Autres Sports Entretiens EPL — 07 mars 2011

Deux jours après l’arrivée de Paris – Nice, et à quelques jours du départ de Milan – San Remo, samedi prochain, « Les rois de la pédale », nouveau talk-show cyclisme, fera ses débuts cet après-midi, mardi 13 mars, sur Eurosport à 16h30. Guillaume Di Grazia en sera le présentateur, avec, à ses côtés les quatre consultants qui font la réputation de la chaîne en ma matière, à savoir Richard Virenque, Christophe Moreau, Jacky Durand et Stéphane Goubert.

Guillaume Di Grazia nous présente l’émission, dévoile ses envies sur la saison qui vient de débuter et nous parle également de la volonté d’Eurosport de développer son offre cyclisme, discipline pour laquelle il a le plus profond respect.

Question obligatoire pour commencer, qui a eu l’idée d’appeler l’émission « les rois de la pédale » ?

C’est moi ! (rires) C’est une vieille idée. Nous avons toujours voulu avoir un talk-show cyclisme sur Eurosport, mais nous avions un problème de périodicité, nous ne savions pas quelle récurrence lui donner. Il faut savoir que cette idée est dans les tuyaux depuis 4 ans. Mais il est très compliqué de positionner une émission sur Eurosport tant les créneaux sont incertains avec tous les sports couverts en direct.

Finalement, cette émission arrive cette année, dans la logique du choix éditorial qui a été mis en place depuis deux ans avec Jérôme Papin, à savoir la volonté d’accompagner un direct par un talk-show. Nous allons essayer de nous mettre à de grands carrefours de la saison. L’émission sera toujours en direct et après une grande course.

Avec ce titre, vous n’avez pas peur de vous faire charrier ?

On verra bien ! Il existe 25 équipes de cyclos qui s’appellent la pédale. Et puis dans le jargon du vélo, le mot pédale revient souvent : « il a gagné à la pédale » par exemple. C’est juste un petit clin d’oeil. C’est aussi une façon de montrer avec les « rois de » que nous avons un esprit de bande.  Nous nous entendons bien, nous sommes tous fans de vélo, on ne se prend pas au sérieux et puis nous avons de l’auto-dérision. Nous avons justement la volonté à travers cette émission d’avoir cette auto-dérision et un ton un peu plus décalé.

Vous allez donc être le présentateur de l’émission. Nous avons l’habitude de vous voir sur les épreuves d’hiver comme le saut à ski, puis sur le cyclisme, avez-vous une préférence ?

Moi j’aime le sport ! Je suis gourmand et peut être même boulimique de sport (rires). Chez Eurosport, il y en a tellement que nous avons tous plusieurs disciplines à couvrir. Avec la saison des sports d’hiver, je vais entrer en commentaires sur la saison cycliste un peu plus tard.

Je vais attaquer sur le Tour de Turquie et puis je ferai ensuite le Giro et la Vuelta. Je serai après aux championnats du monde sur piste à Melbourne et je commenterai les épreuves aux Jeux Olympiques.

Je ne peux pas dire quel sport je préfère, je viens du basket, mais il n’y en a pas beaucoup à la télévision à part la NBA. J’aime le foot, mais pas les footeux. Après, j’ai une admiration sans bornes pour les coureurs cyclistes. Ce sont des hommes avec des valeurs énormes et très belles. J’adore le nordique, parce que les mecs ont des étoiles dans les yeux quand ils parlent de leur sport.

Des étoiles que l’on trouve également chez les cyclistes…

Exactement. Dans ce sport, si tu n’as pas une passion infaillible, si tu n’as pas la force de dépasser la douleur, de dépasser les efforts et les investissements qu’il faut mettre de soi, cela ne marche pas. Et moi, ce dépassement, c’est quelque chose qui me touche aux larmes. D’ailleurs une idée du titre de l’émission c’était « gregario » (coéquipier). C’est l’un des plus beaux mots du jargon vélo selon moi, mais le problème c’est que ce titre parle moins au grand public.

Parlons de ce premier « Rois de la pédale », comment va-t’il se dérouler ?

Dans cette émission, il y a quatre tiroirs. Demain il n’y en aura que trois puisqu’il n’y aura pas d’invité : Jean René Bernaudeau a un petit pépin de santé. La première partie s’appelle « ligne d’arrivée ». On reviendra sur les enseignements de Tirenno-Adriatico et de Paris-Nice avec un débat au centre: « Bradley Wiggins est-il le grand favori du Tour de France ? ».

Ensuite il y a la partie « roue libre » où nous allons parler des jeunes de la FDJ avec Demare, Bouhanni, Jeannesson et Hutarovich, même si ce dernier est un peu moins jeune. Au milieu, nous calerons un débat sur le retour ou non de Mario Cipollini dans le peloton. La troisième partie sera « le ravito » où nous présenterons la prochaine grande course sur Eurosport à savoir Milan-San Remo avec, à l’intérieur, un parallèle Boasson Hagen/Sagan.

Et puis, il y aura une chronique récurrente : « le brief à Jacky ». Jacky Durand sera dans le bus Eurosport et jouera le rôle de directeur sportif pour que la Team Eurosport gagne Milan San Remo.

Les téléspectateurs auront-ils un impact sur le déroulement de l’émission ?

Oui ! Avec la rubrique « les gazouilleurs », puisque j’ai appris que « to twitt » ou Twitter veut dire en anglais gazouiller. L’idée est de prendre toutes les photos ou les vidéos sympathiques prises par les fans ou postées par les coureurs, puis de les mettre en image pour faire quelque chose de marrant. Il y a une vraie volonté d’être en interaction avec le public, notamment à travers les réseaux sociaux.

Comment l’invité sera choisi ?

