Commentateur du tennis sur Pathé Sport, Eurosport puis sur les antennes de Canal+ depuis 2003, Fréderic Viard forme aujourd’hui avec Guy Forget le meilleur duo journaliste-consultant tennis de la télévision.
Avant qu’il ne s’envole pour l’Australie pour y commenter en exclusivité sur Canal+Sport l’Open d’Australie qui débute ce week-end (voir la programmation télé complète), nous avons donc voulu en savoir plus sur lui..
50 minutes d’entretien pendant lesquelles ce journaliste aussi pointu que sympa nous a parlé de son compère Guy Forget, de ce tournoi du Grand Chelem qu’il place au-dessus des trois autres mais aussi de dopage ou encore du sale coup qui a vu Canal+ perdre les droits télé des tournois Master 1000 et 500 au profit d’Orange Sport qui les diffusera à compter du moins de février. Une nouvelle interview…fleuve, passionnante et en exclusivité pour vous.

« On va de plus en plus s’appuyer sur les grandes émissions du groupe pour faire vivre le tennis »


Vous reprenez la route avec Guy Forget. Comment se déroule votre collaboration pendant un si long tournoi ?
- Guy profite souvent de la première semaine pour aller voir tous les joueurs français en tant que capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. Je le laisse un peu tranquille avec les commentaires cette semaine là, même s’il commente quelques matchs et reste présent à l’antenne avec le magazine « Melbourne le mag ». La deuxième semaine, il est déjà plus présent derrière le micro avec moi et à partir des quarts de finale, il commente tous les matchs.

Avoir Forget comme consultant, est-ce un vrai plus pour obtenir des infos ou des passe-droits ?
- Je ne sais pas s’il nous aide dans notre relation avec les joueurs français car nous les suivons toute l’année, on s’entend très bien avec eux, et je ne pense pas que l’on ait plus de portes ouvertes parce que l’on a Guy dans l’équipe. En revanche, étant donné qu’il côtoie les joueurs en permanence pendant le tournoi, il accumule une somme d’infos précieuses que nous n’avons pas. Ca oui, c’est un vrai plus pour le commentaire. C’est d’ailleurs aussi valable avec les autres joueurs que les Français, parce que tous, même Nadal ou Federer, reconnaissent sa carrière de joueur et respectent son rôle de capitaine aujourd’hui et se confient plus facilement à lui qu’à un journaliste.

Le groupe Canal a des magazines pour tous ses sports phares ou presque (Les Spécialistes foot, rugby, Canal NBA, CFC, etc.) et pas pour le tennis. Ca ne vous manque pas ?
- Si ça nous manque,bien sûr. Jusqu’à présent on avait Le club des Spécialistes sur Canal+Sport, le mercredi, dans lequel j’intervenais régulièrement. On devait d’ailleurs aller plus en avant et faire des Spécialistes du mercredi, un rendez-vous hebdomadaire « Les Spécialistes Tennis ». Mais il se trouve qu’au moment de la réflexion, Canal a perdu les droits télé des Masters 1000 et 500 rachetés par Orange Sport. La présence d’un magazine devenait donc moins cohérente du fait qu’on sera un peu moins présent à l’antenne avec le tennis à l’avenir. Mais l’idée n’est pas abandonnée et ça va repartir de plus belle. Déjà sur Infosport, par exemple, dans le « Grand Forum », dès qu’il y a des événements tennis, on fait intervenir des consultants en direct. On a ainsi fait énormément vivre la finale de la coupe Davis. On va de plus en plus s’appuyer sur les grandes émissions du groupe pour faire vivre le tennis.


Canal a perdu les droits des tournois ATP Masters 1000 et 500…
- Disons donc qu’on fait une pause. Et puis cette redistribution des cartes va nous pousser à nous débrouiller pour que les abonnés qui avaient plaisir à suivre le tennis chez nous, restent. Et Canal a racheté les droits de nombreux tournois ATP 250. Et puis il nous reste encore nos fleurons, les tournois du Grand Chelem, le tournoi de Monte Carlo qu’on a conservé. A nous de les mettre encore plus en valeur pour que les abonnés gardent cette relation qu’on leur offre toute l’année avec le tennis. Comme disait la pub à l’époque « on n’a pas de pétrole, mais on des idées » eh bien nous, « on a un peu moins de tennis, mais on va trouver des idées pour encore mieux l’exposer ».

