Football — 29 octobre 2011

Samedi à 18h00, en direct, sur Canal+Sport, la Roma accueillera le grand Milan AC dans un match qui s’annonce bouillant. Habitué des chocs européens depuis de nombreuses saisons, Christophe Josse sera bien évidemment dans la capitale italienne pour nous faire vivre cette rencontre, aux côtés de l’ancien parisien Daniel Bravo. Entre analyses du début de saison en Série A et décryptage des deux équipes, le spécialiste Canal du football européen a accepté de présenter cette affiche pour En Pleine Lucarne.

Cette confrontation est-elle un vrai match au sommet malgré le début de saison mitigé des deux équipes ?

Ce genre de classique reste toujours un rendez-vous particulier en Italie, surtout quand la rencontre se joue au Stadio Olimpico. Les deux équipes se présentent dans un contexte similaire puisqu’elles ont toutes les deux besoin de points et n’ont plus trop le droit à l’erreur. D’un côté, Le Milan champion en titre, a un grave retard à l’allumage. De l’autre, la Roma, avec son nouvel entraîneur, a besoin de temps pour mettre en place son projet. Depuis le début de la saison, il y a des lacunes défensives assez nettes de part et d’autre, ce qui me laisse dire que la rencontre sera spectaculaire.

Si l’on ajoute un stade plein, une belle ambiance et un match de qualité, obligatoirement cette confrontation sera une des affiches de cette saison.

Les deux équipes ont des styles totalement opposés, laquelle semble la mieux armée pour remporter ce match ?

Sur le papier, le Milan possède une formation de grande qualité. Seul problème : beaucoup de joueurs ont un rendement alternatif. Il faut compter sur le retour d’un grand Méxès derrière et davantage de constance du côté d’Ibrahimovic et Cassano. Honnêtement, même si je suis assez indécis, je verrais bien la Roma bousculer le Milan AC. J’ai été séduit par l’attitude, l’état d’esprit et le positionnement sur le terrain des romains ces dernières semaines. Ils vont apporter de la fraîcheur à ce championnat italien et leur style inspiré de Barcelone va mettre en difficulté les hommes d’Allegri.

Luis Enrique, le coach de la Roma, est-il en train de trouver la bonne formule ?

La Roma commence à proposer quelque chose d’intéressant depuis quelques semaines. J’ai été agréablement surpris dans le derby contre la Lazio, j’ai l’impression que les joueurs adhèrent enfin au discours de leur entraîneur. Luis Enrique est en train d’imposer sa patte espagnole avec les qualités qu’on lui connaît : une technique au-dessus de la moyenne et des latéraux qui participent au jeu offensif. Il y a des joueurs vraiment intéressants comme Osvaldo qui peuvent permettre à l’AS Rome de nourrir des ambitions. Avec le recrutement très intelligent et la rigueur économique imposée, nous sommes en train de retrouver une équipe à l’état d’esprit de conquête et au potentiel offensif séduisants.

Justement, la blessure de Totti va-t-elle le condamner définitivement à un rôle de joker ?

Pour l’instant je crois que oui. Il y a une rapidité d’exécution du côté de la Roma qui ne lui permet pas d’être intégré au onze de départ, dans un état de forme moyen. Il faut qu’il réponde présent à cent pour cent physiquement pour ne pas devenir un boulet pour l’équipe. En tout cas, malgré son âge, il reste un joueur incroyablement talentueux. Sauf qu’aujourd’hui, le talent pur ne suffit plus pour un joueur comme Francesco Totti.

Est-il réellement prêt à prendre place sur le banc ?

A l’heure actuelle, il est forcément conscient que l’équipe tourne très bien sans lui. Après, il a effectivement un statut au club et un talent qui peuvent lui permettre de regagner sa place. C’est un sportif de haut niveau, il sait très bien qu’il est en dessous du niveau des joueurs actuels au niveau du rendement sur le terrain. Je reste persuadé qu’il peut servir encore grandement à l’AS Roma. La saison est longue, il aura forcément l’occasion de s’exprimer à un moment ou un autre.

Quels sont les leaders de l’AS Rome sur le terrain ?

Osvaldo dégage un sacré charisme et tire vraiment l’équipe vers le haut. Il réussit tout ce qu’il entreprend et s’impose avec une aisance incroyable dans ce championnat. En l’absence de Totti, De Rossi devient le leader naturel et imprime un vrai caractère à cette formation. Pjanic est également très bon depuis le début de saison, mais il ne faudrait pas l’affubler d’un rôle de leader qui pourrait peser trop lourd sur ses épaules. Dans l’expérience, dans le vécu et dans le contexte romain, De Rossi est indispensable.

La Roma peut-elle envisager le titre dès cette saison ?

