Le directeur des sports de France Télévisions s’est longuement penché avec EPL sur tous les dossiers de la rentrée : non diffusion du championnat du monde de Judo de Bercy, Division 1 féminine de foot, handball et Pro D2 sur France 3 Régions, malaise à Stade 2, création d’une chaîne sport, coupe du monde de rugby, Jeux Olympiques, Coupe de la Ligue…, et nous a même gratifié d’un coup de gueule en introduction… et d’une info exclue : Alors que nous lui faisions remarquer qu’il aurait en 2012, 65 ans, l’âge du départ à la retraite, et, surtout en pleine année d’élection présidentielle, Daniel Bilalian nous a fait la révélation suivante :  » si l’on me faisait une belle proposition, je ne dis pas que je n’y réfléchirais pas. » Politique quand tu nous tiens ! Du Daniel Bilalian comme on aime l’entendre…et le lire.

- En introduction de votre intervention lors de la conférence de rentrée de France Télévisions (mercredi 31 août), on vous a senti un peu acerbe envers les journalistes qui ne s’intéresseraient à vous que « lorsque les trains n’arrivent pas à l’heure »…

Oui. Chaque année, j’ai le droit à une question sur ce que je n’ai pas fait. Ce sont des questions que l’on ne pose jamais aux télévisions privées. On ne dit jamais à TF1 ou à M6, « tiens, vous n’avez pas acheté telle compétition… ». Quand vous payez des impôts ou une redevance, vous avez le sentiment que les choses vous appartiennent. C’est pour cette raison que je nous compare souvent à l’EDF ou à la SNCF. Vous vous souvenez, pendant l’été, il y a eu un train qui a eu quelques heures de retard et l’on n’a parlé que de ça. Pas des 450 autres qui arrivent à l’heure bien sûr. Donc, les 450 autres trains, on s’en fout, on ne retient que celui qui a eu un souci et on se dit : « l’Etat, qu’est-ce qu’il fait ?… ». Pour ramener ça aux sports, à France Télévisions, quand on ne nous dit rien, nous sommes contents. Alors quand quelqu’un nous dit que ce que nous faisons est convenable, nous sommes ravis !  Il faut le savoir, c’est tout. Je pense que cela tient juste au fait que nous soyons un service public. Or, il faut tout de même dire qu’il y a beaucoup de sports et de sportifs qui, sans nous, ne seraient connus que de leur entourage. Il faut comprendre également que nous ne pouvons pas tout faire ou tout acheter.

- D’accord, mais sans vous demander pourquoi la Gymnastique rythmique et sportive n’est pas diffusée sur France Télévisions, vous avez fait l’impasse récemment sur les championnats du monde de Judo de Paris-Bercy. Comprenez-vous que cela ait soulevé les critiques et pourquoi ne pas les avoir retransmis ?

Il y a plusieurs raisons à cela, dont une majeure. Contrairement à d’autres événements qui dépendent d’un décret de 2004 sur les événements dits réservés, ces championnats du monde de judo n’en font pas partie. C’est-à-dire qu’ils ne font pas partie, selon notre actionnaire (l’Etat, ndlr), des événements majeurs sur lesquels les chaînes de télévision hertziennes, gratuites et en clair, sont obligées de se positionner au niveau des finales. Par ailleurs, il est plus facile pour nous de nous intéresser à une finale de championnat d’Europe de basket ou une finale de handball où la France est présente. Ces finales figurent, elles, dans ces événements dits réservés, et les chaînes payantes qui se sont emparées du contrat sont obligées de les remettre sur le marché pour les proposer aux chaînes gratuites qui décident alors, ou pas, de l’acheter. Enfin, le judo a cette particularité de ne pas proposer une finale, mais une succession de matchs et plusieurs finales.

Pour s’emparer d’une compétition comme celle-ci qui s’étale sur une semaine, cela nécessite une chaîne dédiée au sport, que nous n’avons pas,  parce que, dans ce cas, vous n’avez pas de problèmes de programmation et d’horaires alors qu’une station généraliste est soumise à une programmation généraliste. En plus, vous remarquerez que même la chaîne qui a diffusé cette compétition (Canal+, ndlr) ne l’a pas diffusé sur sa chaîne Premium (mais sur Canal+Sport, ndlr). Enfin, nous avions déjà fait les championnats du monde d’escrime l’an dernier à Paris, qui n’ont pas été un succès commercial, loin de là.

