Entretiens EPL Football Les News — 09 mars 2011

Depuis un mois, avec Lundi Foot, Eurosport a demandé à une bande de jeunes de dépoussiérer le ton des émissions de football et d’y apporter un peu de cette fameuse « culture foot » dont tout le monde nous croit dépourvus en France. Et, comme dans toute équipe il faut aussi des joueurs un peu plus expérimentés, la chaîne a fait appel à Chérif Ghemmour, journaliste sportif, pilier du magazine très tendance « So Foot »,  collaborateur de l’After foot sur RMC ou encore éditorialiste à Eurosport.fr. Lundi Foot est-elle aussi décalée et rockn’roll que l’annonce la chaîne, qu’est-ce que la culture foot, en manque-t-on vraiment dans nos émissions télé, quel est son avis sur le CFC ou Téléfoot, quelles sont ses références footballistiques, ses joueurs et équipes préférés, comment imagine-t-il l’émission de foot idéale ? Pour le savoir, nous nous sommes attablés avec lui dans un troquet du quartier St Lazare pour une interview qui s’est très vite transformée en une longue discussion riche et animée.

Lors de la conférence de presse d’Eurosport (où tu n’étais pas), on nous a « vendu » Lundi Foot comme une émission « rockn’roll et décalée » en te présentant presque comme une caution parce que tu venais de « So Foot ». Après trois émissions, penses-tu que la promesse est tenue ?

- Je comprends ce que tu veux dire car, en effet, pour le moment, il y a un écart entre ce qui a été décidé en amont et la réalité de l’antenne. D’abord parce qu’il y a quelques changements de dernière minute. Par exemple, le côté « décalé et rockn’roll » dont tu parles devait transparaître à travers de chroniques enregistrées. Ces chroniques permettaient un certain habillage, d’effectuer un traitement rédactionnel spécial et une certaine mise en scène, points sur lesquels je pensais que l’on allait pas mal travailler. Finalement, on ne s’oriente plus vers cette formule et j’ai fait ma dernière chronique en direct. Ca change pas mal de choses dans le rendu. Et puis, au dernier moment, nous avons appris la défection de Pierre Siankowski, journaliste des « Inrocks », qui devait faire partie de l’équipe. Ce trio, avec Thomas Bihel, le présentateur, Pierre et moi, plus les filles, Dave et Castaldi, promettait.

Peut-on justifier l’originalité de « Lundi Foot » uniquement parce qu’il y a une bande de jeunes en plateau ?

- Pas uniquement, mais c’était un peu l’idée de départ : confronter les générations, faire participer des filles, car ailleurs il n’y en a pas beaucoup. A Lundi Foot, il y en a trois (Anaïs Baydemir, Solène Chavanne, Fabienne Darnaud). Elles apportent une vision légère, humoristique et féminine. Il y a aussi Giovanni Castaldi, le petit jeune avec son impertinence, qui est là pour s’opposer aux mecs un peu plus âgés, pour leur dire en gros d’arrêter de nous parler de ce qu’ils ont connu car aujourd’hui les références c’est ça, ça et ça… Ce qui n’est pas faux non plus car, par exemple, pour un mec de son âge, les références en matière de clubs anglais ça va être Arsenal ou Manchester, alors qu’on sait tous, nous les plus âgés, qu’historiquement c’est plutôt Liverpool.

Du coup, ces changements ou contretemps ne t’ont pas fait douter sur ta présence dans l’émission ?

- Si bien sûr, j’ai eu des doutes au début quand j’ai vu que le côté rockn’roll de Lundi Foot avait été un peu amoindri. Mais j’ai continué parce qu’il y a une vraie volonté d’Eurosport de sortir des sentiers battus, de sortir ce qui va faire l’unanimité dans l’actu. Par exemple, en Ligue des champions tout le monde dit que pour Lyon et Marseille c’est injouable ? Qu’est-ce que tu veux dire d’autre à part que Manchester et le Real sont favoris ? Eh bien à Lundi Foot on va trouver de quoi être optimiste. Bien sûr, on ne va pas dire que Lyon va gagner 4-0, mais on se force à défendre une opinion différente de celle partagée par le plus grand nombre et, face aux évidences, de développer un contre-argument.

Lundi Foot est donc sur la bonne voie ?

- Bien sûr ! D’autant qu’il ne faut quand même pas oublier qu’on n’a fait que trois émissions (quatre avec celle de lundi dernier) et que tout ne se met pas en place aussi rapidement quand tu partages le plateau des gens qui ne se connaissent pas. Pour nous tous la télé est un outil que nous ne connaissons ni ne maîtrisons vraiment bien. En l’occurrence, c’est la première fois que j’en fais, même si j’ai déjà participé à d’autres émissions comme invité. Je n’ai pas encore trouvé le rythme, la pose pour les caméras, l’attitude, etc. C’est pareil pour les autres. Il nous faut encore un peu de temps pour établir une connivence qui fait qu’on va pouvoir commencer à vraiment pouvoir déconner un peu entre guillemets.