Pour avoir fait un peu le tour des formations, je trouve qu’il y a plus de certitudes du côté de la Juventus qui dégage une vraie force collective. Naples m’a également impressionné dans son art de contre-attaquer. La discrète Udinese avec ses certitudes dans le jeu, sera à surveiller. L’AS Rome pour le titre dès cette année, je ne suis pas certain. En revanche pour une place sur le podium et une qualification en ligue des champions, je mettrais volontiers un petit billet.

Vous écartez donc définitivement l’Inter de la course au titre…

Quelque chose s’est brisé à l’Inter depuis la saison passée. Avec les changements d’entraîneurs, on a vraiment le sentiment qu’il y a un manque de liant, collectivement ce n’est pas tout à fait au point. Je ne sais pas si c’est une question d’état d’esprit ou si quelques joueurs montrent leurs limites, en tout cas ils sont un ton en-dessous.

Naples possède les qualités pour viser très haut ?

La folie environnante sublime les joueurs et peut vraiment faire des étincelles. Il y a un grand rendez-vous qui se profile le 6 novembre avec un Naples-Juventus qui en dira long pour la suite de la compétition. Je sens bien le titre se jouer entre ces formations : Naples, Milan, Juventus et en joker l’AS Rome.

Vous êtes spécialiste du championnat espagnol et vous commentez certaines affiches européennes, comment sélectionnez-vous les matches ?

On a établi cela avec Cyril Linette au début de la saison : je me cantonne aux championnats étrangers, à la Ligue des Champions et aux grandes affiches espagnoles et italiennes. On regarde le calendrier et les choix sont faits naturellement. Après, tout dépend de la plage de diffusion, en ce qui me concerne, les matches en direct sont privilégiés.

Plutôt Italie ou Espagne ?

J’ai été élevé à la frontière italienne, tous mes potes sont italiens, de ce fait je suis très marqué de cette emprunte là. Jaime le championnat italien et j’avoue avoir un faible pour la Juventus. Je dois malgré tout avouer qu’il serait malhonnête de ne pas savourer le privilège d’assister aux rencontres de Barcelone et du Real.

Avez-vous des nouvelles de Raynald Denoueix ?

Il est actuellement au chevet de son épouse qui a subi une intervention. Il est très impatient de revenir mais c’est un grand sage, il reviendra quand le moment sera venu. Je lui souhaite un retour imminent car c’est un formidable compagnon de route qui connait le football comme personne.

Est-ce que cela vous plairait de commenter un jour la Ligue 1 ?

Forcément en tant que journaliste français je suis avec beaucoup d’attention et j’aime beaucoup notre championnat si souvent décrié. Je connais pas mal de dirigeants, de joueurs et j’aime bien aller dans nos stades, même si je suis conscient d’avoir une chance inouïe de pouvoir suivre les grandes équipes comme le Barça ou Madrid. Mais c’est une évidence, si je dois la commenter la ligue 1 je le ferai avec un énorme plaisir !

On sait que vous êtes ami avec Charles Biétry, que pensez-vous du projet d’Al Jazeera ?

J’ai l’impression que les contours du projet sont encore un peu flous. Je ne sais pas si Charles en s’intéressant à ce projet avait une idée précise derrière la tête. Je suis ça d’assez loin. Je crois qu’ils ont encore pas mal de choses à régler.

Vous collectionnez les écharpes de tous les clubs que vous commentez, combien en avez-vous ?

(Rires) Oui c’est vrai, partout où je vais j’achète une écharpe. Au grand dam de mon épouse d’ailleurs, puisque la cave est remplie de caisses pleines à craquer (Rires) ! J’ai débuté cela il y a vingt ans donc je vous laisse imaginer ce que cela peut représenter en volume et en nombre. Mais attention, je ne rachète pas une écharpe à chaque fois que je retourne au Barça ! Aujourd’hui, avec la Ligue des Champions on va quand même dans des pays et dans des clubs où on n’allait jamais auparavant. Tous ces voyages me permettent d’agrandir ma collection avec des écharpes assez exotiques.

Certaines vous sont-elles plus chères que d’autres ?

Les écharpes de l’AS Saint-Etienne que j’ai en double voire en triple. Elles me rappellent les souvenirs de jeunesse quand j’allais à Geoffroy-Guichard avec mes potes. Sinon, il y a aussi beaucoup de finales de coupe du monde et de ligue des champions : les écharpes délivrées pour ces occasions sont des écharpes historiques qui affichent les couleurs des deux équipes. Par exemple la dernière finale Barcelone-Manchester United me restera en mémoire, c’était un grand moment à Wembley.

Propos recueillis par Anthony Davière (3e année école Nouvelle de Journalisme de Nice) en exclusivité pour En Pleine Lucarne

Photos Canal+

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Vincent Rousselet-Blanc

(1) Reader Comment

  1. Par contre, s’il pouvait aller chez Al Jazeera et redonner sa place à Lilian Gatounes pour les matches espagnols et à Grégoire Margotton pour la Champions, ce serait cool ! :)
    (même si ses commentaires sont moins désagréables qu’avant).

    Et bon courage à Reynald Denoueix, ses commentaires nous manquent !

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