Le championnat du monde de judo était pourtant gratuit (voir ici)

Oui, mais même si les droits ne coûtaient rien, en terme de production c’était un investissement assez conséquent. L’escrime ne nous avait pas coûté d’argent pour acquérir les droits, mais il nous avait coûté plus de 600 000 euros de production pour les retransmettre. Pour le judo, cela aurait été du même ordre, voire un peu plus sur l’ensemble de la semaine. Donc, effectivement, nous faisons des impasses.

Je comprends très bien l’amertume de ceux qui sont victimes des impasses. Si nous avions une chaîne d’information en continu de sport, nous pourrions plus facilement nous positionner sur des sports moins populaires que d’autres, et à ce moment-là nous n’aurions pas ce type de problèmes. On y diffuserait les tours préliminaires et on se réserverait les finales pour une diffusion sur France 2 ou France 3.

Alors pourquoi ne pas doter le service public d’une chaîne sportive ?

Il y a quelques années, je n’étais pas encore en poste, notre actionnaire n’a pas accédé à la demande de France Télévisions d’avoir une chaîne de ce type alors que France Télévisions avait revendu ses parts dans TPS pour pouvoir financer une chaîne de sport. Mais l’autorisation n’a pas été donnée.

De toute façon, vous avez souvent dit qu’une telle chaîne sportive avait plutôt sa place sur Internet.

En effet. Les chaînes sportives cryptées ou sur la TNT sont déjà en nombre conséquent et, à mon avis, l’avenir est à la télévision connectée. Pourquoi ? Prenez le projet de chaîne sportive du CNOSF (Comité national olympique et sportif français) dédiée aux sports olympiques. Si cette chaîne arrivait sur la TNT, c’est-à-dire une formule de télévision classique, avec une programmation réfléchie et des objectifs d’audience, ne pensez-vous pas que les responsables mettraient aux heures clés d’écoute, ce qui attire du monde, et ce qui marche moins bien à 1h du matin ? Bien sûr, il n’y aurait pas de match de foot sur cette chaîne, mais aux heures de grande écoute on y verrait toujours Usain Bolt plutôt que du tir à l’arc.  Donc, ces sports moins populaires que d’autres, et je fais très attention à ce que je dis, seront de toute façon programmés à des heures tardives ou ne seront pas présents.

L’intérêt de la télévision sur Internet c’est que si vous êtes amateur de tir à l’arc, vous vous mettez devant votre chaîne à 20h30, vous appuyez sur tir à l’arc et vous suivez votre discipline en prime time.  Ma génération de téléspectateurs, qui attendait le film à 20h30-21h et 22h30 pour aller se soulager, est terminée. Aujourd’hui, les gens veulent tout à n’importe quel moment de la journée. Une chaîne sportive sur le Net aurait cet avantage d’offrir ces sports olympiques, dont certains sont quand même réservés à une minorité, la possibilité d’être vus à l’heure où ces gens le veulent. Et tous pourraient passer à 20h30.

JO de Londres 2012 : « 2 000 heures de programmes en direct sur le Net »

Mais vous avez un site Internet à France Télévisions. Vous pourriez déjà le faire non ?

On le fait, à l’image des JO de Pékin, ou des prochains à Londres l’été prochain. On diffuse l’intégralité de toutes les compétitions, des séries aux finales, alors que sur nos chaînes nationales nous sommes bien sûrs obligés de faire une sélection. Pour les JO 2012 de Londres, France Télé proposera 2000 heures de retransmissions en direct sur le Net contre 400 heures environ sur l’ensemble de nos quatre chaînes. Certaines seront commentées, d’autres non, parce que l’internaute a cette particularité : il préfère parfois les produits bruts aux produits trop léchés. D’abord parce que l’internaute pense trop souvent qu’un produit trop calibré essaye de lui cacher des choses et, ensuite, il préfère s’approprier ces événements pour les commenter sur le Net à travers les réseaux sociaux.

