Equipe de France de foot féminin, Tour de France, Roland Garros, la natation, la Ligue 2 depuis la rentrée et, sans doute, prochainement, d’autres satisfactions avec la Pro D2 et, surtout, la coupe du monde de rugby à laquelle Eurosport consacrera une très large place dans sa grille. Sans oublier  l’acquisition de la Division 1 féminine de foot : la chaîne sportive du groupe TF1 a beaucoup fait parler d’elle ces derniers mois et s’apprête à en faire de même lors de ceux qui arrivent. Largement de quoi demander à Arnaud Simon, le directeur général de la chaîne, de commenter et analyser cette belle progression d’audience et d’image depuis un an, de nous parler aussi de ses échecs (Lundi Foot, le JT Sport), de nous expliquer comment et pourquoi il a récupéré l’US Open auprès de Canal+, etc.

Bref, de faire un bilan puis une présentation des ambitions et des nouveautés de rentrée de sa chaîne dont le mot d’ordre sera cette saison de « consolider les acquis » et « bien les accompagner ».

Un long entretien qui marque la rentrée des interviews EPL – donc fleuves -  ainsi qu’une « tournée des patrons » puisque suivront ici très prochainement Benoit Pensivy (l’Equipe TV), Cyril Linette (Canal+), François Pellissier ( TF1), Thierry Cheleman (Direct8) et bien d’autres responsables du sport à la télé. Mais laissons Arnaud Simon ouvrir le bal.

Depuis plusieurs mois, et tout cet été particulièrement, Eurosport a enregistré de nombreux succès d’audience, et d’image. Est-ce uniquement dû aux événements sportifs qui se sont succédé ou à une ligne éditoriale modifiée depuis votre arrivée il y a un an ?

C’est un peu comme au tennis. Quand la balle arrive, si elle arrive bien, encore faut-il être bien placé pour bien la renvoyer. Nous, notre travail, c’est de bien se positionner par rapport à un événement sportif, de bien anticiper, de bien préparer la ligne éditoriale, de façon à être capable de traiter l’événement. C’est ce qu’on a essayé de faire. Et si, par chance, les Français marchent bien dans ces événements, alors on marque des points auprès des téléspectateurs.

Ok, l’événement et les performances des Français priment. Mais il y a un an, vous me disiez ici-même que la priorité d’Eurosport était d’humaniser la chaîne, de se rapprocher du téléspectateur. Vous avez appliqué la recette partout avec plein de magazines. Est-ce un ingrédient du succès ?

Bien sûr, je pense que oui, puisque les résultats de ce repositionnement ont été positifs, même s’il est difficile de savoir, en proportion, l’impact qu’il représente. Mais il est sûr que d’incarner à l’antenne nos événements avec des visages identifiables, des consultants connus, a apporté un plus. Nous sommes aussi montés en gamme dans le choix de nos consultants, avec de la notoriété, un palmarès, pour apporter à l’abonné cette valeur ajoutée qu’il attend quand il paye pour regarder une chaîne. Avoir les droits exclusifs de compétitions c’est bien, mais ça ne suffit plus. Et quand nous avons des droits en co-diffusion, comme ça nous arrive avec France télévisions par exemple avec le Tour de France ou Roland Garros, c’est à nous d’apporter notre valeur complémentaire à celle qu’apporte France Télévisions. C’est pour ça qu’on crée le talk d’Henri Leconte pendant Roland Garros, qu’on fait l’étape Virenque sur le Tour, etc… L’abonné doit en avoir pour son argent.

C’est quand même une orientation nouvelle sur Eurosport, que vous avez mise en œuvre à grande échelle il y a un an seulement…

Oui, on a changé de braquet parce que ce virage là, on ne l’avait pas suffisamment pris alors qu’il y avait un changement de culture de consommation télé. Ce changement a été apporté et développé par nos concurrents, avec des chaînes comme Canal+ ou Canal+Sport, pour donner une signature et une marque de fabrique autour du sport. Nous, à Eurosport, on avait la chance d’avoir une image super forte, avec de très beaux droits. Il était donc nécessaire de s’adapter à cette culture, à cet accompagnement des événements sportifs à l’antenne, pour capitaliser sur nos droits télé.

