Entretiens EPL Football Les News — 09 avril 2011
Fabien Lévèque, jeune journaliste sportif de la rédaction de France Télévisions, occupe depuis trois ans le poste très convoité de commentateur n°1 des matchs de foot du service public (coupe de la ligue, coupe de France, Coupe d’Angleterre, coupe du monde 2010…), en duo avec Xavier Gravelaine. Comment en est-il arrivé là si vite ? Comment vit-il cette ascension, lui qui a débuté à France Télé en 2003 ? La coupe du monde 2010 en Afrique du Sud lui a-t-elle permis de franchir un cap ? Quels sont ses rêves, ses goûts, à quoi veut-il faire ressembler, Fabulous Foot, le blog qu’il anime sur le site de France télé ? Comment envisage-t-il son avenir ?
Pour ceux qui ne l’avaient pas lue lors de sa publication sur le site – c’était la toute première interview d’ »En Pleine Lucarne » -, voici l’occasion de la redécouvrir.

- As-tu souvenir du déclic qui a fait qu’un jour tu as décidé de devenir journaliste sportif ?

Au départ, quand j’avais 14-15 ans, je voulais d’abord devenir joueur de foot professionnel. Puis j’ai vite compris que je n’y arriverais pas, que je n’avais pas le niveau suffisant pour assouvir ma passion du foot. Le seul moyen de vivre pleinement ma passion était donc de devenir journaliste sportif pour être toujours près des terrains, d’être au contact des sportifs au quotidien, de pouvoir me déplacer sur de grands événements et, pourquoi pas de commenter des matchs.C’était mon rêve ultime.

- Tu avais donc un bon niveau de foot pour penser devenir un jour pro ?

Non, non, pas du tout, c’était juste un rêve de gosse. Mon idole de l’époque c’était Chris Waddle et tu rêves toujours quand tu es gamin que tu peux arriver à faire comme ton idole (rires). Je jouais ailier gauche dans un petit club qui s’appelle La Chapelle des Marais, dans la région Nantaise, d’où je suis originaire et où j’ai grandi, du côté de St Nazaire. On avait une bonne petite équipe en cadets, on jouait en niveau régional. C’était super sympa. J’ai arrêté vers 19-20 ans pour me consacrer à mon futur métier.

- Tu as donc suivi des études de journalisme…

Non, pas immédiatement. J’ai d’abord eu un bac Eco et puis après ce bac, j’ai suivi une prépa HEC à Nantes car j’avais dans l’idée de faire Sciences Po, une bonne voie pour devenir journaliste. Mais très vite, la prépa HEC ne m’a pas plu. Quand je dis très vite, c’est que j’ai tout arrêté au bout de 10 jours ! L’esprit ne me correspondait pas.J’ai donc passé une année un peu blanche, je me suis inscrit en fac d’histoire. Ensuite, je suis allé dans un UIT de marketing et de communication. Bon, ce n’était pas encore vraiment la voie royale pour devenir journaliste mais, en même temps, j’ai commencé à piger pour Presse Océan, sur la locale de la Baule. Ca m’a permis d’avoir un premier contact avec ce métier. Après l’IUT, j’ai obtenu une licence professionnelle de Communication et de journalisme à Nantes…

- …et comme tout jeune diplômé tu as enchaîné les stages…

Exactement ! je me suis retrouvé stagiaire au service de presse du ministère des sports, puis à l’Olympique de Marseille pour leur site Internet, sur le magazine du club puis à l’OM TV. Ensuite, je suis parti travailler au service de presse de l’Ambassade de France à Madrid, en Espagne pendant quatre mois. Et là, j’en ai profité pour suivre le correspondant de l’AFP à Madrid sur les matchs de foot du Réal Madrid. C’était top ! En pleine époque des Galactiques de Zidane, Beckham, etc… je me suis régalé. J’allais suivre les entrainements, j’allais voir tous les matchs à Santiago Bernabeu, c’était extraordinaire.C’est en revenant de mon stage en Espagne que j’ai été pris en contrat de qualification de journaliste au service des sports de France Télévisions, pendant deux ans, en alternance avec l’ESJ de Lille (Ecole de journalisme, ndlr). C’était en janvier 2003. J’étais encadré à l’époque par Dominique LeGlou et Christian Prudhomme. A la fin du contrat, je suis resté pour travailler un peu en région, sur Lille, Nice, pour faire de l’actu, du news, je pigeais aussi un peu au service des sports. J’ai finalement été embauché au service des sports en février 2007.