Maintenant, si l’Etat nous obligeait à créer une chaîne sportive sur la TNT, on la ferait ! Et puis, franchement, si le CNOSF ou notre actionnaire prenait une telle décision, je trouverais un peu saumâtre, comme disait ma mère, que le sigle olympique ne revienne pas à France Télévisions avec tout ce que l’on fait et ce que l’on a fait pour eux. Nous dépensons suffisamment d’argent, de moyens, d’intelligence et de sueur et de compétences, tous les 4 ans pour les JO, nous faisons les championnats du monde d’athlétisme, d’Europe, les championnats d’Europe et du monde de natation, etc. Nous ne sommes peut-être pas parfaits, mais c’est quand même nous qui permettons à ces sports et ces sportifs d’être connus et reconnus.Plus que d’autres en tout cas. Nous sommes aussi la seule chaîne de télévision gratuite à avoir un magazine, Stade 2, qui est omnisports (avec Tout le Sport, sur France 3, ndlr), ce qui n’est pas vraiment le cas ailleurs.

« Nous sommes une entreprise de spectacles »

Justement, vous parlez de Stade 2. Il y a quelques mois vous avez du intervenir directement au sein d’un malaise soulevé (en avant-première sur En Pleine Lucarne) par les journalistes de la rédaction des sports qui n’approuvaient plus la ligne éditoriale de Stade 2. Qu’en est-il aujourd’hui ?

J’ai fait comprendre à mes journalistes que nous ne sommes plus une rédaction au sens propre du terme, mais que nous faisons partie d’une vraie entreprise de spectacles sportifs. J’ai 110 personnes dans mon service et plus de la moitié ne sont pas des journalistes. Chez nous, tout est payant. Si vous n’avez pas les droits d’une épreuve, vous ne rentrez pas dans le stade. A partir de là, il faut être intelligent pour optimiser ces droits. Stade 2 est un maillon de cette entreprise.

Maintenant, le problème du service des sports est que nous avons, dans l’année, des périodes d’intense activité, et d’autres, moins intenses. Et c’est souvent dans ces périodes de moindre intensité que les journalistes ont des débats. C’est là qu’ils éprouvent un malaise, que je ne conteste pas, parce qu’ils passent de 4 à 5 heures de programmation par jour, comme c’est encore le cas maintenant avec l’athlétisme, à une restriction logique où, en octobre-novembre, nous allons revenir un peu dans le mou. Et puis en juin prochain nous repartirons sur les Jeux Olympiques, Roland Garros, le Tour de France, etc. Ces périodes de creux sont donc souvent des périodes où les gens s’interrogent. Je les ai rassurés, les choses sont rétablies.

On ne doit donc pas s’attendre à d’évolution majeure pour Stade 2 ?

Stade 2 subit comme toutes les émissions des chaînes gratuites l’arrivée en force de la TNT. Il y a 20 ou 30 ans (Stade 2 fête ses 36 ans en 2012, ndlr) Stade 2 était une émission dominicale que l’on attendait pour avoir les résultats sportifs du week-end. Aujourd’hui ce n’est plus possible. Entre la radio, les blogs, les chaînes d’info généralistes ou sportives, si vous ne connaissez pas les résultats des matchs à l’heure de Stade 2… Il a donc fallu la faire évoluer vers le décryptage, le reportage. Nous avons perdu de l’audience, comme tout le monde. C’est mathématique. Malgré tout ça, nous avons tout de même réussi à conserver un potentiel de 2 millions de téléspectateurs. L’érosion n’est pas uniquement celle de Stade 2, elle est naturelle. Mais ne me faites pas dire que l’on remontera à 15% de part de marché. L’émission marche très fort les jours où elle est précédée d’un grand événement comme un match du tournoi des VI Nations, où l’on atteint les 20% de pdm, ou Roland Garros avec 25%.

Droits télé : « aujourd’hui, on ne trouve plus rien dans la nature »

Je parlais, non pas de l’érosion de l’audience, mais du fond de l’émission à qui l’on reproche d’oublier l’omnisport pour se consacrer au foot, au rugby ou aux invités « people » qui ne sont plus spécialement des sportifs.

