Le Tour de France a repris la route le 2 juillet dernier pour sa 98e édition. Pour le troisième événement le plus suivi à la télévision après les J.O et la Coupe du Monde de foot, Eurosport, un des diffuseurs historiques, propose 21 jours de direct et plus de 80 heures d’antenne. C’est un vrai marathon qui démarre pour les équipes de la chaîne sportive. Nous avons pu les suivre pendant une étape : plongée dans les coulisses d’une machinerie complexe mais bien huilée.

 

Guillaume Di Grazia lance la journée avec Départ Fictif – Premier rendez-vous de la journée, Départ Fictif, animé par Guillaume Di Grazia. Pendant les quinze minutes précédant le départ, ce pur produit de la chaîne (il y est rentré en stage et ne l’a plus quittée) va à la rencontre des différents acteurs du Tour pour prendre la température sur le départ et recueillir les dernières infos pour bien appréhender l’étape à suivre.

La voiture Eurosport aux couleurs de L'étape de Virenque

Ensuite, direction la zone technique où Guillaume Di Grazia suit la course et commence à préparer L’Etape de Virenque, magazine dans lequel l’ancien coureur livre chaque soir à 20h son analyse de la dernière étape et anticipe celle du lendemain. « Je choisis le contenu global et j’en parle avec Richard » précise Guillaume. « La construction de l’émission se fait au pas de course. Entre l’arrivée et le moment ou nous enregistrons, il ne se passe qu’une demi-heure. Heureusement que nous avons l’aide d’Eurosport International avec ses trois équipes de tournage. Nous récupérons aussi leurs images pour construire les magazines ».

Guillaume Di Grazia (à gauche) dans le car régie

Dans le car régie d’Eurosport,  Guillaume Di Grazia et ses équipes sont presque dans le noir, mais c’est l’effervescence. En plus du signal vidéo international (produit par France Télévision), Eurosport dispose d’un signal privatif et de ses propres équipes de production : « Si l’on compte les techniciens, les cadreurs, les journalistes, nous sommes 25 à travailler sur le Tour. Il faut ajouter ceux qui travaillent depuis la chaîne à Paris. En tout, plus de trente personnes sont mobilisées en permanence », ajoute Guillaume, qui s’occupe aussi de la coordination éditoriale entre la France et l’International. La chaîne sportive du Groupe TF1 propose ainsi des contenus exclusifs pour agrémenter les directs et les magazines.

Le car régie vu de l'intérieur

 
Richard Virenque, toujours fidèle à Eurosport –
Au même moment, le consultant vedette d’Eurosport, Richard Virenque s’affaire dans le Village du Tour. Souriant et détendu à quelques minutes de sa prise d’antenne, il confie : «  Je suis très heureux sur le Tour et je n’ai jamais la pression avant le direct. J’ai envie que ca commence ! Le seul moment où je suis moins à l’aise, c’est lorsque j’interviewe les coureurs. C’est bête, mais ils m’impressionnent, je les regarde un peu comme des héros ».
Une humilité de taille. Comme sa cote de popularité, qui ne flanche pas avec les années. Tout au long de la journée, il est sollicité pour signer des autographes, prendre des photos avec les fans, toutes générations confondues. Malgré son timing très serré, il dit toujours oui.

Richard Virenque dans le Village du Tour

Après avoir honoré ses obligations avec les sponsors, Richard Virenque court jusqu’à la zone technique du Tour de France, pour rejoindre Jacky Durand et Alexandre Pasteur dans le studio des commentateurs. Un long bâtiment éphémère bourré de technologie où sont réunies les  équipes d’Eurosport. Dans les petites cabines collées les unes aux autres, on parle anglais, allemand, espagnol ou italien.

Les cabines de commentateurs

Pas de temps mort pour l’ancien champion, il arrive juste à temps pour le départ et prend immédiatement le micro, alors que ses complices sont déjà en direct depuis 15 mn pour présenter l’étape. Aucun souci pour se mettre dans le bain instantanément, il maîtrise trop bien le sujet.

Une triplette de commentateurs inédite… sur le Tour – Le trio Virenque/Pasteur/Durand est réuni pour la première fois sur le Tour de France mais, à les entendre pendant les directs (et en dehors), on pourrait penser qu’ils commentent ensemble depuis des années. Pourtant, la triplette n‘a pu se faire la main que sur quelques épreuves avant la  grand messe de la « petite reine ». « On a seulement pu s’entraîner sur le Paris-Nice et le Dauphiné Libéré», explique Alexandre Pasteur, commentateur principal de l’équipe.