- Comment de journaliste débutant on devient commentateur de matchs de foot sur une chaîne où il n’y a déjà pas beaucoup de foot et où c’est donc un domaine sans doute très réservé et convoité ?

Ca c’est passé lorsque je travaillais sur l’émission France2Foot, l’année où France Télévisions avait récupéré les droits de la Ligue 1 pour faire un magazine qui prenait la place de Téléfoot. A l’époque, c’était Denis Balbir qui commentait les matchs pour France Télé, mais il est parti sur Orange Sports. La place était donc libre. Daniel Bilalian, le patron des sports du groupe me l’a proposée en septembre 2008.

- Sans aucune expérience ?

Si j’en avais une , une petite, car à France2Foot, on proposait des résumés des matchs de Ligue 1 comme s’ils étaient commentés en direct. Thierry Clopeau a donc décidé de m’envoyer sur un match pour en faire un résumé de 4 minutes comme si je le commentais dans les conditions du direct. Ca leur a plu, j’en ai fait plusieurs jusqu’à la fin de saison. J’adorais ça. Un kif total. Et ça se voyait sans doute. Quand Denis Balbir est parti, en fin de saison 2008, Daniel Bilalian a décidé de me tester grandeur nature sur le tournoi de foot des Jeux Olympiques 2008 de Pékin que France Télé retransmettait. Je commentais les matchs en cabine, depuis Paris, avec Xavier Gravelaine.On a du faire une dizaine de matchs. Notre première collaboration tous les deux. Ca a plu et à la rentrée, Bilalian n’a engagé personne et ma filé le poste. C’était courageux de sa part car je débutais vraiment. J’avais 28 ans, j’étais le plus jeune de la rédac.

Daniel Bilalian

- Ca a du créer quelques jalousies ?

J’imagine que oui car c’était le poste le plus convoité du service. Et j’imagine qu’on me l’envie encore aujourd’hui. mais voilà, je n’y peux rien, c’est comme ça. J’ai commencé sur de la coupe de la Ligue, puis la coupe de France, la Cup anglaise et j’entame aujourd’hui ma troisième saison. Ca passe vite et j’espère que ça ne s’arrêtera jamais (rires)

-… »pourvu que ça dure ». Il y a une raison pour que tu ne restes pas en poste ?

Non, mais à France Télévisions, il y a beaucoup de rotations. Depuis 7-8 ans, ça tourne tous les deux ans environ. Moi avec cette troisième saison j’ai déjà battu un record (rires). Et j’espère que ça va durer longtemps car c’est vraiment ce que je préfère faire dans mon métier.

- Comment se sont passés tes débuts avec Xavier Gravelaine. Ca n’a pas dû être facile ?-

Non, ça n’a pas été facile car j’avais une pression, j’étais attendu au tournant. Mais l’avantage avec Xavier c’est qu’humainement c’est quelqu’un de super. On s’est très vite très bien entendu, il m’a tout de suite mis à l’aise. C’était la personne idéale pour mes débuts. Il a fait en sorte que je sois décontracté, naturel. Ca fait maintenant la 3e année qu’on commente en duo, la coupe du monde nous a encore un peu plus rapprochés car nous avons passé quasiment un mois ensemble en Afrique du Sud.

- Comparé à tous les consultants du marché, notamment ceux de Canal+, comment tu situes Xavier Gravelaine ?

C’est vrai qu’il y en a beaucoup et je les ai tous regardés, ils sont tous bons, mais, franchement, il n’y en pas un qui sorte énormément du lot, Xavier est parfait pour le rôle.

