Entretiens EPL Les News — 13 juillet 2011

A quelques jours de leur départ pour Singapour, pour s’entraîner, puis vers Shangaï, en Chine, pour y disputer les championnats du monde de natation (programme complet Eurosport et France Télévisions), l’équipe de France au grand complet a reçu quelques journalistes privilégiés à leur hôtel du Blanc Mesnil, dans la région parisienne, pour livrer leurs dernières impressions avant le départ.

En Pleine Lucarne, invité par Eurosport qui profitait de l’occasion pour annoncer la signature d’un partenariat de 4 ans avec la Fédération Française de natation, en faisait partie.

Le premier à répondre quelques minutes aux questions fut Frédérick Bousquet, sur qui l’on compte pour ramener l’or sur un 50 mètres nage libre qui, selon lui, promet monts et merveilles. Si Mr Manaudou n’a pas voulu s’exprimer sur le cas présumé de dopage du Brésilien Cielo, son principal rival, le nageur français s’est étendu sur tout le reste.

Cesar Cielo ou pas, s’il est suspendu pour dopage, vous êtes l’un des grands favoris du 50m nage libre…

(il enchaîne) Avant de penser à la finale, il va falloir passer par le cap des séries et des demi-finales qui vont comporter beaucoup de pièges. La bataille sur 50m à ces championnats du monde va être énorme. Avant, il y avait un ou deux nageurs au-dessus des autres, cette année nous sommes 5-6 à pouvoir lutter pour le titre. C’est super super serré. Il va falloir faire très attention dès la première course. Ce 50m promet !

C’est quoi le secret de la préparation à quelques jours des mondiaux : ne plus s’intéresser qu’à soi-même ?

Oui, c’est exactement ça. Il faut réserver toute son énergie à la concentration, la préparation et à la natation. Je vais rentrer dans ma bulle et me préparer peu à peu à entrer dans la compétition, mentalement, me projeter déjà là-bas quand nous serons à Singapour pour les derniers entraînements. On a beau faire partie d’une super équipe, où l’ambiance est très bonne, où l’on est tous heureux de se retrouver, de vivre ensemble, c’est pour tous les nageurs pareil, il faut savoir devenir égoïste à un moment donné. Chacun ne se prépare pas de la même façon.

Il faudra aussi gérer le décalage horaire ?

Oui, d’autant qu’on sait que lorsque l’on va vers l’Est, il est plus difficile à gérer que vers l’Ouest. Mais la Fédération Française a fait les choses de sorte que l’on va arriver tôt sur place. La première journée sera longue. Les deux trois premiers jours sont toujours déterminants. Il faudra par exemple s’empêcher d’aller dormir dans l’après-midi si on en a envie pour prendre rapidement le rythme de la journée en Asie. Il faudra aller marcher, en profiter pour aller découvrir la piscine, plutôt que de faire une sieste parce qu’on sait que c’est la nuit en France, etc… Mais il n’y aura pas de problèmes, on sera suivi par nos spécialistes qui nous le rappelleront et puis je suis un peu habitué maintenant (rires).

Repérer le bassin dans lequel vous allez nager, est-ce un détail important pour vous ?

Bien sûr que je vais aller le repérer quand on arrivera sur Shangaï. J’en ai besoin, j’ai une vraie curiosité pour les salles et les bassins où je vais nager. Je télécharge des photos sur Internet. Apparemment, celle de Shangaï a l’air énorme, à l’image de la ville de Shangaï. Ca joue énormément sur le mental de rentrer dans un bassin qui est beau, éclairé, moderne. Parfois ça peut être très froid. Après c’est une question d’adaptation. Voir la piscine avant permet aussi de marquer quelques premiers repères, de savoir où sera la chambre d’appel, à quoi elle va ressembler, savoir où on va se mettre, où on s’échauffera, où sera le groupe France, etc…Ce sont autant de petits détails auxquels on n’aura plus ensuite à penser, ce qui optimise la concentration. Si on n’a pas ces repères, le premier jour de la compétition, on peut se poser des questions, se disperser à droite à gauche. Ce n’est pas bon.

Et la présence du public, est-ce un élément dont vous tenez compte où êtes-vous si concentré que ça ne joue pas.

Ca dépend du public. A Budapest, aux derniers championnats d’Europe, il y avait beaucoup de Français dans le public. Ca nous a vraiment fait du bien. C’est comme quand on nage à Paris, le public est derrière nous, fait du bruit.

Les premiers résultats des premiers nageurs à l’eau dans la compétition influencent-ils ou non les bons ou mauvais résultats des nageurs qui suivront ?

Quand les premiers à se mettre à l’eau la première matinée performent, alors oui, ça crée une émulation au sein du groupe. Ca lance la compétition et ça donne le moral à tout le monde. Maintenant, le contraire n’est pas vrai. Ce n’est pas parce qu’un Français ne va pas réussir sa première course que les autres vont se démoraliser et que ça va influer sur l’ensemble de l’équipe car nous avons chacun des modes de préparation différents, des personnalités différentes.

Propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc pour En Pleine Lucarne.

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