« On arrête Lundi Foot et le JT Sport »

Un an après, quel est le bilan des succès et des échecs de la formule ? « Lundi foot », le « JT Sport », etc…

Tout ce qui a vraiment bien marché c’est tout ce qui était directement lié à l’événement. Quand on fait « Hors piste » pour les sports d’hiver, « Au contact » après les matchs de rugby, le talk de Leconte ou encore « l’étape Virenque », ça marche bien, non seulement au niveau de la perception de la chaîne par l’abonné, mais aussi en audience. Là on avait les deux.

Et les échecs ?

Ça a été plus compliqué, mais on le devinait, quand on a créé des émissions hebdos déconnectées de l’événement. Le « JT Sport » par exemple. C’était pas mal en audience, mais on était encore un peu loin du compte, il nous aurait fallu trop de temps pour arriver à l’imposer…

Et puis il y avait la concurrence de chaînes comme Infosport+ ou l’Equipe Tv dont l’info est le métier

Oui, voilà. Le « JT sport » a toutefois permis de recréer une dynamique dans la chaîne, notamment au niveau des invités en plateau. Après, il aurait fallu pousser le bouchon un peu plus loin en proposant le « JT Sport » en quotidienne. Et là ça ne valait pas le coup par rapport à la concurrence dans le genre alors que de l’autre côté on avait un retour sur investissement direct quand on collait à l’événement. Donc, on arrête le « JT Sport ».

Et « Lundi foot » aussi ?

Oui, on l’arrête aussi, même si c’est un peu différent dans la mesure où j’étais plutôt enclin à continuer même si on n’était pas dans notre promesse de départ, un peu rock. Mais il y avait quelque chose dans cette émission, quelque chose à creuser. On avait donné la parole à des joueurs de Ligue 1 qui finalement n’apparaissaient pas vraiment ailleurs. On a permis à toute une frange de Ligue 1 de s’exprimer et c’était notre plaisir. Mais là-dessus, et c’est une bonne nouvelle, on a décroché 37 matchs de championnat de rugby de Pro D2 et on a été obligé d’arbitrer les choses différemment. D’abord parce qu’il fallait accompagner éditorialement la Pro D2 et parce que rugby est devenu un vrai pilier de la chaîne. Il fallait faire pour la Pro D2 ce que l’on a fait pour la Fédérale 1, donc, une obligation d’investissement.

Et puis, de l’autre côté, on a, cette saison, un championnat de Ligue 2 un peu hors normes avec de grands clubs comme Monaco, Lens, Nantes, avec des joueurs stars qui viennent terminer leur carrière en L2. Il y avait donc une nécessité de renforcer notre offre éditoriale sur le foot. C’est pourquoi on a engagé Steve Savidan comme consultant par exemple. Du coup, pour ces deux raisons, « Lundi Foot » a été sacrifiée.


« Une approche un peu plus rugby de la Ligue 2 »

Les débuts de Steve Savidan, le 29 août pour Monaco-Lens, marquent donc le renforcement de votre offre Ligue 2 ?

Oui. On aura un avant-match de 40 minutes le lundi dans lequel on retrouvera Steve et Thomas Bihel. Dans lequel on aura aussi des résumés des matchs du week-end, des reportages que réalisera Savidan régulièrement pendant la saison au sein des clubs de L2. Il y a aura également une rubrique avec Ulrich Ramé qui nous fera vivre tous les quinze jours sa vision de la Ligue 2 lui qui est devenu une sorte de grand-frère à Sedan après toute une carrière passée en L1. Puis, après le match, un debrief d’un quart d’heure-vingt minutes environ, rapide mais intense, avec coulisses dans les vestiaires, très vivant, etc. On cherchait, au-delà du duo très solide Christophe Jammot-Jean-Luc Arribart, un consultant tout-terrain sympa, qui ait une proximité avec les gens, qui a un capital sympathie fort. On a pensé à lui en premier. Steve Savidan ne savait plus trop sur quel pied danser de son côté (à Canal+, ndlr) quand on lui a proposé. Il sera également homme de terrain pendant les matchs.