- Tu peux donc t’imaginer faire avec le tandem Lévèque-Gravelaine une carrière à la Roland-Larqué ?

Je n’en sais rien, mais je ne pense pas. D’abord parce qu’il faut du temps pour vraiment installer ce qu’ont installé Thierry Roland et Jean-Michel Larqué, dans l’esprit des gens. Ils ont passé plus de 20 ans ensembles. Et je pense pas que Xavier fera ça toute sa vie, qu’il continuera encore pendant dix ans. Je n’en suis pas sûr. Ca fait déjà 7 ans qu’il est consultant foot à France Télévisions. Je le vois continuer ce métier de consultant encore 5 ans environ, et peut-être qu’il passera à autre chose.

- Les téléspectateurs amateurs de foot voient bien que chaque commentateur possède son style. Comment définirais-tu le tien ?

Le but c’est bien sûr d’être passionné, et je le suis, et de faire vivre le match au mieux. On n’a pas le droit d’être monotone. Mais c’est le match qui dicte le rythme du commentaire. Il faut savoir s’enflammer quand il le faut, laisser vivre les actions sans rien dire quand ça le mérite, faire monter la sauce, comme on dit, quand on est devant le but. Me concernant, je ne monte pas souvent dans les tours, j’essaye de rester dans les limites raisonnables.

- Y-a-t-il une patte « service public » dans l’art du commentaire de foot ?

Non, on ne m’a jamais donné de consignes de commentaires. Mais c’est vrai que comparé à Canal+ qui a un public d’abonnés, de fans purs et durs, nous, sur France Télévisions on touche un public plus large, peut-être parfois moins amateur, moins passionné. Le commentaire est donc peut-être un peu différent, moins technique, avec moins de stats. De toute façon, le commentaire se fait au feeling, on ne connait pas le déroulé du match à l’avance. Mais ce qui est sûr c’est que je me refuse à survendre un match. S’il est mauvais, il faut le dire ! Car les téléspectateurs devant leur poste, ils le voient bien qu’il est mauvais. Ca ne sert à rien de leur dire que c’est « un bon 0-0″ si ce n’est pas vrai.

- Quand on commente, est-il difficile de rester objectif ? Es-tu tenté parfois de prendre position comme un Thierry Roland le faisait par exemple ?

Non, ça va, déjà parce que je ne commente pas de matchs qui incitent au chauvinisme. On m’a reproché récemment lors du Lyon-PSG (1-2) en coupe de la Ligue d’être pro-lyonnais en fin de match. C’était faux, c’est juste que la prolongation était complètement folle, emballante, que ça allait d’un but à l’autre et que tout ça a fait que l’on s’enflammait avec Xavier. On avait envie que ça dure. C’est normal car, comme je te dis, c’est le match qui dicte les commentaires, son rythme, son suspense. Je suis pour le moment à l’abri des commentaires à la Thierry Roland car je ne commente pas de coupe d’Europe avec des clubs français ou des matchs de l’équipe de France. Mais je peux comprendre cet aspect engagé du commentaire. Dans ces types de match, on devient chauvin naturellement. Qui ne serait pas pour l’équipe de France ? Qui ne serait pas pour la victoire d’un club français contre un club étranger ? C’est une dimension quasiment patriotique. Pour le moment je ne suis pas confronté au problème, mais le jour où ça m’arrivera alors peut-être que je deviendrai un peu chauvin. Mais je ne peux pas l’être sur un Lyon-PSG. Et, puis franchement, Thierry Roland, je pense qu’il y a plus de gens qui appréciaient ses commentaires que ceux qui n’aimaient pas.

- Toi qui est fan de foot, de grandes compétitions, de grandes émotions, n’est-ce pas frustrant que de se contenter de la coupe de la ligue et de la coupe de France ?

