Entretiens EPL Football Les News Radio — 07 février 2011

Les auditeurs de Radio France ont élu ce matin les Experts de l’équipe de France de Handball au rang de « Sportif de l’année » après le vote sur Internet de 51 000 personnes. Le trophée leur sera remis jeudi soir, à la maison de la radio, par les deux parrains de cette troisième édition de l’événement : Laurent Blanc et Marie-Jo Pérec, ainsi que par celui qui est à l’origine de cet événement, le directeur des sports du groupe de radios publiques, Jacques Vendroux. C’était donc l’occasion d’aller poser quelques questions à celui qui depuis presque 45 ans traverse l’histoire du sport français dans les médias et qui n’a pas l’intention de s’arrêter là puisqu’il présente aussi « Stade Bleu » sur France Bleu, lance les multiplex Ligue 1 de France Info et joue encore tous les dimanches avec le club qu’il a créé : le Variétés Club de France. Alors, bien sûr, Jacques Vendroux possède un avis sur tout…quitte à en froisser certains. Interview.

Les handballeurs sacrés sportifs de l’année, ce n’est pas vraiment une surprise…

- Oui mais je tiens à dire que nous avons battu le record de votes comparé aux éditions précédentes avec 51 0000 votants, ce qui est énorme. C’est important parce que c’est la France des auditeurs radiophoniques qui vote, ceux du Mouv’, de France Inter, de France Info, de France Bleu. Ce sont forcément des catégories différentes de celles qui votent habituellement dans ces genres de trophée et c’est donc une magnifique représentation de « la France » entre guillemets. Ils ont voté sur des critères purement sportifs mais aussi sur l’état d’esprit des champions.

C’est pourquoi il n’y avait aucun footballeur dans la liste proposée aux internautes…

- Ils ne le méritaient pas. Mais mon ADN c’est quand même le football et il fallait que le foot soit présent. Alors si ceux qui étaient en Afrique du Sud ne méritent pas de figurer dans notre sélection de sportifs, il y en a un qui lui mérite d’être là et de représenter le sport le plus populaire, c’est Laurent Blanc, lui aussi très populaire, un ami et parrain de l’opération.

Laurent Blanc a la tête de l’équipe de France ça a du vous faire plaisir…

- Oui car il a une carrière extraordinaire, je le côtoie souvent, c’est quelqu’un de très sain, qui a un palmarès respecté et qui respecte ses joueurs. Il y a une communion entre ces joueurs et lui. Quand Blanc dit à un de ses joueurs « ça ne va pas », le mec rectifie vite fait le tir.

Un entraîneur comme Onesta, celui de l’équipe de France de hand…(il ne me laisse pas terminer)

- Extraordinaire ! Je l’ai côtoyé ces derniers temps car on s’est beaucoup investi avec le handball à France Inter et France Info, c’est quelqu’un de sain, à la fois autoritaire et affectif, il me fait penser à Laurent Blanc dans sa manière de manager. J’aime aussi beaucoup Joel Delplanque, le président de la Fédération de Hand. Ses références c’est Fernand Sastre (FFF), Philippe Chatrier (tennis), Albert Ferrasse (rugby), trois grands présidents sur lesquels il prend exemple.

Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui on n’a pas autant de grands présidents emblématiques de fédération ?

- Beaucoup de présidents de fédération viennent du milieu amateur, ce qui est un petit peu compliqué. Et je trouve dommage qu’on n’ait plus de grands présidents de fédération quand on voit par exemple que Michel Platini est président de l’UEFA ou Jérome Valcke, n°2 de la FIFA, est français. Je ne comprends pas par exemple qu’au niveau du foot on ne soit pas capable de trouver un grand président. Le problème est tout simple : il faut trouver des gens qui aient le niveau. Il y en a beaucoup dans les fédérations qui n’ont pas le niveau. Le mode d’élection des les fédérations doit changer, il est obsolète, et vient à 90% du monde amateur. Et le monde amateur, quel que soit le respect que l’on peut avoir pour eux, ne règle que des problèmes d’amateurs. Ils ne vivent pas avec les problèmes des professionnels. On l’a vu avec le football ces quatre derniers mois. on a été pathétique et pitoyable. Mais je pense que Fernand Duchaussoy va essayer de s’en sortir parce qu’il est de bonne volonté et parce qu’il est sain.

Vous le sentiez arriver ce clash dans le foot français ?

- Honnêtement non ! Je pensais que l’équipe de France allait faire un résultat en coupe du monde, parce que c’est la coupe du monde, mais là ce sont les joueurs qui se sont troués tout seuls. Peut-être que Domenech a mal géré l’affaire, la fédé aussi, mais les responsables ce sont les joueurs. De toute façon, l’erreur date de 2008 où il fallait se séparer de Domenech, voilà. De toute façon, le foot est le reflet de la société.

Une mentalité que l’on a vu dans le mercato cet hiver…

- D’abord, le mercato d’hiver est une grosse connerie. Mais ce qu’a fait Sessegnon au PSG est pitoyable. Il décide de partir au dernier moment et oublie qu’il y a un rapport employé-employeurs. Que le dénommé Payet dise « moi je ne veux plus jouer à St Etienne et je veux aller à Paris », ce n’est pas lui ou Sessegnon qui gèrent la conduite d’un club. C’est complètement anormal que des choses comme ça se passent. Les joueurs doivent respecter leur contrat. Mais maintenant, tout le monde peut changer de club deux fois dans l’année ! Ce n’est tout simplement que la suite de ce qui s’est passé en Afrique du Sud. Les joueurs font ce qu’ils veulent ! Il n’y a pas d’autorité.

Vous êtes toujours à la tête du Variétés Club de France ?

- Toujours, toujours. Je joue tous les dimanches avec le Variétés Club de France pour aider les uns et les autres. Tous les dimanches depuis 40 ans. On fête notre 40e anniversaire cette année.

Et vos 45 ans de carrière…

- Oui, le 2 mai 2011 ça fera 45 ans. Je n’ai pas vu le temps passer. Depuis le 2 mai 1966, date à laquelle j’ai débuté avec comme parrain Thierry Roland, Robert Chapate et Roger Couderc, je me suis toujours éclaté. Ces parrains m’ont appris deux choses : fais ce métier sérieusement sans te prendre au sérieux. Du coup, la notoriété me passe au-dessus de la tête.

On a toujours dit que le « Variétés » était en coulisses le décisionnaire de tout ce qui se passait dans le foot français…

- (il coupe) Je vais vous expliquer. Le Variétés Club de France a toujours été solidaire avec ses membres. Si un type est dans la merde on va l’aider, à retrouver du travail par exemple. C’est pour ça que le Variétés est souvent dans le collimateur. Mais je vous signale que le Rotary Club fait pareil, les Francs-maçons aussi, etc… mais comme le Variétés c’est le football, on en parle plus. Je ne sais pas si on a une influence dans le foot français, en tout cas tout ce que je fais avec les membres du VCF, je le fais avec âme et conscience et je ne le regrette jamais et si je devais recommencer demain je le ferai de la même manière.

propos recueillis pour « En Pleine Lucarne » par Vincent Rousselet-Blanc

 

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