent de Top 14, tout le monde peut viser la montée. Sur Eurosport, nous diffusons deux matches par journée, mais on retransmet également du Challenge Européen (qui redémarre dans deux semaines) et quelques rencontres de Fédérale 1. La chaîne s’investit de plus en plus dans le rugby. C’est un succès et on veut continuer sur cette voie.

Pendant la coupe du monde, on avait décidé de mettre beaucoup de moyens avec une émission quotidienne (Au contact de la Coupe du Monde). C’est un peu le reflet de ce que veut montrer la chaîne en termes d’animation, de convivialité et d’expertise. On est de mieux en mieux accepté par les clubs, qui commencent à nous connaître. Ils connaissent la marque Au Contact. Le nom d’Eurosport et de plus en plus associé au rugby et c’est une réelle satisfaction. C’était la volonté du directeur général, Arnaud Simon, et de Jérôme Papin qui est chargé des opérations spéciales et, par ailleurs, par un très grand amateur de rugby. C’est en train de porter ses fruits. Les gens voient que nous sommes capables de traiter le rugby, et surtout, de le traiter d’une bonne manière.

Vous sentez que les téléspectateurs suivent le mouvement ?

On se rend compte que le rugby intéresse de plus en plus de monde. On l’a vu encore avec la coupe du monde. Il y a une vraie fenêtre pour le rugby sur Eurosport. C’est pour cela qu’on avait décidé de proposer à nos abonnés le championnat de Pro D2. Avec les deux ou trois plus belles affiches par journée, on assure déjà une grosse promotion du championnat.

Qui sera à vos côtés pour commenter Mont de Marsan – Dax ?

Il y aura Xavier Garbajosa ! De retour sur les terrains après deux mois d’émissions sur un plateau ! Il trépigne de retrouver l’odeur des prés. Il en peut plus. Il avait besoin de prendre l’air (rires). En plus, il connait les joueurs, les équipes. Il a croisé David Darricarrère dans les rangs du Stade Toulousain. Il a évidemment joué avec Marc Dal Maso, sous les mêmes couleurs. Il connaît donc un entraîneur dans chaque équipe.

L’entente classique entre le journaliste et le consultant fonctionne bien ?

Oui, c’est le rôle traditionnel. Je suis là pour donner des informations et traiter le direct, en décrivant ce qu’il se passe sur le terrain. Xavier apporte ce regard que je ne peux pas donner. Le regard d’un ancien international et d’un ancien sportif. Il sent les choses, il va revenir sur les actions, expliquer pourquoi là ou là, ça n’a pas marché, etc. C’est une complémentarité essentielle entre lui et moi. Cela fait maintenant plus d’un an qu’on commente ensemble. La bonne entente est aussi primordiale en cabine. On a chacun un rôle bien défini. Et puis on l’a vu pendant la coupe du monde, maintenant, Xavier est vraiment à l’aise derrière le micro. Il faut quand même que je fasse gaffe à ce qu’il ne me pique pas ma place ! (rires).

Sur ce début de championnat, quelle équipe vous a le plus impressionné ?

On avait fait la première journée à Oyonnax, qui jouait contre La Rochelle (ndlr : victoire 25-18 des joueurs de Christophe Urios). J’ai trouvé cette équipe particulièrement efficace à domicile. Grenoble m’a aussi fait une belle impression. Ils ont perdu l’an passé en demi-finale d’accession, cela fait maintenant trois ans qu’il tourne autour de la montée en Top 14. Je pense qu’ils ne seront pas loin encore une fois. On sent le potentiel de cette équipe. C’est extrêmement solide. Ce championnat est très relevé. Dans le jeu, c’est rugueux. La mêlée est un secteur très important, que les équipes ne peuvent pas se permettre de négliger. Il n’y a jamais de matches faciles en Pro D2.

Propos recueillis par Thomas Perotto (3e année école Nouvelle de Journalisme de Nice) en exclusivité pour En Pleine Lucarne

Photos : Eurosport

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Vincent Rousselet-Blanc

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