Déjà rien ne dit qu’un jour France Télévisions ne récupère pas un jour de la Ligue 1, des matchs de l’Equipe de France ou de la Ligue des champions. Mais moi, je m’éclate avec ce que j’ai. J’ai quand même eu la chance de commenter 4 finales au Stade de France. Ce n’est pas rien une finale ! Commenter des matchs comme ça, c’est une émotion particulière, il y a de la tension, un trophée au bout. Ca reste un grand moment de sport, c’est fantastique pour moi, que ce soit de la coupe de la Ligue ou autre chose. J’ai fait PSG-Monaco en finale de coupe de France, Marseille-Bordeaux en coupe de la Ligue, j’ai aussi commenté des matchs à Wembley pour de la coupe d’Angleterre, on ne va pas se plaindre quand même ! Après je ne vais pas te dire que commenter un match au Camp Nou de Barcelone, à Madrid ou à Manchester, ça ne me fait pas rêver. C’est le summum la Ligue des Champions ! Mais aujourd’hui je me contente et je profite vraiment de ce que j’ai car j’ai une chance inouïe de faire ça.Je suis un privilégié et j’ai déjà beaucoup de chance d’être là à mon âge.

- Puis tu as couvert ta première coupe du monde aussi…

C’était énorme ! Je n’avais même pas trente ans, je devais être l’un des plus jeunes commentateurs de l’événement foot le plus important de la planète. C’était ma toute première coupe du monde, c’était fantastique. En plus je l’ai terminée sur un quart de finale Brésil-Pays-Bas qui était exceptionnel au niveau du résultat. Des moments uniques. J’espère avoir l’occasion d’en suivre beaucoup d’autres car c’est une atmosphère tellement à part, hors dimension. Et puis cette coupe du monde m’a permis de franchir un cap professionnellement.

- Comment ?

Aujourd’hui, après avoir fait ça, je me sens plus confiant en moi, plus serein quand j’arrive derrière le micro.C’est aussi ce qu’on m’a dit en rentrant à France Télé. On m’a dit de continuer comme ça, sur ma lancée, que j’avais été à la hauteur de l’événement. Ca m’a fait plaisir car, tu sais, quand on est jeune et qu’on est bombardé en première ligne, il faut assumer tout ça. Donc la coupe du monde m’a permis de franchir un palier. Je maîtrise un peu mieux les choses, je n’hésite plus à donner mon avis.

- Comme vous ne diffusez pas du foot toutes les semaines, que fais-tu de tes journées ?

(rires) Je vois où tu veux en venir, du genre « je ne fais rien, je suis payé à travailler un jour par mois, etc… ». Rassurez-vous mes journées sont bien remplies parce que je suis journaliste à la rédaction des sports et qu’il y a la page foot de Stade 2 à remplir chaque dimanche. Quand je ne commente pas, je fais des tournages, des reportages pour l’émission, en France et à l’étranger pour assure le plateau du dimanche. J’ai un planning bien chargé. Et quand il y a des matchs, je prends pas mal de temps pour les préparer.Je n’arrive pas au stade les mains dans les poches. Quoi qu’on en dise, l’exercice du commentaire n’est pas facile. Ce n’est pas inné, ça se travaille. C’est même casse-gueule car on est tout le temps en direct. Je prépare donc avec beaucoup de sérieux, je cherche des statistiques, des infos, le boulot classique quoi.

- Tu te verrais ailleurs que sur le foot comme un Laurent Luyat ?

Non. Prenons le cas de Laurent Luyat. Lui est plutôt dans le rôle d’un présentateur, pas vraiment de commentateur. C’est son truc la présentation, c’est le meilleur d’entre nous dans la rédaction à ce niveau-là. Je trouve que ce n’est pas plus mal que je ne fasse que du foot, qu’il n’y ait pas de confusions, que les gens m’identifient comme le commentateur foot de France Télé. C’est l’image que je veux donner.

- Mais la présentation d’un magazine ça te plairait ?

Une émission de foot, oui, ça me plairait beaucoup. Chez nous, à France Télé, il n’y a pas forcément la place, déjà parce que nous n’avons pas énormément de droits à exploiter dans le domaine. Mais à l’avenir, oui, je pense que ce serait mon truc d’en présenter une.

- Tu alimentes aussi ton blog, Fabulous Foot sur le site de France télévision. C’est un blog qui représentes bien ce que tu es ? Ce que tu aimes ?

