Après une première édition marquant l’arrivée des mythiques Winter X Games en Europe, la station de Tignes accueillera à partir du mercredi 16 mars la seconde édition des Winter X Games Europe, co-produits par les américains d’ESPN et le groupe Canal, via sa filiale Canal+Events. Une compétition largement diffusée sur les antennes de Canal+Sport (programmation en fin d’interview). Nous avons demandé à Gael Chatelain, directeur des activités événementielles de Canal+,  de nous donner la réelle dimension de cette compétition de sports d’hiver extrêmes vieille de 15 ans aux Etats-Unis et de nous préciser les raisons de l’intérêt qu’avait Canal à investir autant d’énergie et de moyens dans ce type d’épreuve sportive. Interview


- Non seulement vous diffusez, mais aussi vous co-produisez avec les américains d’ESPN depuis l’an dernier les Winter X Games Europe à Tignes. Pourquoi s’être lancé dans un tel investissement plutôt que de vous contenter par exemple d’acheter les droits télé de l’épreuve d’Aspen (Colorado) ?

On diffuse aussi l’épreuve d’Aspen. Mais, il y a deux ans, ESPN a souhaité introduire pour la première fois en Europe cette compétition pour élargir sa diffusion et a lancé un appel d’offres. Nous y avons répondu car les sports extrêmes rassemblent une tranche d’âge 15-25 ans qui intéresse beaucoup Canal+. En effet, nous avons remarqué que lors des JO d’hiver, les diffusions de compétitions freestyle telles que le snowboard, les sauts de bosses, halfpipe, ski cross, slalom géant parallèle, etc. étaient très suivies. Les X Games sont donc cohérents avec la ligne éditoriale de Canal. C’est pourquoi nous avons signé pour trois ans, plus deux ans, avec ESPN.

- Oui sauf que dans le cas présent vous n’êtes plus seulement diffuseurs mais organisateurs. Quel intérêt avez-vous à prendre en main les X Games Europe ?

D’abord, c’est notre coeur de métier, c’est dans nos gènes, que de monter ce type d’opérations. Canal+ Events est une agence d’événements. Au même titre que le Trophée Vivendi de golf ou l’Open Sud de France à Montpellier que nous organisons aussi, les X Games représentent un gros barnum que l’on maîtrise. En s’associant avec ESPN, on partage à 50/50 les pertes et les profits.

- Les Winter X Games Europe sont-ils un copié-collé des X Games d’Aspen (Colorado) ou avez-vous européanisé la compétition ?

D’abord, étant donné que c’est une co-production, personne ne bouge un sourcil sans que les deux partenaires se soient mis d’accord. Maintenant, malgré ses 14 ans d’expérience dans l’épreuve, ESPN nous a laissé la possibilité de l’adapter à l’Europe. Par exemple, les horaires d’ouverture et de fermeture et les types d’animation proposées autour de l’événement ne sont pas les mêmes qu’aux Etats-Unis.

- Ok pour l’environnement, mais sur le côté sportif ?

Que ce soir sur le plan purement sportif, que ce soit sur la sélection des athlètes, sur les spécificités techniques des courses ou sur le dessin des différents parcours, on n’a pas eu à se poser beaucoup de questions car ESPN fait ça depuis 14 ans et s’est entouré des meilleurs professionnels au monde dans ces domaines. Donc on les laisse gérer ces aspects et sur ce plan les deux compétitions se ressemblent.

- Même chose pour la réalisation télé ?

Là, ESPN nous a laissé des marges de manoeuvre. Je ne vais pas vous retracer toute l’histoire de Canal+ en matière d’innovation dans la réalisation télé de compétitions sportives mais la chaîne a révolutionné la façon de filmer le football, pareil sur le rugby, et même sur le tiercé que canal a fait évoluer. Quand on diffuse un sport, il faut que ce soit avec la patte Canal. Les Winter X Games Europe devaient donc avoir cette touche Canal. A tel point que l’an dernier, les Américains nous ont avoué avoir été séduits par la qualité de notre travail sur les premiers X Games. Je ne dis pas que c’était mieux ou moins bien que ce qu’ils faisaient, c’est juste que ça nous ressemblait.

- Le fameux « esprit Canal »…

Pour reprendre un slogan, les X Games, c’est une compétition, un esprit. C’est surtout un spectacle incroyable avec les meilleurs mondiaux dans chaque catégorie, c’est un vrai show. C’est une grande fierté d’être associé à ça. Les X Games sont donc très Canal+ compatibles, dans le sens où il véhicule le savoir-faire et de nombreuses valeurs du groupe. A Canal, quand on s’occupe d’un événement, on ne fait pas dans le format « patronage », on fait un produit d’élite. D’ailleurs, et nous en sommes fiers, pour la première fois dans un co-production avec ESPN, la chaîne diffusera les X Games Europe aux Etats-Unis. C’est tout de même une belle reconnaissance de la qualité de production de Canal+Events.

- J’imagine que vos réalisateurs et cameramen ont été aux Etats-Unis pour s’imprégner de leur réalisation ?