On ne veut pas avoir un invité pour avoir un invité ! On souhaite avoir le mec visionnaire, un peu grande gueule, qui connaît le vélo et qui va vraiment apporter quelque chose en plus. Ou alors un coureur qui a vraiment une grosse actualité. J’adorerais avoir Yoann Offredo, mais pour l’instant ce n’est pas possible. Nous avons vraiment envie de l’écouter parce que c’est un mec bien et aussi parce qu’un an de suspension c’est dur. Surtout quand on connaît les cas Baugé ou Longo, voire même Contador qui va pouvoir courir dès le mois d’août. Je suis pour cette lutte contre le dopage, mais il faut vraiment parler le même langage au niveau des sanctions.

Pour revenir aux invités, nous avons plusieurs propositions de lancées. Cadel Evans, Eddy Merckx ou encore Felice Gimondi. Ce ne sont pas des personnes que l’on a l’habitude d’entendre. Je n’ai pas envie d’avoir les invités que l’on entend tout le temps. Je n’ai pas beaucoup entendu Jeannesson ou Péraud par exemple. Je veux un peu sortir de l’habituel, à savoir Voeckler, Prudhomme ou encore Bernard Hinault, même si ce qu’ils disent est intéressant. J’ai vraiment envie de donner la parole au peloton.

Il y aura une petite surprise demain (aujourd’hui, ndlr). Nous avons demandé à la grande famille du cyclisme de faire un petit clin d’oeil à l’émission, avec Lefévère, Hincapie, pour ne citer qu’eux.

Vous aurez à vos côtés Jacky Durand, Christophe Moreau, Richard Virenque et Stéphane Goubert, ont-ils chacun un rôle spécifique à jouer ?

Pas dès demain (aujourd’hui ndlr) ! Il va falloir que ça s’installe. Je commence à connaître la personnalité de chacun. Nous allons avoir besoin  d’une ou deux émissions avant que cela s’installe bien. Lors des tournages, nous verrons que certains sont plus timides, que d’autres se révèlent. En fonction de cela, on pourra définir des rôles.

Nous connaissons peu Stéphane Goubert en tant que consultant, que peut-il apporter selon vous ?

Sa personnalité déjà! C’est un mec du Midi. Il est encore très proche du peloton qu’il a quitté il n’y a pas si longtemps. C’est un vrai passionné qui a très bon sens tactique des courses, ce qui m’intéresse beaucoup. Il a un regard assez perçant et particulier sur le peloton.

« Les rois de la pédale » sera la première émission spécialisée sur le cyclisme qui se déroule sur l’année entière : que souhaitez-vous apporter ?

Le cyclisme, on en parle que pendant le mois de juillet lors du Tour de France. Et beaucoup de grands médias en parlent uniquement lorsqu’il y a des affaires de dopage. Nous voulons montrer que les cyclistes sont sur les routes toute l’année, qu’ils s’entraînent dur et qu’il n y a donc pas que le dopage dans ce sport. Et puis coller au direct également, dans le même style que les talk-shows sports de la chaîne « hors-piste » ou rugby « au contact ».

Le Tour de France est encore loin. Peut-on s’attendre à voir un dispositif particulier avec une émission après chaque étape par exemple ?

Pas impossible ! Nous envisageons tout. Pour l’instant ce qui est dans les tuyaux, c’est tout d’abord de poursuivre ce que nous avions commencé l’année dernière avec « l’étape de Virenque ». Nous réfléchissons à des dispositifs également pour le Giro et la Vuelta. Il est possible également que nous délocalisions une ou deux émissions sur place pendant le Tour de France. Nous travaillons également sur le cyclo-cross. Nous réfléchissons à la possibilité d’en diffuser quelques-uns, en direct, notamment en Belgique où le spectacle est fabuleux avec un public incroyable. Nous avons la volonté de développer notre offre vélo, mais comme on dit : « chaque année suffit sa peine » (rires)

Petite question pronostic pour finir. Milan-San Remo arrive samedi, vous avez un favori en tête ?

Peter Sagan ! Je mets un billet de 10 euros sur lui et un billet de 5 sur Boasson Hagen au cas où. Par contre je ne mets rien sur Cavendish. Je ne le vois pas passer le Poggio (ndlr: la dernière difficulté de l’épreuve). Je pense que Sagan peut gagner un jour une course comme Liège Bastogne Liège et je me demande même, s’il s’affine et qu’il prépare bien son coup, s’il ne pourrait pas gagner un grand tour.

J’adore la génération de jeunes coureurs avec Sagan, Boasson Hagen ou Demare aussi. Ce sont des coureurs qui arrivent dans la cour des grands sans se fixer de limites. Pour faire une comparaison avec les sports d’hiver, un mec comme Arnaud Demare me fait penser à des champions comme Jason Lamy-Chappuis ou Martin Fourcade. J’ai une image de Martin après sa médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Vancouver où il met sa médaille dans son sac, il dit au revoir et il s’en va parce qu’il ne veut pas se contenter de ça et qu’il y a encore plusieurs courses derrière. Arnaud Demare, c’est pareil, il n’est pas resté focalisé sur sa victoire au Qatar. Pour réussir dans ce sport, il faut avoir cette envie. Le cyclisme c’est ça ! Du travail et encore du travail  et comme je disais toute à l’heure il faut aussi être un vrai passionné pour réussir.

 propos recueillis par Romain Puissieux pour En Pleine Lucarne

Les prochains rendez-vous des Rois de la pédale sur Eurosport:

Samedi 17 mars à 17h30 après Milan San Remo. Le 8 avril après Paris-Roubaix et le 22 avril après Liège Bastogne Liège

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Vincent Rousselet-Blanc

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