Cette idée de blog m’est venue avant de partir à la coupe du monde. Je m’en servais comme une sorte de carnet de route, j’y mettais pas mal de photos en ligne en fonction des déplacements sur les différents stades. Depuis la rentrée, j’y mets d’abord ce que j’aime voir dans le foot, c’est-à-dire des vidéos buts incroyables, « venus d’ailleurs » comme on dit, de belles actions, des faits de jeu qui sortent de l’ordinaire. Le foot, on a beau en parler, ça reste avant tout de l’image, des gestes, etc.. C’est en tout cas ce qui m’interpelle dans ce sport. Alors quand je trouve des images marquantes sur Internet, je les relaie sur le blog. Ensuite, j’y mets systématiquement le sommaire détaillé de la page foot de Stade 2, chaque semaine. Le compte rendu factuel, que l’on voit sur d’autres blogs, ne m’intéresse pas, et certains sites le font très bien.Il faut être différent.

- Tu y donnes aussi ton avis perso sur l’actu foot. Ce que tu ne fais pas à l’antenne par exemple.

F.L- Il est sûr qu’en ce qui concerne ce que j’écris et ce que je pense, j’ai plus de libertés pour le faire sur le blog qu’à l’antenne où, de toute façon, ce n’est pas le lieu pour le faire puisque je dois avant tout penser à commenter un match, pas de l’actu. Le blog me permet donc de donner mon avis sur ce qui me touche, au même titre que n’importe qui. Je peux me lâcher un tout petit plus. Je me fais plaisir et ça permet de donner quelque chose de différent de l’image que je peux avoir à l’antenne. Sur le plateau de Stade 2, par exemple, on n’a pas énormément de temps pour le faire.C’est pas du tout le même terrain d’expression. Et ce n’est pas parce que je suis hébergé sur le site de France Télé et que je représente France Télé, que je me mets des limites sur le blog. Je dis ce que j’ai envie de dire et pour le moment personne ne m’en a fait le reproche en interne.

- Tiens-tu compte des critiques que pourraient t’y faire les internautes ?

J’ai conscience de l’impact de ce que j’écris sur le blog. Maintenant ça reste un point de vue personnel, c’est mon point de vue et je comprends fort bien qu’il ne peut pas plaire à tout le monde. Ce n’est pas pour ça que je vais en changer. C’est mon ressenti et puis c’est tout.

- Et les critiques sur ton métier de commentateurs, tu en tiens compte ?

Je suis attentif aux commentaires que les gens laissent sur le blog. Ils me servent même parfois à me rendre compte de certains petits défauts : parler trop vite parfois, etc… J’essaye d’en retenir certains. Mais je ne peux pas non plus tenir compte de tout ce qui traîne sur les forums et sur les sites, sinon je n’avancerais plus. Comme je te disais, il y aura toujours des gens qui aimeront mon style et d’autres non. C’est comme ça, et quoi qu’on en dise, je suis au début de ma carrière, je commence. J’essaye toujours de m’améliorer, je suis attentif à ce qu’on pense de mon travail mais, à partir de tout ça, c’est à moi de définir là où je me sens le mieux, le style qui me convient le mieux. Ensuite, je ne peux pas faire l’unanimité et personne ne la fait d’ailleurs.

- Après un match que tu as commenté, fais-tu un debrief, regardes-tu ta performance à froid ?

Oui, systématiquement je jette un oeil sur le match qu’on a fait. Le lendemain du match généralement. Je revois certains passages, là où j’ai eu l’impression de ne pas avoir été au top ou bien pour revoir les actions chaudes, les buts, histoire de voir comment j’ai fait vivre ces moments aux téléspectateurs. Je visionne aussi pour voir aussi si mon impression du moment, pendant le match, était la bonne car en direct tu n’as pas le temps d’analyser tout ça.

