Autres Sports Entretiens EPL Les News — 19 janvier 2011
Richard Virenque. Le nom ne peut vous laisser insensible. Adoré par des millions de Français quand il survolait les étapes de montagne de la Grande Boucle, le maillot à pois sur les épaules, décrié par d’autres millions lors de l’affaire de dopage de son équipe Festina en 1998, qui lui valut une campagne de presse, un procès et des railleries en tous genres (les Guignols), Richard a su montrer du caractère pour surmonter tout ça et rebondir.
Consultant cycliste pour Eurosport lors des derniers tous de France, homme d’affaires de plus en plus averti et aguerri, Richard Virenque se démène aujourd’hui partout où il le peut, et notamment sur Internet et Facebook (voir sa page) pour lancer, faire connaître et vendre sa marque de produits énergisants V7 (le site de vente en ligne).Et veut encore réaliser un rêve.
Mais l’ancien champion n’a pas abandonné les médias pour autant. On le verra ainsi signer une chronique à partir du 27 janvier dans « Sport Vélo », une nouvelle publication de Lafont Editions, et en tant que consultant télé sur le prochain Tour de France. Pour « En Pleine Lucarne », Richard a accepté de revenir sur tous ces points. Interview.


On vous voit très actif en ce moment, notamment sur les réseaux sociaux tels que Facebook (voir sa page) pour faire connaître une gamme de produits baptisée V7. C’est quoi au juste V7 ?
- C’est une gamme de produits nutritifs et énergétiques multisports qui comprend boissons de l’effort, gels, poudres, barres, protéines…et des vélos électriques.  Le  « V » signifie bien sûr Virenque et le « 7 » c’est mon chiffre porte-bonheur. Depuis que je suis né, des grands moments de ma carrière, le 7 m’a toujours accompagné (7 fois vainqueur du Maillot à pois de meilleur grimpeur sur le Tour de France ; 7 étapes remportées sur le Tour de France dans toute sa carrière ; il a remporté le 7 octobre 2001 la course Paris-Tours en solitaire). J’ai créée V7 il y a deux ans et je m’en suis servie pour sponsoriser pendant deux saisons l’équipe AG2R la mondiale, pour faire tester et faire connaître un peu la marque.
Comment vous est venue l’idée de vous investir dans de tels produits ?
- L’idée a  germé en 2004, alors que j’étais dans mes dernières années de cycliste professionnel. Dans mes bidons, je ne mettais que de l’eau car, à l’époque, les compléments alimentaires qui existaient sur le marché étaient la plupart du temps trop acides. Ca me donnait, à moi mais aussi à d’autres coureurs du peloton, des aigreurs d’estomac. Je trouvais aberrant qu’en 2004 on ne propose pas aux sportifs professionnels de produits qui leur soient vraiment adaptés. J’ai donc profité de mes connaissances, de mon expérience, et du travail d’un laboratoire, pour mettre au point cette gamme de produits.

« Aujourd’hui, on a besoin d’aide
afin de bien implanter V7 sur le marché »

Comment la gamme V7 a-t-elle été accueillie ?
- Très bien dans le milieu professionnel. Et là, aujourd’hui, j’essaye de la commercialiser au mieux, également à l’attention des sportifs amateurs et du grand public. Si le produit est bon pour les pros, il est bon pour tout le monde. Mais pour toucher le grand public, il faut être structuré. On ne met pas les produits en magasin comme ça. Il faut élaborer toute une stratégie commerciale, avoir des commerciaux, un suivi pour les ventes, les approvisionnements, la livraison, etc… . Avec Emmanuel Potiron, mon ami et conseiller communication et relations presse, on travaille dur, je vous le garantis. Aujourd’hui, on a besoin d’aide afin de bien implanter V7 sur le marché.
Un vrai métier quoi…
- Oui, mais ce n’est pas évident car c’est pour moi un domaine d’activité nouveau. C’est une grosse structure à mettre en place, il faut que je trouve des distributeurs, et ça prend du temps. Les premiers produits ont été commercialisés il y a deux ans chez Go Sport et aujourd’hui ils le sont aussi sur mon site Internet « www.v7energy.com » et bientôt, j’espère, en grande distribution en 2011.
 

Vous voilà donc chef d’entreprise maintenant…
- Oui et non, car avant V7, j’avais déjà plusieurs sociétés : une pour mes contrats d’image, une autre pour les contrats de licence, une société immobilière, et maintenant une pour les compléments alimentaires. J’ai plusieurs cordes à mon arc. Mais il est vrai que si c’est difficile au début, toutes ces activités rendent plus fort, plus confiant pour entreprendre des choses.

