Question pour un champion : « je diffuse chaque semaine 4 championnats de foot étrangers, des matchs de Ligue des champions, de Liga, de Premier League, de Bundesliga, de Serie A, les deux meilleurs championnats de handball européens et de la boxe… Je suis, je suis… » : MCS ! Bravo !

Tapie dans l’ombre d’Eurosport et de Canal+, Ma Chaîne Sport, depuis sa création il n’y a que trois ans et demi, grimpe petit à petit les marches de la notoriété. Pas de quoi encore effrayer les grandes, mais largement de quoi satisfaire son président, Nicolas Rotkoff, qui effectue cette année une rentrée pleine de nouveautés, avec, notamment, les championnats de handball d’Espagne et d’Allemagne, un magazine de boxe, et deux nouveaux championnats de foot étranger : les Pays-Bas et l’Argentine. Et en ligne de mire, le 16/9e, la HD et un nouvel habillage. 2011-2012, la saison de la révolution ?

Pour En pleine Lucarne, Nicolas Rotkoff se penche sur cette rentrée et ces nouveautés.

Deux championnats de football de plus, le hand allemand et espagnol ou encore les matchs du Bayern de Munich, c’est une belle rentrée pour MCS… Par quoi commence-t-on ? Le hand ?

Nous avons effectivement acheté les deux meilleurs championnats européens de handball, la Liga espagnole et la Bundesliga allemande, plus les coupes dans chaque pays. C’est un peu comme si l’on avait acheté la Premier League et la Liga de foot. Nous sommes relativement jeunes, la chaîne entame sa 4e année, donc nous progressons petit à petit.

Il paraît que vous avez fait une étude interne qui a révélé une demande de handball de la part de vos téléspectateurs.

Effectivement, c’est ce qu’il est ressorti des études que nous avons faites. C’est la raison pour laquelle nous avons acheté le hand allemand et espagnol. Le handball est l’un des sports français qui émerge de plus en plus. Cela nous paraissait donc être une bonne idée de prendre ces deux championnats où évoluent de nombreux français. Et comme Canal avait signé le championnat de France. Nous allons faire un test avec ça.

Le football a également pris une très grande importance cette année dans votre grille.

Oui. Nous avons décidé d’étoffer notre socle football avec les championnats Néerlandais et Argentin. Et aussi les matchs du Bayern (championnat, coupe, ligue des champions et contenus exclusifs fournis par le club) que l’on diffuse en intégralité et en différé le lendemain des rencontres. L’ensemble fait de MCS la chaîne qui, après Canal+ est celle où il y a le plus de football, et de loin. Notre offre foot est destinée à la fois à des fans qui sont peut-être abonnés à Canal ou Orange mais qui n’ont pas pu voir les matchs en direct le week-end car l’offre est si importante qu’on ne peut pas tout voir. Elle s’adresse aussi à des téléspectateurs qui n’ont pas d’abonnements aux chaînes de sport payantes de voir parmi les plus grands clubs au monde puisque nous avons, outre le Bayern Munich, le même accord avec Barcelone, Arsenal, le Real Madrid ou le Milan AC. Du lundi au vendredi nous proposons un module d’environ trois heures dédié à l’un de ces clubs. Ça marche très bien.

Bonne idée le foot argentin.

Nous avions le foot portugais qui marche vraiment très très fort chez nous. Nous avions aussi le championnat écossais qui lui, il ne faut pas se le cacher, s’est un peu affaibli. On a donc décidé de renforcer. D’abord avec le championnat des Pays-Bas, qui était au fond du trou ces dernières années remonte la pente avec des clubs qui reprennent du poil de la bête. Le championnat argentin nous intéressait pour compléter notre offre de football sud-américain puisque nous diffusons déjà la Copa Libertadores (la ligue des champions sud-américaine, ndlr) et la Copa Sudamericana. Et puis avec Messi ou Pastore au PSG, le foot argentin fait parler de lui. Et on y découvre souvent quelques stars de demain en Europe. Enfin, le décalage horaire est un avantage pour nous puisqu’il nous permet de diffuser du foot en direct à 23h00, une heure où il n’y a pas beaucoup de foot chez les concurrents.

Le départ de l’animatrice de « Tribune Foot« , Francesca Antoniotti, pour Cfoot entraîne-t-il des changements de formule pour votre magazine ?

Oui, nous reformatons ce magazine du lundi soir autour de Nicolas Vilas, qui en sera la cheville ouvrière. Et autour de lui, nous allons donner plus d’importances à tous nos consultants foot engagés sur les différents championnats que nous diffusons et d’autres auxquelles nous avons accès. De quoi faire un beau magazine, avec toujours aussi dans l’idée d’avoir un invité chaque semaine, sportif, acteur du sport ou personnalité passionnée. Nous ne cherchons pas à remplacer Francesca coûte que coûte. Et puis nous lançons, fin septembre, « Tribune Boxe » (voir ici). Quant à « Tribune NBA« , nous le poursuivrons, quand l’actualité de la NBA reprendra.