Richard Virenque, Alexandre Pasteur (arrière plan) et Jacky Durand (premier plan)

Plus connu pour être la « Voix » du ski sur Eurosport, mais passionné de vélo depuis toujours, Alexandre Pasteur a souvent commenté des courses depuis son arrivée sur la chaîne « car il y a un gros volume de diffusion, plus de 160 jours à l’année sur Eurosport ». A l’époque, il faisait plutôt des « extras » : « J’ai commencé par des remplacements de Patrick Chassé, (l’ex-spécialiste de la chaîne), pendant ses vacances. Après son départ l’année dernière, la direction de la chaîne m’a proposé de m’investir davantage dans le vélo. J’ai accepté à la condition de ne pas faire toute la saison car je suis très attaché à mes autres disciplines », ajoute-t-il.

Alexandre Pasteur aux commentaires

On le connaît (un peu) moins que Richard Virenque, mais les amateurs se souviennent sans doute de Jacky Durand, cet habitué des longues échappées, vainqueur du Tour de Flandres (1992), du Paris-Tour (1997) et de plusieurs étapes sur le Tour de France. Depuis sept ans, il est l’un des commentateurs du cyclisme sur Eurosport : « Ma première grande course en tant que commentateur c’était Milan-San Remo, avec Patrick Chassé ». Depuis, il est associé à quasiment toutes les grandes épreuves cyclistes diffusées sur la chaîne. Sur la nouvelle triplette, il dit : «  Avec Richard (Virenque), on se connaissait, on est assez complices et on essaie de se titiller à l’antenne. Il arrive même que l’on soit d’accord sur certains points mais que l’on se contredise pour créer le débat. Alexandre Pasteur se demandait plus comment ça allait se passer. Mais il a tout de suite assimilé notre style et notre ton. Et, en plus, c’est un vrai connaisseur, ça n’a posé aucun problème, il a tout de suite su dans quel direction aller ».

On le sent vraiment passionné et heureux sur le Tour, même s’il évoque une petite frustration liée au direct : « On ne peut jamais être sur le départ puisqu’on doit être sur la ligne d’arrivée avant que l’étape ne démarre. On peut parfois passer plusieurs jours sans voir de coureurs ». Mais grâce à son réseau, il arrive à avoir des infos que d’autres n’auraient pas : «  C’est surtout le soir que ca se passe. J’ai un bon carnet d’adresse donc je passe des coups de fils aux équipes et à certains coureurs. Et, s’il y a des équipes sur la route de l’hôtel, on essaie de passer les voir ».

Jacky Durand

Un vrai style Eurosport – Dès le départ de l’étape, on sent tout de suite la « patte » de la triplette. Très dynamique et enjouée, très communicative, mais technique aussi. Les commentaires s’enchainent rapidement sans se croiser ou se bousculer, les tonalités montent pendant les temps forts, les petites « vannes » distillées entre les trois allègent le tout… L’équilibre est là, le rythme déjà soutenu en ce début de Tour de France.
Et du rythme, il en faut pour animer les quatre heures de direct quotidiennes. « Pouvoir meubler en parlant d’autre chose que de la course, sans être rébarbatif, est essentiel », explique Alexandre Pasteur. « C’est pour cela que je me prépare au maximum avant chaque étape. Les digressions géographiques ou historiques nous permettent de rythmer le direct lorsqu’on en ressent la nécessité. Le  tout en gardant un ton léger car le tour c’est avant une fête ».

Alexandre reconnait aussi qu’être entouré de Richard Virenque et Jacky Durand, ça aide… Les deux consultants sont en effet connus pour leur décontraction : « Même si on ne plaisante pas avec la course et les aspects techniques et sportifs, on commente dans une atmosphère de bonne humeur qu’on tente de partager avec les téléspectateurs. C’est sans doute cela, le style Eurosport », explique-t-il.

Fin de l’étape… en route vers la prochaine - A la fin de la course, les commentateurs sont fatigués mais satisfaits. Sans tarder, les équipes d’Eurosport reprennent la route pour se déplacer avec le Peloton : « Nous bougeons tous les jours et devons arriver dans les villes d’arrivée (d’où ils commentent) avant le début des étapes. Au total, on va parcourir près de 7000 km. C’est vrai que c’est très fatiguant, mais on se régale », conclut Alexandre Pasteur. Un sentiment partagé par Guillaume Di Grazia qui, au bout de dix participations, ressent toujours à la fin du Tour « un grand vide, un manque. Comme une sorte de  « baby blues ». Après avoir été dans l’action pendant un mois, tout s’arrête d’un coup, c’est violent… ». Mais il n’aura pas à attendre trop longtemps ses retrouvailles avec le Peloton. Après quelques jours de vacances, il repart pour un tour de piste avec la Vuelta, dès le 20 Août sur Eurosport

Le Tour de France sur Eurosport :
Départ fictif, présenté tous les jours par Guillaume Di Grazia, à ¼ d’heure du départ.
Toutes les étapes retransmises en direct et en intégralité, commentées par Alexandre Pasteur et Jacky Durand avec Richard Virenque.
L’étape de Virenque, présenté par Guillaume Di Grazia avec Richard Virenque, tous les soirs à 20h.

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Vincent Rousselet-Blanc

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