Une acclimatation rendue encore plus difficile par le direct, j’imagine.

- C’est sûr. Le rythme de l’émission change tout le temps. On doit se plier à l’actu. Un jour on doit tout arrêter pour passer une interview de Mourinho, un autre on doit meubler parce qu’un invité nous a fait défaut au dernier moment ou doit partir 20 minutes avant la fin de l’émission, etc. Après ça, il faut pouvoir reprendre le rythme, le déroulé sympa ou impertinent qu’on voulait suivre à l’origine. On commence à trouver notre ton, pour le rythme il faut attendre encore un peu.

Quel est le ton justement que tu veux donner à tes interventions, qu’elle est ta façon de parler de foot à la télé ?

- Etre déconneur, à la fois sérieux et drôle. Bon, être drôle, je ne sais pas, c’est très subjectif. Mais il manque aujourd’hui à la télé des mecs drôles pour parler de foot, car il faut se souvenir que ce n’est que de foot que l’on parle. Aujourd’hui à la télé, on se prend trop au sérieux quand on parle de foot.

Tu parles du ton très spécialiste de Canal+ ? Que penses-tu du Canal Football Club ?

- Je trouve l’émission trop longue, ça parle beaucoup. Et puis, excepté Ménès un peu, ils sont plutôt gentils avec les invités. Bon, ils n’ont pas trop le choix car si tu commences à devenir un peu caustique ou rentre-dedans, les mecs ne viendront plus.

D’un autre côté, vu ce que certains disent, on pourrait parfois s’en passer non ?

- Oui, c’est une bonne question à se poser. Mais il faut dire aussi que la communication des joueurs est totalement verrouillée par les clubs. Maintenant, il faut aussi voir que le CFC fait partie d’une stratégie d’ensemble d’occupation du terrain et ils ont besoin de ces invités, pour l’image. Je le vois, moi qui suit ce rythme des retransmissions sportives du dimanche. Sur Canal, tu commences à 17h avec les matchs décalés de Ligue 1, à 19h20 tu enchaînes avec le CFC, et à 21h jusqu’à 23h15 tu as le grand match. Tu entres donc dans un tunnel de 17 à 23h. La stratégie c’est d’occuper le terrain pour tuer la concurrence, de garder les gens devant le poste. Ca me fait penser à Charles Biétry en 92 aux JO de Barcelone. Marie Jo Perec est championne olympique et il l’a en interview. Au bout de 10 minutes, il n’a plus rien à lui demander, mais il la garde une demi-heure pour ne pas qu’elle aille voir les autres journalistes. Canal c’est pareil.

C’est aussi une émission où l’on privilégie l’analyse tactique, l’actu et peu ou pas du tout la culture foot. Et pourtant, quand tu vois les consultants qu’ils possèdent, il y a de quoi enrichir cette émission et les téléspectateurs avec non ?

- Entièrement d’accord. Prends Marco Simone par exemple. Je parie qu’il y a une majeure partie des téléspectateurs, les plus jeunes en tout cas, qui ne savent pas vraiment ce qu’il a fait dans sa carrière, quel joueur il a été. Moi, au CFC, quand Simone parle du PSG, je verrais bien un petit extrait du genre « tiens, voilà le but de Simone contre l’OM quand il jouait au PSG », ou Simone au Milan AC… Juste histoire de rappeler non seulement qui parle en plateau, mais aussi pour revenir sur quelques moments importants qui font la culture foot : un but, une action, etc…

C’est encore plus vrai pour un Olivier Rouyer. Pourquoi ne pas remontrer son but contre l’Allemagne quand on les bat au Parc des Princes 1-0 en 1977 ? L’Allemagne était championne du monde à l’époque ! Ou alors des images de lui à Nancy quand il jouait avec Platini ?

- Oui c’est sûr. Mais, à leur décharge, et je suis maintenant bien placé pour le savoir, les images coûtent très cher. Mais pour revenir sur ce côté « culture », regarde en Angleterre ou en Ecosse. N’importe quel footeux, dès qu’on lui parle du but d’Archie Gemmill avec l’Ecosse en coupe du monde 78 contre les Pays-Bas, il sait de quoi on parle, pas la peine de lui monter les images. Et Gemmill, il n’a mis que 8 buts en équipe nationale ! Nous, on en est resté à la coupe du monde 82, France-Allemagne, à Séville. On n’a pas beaucoup d’autres références plus pointues. Le but de Kombouaré avec le PSG contre le Real Madrid à la rigueur. Mais c’est aussi par exemple les deux coups francs de Platini en amical contre l’Italie de Dino Zoff en 78 (un à droite, refusé, l’autre à gauche, but), c’est le but de Marius Trésor contre le Brésil au Maracana, Bastia, etc… C’est là où tu vois les mecs qui connaissent vraiment ou pas. Il nous manque ce genre de petites références, mais ça commence à venir.