Aujourd’hui de nombreuses chaînes en clair négocient avec les chaînes payantes en crypté pour se répartir les droits d’une même compétition, à l’image de la coupe de France de football sur Eurosport et France Télévisions. Pourquoi ne pratiquez-vous pas ce genre de négociations ?

Nous n’y sommes pas opposés. Sur la Coupe de France de foot, pour reprendre l’exemple, vous avez au début de la compétition beaucoup de matchs qui permettent en effet une répartition. Mais, vers la fin, les affiches (demi et finales) sont souvent réservées à la chaîne la plus importante. Or, disons que la difficulté pour nous est que nous souhaitons le plus souvent offrir une exclusivité à nos téléspectateurs. Nos événements sont en exclusivité et nous tenons à ça.Et puis nous avons besoin de récurrence. La force de notre thématique sportive est que les gens savent que toutes les semaines il sauront trois matchs de foot portugais par semaine, un néerlandais, deux écossais, un ou deux argentins, la NBA, etc. MCS crée des rendez-vous sur toute la durée d’une compétition. Nous privilégions ce système. Nous ferons ça aussi avec le handball puisque nous proposerons un match de chaque championnat par semaine.

Pourquoi alors ne pas vous être positionné sur la Division 1 féminine de football ?

Déjà parce qu’il fallait faire des choix et que nous avions déjà signé pas mal de choses. Et puis la Division 1 féminine, même si elle ne coûte pas très cher (110 000 euros,ndlr), elle entraîne de gros coûts de production. Et puis retransmettre 5 ou 6 matchs dans la saison, une fois tous les trois mois, ce n’est pas suffisant pour fidéliser les téléspectateurs autour de l’événement. Mais tant mieux pour le championnat féminin que France 4 et Eurosport relaieront. Nous ne pouvons pas tout faire de toute façon. Et nous diffusons déjà beaucoup de sports féminins, à commencer par le volleyball avec la Ligue des Champions, du hand féminin, de la gymnastique aussi. Je pense que le sport féminin est encore sous-exploité en France, sous-médiatisé et ce qui se passe aujourd’hui pour le foot féminin devrait donner des idées à l’avenir. Le sport féminin a de beaux jours devant lui et nous continuerons à en faire.

Une association avec le CNOSF qui ne cache pas son désir de créer une chaîne sportive peut-elle être envisageable pour récupérer des droits de sports olympiques ?

Nous avons essayé plusieurs fois d’entrer en contact avec le CNOSF, mais nous avons un peu de mal avec eux. Ils ont certainement d’autres idées en tête, d’autres aspirations, que de discuter avec nous. Nous travaillons donc plutôt en direct avec toutes les fédérations sportives, les petites comme les grandes, que ce soit la gym, le tennis, le volley, le patinage…

On le voit, vous faites des efforts pour proposer de bons événements, mais on ne parle que très peu de vous. D’où vient votre déficit d’image ?

Vous savez, rien ne remplace l’expérience, le temps, la notoriété. Nous ne sommes pas là depuis vingt cinq ans comme Eurosport. Cette notoriété ne se gagne pas en trois ans et demi. Mais nous progressons, à commencer par notre distribution puisque nous sommes la chaîne de sport la plus distribuée de France, devant Eurosport et, je pense, devant Sport+. Et nous n’avons pas les mêmes budgets de communication que des groupes comme Canal+ ou Eurosport. Mais de ce côté-là, nous faisons aussi des progrès. Nous sommes en bas de l’escalier et nous grimpons les marches une à une et nous allons continuer à grimper.

N’avez-vous pas souffert au début d’un problème d’identité ? MCS c’était à la fois la chaîne du bien-être, des sports extrêmes et du sport plus généraliste.

Si, sûrement, même si nous ne renions pas ce concept de départ puisque MCS était une chaîne de sport pour la famille l’origine avec des matinées « bien être », des après-midi « sports extrêmes » et de soirées « sport de compétition ». Aujourd’hui, nous avons bien dissocié ces différentes images. Nous avons une chaîne de sport, premium, MCS. Puis MCS Extrême qui se développe très bien et que nous avons beaucoup renforcée autour de compétitions telles que le surf, que l’on diffuse en direct, le snowboard, le plongeon de falaises, le freestyle motocross, etc. Enfin, nous avons lancé très récemment MCS Bien-être. Il est sûr que ça a contribué à clarifier notre positionnement pour les téléspectateurs. Nous sommes un peu dans la même mouvance ou état d’esprit que Canal+ qui a décliné son offre en Canal family, cinéma, et sport. Et nous allons bientôt passer, fin septembre, en 16/9e, avec un nouvel habillage pour bien décliner chacune de nos chaînes, avec une couleur et un habillage différents afin que chacun puisse identifier dans quel univers il se situe. Et nous espérons passer en HD avant la fin de l’année.

propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc pour En pleine Lucarne (mention obligatoire)

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Vincent Rousselet-Blanc

(3) Readers Comments

  1. Pingback: Les Gants d’Or renaissent sur MCS | En Pleine Lucarne

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  3. le 16/9e d’ici fin septembre? ouf, enfin….merci

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