Après l’arrêt de votre carrière, votre première reconversion a été en tant que consultant pour la télévision et pour Eurosport…
- Oui, c’est la première proposition que j’ai eue en effet. J’ai saisi cette opportunité avec de grosses interrogations. Je ne savais pas comment ça allait se passer. Je ne savais pas si j’étais capable de faire vivre aux téléspectateurs par écran interposé les choses, les émotions, les grands moments que moi j’avais vécus sur le tour. Il s’avère que je m’en suis assez rapidement bien sorti car c’était passionnant, j’étais euphorique quand la course le permettait, c’est venu tout seul. J’ai progressé rapidement et ça s’est ressenti à l’antenne…  Quand on est passionné et qu’on a vécu cette passion pendant des années, forcément c’est toujours plus facile.

Comment jugez-vous le milieu cycliste aujourd’hui ? Est-ce le même que quand vous étiez professionnel ?
- Il évolue vite, d’année en année. Il suffit d’en être absent pendant trois quatre ans et l’on est perdu. Les têtes changent, les équipiers, les leaders, les directeurs, les entraîneurs, les équipes, même les maillots changent,  tout va très vite dans le cyclisme.

« Si j’avais une mauvaise image, je n’aurais pas pu entreprendre tout ce que j’ai entrepris »
Aujourd’hui, êtes-vous définitivement débarrassé de la mauvaise image qu’on vous a collée à la peau lors de l’affaire Festina en 1998 ?
- Oui, j’ai su rebondir très vite après l’affaire Festina et faire une carrière de cycliste derrière. Je crois avoir conservé une bonne image auprès de sponsors et du public puisqu’ils m’ont suivi. Si ça avait été le contraire, j’aurais arrêté ma carrière ou je n’aurais pas fait tout ce que j’ai fait par la suite. Si j’avais une mauvaise image, les portes se seraient refermées et je n’aurais pas pu entreprendre tout ce que j’ai entrepris depuis.

Quand on voit les affaires de dopage qui s’accumulent, Contador récemment, sans que ça déclenche la folie provoquée par Festina, n’avez-vous pas l’impression d’avoir payé pour tout le monde ?
- Non. Je pense qu’en 1998, les instances sportives et gouvernementales voulaient faire un exemple. Elles se sont focalisées sur le cyclisme et malheureusement Festina était l’équipe en vogue, la plus médiatique. Tout le monde a voulu tirer la couverture à soit. Et ça a donné ce que ça a donné, c’est parti dans tous les sens, avec procès, etc… Avec le recul des années, on voit bien que cette action était dérisoire car le phénomène était général. Plutôt que de faire un exemple, Il aurait fallu tout rénover, repartir à zéro. Heureusement, le grand public l’a compris, a compris ce qui se passait dans le cyclisme. C’est pour ça que je suis ressorti grandi de l’affaire car je précise que je n’ai jamais été condamné à la suite du procès. On m’a suspendu un an alors que je suis le seul coureur dont les analyses avaient été déclarées négatives, je n’étais pas positif.

« Quel sport aujourd’hui fait autant que le cyclisme
pour montrer qu’il est clean ? »

Les journalistes en ont trop fait ?
- Je ne sais pas, mais des journalistes qui n’y connaissent rien en matière de préparation médicale pour un sportif de haut niveau, et ils sont nombreux, ont fait des amalgames, ont parlé de dopage à la moindre prise de cachet alors qu’on était loin de tout ça. Et puis ces journalistes se focalisent sur le cyclisme alors qu’aujourd’hui le cyclisme est sans doute le sport le plus contrôlé au monde depuis dix ans et donc le plus propre au monde. Les coureurs sont suivis à la trace, subissent des contrôles sanguins, capillaires, inopinés, etc… On en fait même trop. Quel sport aujourd’hui fait autant que le cyclisme pour montrer qu’il est clean ? Il n’y en a pas ! Alors il y a peut-être un cas ici ou là mais c’est pas généralisé. Et puis  c’est facile de taper sur le cyclisme, mais les journalistes ne vont pas voir dans les disciplines où il y a beaucoup d’argent, d’intérêt. C’est hypocrite.

« Si je devais avoir un rêve encore à réaliser,
ce serait d’avoir mon équipe cycliste professionnelle »
Votre reconversion est en bonne voie semble-t-il, mais avez-vous encore un rêve à réaliser, une idée que vous voudriez voir aboutir ?
- J’aimerais ne plus rien faire du tout ! (rires). Les affaires ça prend du temps, il faut toujours être disponible. Quand on lance plein de projets, il faut aller au bout et je suis donc constamment sur la brèche, or j’ai envie de me retirer, de profiter  de ma famille, de mes enfants. Mais j’ai aussi eu la chance que ma reconversion ait été assez facile, la chance d’avoir conservé une bonne image auprès des gens ce qui m’a permis de surfer sur pas mal de projets après ma carrière. Et ce que j’ai mis en œuvre fonctionne. C’est le signe que ma carrière a été réussie et ma reconversion l’est aussi. Mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers.  Alors si je devais avoir un rêve encore à réaliser, ce serait d’avoir mon équipe cycliste professionnelle. Mais pour ça, il faut trouver un mécène, un sponsor. Un jour, peut être !
propos recueillis en exclusivité pour En Pleine Lucarne par Vincent Rousselet-Blanc
@reproduction interdite sans mention de la source

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