Un baroud d’honneur puisque ce serait, à priori, votre dernière saison de Ligue 2 si CFoot récupère le match du lundi comme il en est question ?

Non, pas obligatoirement. Le contrat avec la LFP ne s’arrête pas en fin de saison, mais il prévoit en effet des options de sortie, pour nous ou pour la Ligue si elle le souhaite. Nous, on va vivre cette saison pleinement, on y apporte encore des améliorations, on customise l’événement. On essaye d’avoir une approche un peu rugby de la Ligue 2 pour la rendre encore plus proche des téléspectateurs. Puis on va voir. Pour le moment, Eurosport et la Ligue 2 c’est une longue histoire. Rien ne dit qu’elle va s’arrêter.

« Division 1 féminine : on ne va pas la survendre, ce serait contre-productif »

Parlons une minute du foot féminin. Vous le suivez certes, avec la Ligue des champions, les Bleues ont explosé les records d’audience cet été pendant la coupe du monde, chez vous ou sur Direct 8, et voilà que vous achetez la D1 féminine. N’est-ce pas un peu démago d’acheter un championnat qui existe à peine et dont le niveau est très faible ? Ça sent juste le coup de pub, pour l’image, mais derrière, rien…

Déjà, pour nous, le foot féminin, ce n’est pas un coup d’image. On y est depuis longtemps ne serait-ce que par la culture européenne de la chaîne avec des pays où le foot féminin cartonne comme en Allemagne, en Suède et on diffuse la Ligue des Champions depuis plusieurs saisons. Il se trouve que la coupe du monde a créé de l’affectif pour ces joueuses et qu’on a vu que le foot féminin arrivait à maturité, tactiquement plus abouti, physiquement plus costaud, etc. Après, on va continuer la Champion’s league féminine, on a les droits de l’Euro 2013. Pourquoi ne ferait-on pas de la Division 1 féminine ? Je rejoins le discours que tient souvent Daniel Bilalian de France Télévisions, notre rôle à Eurosport c’est aussi d’accompagner le développement de sports ou disciplines moins médiatisés, moins développés. Quand on est les premiers à mettre du biathlon en direct par exemple, ça va dans ce sens. Il nous a donc semblé intéressant de continuer avec les filles en prenant la D1.

Vous allez quand même avoir du mal à valoriser des matchs qui risquent d’être très médiocres.

C’est vrai que la D1 féminine aujourd’hui est un championnat qui n’existe presque pas. Il y a quelques clubs et nous n’allons pas nous amuser à survendre la chose, ce serait complètement contre-productif. On a proposé une sélection qui va permettre d’offrir les meilleures affiches (voir ici), mais on va aussi raconter des histoires. Nous nous inscrivons dans une tendance, c’est vrai, qui veut que tout le monde aujourd’hui aime le foot féminin, et je ne vois pas pourquoi Eurosport n’aurait pas le droit d’être dans la tendance. Direct 8 avait aussi toute la légitimité d’acquérir ces droits. Mais nous allons en profiter pour faire découvrir un milieu, un monde, des femmes, des quotidiens différents de ceux des joueurs pros masculins. On ne va pas essayer de faire du foot féminin ce qu’il n’est pas. C’est une première expérience à la télé. On va faire au mieux pour le valoriser.

« La coupe du monde de rugby ? Un projet de jeu et un projet de vie pour Eurosport »

La LFP n’a pas vendu tous ses lots concernant les droits de la Ligue 1 2012-2016. Pourquoi ne pas acquérir le match du samedi soir qui reste à vendre par exemple ?