Oui, l’an dernier notre réalisateur, Stéphane Bouclier, et toute notre équipe de production, sont partis à Aspen faire des repérages, en observant absolument tout. Ils y sont retournés cette année. Mais précisons que nous ne sommes pas totalement novices dans le genre puisque cela fait 4-5 ans que nous filmons et diffusons sur Sport+ par exemple les Tignes Airways, le SFR freeskiing TOUR et d’autres compétions de freeride ou freestyle. On ne partait pas de zéro.

- C’est l’un des plus gros événements que Canal+Events organise non ?

Oui, l’un des 3 plus importants en tout cas sur la quinzaine que l’on produit dans l’année. L’événement a beau ne durer que trois jours, sa préparation et son organisation mobilisent le groupe Canal toute l’année, de la recherche des partenaires et sponsors jusqu’à la mise en place matérielle sur le site de Tignes et la diffusion, en passant par la gestion des droits dérivés avec Canal+ licence, l’optimisation sur le site Canal.fr avec des rubriques spécifiques sur ces sports-là, les opérations médiatiques avec nos sponsors partout en Europe pour bien exposer la marque ou encore le SFR free skiing tour qualificatif pour les X Games qui débute fin novembre. Bref, il y a de quoi faire.

- Quels enseignements tirez-vous de la première année ? Avez-vous prévu de la nouveauté pour cette année ?

Cette année nous nous considérons dans ce qu’on appelle une « année de consolidation ». Nous avons évacué tout le stress que pouvait charrier une première. Pour vous donner une idée, l’an dernier, nous aurions été contents avec 30 000 visiteurs à Tignes, il y a en a eu 66 000. On se serait satisfait de 200 journalistes accrédités, on en a eu 400 ! Cela ne signifie pas pour autant que ça y est, c’est cool, c’est lancé pour vingt ans. On va améliorer de petits points comme l’accueil des journalistes ou l’animation pour les visiteurs. On va donc consolider ces acquis.

- Pourquoi s’investir autant dans un tel événement et finalement ne pas lui accorder une plus large diffusion, ailleurs que sur Canal+Sport (programmation complète en fin d’interview) ? Sur la chaîne Premium par exemple ?

Je ne suis pas d’accord avec cette vision des choses. D’abord parce que dans le domaine du sport, Canal+Sport est une référence (ce que confirme l’étude Mediamat Thematik sur 107 chaînes dont 90 chaînes thématiques, publiée le 8 mars dernier, dans laquelle C+Sport prend largement la tête avec 1.6% de pda sur l’univers payant abonnés et 1.1% de pda sur l’ensemble de la population 4 ans et plus; ndlr). Ensuite, toutes les antennes Canal seront mobilisés puisque I-Télé, par exemple, fera des directs de Tignes et Infosport couvrira aussi l’événement. Sans oublier Internet qui diffusera l’intégralité des épreuves. Quant à Canal+ Premium, elle diffusera un Interieur Sport spécial consacré aux deux champions français du ski freestyle, Kevin Rolland et Xavier Bertoni. La chaîne diffusera également un documentaire de 52 minutes sur les coulisses de cette édition 2011. Pour les abonnés Canal, il sera bien difficile d’échapper aux Winter X Games Europe.

- Une diffusion en semaine, plutôt que le week-end, ne nuit-elle pas à l’audience ?

Non car, comme je vous l’ai dit, les X Games seront très présents partout sur nos chaînes et Internet et le format a très bien marché l’an dernier. Ensuite, il est très difficile d’organiser ce type de compétition le week-end en raison du « switch », de la rotation des touristes et vacanciers dans les stations françaises.

- A l’avenir est-il envisageable de se dissocier de la marque X Games et de créer vos propres événements dans le domaine ?

C’est une question que l’on se pose en effet. Maintenant, la marque X Games est devenue incontournable. Même ceux qui ne savent pas précisément ce que c’est en ont entendu parler. Mais on réfléchit aussi beaucoup à s’investir dans d’autres domaines comme le basket de rue qui figure dans nos projets.

propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc pour enpleinelucarne.net (mention obligatoire)

La Programmation

CANAL+

Samedi 12 mars à 15h35, INTERIEUR SPORT sera consacré aux deux champions français du ski freestyle, Kevin Rolland et Xavier Bertoni.

Samedi 19 mars à 18h00, un documentaire de 52 minutes emmènera les téléspectateurs dans les coulisses de cette édition 2011.

Canal+Sport

Mercredi 16 mars

Finale Ski Slopestyle femmes à 13h00

Finale Ski Superpipe hommes à 18h00

Jeudi 17 mars

Finale Ski Slopestyle hommes à 13h30

Finale Snowboard Superpipe femmes à 16h00

Vendredi 18 mars

Finale Snowboard Slopestyle femmes à 11h00

Finale Snowboard Slopestyle hommes à 13h30

Finale Ski Superpipe femmes à 16h00

Finale Snowboard Superpipe hommes à 18h00

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Vincent Rousselet-Blanc

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