Et tu écoutes les commentaires de tes confrères ? Tu t’en inspires

Oui, je les écoute puisque, à vrai dire, je suis toujours branché sur Canal+ parce qu’Orange Sports, je ne l’ai pas. Et puis Denis Balbir, je sais ce qu’il fait puisqu’il était chez nous avant. Je regarde pas mal de foot à la maison. Mais j’ai plus un regard d’amateur, de passionné de foot, qu’un regard professionnel. Je profite du spectacle. Bien sûr, parfois, je compare un peu les commentaires, j’écoute c’est normal, déformation professionnelle. Mais en règle générale, quand je suis à la maison, j’essaye de décrocher.

- J’imagine aussi que tu as un club de coeur ?

Le FC Nantes, bien sûr ! J’ai baigné dedans petit. J’ai vécu le titre avec Coco Suaudeau à l’époque où le tarif maison c’était 3-0. J’allais voir tous les matchs au stade. Ca me fait vraiment mal au coeur de les voir végéter en Ligue 2 même si actuellement le club repart sur des bases un peu plus saines. Nantes est mon club de coeur, celui qui m’a fait vibrer quand j’étais gamin.

- Est-il plus difficile de commenter un match du FC Nantes qu’un autre ?

Je n’ai eu l’occasion de le faire qu’une seule fois. C’était l’année dernière, en coupe de France, à Concarneau et ils en avaient pris 3 là-bas.J’ai eu un peu mal au coeur pour eux car ils étaient vraiment tombés très très bas. J’espère les commenter encore, pourquoi pas quand ils seront de retour au plus haut niveau, pourquoi pas en coupe d’Europe.

- Et en Ligue 1, un club te séduit particulièrement ?

Non,aucun. Le seul grand souvenir qui me reste d’un club français c’est la victoire de l’Olympique de Marseille en 93 en Ligue des Champions. je me souviens que lorsque Boli a marqué, je m’étais vraiment pincé pour y croire. Aujourd’hui, en Ligue 1, il n’y a pas une équipe qui me plaît plus qu’une autre. J’aime les équipes qui développent du beau jeu, donc pas de coup de coeur en Ligue 1

- J’imagine alors, en Europe, que le FC Barcelone te fait rêver ?
Oui ! Eux, ils sont dans une autre dimension, sur une autre planète. Ils développent un jeu absolument fantastique. C’est incroyable ! Tu as vu le match contre le Real Madrid (5-0) ? Dans mon canapé, je me disais « c’est pas possible de jouer comme ça », c’était le Real en face, pas une équipe de seconde zone ! C’était vraiment magique. Ca restera un des plus beaux matchs de foot que j’ai vu depuis des années et des années.
- Et le match, si tu ne devais en retenir qu’un, qui t’a le plus marqué en tant que commentateur ?
Sans hésitation, le quart de finale de la coupe du monde Brésil-Pays-Bas à Port Elizabeth. Pour toutes les raisons que je t’ai citées avant : première coupe du monde, match à suspense, etc… C’était un match fabuleux. Le scénario était idéal, le Brésil qui mène, se fait rattraper et perd. C’est mon plus beau souvenir pour l’instant et j’espère en avoir plein d’autres.C’est surtout à la coupe du monde que j’ai pris conscience que j’avais un métier de rêve, dans tout ces stades superbes, plus beaux les uns que les autres. Je ne laisserais ma place pour rien au monde.Je fais le plus beau métier du monde.
recueilli par Vincent Rousselet-Blanc
Le blog de Fabien Lévèque Fabulous Foot

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Vincent Rousselet-Blanc

(0) Readers Comments

  1. fabien est une personne rare et très professionnelle

  2. Pingback: Les Interviews « EPL , le Best of : Margotton, Ménès, Berger, Laffite, Lévèque, Jolles, Brindelle, Couëffé… « En Pleine Lucarne

  3. Merci Fabien de faire référence à ton passé à la Chapelle où l’on a vécu de bons moments en catégorie 17 ans. Je suis sûr que tu as toujours un œil sur les résultats du FCCM et que le « petit club » dont tu fais référence est tout de même placé depuis 1994 au plus haut niveau régional avec une petite escapade en CFA2
    Au plaisir de te revoir autour du stade de la Perrière

    Daniel Blanchard

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