(Crédit Abaca Press pour RTL)

Encore jeune retraité du tennis et consultant RTL pour la deuxième année, Fabrice Santoro se plaît de plus en plus dans la peau d’expert média tennis. On le retrouvera toute la quinzaine aux commentaires de ce Roland Garros 2011 aux côtés d’Isabelle Langé et Jean- Michel Rascol.

Avec 20 participations au tournoi de la Porte d’Auteuil, l’ancien joueur chouchou des Français est donc admirablement bien placé pour apporter son analyse et ses expertises, chaque matin (le dispositif RTL en fin d’interview et le dispositif télé), et faire vivre la compétition de l’intérieur, aux auditeurs de la station de la rue Bayard.

Il nous a semblé donc légitime d’aller lui demander son avis  sur cette reconversion radio et sur le tournoi qui s’annonce comme une formidable bataille à distance entre les deux monstres actuels du tennis mondial : Nadal et Djokovic. Et les Français dans tout ça ? « Ils n’ont pas le niveau ! » assure le consultant de RTL. Interview.

- Tout d’abord, merci d’avoir accepté cette interview pour EPL. Pouvez-vous nous parler de votre rôle de consultant sur RTL ?

Lorsque je jouais sur le circuit professionnel, j’ai très souvent été amené à discuter avec la presse écrite, les radios, les télés. J’ai toujours eu un faible pour la radio : c’est un média que j’aime beaucoup, qui est assez vif, avec des échanges spontanés, et je m’étais dit que, le jour où je mettrais un terme à ma carrière de joueur, je commencerais à travailler avant tout à la radio. Sitôt ma raquette raccrochée, ça a été mon premier choix de reconversion que de me rapprocher de RTL.

- Pensez-vous continuer après Roland Garros dans cette branche ? Peut-être à la télévision ?

Tôt ou tard, je pense que je m’engagerai avec une chaîne de télévision, mais pour autant je n’ai pas du tout envie d’arrêter la radio : c’est quelque chose que je fais très volontiers, qui me plait énormément. En plus, chose non négligeable, j’ai été excessivement bien accueilli chez RTL, j’ai la chance de travailler avec une équipe sympa, de retrouver des sportifs que je côtoie régulièrement … On est une vraie équipe.

- Quels sont vos sentiments vis-à-vis de ce rôle de consultant ? Votre passé de sportif de haut niveau vous permet-il une adaptation plus facile dans ce nouveau costume ?

Sans aucun doute ! Lorsqu’on est sur le circuit, on a un regard qui vient de l’intérieur, on a « la tête dans le guidon », et on ne voit plus les mêmes choses quand on range ses raquettes, qu’on prend un petit peu de recul, on a plus la vision du court, mais celle des tribunes. Cela permet d’analyser différemment, d’informer les auditeurs différemment d’un autre, et de transmettre sa passion par la même occasion.

- Quels sont vos projets après la quinzaine ? Cela vous tenterait de travailler sur Wimbledon et d’autres tournois ?

Oui, et c’est prévu. Je vais continuer avec RTL, tout au long de l’année, de manière à (encore une fois) apporter mon éclairage du circuit, des gros évènements (les tournois majeurs) avec mon point de vue d’ancien joueur.

- Parlons terrain maintenant : quels sont vos pronostics et vos favoris, votre finale de rêve ?

Aujourd’hui, il y a clairement 2 joueurs qui se démarquent : Rafael Nadal, bien sûr, qui a déjà remporté 5 fois ce tournoi, qui n’a perdu qu’un seul match en 6 participations et donc qu’on est obligé de placer comme étant favori. Et il y a aussi Novak Djokovic qui lui aussi surprend tout son monde puisqu’il n’a pas perdu un seul match depuis Novembre 2010. Il a remporté aussi bien des tournois en salle, avec la Coupe Davis, puis l’Open d’Australie en « outdoor », la tournée américaine en extérieur et maintenant la terre battue avec Madrid et Rome : il a montré qu’il était capable de gagner sur tous les continents et sur toutes les surfaces. Il semble invincible.

Maintenant, ça ne nous garantit absolument pas une finale Nadal-Djokovic, mais ce sont les 2 archi-favoris.

- Mais quelles sont les vraies chances de Djokovic ? Malgré ces 2 victoires à Madrid et à Rome, ces victoires étaient en 2 sets, et quand on sait que Roland Garos est un tournoi si particulier …

Tout d’abord, sur un tournoi aussi difficile, aussi long et aussi exigeant qu’est Roland Garros, on ne peut pas affirmer dès le début de la compétition : « On va retrouver Nadal et Djokovic en finale ». Il faut que chacun gagne 6 matchs, ça fait 18 sets minimum à gagner sur 12-13 jours : c’est très compliqué. Tous les joueurs qu’ils vont rencontrer vont être très dangereux, et ça sur toute la quinzaine.