On a aussi toujours entendu dire que la France n’est pas un pays de foot…

- C’est vrai. Enfin, c’était vrai, car il n’y a jamais eu autant d’émissions de sport, et de foot en particulier, qu’aujourd’hui. La culture foot est un processus qui est en train de se mettre en place chez nous. Pour schématiser : avant 1998, c’est le néant, en 98, on est champion du monde, le foot se démocratise, ceux qui l’aiment n’ont plus honte de le dire, du coup des idées se mettent en place. A mon avis, la culture foot à la télé en est encore au stade expérimental en France. On n’en est pas encore arrivé au stade où comme chez les Italiens ou les Anglais, le foot devienne un vrai show grand public, où les joueurs viennent déconner en plateau, se lâcher, se mettre à danser, accepter de se faire chambrer, de se faire draguer, de se mettre dans des situations un peu difficiles. Il faudrait aussi que les clubs français aient des résultats en coupe d’Europe. C’est primordial pour créer de l’intérêt. Chez nous, il y a encore dix ans, ceux qui aimaient le foot en France planquaient leur journal l’Equipe pour ne pas se faire traiter de beauf. Mais peu à peu, on y arrive.

Comment ?

- Des talents arrivent, on tâtonne, mais la culture foot se met en place et se développe. Je pense qu’avec le temps des délires vont se mettre en place, de nouvelles têtes vont arriver, de nouveaux concepts. C’est par exemple ce qu’on essaye de faire à « So Foot » avec « Mark The Ugly » sur le site Internet. Plein de gens tentent des choses.

Tu y crois vraiment ?

- Oui. Prends ce que fait le mec d’Action Discrète (C+), Julien Cazarre , sur RMC le lundi soir. C’est certes de la radio, mais si tu le vois en direct dans le studio, il réalise une vraie performance physique. Pendant deux heures il reste dans son coin, à écouter les autres et à la fin il résume tout ce qui a été dit à sa façon et fait un vrai show. Bluffant. Ca, en télé, pourquoi pas ? Maintenant, il faut aussi un public prêt à accepter ces nouveaux concepts. Dans les années 90, les Guignols de Canal+ ont préparé un peu le terrain avec Tapie, Papin, Fernandez, Jacquet, Zidane. Mais ils n’ont pas été assez loin car les téléspectateurs des Guignols ne sont pas que des fans de foot. Ils ont toutefois créé un bon point de départ. Si tu prends le meilleur de ce qui a été fait dans les différentes émissions et concepts télé et radio, et même en presse écrite, depuis 10-15 ans, tu as de quoi faire de super émissions de foot. Une émission de foot, ça doit aussi être un show.

Personnellement, qu’aimes-tu dans le foot ? Tes joueurs préférés ?

- J’aime l’intelligence, les beaux gestes, l’élégance. Par exemple, j’ai du mal avec Zidane car je ne le trouve pas élégant. Il n’a pas le petit truc que Platini avait. Zidane a sans doute la même intelligence de jeu, la même aisance technique, le même charisme, mais Platini, lui, il allait au bout, quitte à être un peu perso. Je pense que Zidane avait le sens du but, mais il l’a un peu éteint chez lui. J’ai deux trois actions de Zidane entête où tu sens qu’il peut y aller tout seul, mais il fait une passe au dernier moment. Mais c’est un joueur extraordinaire.

Et Messi ?

- J’adore. Avec lui on ne sait plus quoi dire tant on a utilisé tous les superlatifs. Alors disons qu’il est génial et voilà. Mais mon idole absolue c’est Johan Cruyjff. J’ai aussi aimé Maradona et Beckenbauer. Mais le plus grand, ça restera Pelé. Avec lui j’ai compris ce qu’était le génie. Ce qu’il faisait était tellement génial que ça paraissait évident. C’est ça le génie, quand tout devient évident, facile, alors que c’est hyper dur à réaliser. Quand tu regardes des images de Pelé, il part du milieu de terrain, il en dribble cinq et il marque. Tu trouves ça normal, mais ça ne l’est pas.

Est-ce que ça explique que les trois images que l’on retienne de Pelé ce sont des échecs : un lob de 50m contre la Tchécoslovaquie en 1970 au Mexique, un grand pont sans toucher le ballon sur le gardien Uruguayen et une tête qui valut le titre de… plus bel arrêt de l’histoire à Gordon Banks, toujours au Mexique…

- Oui c’est vrai, c’est la rançon du succès. Comme Messi qui n’arrive pas à marquer contre Arsenal, on ne retient que ça tellement il a l’habitude de nous éblouir. Quelque part, ça nous rassure de retenir des échecs. Ces mecs là, ils planent, ils sont tellement au-dessus des autres, tellement hauts, que ça doit rassurer de se dire qu’ils manquent des trucs. Ca leur redonne une dimension humaine. Mais concernant Pelé, tu oublies le but qu’il marque de la tête en finale contre l’Italie en 70, c’était Mickael Jordan ! Il reste 10 secondes en l’air !