Comment expliques-tu que l’ATP ait vendu à Orange Sport sans se soucier de l’exposition médiatique de son image et de ses compétitions ? La fédération française de tennis (FFT) a-t-elle joué un rôle dans l’opération ?
- Pour le mécanisme, c’est l’ATP qui vend ses droits comme elle l’entend. Mais, en ce qui concerne la France, l’association se fie à l’avis des organisateurs des Masters 1000 français, en l’occurrence celui de la FFT. La vente des droits à Orange Sport est donc en grande partie un choix de la fédération française de tennis. Sans jamais avoir été au coeur des négociations, je pense qu’à l’époque où se sont renégociés ces droits tv, la FFT pensait qu’Orange Sport allait décoller. Elle a donc fait le pari de l’argent. A mon avis, en terme d’audience, c’est un pari perdu. Sans se jeter des fleurs, je ne pense pas que les téléspectateurs retrouveront immédiatement sur Orange Sport l’effort qu’on a pu faire à Canal en termes de mise en image et d’exposition du tennis.Quand on fait ce qu’on fait pour le tennis sur Canal+ avec des magazines lors des grands chelems, la couverture exceptionnelle du Tournoi de Bercy, etc…, je ne suis pas sûr qu’Orange Sport récupère immédiatement à l’antenne le savoir-faire que nous avons en matière de traitement du tennis.

Ca va changer votre façon de travailler ?
- Non car nous avons récupéré les tournois 250 et on compte bien les mettre en valeur. Alors oui, on aura un peu moins de travail, mais on va prendre ce temps libre pour essayer de développer d’autres idées, des sujets. On va se démener. Je préfère le prendre de façon positive : Ok, on a perdu les droits, mais si on veut garder nos abonnés il faut continuer à leur donner des programmes de qualité.

« Federer n’est pas du genre à se contenter d’une place de n°2 ou n°3″


Comment vois-tu ce début d’année qui s’annonce avec l’Open d’Australie ? Federer peut-il redevenir n°1 ? Ou bien, après avoir tout gagné, va-t-il finir sa carrière en roue libre ?
- Redevenir n°1, Federer le veut car il est passé tout près du record de nombres de semaines à cette place, record détenu par Pete Sampras. Ca s’est joué à une semaine ! Je pense aussi que Federer n’est pas du genre à se contenter d’une place de n°2 ou n°3. Il a trop d’orgueil pour ça. Ce n’est pas le bonhomme à accepter la domination d’un autre. Maintenant il y a une bonne et une mauvaise nouvelle pour lui dans cet objectif. La bonne, c’est que vu sa saison qui n’a pas été exceptionnelle, et après cet Open d’Australie dont il est le tenant du titre, Federer n’aura plus énormément de points à défendre jusqu’à Roland Garros. Au contraire, Nadal, de son côté, remet des titres en jeu et donc beaucoup de points ( Masters 1000 plus trois grands chelems). Il sera donc plus facile pour Federer d’aller chercher des points que pour Nadal de conserver tous ses titres.

Et la mauvaise nouvelle ?
- C’est que Nadal peut aussi creuser l’écart en Australie car Federer est le tenant du titre et ne peut donc faire qu’aussi bien, alors que Nadal a été sorti l’an dernier en quarts. Et il y a une autre interrogation : l’Espagnol va-t-il laisser Federer aller chercher ces points ? Si la machine Nadal repart, comme ça a l’air d’être le cas, ça ne va pas être simple pour Federer.

Bref, encore un duel Federer-Nadal pour 2011. N’est-ce pas un peu lassant pour un journaliste de se contenter de ça depuis des années ?
- Franchement, non. On vit une époque tennistique extraordinaire.Mais bon, s’il y avait quelques mecs derrière qui venaient les bousculer, ça donnerait un peu de piquant. Avant un Heywitt, un Carlos Moya, un Thomas Muster et même un Ferrero pouvaient occuper la place de numéro 1 mondial. Pour le moment, ce n’est plus possible. Regarde l’année que vient de faire Nadal avec trois Grands Chelems d’affilée. C’est énorme. Et quand Federer l’an dernier remporte l’Open d’Australie, il sort d’une série de 7 ou 8 finales consécutives dans les derniers tournois du grand chelem. Ce sont des joueurs hors normes. Comme l’étaient Borg – McEnroe à l’époque. Là aussi on pouvait se dire que c’était lassant, mais avec le recul c’était aussi une époque incroyable avec deux joueurs qui se partageaient tous les titres.


« L’Open d’Australie est l’opportunité de voir un joueur
remporter 4 Grands Chelems d’affilée »


Donne-nous de bonnes raisons pour encaisser le décalage horaire et regarder l’Open d’Australie.
- Sportivement, il sera passionnant car on va peut être avoir l’opportunité de voir un joueur, Nadal, remporter 4 tournois du grand chelem d’affilée. Et comme c’est un tournoi qu’il a déjà remporté, on sait qu’il est à nouveau capable de le faire. Le dernier à avoir réalisé cette exploit, c’est Rod Laver en 1969 ! Rien que pour cet exploit ça vaut le coup de regarder car il y a plein d’amateurs de tennis, pour les plus jeunes d’entre-eux, qui n’ont jamais vu ça de leur vie.