Tout simplement parce que ce n’est pas dans notre économie d’échelle. Le foot est très important pour une chaîne sportive mais nous ne voulons pas déséquilibrer la force de notre offre. Eurosport repose sur six piliers importants : cyclisme, sports mécaniques, foot, rugby, tennis, sports d’hiver. On se doit de proposer à chaque passionné de ces univers des programmes forts. Se mettre sur la guerre du foot ne sert donc à rien car il faudrait à nouveau faire des arbitrages économiques aux dépends d’autres univers de la chaîne, ce qui serait une erreur par rapport à ce qui fait l’adn de la chaîne. Le foot est extrêmement important, mais le reste aussi car les fans de moto viennent chez nous pour voir de la moto de qualité, pas du foot ou du rugby. Et puis on ne peut pas tout acheter, il faut se fixer des priorités. Déjà celle de bien accompagner ce qu’on a pour le rendre plus efficace.

Le rugby est devenu l’un des produits vedettes d’Europe, de la Fédérale 1 à la Challenge Cup. Et bientôt la coupe du monde qui arrive et pour laquelle vous déployez de gros moyens. Comment comptez-vous vous démarquer de la forte concurrence TF1, France Télévisions et Canal+ ? En proposant les matchs en différé pour qu’ils soient plus accessibles aux téléspectateurs à cause du décalage horaire ?

Non, je pense plutôt que notre marque de fabrique se situera au niveau de l’émission quotidienne que l’on met en place, « Au contact de la coupe du monde ». Avec cette émission qui sera présente même pendant les temps faibles de l’épreuve avec des jours sans matchs, on veut créer une habitude de consommation de la chaîne le soir qui, comme dit Bruno Bini, l’entraîneur de l’équipe de France de foot féminin, identifie un projet de vie et un projet de jeu. Pour nous, cette émission c’est ça : c’est un projet de jeu, pour décrypter, analyser, à un bon horaire puisqu’avec le décalage on pourra être en direct avec la Nouvelle- Zélande le matin pour les conférences de l’équipe de France, mais cette émission doit être aussi un projet de vie incarné par le casting de l’émission. On n’a pas que des trois-quarts aile beaux gosses, on a aussi des piliers, des gens de différentes générations, Dintrans, Garruet, qui vont représenter toutes les équipes de France. Et j’aimerais que cette émission en plus d’être une émission de décryptage qu’elle soit un moment de convivialité, naturel, humble. Que l’abonné soit content d’arriver à 22h30 et de se poser avec ces rugbymen qui ont tous de vraies personnalités, des histoires à raconter. Et puis, « Au contact de la coupe du monde » va installer la chaîne dans l’esprit rugby, dans l’attitude rugby, ce qui va bien nous aider puisque simultanément on va démarrer la Pro D2. Quant aux matchs en décalés je suis bien incapable de dire si cette formule plaira. Ce sera peut-être une bonne surprise. Mais je compte surtout sur ce rendez-vous qui va permettre à Eurosport de renforcer sa marque, son image et se servir d’ « Au Contact » de plate-forme, de carrefour de tout ce qui peut se passer sur la chaîne.

La pro D2 bénéficiera d’un magazine ?

On déclinera la pro D2 comme on le fait ailleurs, avec chaque week end un match, l ’avant-match, etc… Et puis on a aussi la Challenge Cup, qui offrira encore un plateau très relevé cette année. De la fédérale, en passant par la Pro D2 et l’Europe, qui nous permet de voir des clubs français du Top 14, Eurosport offre un panel très large pour le passionné de rugby.

« J’ai milité pour récupérer les droits de l’US Open »

Parlons maintenant tennis avec l’arrivée en exclusivité et en intégralité de l’US Open. Que s’est-il passé avec Canal+, qui diffusait le tournoi masculin, pour en arriver à la priver de ce tournoi du Grand Chelem ?