Concernant cette formule, que vous dites critiquée, nous avons du là aussi nous adapter à notre époque. Pourquoi l’émission cherche un invité prestigieux chaque dimanche ? Parce qu’aujourd’hui les gens sont amateurs de ça. Nous avons fait des études. Toutes les émissions de sport, qu’elles soient sur TF1 ou Canal, cherchent à avoir la vedette du jour. Quand vous n’avez pas de concurrents, vous pouvez faire exactement ce que vous voulez. Mais quand vous en avez, vous êtes obligés d’étudier le marché. Et puis il y a la question des droits des images, en dehors du droit à l’information. Il y a 15 ans, on trouvait encore de tout dans la nature en matière de droits télé. Aujourd’hui, il n’y a plus rien de disponible. A partir du moment où vous avez des chaînes comme Canal+ou Eurosport qui vivent de retransmissions de tout et n’importe quoi, vous n’avez plus rien dans la nature.

Apparemment si. Il restait la division 1 féminine de foot, le championnat de handball français et la Pro D2… que vous avez acquis. Avez-vous voulu faire le même pari qu’a fait Direct 8 sur l’équipe de France féminine ?

En fait, sur un certain nombre de sports, nous avons une politique un peu différente de ce qu’on fait d’ordinaire. Si vous voulez, le dimanche, aujourd’hui, France 3, entre 15h et 17h, essaye de faire un maximum de ce que l’on appelle les décrochages régionaux sur des sports qui, du point de vue national, n’obtiendraient pas une grosse audience mais qui, au niveau régional, obtiennent des audiences remarquables. On a commencé avec la Pro D2 de rugby dans le Sud-Ouest, la saison dernière. Un match entre le LOU (Lyon) et Oyonnax par exemple faisait 200 000 personnes sur deux régions, c’est-à-dire un score maximum, alors que vous ne ferez rien à un niveau national.

Décrochages régionaux : « Satisfaire ceux que ça passionne sans ennuyer les autres »

Pour les championnats que vous avez cités, nous avons acquis la possibilité de diffuser par décrochage régional un certain nombre de rencontres dans l’année qui satisfont un public de proximité sans ennuyer un public de majorité. C’est un peu aussi de notre mission de service public de permettre à ces sports d’être vus gratuitement en négociant des accords avec les chaînes payantes qui possèdent les droits (Eurosport pour la D1, Canal+pour le handball, ndlr).

Concrètement, la Division 1 féminine vous y croyez ?

C’est une expérience. Nous diffuserons 6 rencontres dans la saison, trois sur France 4 et trois sur France 3 Régions. Sans être trop sacerdotal, ni sans être trop critiqué, nous allons permettre à des sports d’émerger. La Division 1 féminine est un essai que nous tentons sur un an, avec une prolongation possible de deux ans et, ajouté à ça, nous aurons l’exclusivité du tournoi olympique de foot féminin pour lequel la France s’est qualifiée.

Là vous avez de la chance…

On ne peut pas toujours être dans la bibine (rires). Et puis la chance fait partie du talent. Nous allons donc donner un coup de pouce  au foot féminin, comme nous le ferons pour le handball, qui lui aussi nous reprochait de ne pas être aussi présent. Je crois que nous avons signé pour 8 ou 10 matchs que nous retransmettrons en décrochage régional, dans les régions où le handball est particulièrement apprécié. Ce ne sera pas obligatoirement des affiches, mais ça peut être un derby par exemple, qui n’intéressera pas au niveau national, mais qui passionnera au niveau régional. Nous avons déjà vu, avec le foot, qu’un derby régional, entre Lens et Calais ou Lens et Amiens, il y a deux ans. Sur la région Nord-Picardie, ce match a attiré 450 000 téléspectateurs ! Alors qu’on en aurait peut être fait 500 000 au niveau national. Nous avons satisfait une niche grâce à ce réseau qui intéresse ceux que ça passionne, sans ennuyer ceux que ça ne concerne pas.

Encore faut-il capter France 3 Régions.

De nombreux opérateurs proposent aujourd’hui dans leurs bouquets les chaînes régionales et puis nous diffusons aussi ces rencontres régionales sur Internet. C’est tout de même accessible. Le service public est fait pour offrir des TGV, des grands événements, en l’occurrence la coupe du monde de rugby, mais aussi parfois des trains où il y a un peu moins de monde dedans.

