Entretiens EPL — 23 juillet 2011

La veille de son départ pour Singapour, pour s’entraîner, puis vers Shangaï, en Chine, pour y disputer les championnats du monde de natation (voir programme Eurosport et France Télévisions), l’équipe de France au grand complet a reçu quelques journalistes privilégiés à leur hôtel du Blanc Mesnil, dans la région parisienne, pour livrer leurs dernières impressions avant le départ.

Après Frédérick Bousquet et Alain Bernard, c’est au tour de Fabien Gilot de nous répondre.  Un Fabien Gilot qui a réussi l’exploit de se qualifier sur 100m, là où Alain Bernard a échoué. C’est dire le niveau du Français qui aura fort à faire dans cette épreuve. Mais sa médaille d’argent aux championnats du monde petit bassin 2010 fait de lui un solide prétendant. Même s’il s’en défend un peu et avoue aborder l’épreuve sans réelle pression. Car pour lui le principal objectif reste les Jeux Olympiques 2012 à Londres.

Ce rassemblement marque-t-il vraiment l’entrée dans la compétition ?

Oui, c’est sûr, car maintenant le meilleur arrive. Déjà, j’ai retrouvé l’équipe de France. C’est une ambiance et une atmosphère différentes qui font que notre quotidien est un peu plus tourné vers le haut niveau. On commence à parler du planning, des installations, de l’alimentation, de l’hydratation, du climat qui, selon moi, sera le principal problème à gérer car il faudra éviter toute déshydratation… La pression monte, on commence vraiment à mettre les pieds dans ce championnat du monde. Il me tarde d’y être.

Le 100m est-il promis à Cesar Cielo, le brésilien ?

Non, surtout pas cette année. Autant je pense qu’il y a eu de grands 100m dans le passé, qu’il y a eu des nageurs qui ont éclaboussé la distance de par leur classe et leurs résultats, autant je pense que cet été on va assister au plus beau 100m de l’histoire de la natation, car il ne sera jamais autant disputé. Donc cela ne sert à rien de se focaliser sur un homme. Moi j’en vois 4, 5 ou 6 à battre cette année et je ne ferai pas l’erreur de sous estimer un seul de ces mecs pendant les séries ou les finales. Pour me glisser en finale, j’ai 7 hommes à battre. Inutile de me concentrer sur les problèmes de dopage ou non de Cielo car aujourd’hui je ne pense pas que ce soit l’homme le plus dangereux sur 100m.

Qui redoutez-vous ?

L’Américain Adrian, l’Australien Magnussen, l’allemand Di Carli, etc…Il y a beaucoup de gros clients. Déjà, rien qu’en demi finale, il faudra aller très très vite pour entrer en finale. Aujourd’hui, ce 100m représente une loterie différente que de par le passé car la concurrence est serrée et moi ça me plaît, je trouve ça excitant.

Si serré que le podium n’est vraiment pas assuré…

C’est sûr. Je prends part à la compétition que j’aime mais, en cas de défaite, ce n’est pas grave car je trouve toujours positif de sortir d’une compétition avec un peu d’amertume, un petit regret. C’est ce qui m’aide à me propulser pour la saison d’après. Et, pour ma part, vu la saison que je viens de passer (blessure), je prends vraiment les championnats du monde comme une étape pour la suite, l’antichambre de l’année prochaine. A Shangaï, je vais juste voir ce que mon corps va être capable de fournir, malgré une blessure aujourd’hui oubliée. Je vais profiter de Shangaï pour rester concentré sur moi-même, pour prendre des infos sur mon état, et vu les problèmes que j’ai eu cette année, ça ne m’a pas trop mal souri pour le moment.

Clairement donc, vous donnez la priorité aux jeux Olympiques de Londres 2012 ?

Oui. Il n’y a que ça dans notre tête. Dans ma tête, il n’y a que les Jeux Olympiques. Si j’ai un titre de champion du monde, volontiers, je le prends, mais c’est l’année prochaine qui compte. Etre champion du monde, on a souvent l’occasion d’y parvenir, mais être champion olympique, non. Je suis entrain d’arriver à maturité et ces Mondiaux seront un bon indicateur pour la suite.

Maturité à quel niveau ?

La maturité d’une méthode de travail et puis personnelle. J’ai surtout appris à gérer mes émotions. J’ai deux gros défauts : je suis quelqu’un de très impatient et de très émotif. Je ne suis donc pas devenu plus égoïste comme on a pu le croire ici et là, je contrôle juste mieux tout ça. J’ai aussi appris à mieux gérer mon temps sur une semaine de compétition pour tenir toute la semaine. Bref, ces dernières années, j’ai beaucoup appris sur moi-même, grâce à la cellule que j’ai mise en place autour de moi : kiné, coach, médecin, osthéo, préparation mentale, diététique, etc… Tu ne peux pas réussir au haut niveau, devenir champion olympique ou champion du monde seul. Dans les compétitions nationales ou internationales, j’ai souvent fini 2e ou 3e, ok. Mais i tu regardes mes performances depuis que je suis en équipe de France, elles sont linéaires et en progression. Rendez-vous donc dans les mois à venir (rires).

propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc pour En pleine Lucarne

La fiche de Fabien Gilot

27 ans, 1m94, 85 kg

Engagé sur 100m nage libre, relais 4x100m et relais 4×100 4 nages

Rang mondial 2011 : 100m : 4e

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Vincent Rousselet-Blanc

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