D’abord, l’US Open est un droit Eurosport. Si jusqu’à présent Canal+ diffusait c’est parce qu’il y avait un échange contractuel entre nos groupes, l’US Open pour Canal contre des images de championnats de foot européen pour Téléfoot. Moi, en tant que patron d’Eurosport France, mon devoir était de faire le lobbying pour récupérer ces droits parce que j’estime que c’est une belle compétition pour ma chaîne. C’est une volonté d’Eurosport de défendre sa paroisse donc. Maintenant, je n’ai pas été le décisionnaire final dans le fait de changer le contrat qu’on avait avec Canal. Et puis, plus globalement, je trouvais que la visibilité pour les téléspectateurs n’était pas bonne. Un tournoi coupé en deux avec une programmation complexe. C’est pourquoi j’ai milité pour ça. Ensuite, les circonstances ont fait que…

C’est quoi les circonstances ?

Ce ne n’est pas tellement le sujet. Il faut surtout voir aussi que depuis trois ans, le circuit a changé. Il y a trois ans, on avait encore Amélie Mauresmo dans le circuit féminin qu’on diffusait et croyez-moi ça amenait du monde devant l’écran quand elle jouait. Elle avait un impact médiatique et d’audience fort. De l’autre côté, sur le circuit masculin, même s’il était déjà costaud, les Français n’étaient pas au niveau où ils sont aujourd’hui, (4 dans les 13 premiers du classement ATP, ndlr) et à côté il n’y avait que Federer et Nadal. Tout ça a changé. Amélie n’est plus là et chez les hommes les Français et Djokovic pimentent le circuit. Ce qui pouvait paraître équitable pour nos Eurosport et Canal il y a trois ans ne l’est plus forcément aujourd’hui.

Du coup, Canal ne donnera plus d’images de foot étranger à Téléfoot.

Là encore je ne sais pas. Ça concerne TF1 et c’est pour ça que je parle uniquement en tant que patron d’Eurosport France car vous avez bien compris que tout ça dépasse le cadre de ma chaîne dans la décision finale. Moi, j’ai juste envie d’avoir la chaîne la plus forte possible et je n’ai milité que pour garder nos droits

Droits qui concernent aussi l’Open d’Australie donc si l’on comprend bien ?

On verra. En tout cas j’ai fait la même demande pour l’Open d’Australie.

Le rapatriement de ces droits a-t-il aussi été influencé par le fait qu’Al Jazeera lancera sa chaîne sport en 2012 en France ?

Très honnêtement, non. Ce sera peut-être une question qu’on se posera l’année prochaine, mais pas maintenant. Nous, on se concentre sur le quotidien avec l’objectif d’avoir le produit le plus fort et le meilleur possible. Ensuite, on verra bien ce qui se passe. Nous, on est confiant pour Eurosport qui est une marque solide, bien implantée avec une belle offre. Et puis pour l’US Open, on va pour la première fois faire jouer la complémentarité avec notre autre chaîne Eurosport 2.

Pour l’US Open, Amélie Mauresmo revient en consultante, ainsi que Patrick Mouratoglou, mais pas Henri Leconte, pourquoi ? Ça s’est décidé trop tard pour monter une émission ?

Non, c’est juste qu’avec le décalage horaire c’était compliqué et pas très pratique de proposer quelque chose. On aura Leconte de manière différente, depuis Paris qui, en fin de tournoi, au stade des demi-finales sans doute, nous livrera son analyse.

« On ne peut pas tout acheter. L’objectif est déjà de bien accompagner ce que l’on a »

Pourquoi ne pas avoir acheté les droits du championnat du monde de judo de Paris-Bercy alors que personne n’a répondu l’appel d’offre et qu’ils ne coûtaient rien finalement ?

Ça coûtait quand même le prix de la production et de la captation en direct, ce n’est pas rien sur une semaine. Pour nous, c’était un investissement important, au mois d’août, avec des audiences qui auraient été faibles probablement. Si on avait pu se permettre, on l’aurait fait, mais il faut faire des choix. Je pense que la Division 1 féminine a un potentiel d’audience supérieur. Et après, c’est toujours pareil, ça dépend comment on raconte l’histoire. La Division 1 féminine c’est un feuilleton. Les championnats du monde de judo est un magnifique événement, avec des stars françaises, mais on ne peut pas tout faire non plus, un peu la mort dans l’âme d’ailleurs. Mais on fait déjà beaucoup de choses.