On va donc se retrouver avec un grand tournoi
- Oui, je pense. D’abord parce que Federer et Nadal sont en forme. Ensuite, je ne suis pas inquiet pour Murray et Djokovic. On a aussi un Davydenko qui semble revenir à un très bon niveau après une saison blanche suite à une blessure. Il faudra aussi oberver un joueur comme Cilic, brillant l’an dernier, demi finaliste. S’il est en forme, il peut aller chercher n’importe qui. Andy Roddick a également fait un gros travail à l’inter-saison. Travail qui paye puisqu’il a fait finale lors de son premier tournoi. Et puis il y a les empêcheurs de tourner en rond en grand chelem de l’année dernière que sont Berdych et Soderling. Et là c’est très intéressant car Soderling est passé n°4 mondial juste avant ce tournoi. Ce qui signifie que Murray, 5e mondial, rencontrera un des deux gros, Nadal ou Federer, non plus en demi-finale, mais en quarts. Ce qui devrait donner un sacré beau match. Ce tournoi est donc très ouvert.

« Pour être n°1, il faut avoir envie de marcher sur son adversaire »

Et les Français dans tout ça ?
- Difficile à dire. Jo Wilfried Tsonga, qui n’avait plus joué depuis Montpellier, fait une demi finale à Doha et il n’est battu que par Federer. Ok, pour y arriver il n’a pas battu un joueur du Top 10 mais il est là. C’est encourageant. Je suis plus inquiet concernant Gilles Simon, en recherche de confiance. L’autre point d’interrogation c’est Gael Monfils parce qu’on ne sait pas du tout où il en est dans son tennis et dans sa forme physique. Il a terminé la saison tard avec la finale de la coupe Davis, il a eu besoin de souffler, de couper un peu. Il risque d’être un peu court pour l’Open d’Australie. Maintenant, c’est un garçon surprenant, capable d’arriver une semaine avant le tournoi et de jouer une demi finale.

Que manque-t-il aux français pour s’installer durablement dans le TOP 10 ?
- Je ne sais pas bien car la mécanique d’un grand champion est compliquée. Quand tu vois Djokovic, tu t’aperçois que psychologiquement ce mec est une machine. Il laisse peu de place au doute ou à la remise en question quand il arrive dans les grands rendez vous. Alors qu’un Andy Murray, lui, a encore ce genre de problème dans les grands tournois. Il n’arrive pas encore à franchir le cap des demi-finales ou se fait marcher dessus en trois sets secs en finale comme à Wimbledon. Sauf que tu t’aperçois, si tu regardes toute une saison, que Murray est toujours présent avec des victoires contre Federer et Nadal. Lui est régulier toute l’année. Il ne lui manque juste que les titres en Grand Chelem pour faire la différence dans le quatre premiers. Les français, eux, font des exploits. Ils tapent un coup fort, une fois :  Jo en demi-finale en Australie,  Monfils en finale à Bercy… Mais quand tu fais le bilan de la saison des français, ils ne sont pas là.

Tu l’expliques comment ?
- Est-ce que pour le moment ils n’ont pas encore un peu trop de respect envers les meilleurs ? Avant de jouer sa demi-finale à Doha contre Federer, Tsonga a dit : « ça va me permettre de voir où j’en suis. » Un Murray, bien avant qu’il ne soit numéro 4 mondial, quand il jouait Federer il ne se disait pas « je vais voir », il entrait sur le court en se disant : « je vais le battre ! » Je ne doute pas que Jo ait envie de gagner lui aussi mais en disant « je vais voir ou j’en suis », le mec reconnait que l’autre est plus fort et qu’il est la la valeur étalon. Ce discours peut donc vouloir dire : « je vais perdre, sauf si je faisun super match. » Or je me souviens de Nadal, quand il est arrivé sur le circuit, Federer était déjà le king, la valeur étalon. Ils se retrouvent en finale au tournoi de Miami et Nadal pousse Federer en 5 sets. Eh bien quand Nadal est arrivé sur le court, j’ai tout de suite vu, dès qu’il a commencé le match, qu’il n’en avait rien à faire que ce soit Federer en face. Il n’avait qu’une envie : marcher dessus. Lui il n’a pas dit, « je vais voir » ou « c’est pas jouable. » Pour durer au haut niveau, pour être numéro 1, il ne faut pas se dire « je vais faire de mon mieux », il faut avoir envie de marcher sur l’adversaire. La différence, elle se fait là je pense.C’est peut être de la psychologie de comptoir, mais je vois ça comme ça.
« L’absence de communication sur le dopage de la part de l’ATP me gêne beaucoup »