« Nous n’avons pas le droit de faire un magazine spécial coupe du monde de rugby »

Parlons justement de la coupe du monde de rugby. Vous investissez beaucoup dedans, avec 28 matchs diffusés sur vos antennes (voir calendrier), mais, parallèlement, vous n’accompagnez pas ce grand événement à l’antenne, par la création d’un magazine dédié par exemple.

La situation est un peu particulière. La coupe de monde de rugby 2011 a été achetée en même temps que celle de 2007 qui nous était passée sous le nez parce que TF1 avait fait une meilleure offre. Là, nous sommes arrivés à un accord avec TF1, simplement, sans entrer dans les détails, nous avons acquis cette compétition avec le concours financier de Canal+. Et Canal+ est venu avec nous sur cet achat de droits dans la mesure où ils se réservaient le droit de faire du magazine et nous de nous contenter de retransmettre les rencontres. De toute façon, nous ne sommes pas des chaînes de magazines dédiés aux événements sportifs, mais des chaînes de diffusion de matchs. Le magazine qui précède ou suit un événement est fait pour des passionnés, spécialistes. Moi je regarde un match et ensuite je vais voir une série ou le JT.  Le magazine est plus du domaine des chaînes sportives spécialisées. Donc, dans notre accord avec Canal+ nous n’avons pas le droit de créer un magazine spécial coupe du monde de rugby. Mais nous n’en avons pas besoin car nous avons Stade 2, Tout le Sport quotidien, et les sessions d’infos sportive dans les quatre JT par jour sur France 2 et France 3 pour consacrer une large part de leur temps d’antenne à la compétition. Quand nous sommes sur des droits qui nous sont propres, que l’on ne partage pas, on peut le faire, à l’image du magazine que l’on a fait sur France 4 pendant Roland Garros.

J’ai entendu dire que vous auriez aimé créer un JT Sport quotidien à 13h sur France 3 avant que l’on n’impose « Midi en France » ?

C’est vrai, j’avais fait une proposition en ce sens à mes patrons. C’était un projet de « Tout le Sport, première édition« , après le 12/13. D’autres choix ont été faits.

Vous n’avez pas de chaîne sportive mais France 4 diffuse de plus en plus de sport, tout comme France Ô d’ailleurs. De bons palliatifs ?

France 4, sur la Coupe Davis par exemple, nous permet de rentabiliser l’ensemble de nos droits et de ne rien laisser de côté en  diffusant des premiers tours qui ne sont pas toujours du niveau de la France 2 ou de France 3. Et France 4 possède des programmes propres comme la Coupe d’Angleterre. Le sport est avant tout pour la TNT un élément de forte audience, au niveau de la TNT bien sûr. Et il est fédérateur dans la mesure où il peut amener des gens à venir voir ce programme puis à rester pour voir autre chose. En terme commercial, on peut dire que le sport est une tête de gondole pour la TNT. Concernant France Ô, qui est aussi devenue une chaîne nationale avec son arrivée sur la TNT, nous recevons des demandes de leur part en terme de programmation sportive. Nous y avons déjà diffusé quelques épreuves du championnat du monde de natation cet été. Eux s’intéressent à certains sports peut être un peu différents, un peu plus festifs. On diffusera prochainement un tournoi de beach soccer à Tahiti.

La co-diffusion d’événements avec les chaînes de sport payantes représente-elle une solution satisfaisante.

Oui, pour certains événements comme la coupe de France de football, que nous co-diffusons avec Eurosport. Les chaînes de sport ont besoin de volume et nous d’événements. Concernant la coupe de France de foot, nous avons concédé à Eurosport un volume de matchs et nous, nous prenons les affiches. L’idéal, enfin non pas l’idéal, mais disons, une bonne solution pour les chaînes hertziennes gratuites et généralistes qui souhaitent diffuser du sport, c’est de pouvoir avoir une coopération avec une chaîne thématique qui permet de bien répartir une compétition en fonction des besoins de chacune. Le volume pour l’une, l’événement pour l’autre. Cela soulage les  investissements et, pour les vendeurs de droits télé, ce n’est pas une mauvaise opération car ils sont assurés d’une exposition maximale de leurs compétitions et qu’elles seront en partie vues gratuitement.