Mais s’ils devaient s’affronter en finale, je donnerais quand même un petit avantage à Nadal : la terre battue, et plus précisément celle de Roland Garros, est son royaume, et battre Nadal en 3 sets maximum c’est déjà très compliqué, mais en 5 sets … Cela devient presque mission impossible ! Donc un petit penchant pour Nadal. Mais bon, n’oublions pas que sur les 4 dernières finales entre ces 2 hommes, Djokovic s’est imposé 4 fois … Psychologiquement, ça joue un rôle très important.

- Richard Gasquet fait un beau retour sur le devant de la scène après un gros passage à vide suite à des problèmes personnels. Pensez-vous qu’il ait une carte à jouer ? Voyez-vous d’autres français aller loin ?

Richard est en effet peut être le joueur français le mieux placé à l’entame du tournoi, parce que, comme vous l’avez dit, il a connu des moments très difficiles, avec des pertes de confiance et des soucis dont on a suffisamment parlé. Mais ensuite il a effectué un retour en 2 temps : tout d’abord de manière très discrète en obtenant de bons résultats mais jamais contre de grands joueurs, provenant du top 15 ou top 20 …

- Comme la victoire au tournoi de Nice l’an passé ?

Oui, mais il l’a fait sans jamais faire de coups d’éclats. En revanche, depuis le mois de Mars, on a commencé à le voir performant sur les gros tournois : sur la tournée américaine, sur le tournoi de Rome où il bat Berdych et Federer … Donc non seulement il est maintenant présent, mais en plus il bat certains des meilleurs joueurs.

- Qu’est-ce qui explique selon vous les grandes difficultés qu’éprouvent les joueurs français Porte d’Auteuil ?

(soupirs) Je ne pense pas que ce soit lié à la pression ou qu’on puisse dire que les joueurs français ont un problème avec Roland Garros : on pourrait le dire si les Français gagnaient ou avaient gagné il y a peu l’US Open, Wimbledon ou encore l’Open d’Australie. En fait, les Français ne gagnent aucun des tournois majeurs, donc ce n’est pas lié à Roland Garros. Ça s’explique par le fait que le niveau mondial est très élevé, il y a énormément de bons joueurs, et on a des français qui font partie du Top 10, du Top 15, du top 20, mais pas du Top 5, tout simplement. En plus, depuis 7-8 ans, la quasi totalité des tournois majeurs reviennent à Federer et Nadal, les autres doivent se contenter des miettes (NDLR : Depuis l’Open d’Australie 2005, sur 25 tournois du Grand Chelem, seulement 4 majeurs ne sont pas revenus à Federer ou Nadal : 2 pour Djokovic, 1 pour Del Potro, 1 pour Safin).

- Est-ce une erreur d’enterrer Federer, qui a déjà prouvé par le contraire qu’il n’était jamais mort, ou estimez-vous qu’il est sur le déclin et qu’il ne peut défendre ses chances comme avant ?

Déjà, je pense qu’il ne dominera plus jamais le tennis comme il l’a fait par le passé, entre 2004 et 2009. Ce n’est pas parce qu’il a régressé, non, mais c’est parce que les autres joueurs ont progressé et sont revenus à sa hauteur. Voire un petit peu dépassé pour certains. Mais il ne faut surtout pas l’enterrer trop vite : un joueur comme ça, avec son expérience et son palmarès, peut à tout moment regagner un titre du Grand Chelem et faire un coup d’éclat. Ce n’est pas un vieux joueur : il aura à peine 31 ans au mois d’août, soit 5 ans de plus que Nadal et 6 de plus que Djokovic. A cet âge-là, on est en pleine forme, en pleine santé, et je le sens encore capable de gagner un Grand Chelem.

- On l’a bien vu avec votre carrière que vous, jusqu’au bout, vous étiez en pleine forme. Quel est votre meilleur souvenir personnel à Roland Garros ?

Ici, mon meilleur souvenir c’est ma victoire face à Marat Safin en 2001, en 16ème de finale. C’est le moment le plus émouvant, une superbe ambiance, une belle victoire.

Propos recueillis par Vincent Orsini pour En Pleine Lucarne (mention obligatoire)

Le dispositif complet sur RTL

- Les rendez-vous au jour le jour :
A 5h40 et à 6h40 : Le Journal des sports de Ludovic Vandekerckhove
A 6h45 du lundi au vendredi : la Chronique de Fabrice Santoro
Dès 12h, et jusqu’à la fin de la journée sur les courts, le point sur les matchs toutes les ½ heures avec Isabelle Langé, et Jean-Michel Rascol.
Dans RTL Soir (18h/20h) de Christophe Hondelatte : le point sur Roland Garros
A 10h les samedis et dimanches : la Chronique de Fabrice Santoro
Le dimanche à 19h30 dans ‘En Direct de L’Equipe’ : le point complet sur le tournoi
Rendez vous dans toutes les éditions de l’information (RTL Matin à 7h, RTL Midi à 12h30 et RTL Soir à 18h), ainsi que dans tous les journaux des sports pour un point complet sur la compétition. Avec l’intervention des envoyés spéciaux de RTL à tout moment lors des moments forts du tournoi.

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Vincent Rousselet-Blanc

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