Es-tu du genre à dire « C’était mieux avant ? »

- Pas du tout ! Je ne suis pas passéiste. Il y a eu des trucs extraordinaires avant, il y en a aujourd’hui. Il faut juste se souvenir de tous. Quand tu vois Xavi faire des passes millimétrées, c’est un bonheur. Pour moi, la meilleure synthèse du foot aujourd’hui serait un mélange de Barcelone, par sa technique, et de Manchester United, avec un jeu plus long, plus direct, avec un Rooney qui tire de 25-30m ou du temps de Cristiano Ronaldo. J’aime la variété dans le jeu. C’est d’ailleurs ce qui perd parfois le Barça, contre l’Inter Milan la saison dernière par exemple. Avec un Rooney dans leur équipe, un mec qui rentre dedans, qui ose de loin, ils ne perdaient pas ce match.

Un Eric Cantona aurait grâce à tes yeux ?

- Je n’ai jamais accroché à Canto. J »ai toujours vu ses limites. En revanche, ce qu’il y a de génial c’est ce qu’il a apporté à Manchester au niveau de l’état d’esprit, un combattant. Ca c’est le génie qu’on peut lui reconnaître et Ferguson le dit aussi. Par ses buts, par son jeu, par son caractère, son attitude, Canto a apporté ce côté winner à Manchester. Mais il n’a jamais gagné la ligue des champions avec Manchester…qui l’a remportée après son départ ! Je pense quand même que c’est grâce en partie à Cantona que, derrière, des Giggs, Scholes, Beckham et autres Keane ont pu former une équipe qui avait une vraie âme de guerriers, de killers.

Et concernant la France, des équipes de coeur ?

- Non, je n’ai jamais vraiment été supporter à part quand j’étais gamin, avec les Verts, comme tout le monde. J’ai plutôt apprécié des types de jeu : Monaco, le jeu à la nantaise, le PSG à une époque, et j’ai toujours été assez bluffé par le côté méridional, méchant, de Marseille. Je ne suis pas spécialement fan de l’OM, mais ce côté « couillu »…C’est pas étonnant que ce soit le seul club français à avoir gagné la ligue des champions. On dit Tapie, mais j’ai l’impression que même sans Tapie, le caractère marseillais suffisait. Et j’ai beaucoup apprécié la décennie de Lyon, ce côté on annonce nos ambitions et on s’y tient. Marre d’entendre les présidents dire « on joue le maintien », etc. Aulas lui, il arrive et dit : « on veut être champion ! » Et ils l’ont fait 7 fois d’affilée ! Et du coup, avec Lyon, tu n’as jamais de 0-0. Il y a toujours des buts, ils gagnent, ils perdent, ils mettent des tôles ou ils en prennent, mais ça joue. C’est l’essence du jeu. Ce fil conducteur, on le doit à Bernard Lacombe.

Pour en revenir à la télé, tu la regardes beaucoup ?

- Oui, c’est mon métier, alors j’essaye d’en voir le plus possible, d’être au courant de tout ce qui fait l’actu.

Donc, tu regardes aussi Téléfoot ?

Bien sûr, quand je peux. A ce sujet, il faudrait que certains journalistes arrêtent de snober Téléfoot. Car quoi qu’on pense de l’émission, en 2010 qu’est-ce qui a fait l’actu dont tout le monde parle encore aujourd’hui : Ribéry qui débarque en direct à Téléfoot, Domenech largué, Knysna, etc… Et qu’on ne me dise pas « oui, je l’ai vu sur Internet ou au Zapping », etc. (il s’emporte) Le foot c’est du direct et les journalistes qui snobent Téléfoot sont des c… C’est notre boulot de regarder. Moi, quand je regarde un match de foot, je ne zappe pas après le coup de sifflet final. Ca te permet de voir par exemple après Bosnie-France, Laurent Blanc qui va chambrer Benzéma parce qu’il aurait pu mettre un 2e but. C’est là que tu apprends un truc important sur les relations que Blanc a avec ses joueurs.

Pour terminer, Internet n’est-il pas le prochain vecteur majeur de cette fameuse culture foot ?

- Oui. C’est l’eldorado Internet. Il y a tant de choses à faire avec ce média que c’en est excitant..et rassurant pour l’avenir.

propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc pour Enpleinelucarne.net. Mention obligatoire.

Share

About Author

Vincent Rousselet-Blanc

(0) Readers Comments