Quels sont les prochains axes de développement d’Eurosport ? L’athlétisme, la natation ?

Entre autres. On a resigné avec les deux disciplines (AthléNatation). On va surtout continuer de consolider nos piliers. Cyclisme, on a quasiment tout, tennis, on a ramené à la maison ce qui nous appartenait, sports d’hiver, on a tout, sports mécaniques, on est quand même très complet avec reconduction du contrat moto pour trois ans, la Formule 1 pour encore une saison, le rugby, on fait beaucoup de choses, le foot on a encore la coupe de France et toujours la Ligue 2. Après, on pourrait toujours rajouter des choses, mais on a déjà une chaîne qui a un panel très large et très riche, concentrons-nous dessus pour être capable de bien le valoriser, de l’accompagner. Et puis il y a Eurosport 2, qui est une chaîne pan-européenne mais pour qui, petit à petit, on essaye, quand on le peut, de faire une programmation France. Elle va aussi nous servir, quand il y a aura des gros clashs entre différentes compétitions, de programmer nos événements. Un exemple qui va venir vite, on ne va pas couper le match de Ligue 2 du 29 août pour passer l’US Open. En cela, Eurosport 2 nous permettra de proposer les deux événements. Cela va plus en plus dans le sens de l’histoire de ces deux chaînes pour mieux exploiter nos droits.

Propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc en exclusivité pour En Pleine Lucarne

@photos Eurosport

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Vincent Rousselet-Blanc

(8) Readers Comments

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  6. C’est vrai qu’il calme le jeu, il fait celui qui n’est pas au courant des négociations.

    « Il y a trois ans( …) De l’autre côté, sur le circuit masculin, même s’il était déjà costaud, les Français n’étaient pas au niveau où ils sont aujourd’hui. » Faudrait dire à ce monsieur qu’en 2008, ya 3 ans donc, Tsonga et Simon étaient à la Masters Cup ( ATP world tours finals ), que Tsonga gagnait Bercy et qu’il était en finale de L’Australian Open…Qu’en 2007, Gasquet faisait demi à Wimbledon….
    Mr Simon, révisez vos fiches. Je ne sais meme qui peut suivre le circuit WTA sur Eurosport…j’aimerais bien connaitre votre audience avec Wozniacki…

    @Mr Rousselet -Blanc : Vous avez oublié de lui demander si Eurosport allait rester exclue de canalsat aux contraires des autres chaines TF1 ou bien etre disponible chez les FAI.

    • Mr Simon précise bien qu’il y a trois ans le circuit était « déjà costaud »…mais juge qu’il est plus intéressant aujourd’hui.

      Et oui je lui ai demandé pour l’exclu Eurosport. Il ne peut répondre car c’est une décision de groupe (TF1) mais si vous suivez sa logique, ilest évident qu’Eurosport a intêrét à être vue par le plus grand nombre et donc ne plus dépendre de CanalSat uniquement. Eurosport ne devrait donc plus être en exclu sur Canal Sat, mais ça se discute encore car le groupe TF1 doit mesurer l’intérêt financier de se retirer du giron exclusif CanalSat (qui verse beaucoup d’argent pour cette exclu des chaînes TF1) et ce qu’il pourrait en retirer financièrement en se mettant à la disposition de tous les FAI. C’est une décision économique.

      Merci de nous lire et d’apporter vos commentaires. C’est toujours bien d’apporter une analyse et des critiqueseperso quand elles sont fondées comme la votre. Merci

  7. Donc en gros si ça ne s’arrange pas, il restera que Wimbledon sur canal ? Apres, vive la langue de bois, il a pas besoin de cacher les tensions entre TF1 et Canal hein…

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