Si la France arrive en finale de l’Euro de basket qui se déroule actuellement en Lituanie la diffuserez-vous, même si elle est le dimanche en prime time ?

Nous verrons mais, effectivement nous nous positionnerons.

« Chez nous, on a l’impression que jouer au foot c’est aller travailler à la mine »

Et la coupe de la ligue de foot, toujours critiquée chaque année ? La considérez-vous toujours comme un bon produit ?

Oui ! Elle permet aux gens qui n’ont pas les moyens de s’abonner à Canal+, à Eurosport ou à Orange Sport, de voir des équipes professionnelles de Ligue 1 et de Ligue 2 en clair et gratuitement. Maintenant, il y a toujours des discussions, des critiques, au début de la compétition. Mais quand Marseille contre Bordeaux a gagné il y a deux ans, cela faisait 17 ans que le club n’avait pas eu de titre. Il y avait 500 000 personnes sur le Vieux Port pour fêter la victoire en Coupe de la Ligue ! Pour un truc qu’on ne veut soi-disant pas jouer en début de saison !  Quand j’entends certains se plaindre de cette coupe de la Ligue (les clubs par exemple), j’ai parfois l’impression que jouer au foot c’est comme aller travailler à la mine : »c’est trop tard, c’est trop tôt, il fait froid… » On a l’impression que c’est une corvée de jouer au foot ! A 20 ans, jouer deux fois par semaine pour 300 000 euros, on dirait qu’ils vont décharger des cageots à Rungis ! En Angleterre, personne ne se plaint, ils jouent tout le temps, à Noël, au Jour de l’an… Nous, on fait des trêves hivernales de trois semaines, on se croirait en Islande ! Où on est ? Et encore, on protège les clubs engagés en Ligue des Champions puisqu’ils ne rentrent qu’en 8e de finale. La coupe de la Ligue c’est quand même l’occasion pour des clubs qui végètent en milieu de tableau de Ligue 1 de jouer pour une fois au stade de France ou même d’être médiatisés car Canal+ ou Orange Sport ne leur garantissent pas une exposition à la télé. Chez nous, il y a tout de suite une possibilité d’audience de 1,5 – 2 millions de téléspectateurs.

Présidentielle 2012 : « Si on me fait une belle proposition… »

- Dernière question. Vous aurez 65 ans en avril 2012. Envisagez-vous de prendre votre retraite du service des sports ?

Non, pas du tout. Vous savez qu’aujourd’hui on a le droit en France de travailler jusqu’à 70 ans. Je compte bien exercer ce droit.

- L’élection présidentielle 2012 arrive et l’on sait que vous avez un goût prononcé pour la politique. Un site (Ozap) a fait état de rumeurs de départ pour I-Télé. Retourner faire de la politique à la télé est une fin de carrière que vous envisageriez ?

Pour moi, qui n’ai pas toujours évolué dans le milieu du sport, il est vrai qu’une année comme celle-ci donne des envies. Il est vrai aussi qu’il m’arrive de discuter avec des gens. Jusqu’à présent, cela ne s’est jamais concrétisé. Mais si une proposition intéressante m’est faite, une belle proposition, je ne dis pas que je n’y réfléchirais pas. Mais spécialement cette année. Quand on a été journaliste politique pendant trente ans de sa vie, c’est vrai que ça ne me laisse pas indifférent. Et les jours où on m’énerve un peu, j’y pense. Le reste du temps, j’oublie. Mais bon, ce n’est pas le cas même si parfois on me dit « oh tiens…etc ». Concernant I-Télé, j’ai souvent des relations avec des gens de Canal+ pour des raisons sportives, et il est vrai que l’on discute parfois de politique, mais ça n’est jamais allé encore jusque-là.

propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc, en exclusivité pour En Pleine Lucarne (mention et lien obligatoires)

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  3. Daniel Bilalian oublie de dire que sur tous les matches de la coupe du monde de rugby diffusés par France 2 et 3, il y aura un seul match de l’équpe de France. Est-ce que Canal+ a l’exclusivité de la diffusion des matches du XV de France ? Si c’est le cas c’est affligeant.

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