La domination physique de Nadal est si impressionnante que l’on commence à voir de plus en plus fleurir des soupçons de dopage.Toi qui est dans le circuit toute l’année, tu en penses quoi ?
- D’abord, on ne va quand même pas critiquer le fait que Nadal a choisi d’être le plus fort physiquement, comme d’autres peuvent choisir d’être techniques. C’est sa caractéristique, le physique, il l’a choisie et a tout fait pour être le meilleur dans le domaine. Maintenant, on ne peut pas faire l’économie du soupçon. Il y en a tellement qui se font attraper dans le sport de haut niveau, toutes disciplines confondues, qu’il est utopique de se dire les autres ne le sont pas. Ca fait partie de notre métier de se poser la question. Mais je pense que tant qu’ils ne se font pas prendre, il faut leur accorder la présomption d’innocence. Il faut faire attention à ce que l’on dit. De quel droit tu mets la carrière d’un mec en balance juste parce que tu t’étonnes de ses performances athlétiques et physiques ? Je ne suis pas athlète de haut niveau donc je ne peux pas juger plus que ça la performance. C’est aux scientifiques, aux entraîneurs de haut niveau de le dire. Moi, ce qui me gêne beaucoup plus aujourd’hui c’est la totale absence de communication de l’ATP sur le dopage et sur les contrôles antidopages. On ne sait rien ! On en est où exactement, combien de contrôles, qu’est ce qu’on a trouvé… Pourquoi n’y-a-t-il pas aujourd’hui de suivi longitudinal dans le tennis et s’il y en a un on ne entend pas parler. Pourquoi n’est-on pas au courant des tests sanguins ? C’est à l’ATP de prendre le truc à bras le corps pour qu’on n’ait pas à se poser ces questions nous journalistes ou téléspectateurs. Au moins, dans le cyclisme, ils font des tas de contrôles.

L’ATP protège son business ?
- L’ATP entend ces bruits bien sûr. Mais l’ATP c’est l’Association des Tennismen Professionnels, qui gère donc un circuit de tennismen professionnels mais aussi la Com’ sur le dopage au sein de son institution. Ca fait un petit peu consanguin tout ça. A Roland Garros, il y a plus de contrôles car la FFT et le gouvernement s’en occupent. Evidemment, quand tu vois les performances physiques de Nadal, tu te poses les questions. Mais au nom de quoi je peux dire « il ne peut pas le faire ».Soit tu es sûr de toi, tu as des études qui prouvent que c’est impossible d’y arriver sans se doper et alors tu le dis, soit tu regardes et tu ne dis rien, tu ne poses même pas la question. Que l’ATP mette en place des contrôles toute l’année et on n’en parlera plus.

« L’avenir du grand Chelem se trouve en Asie »

Pour finir, si tu devais classer par ordre de préférence les quatre tournois du grand Chelem…
- J’ai toujours préféré l’Australie car depuis que je suis gamin ce pays me fait rêver. Ensuite, je mettrais Wimbledon pour son coté traditionnel, son aspect histoire du jeu. A Wimbledon, tu pénètres dans un temple du tennis. J’adore aussi l’US Open pour son bruit et sa fureur. C’est vraiment ça là bas. Et, en dernier, Roland Garros…parce que la FFT ne nous a pas donné les droits.Je plaisante. (rires)

Roland Garros a été un moment contesté. On a même parlé de Madrid pour le remplacer. C’est, des quatre grand chelems, le plus menacé ?
- Non, je pense que celui qui a le plus d’inquiétudes à se faire est l’Open d’Australie car c’est très loin et toute l’Asie, notamment la Chine qui a déjà un master 1000 à Shanghaï, lorgne sur un tournoi du grand chelem. Si l’Asie met un paquet d’argent sur la table, c’est plus là-bas que l’avenir des grands chelems se trouve. Maintenant, la mesure d’extension de Roland Garros est à mon avis un mauvais choix, qui ne durera qu’une dizaine ou une quinzaine d’années avant que l’on se repose la question de son déménagement. La solution aurait été d’aller directement à Versailles ou ailleurs pour les 30-40 années à venir. L’US Open a souvent déménagé, aujourd’hui il est loin de Manhattan, mais ça gène personne. Il faut dire aussi que les Américains ont construit une ligne de métro qui arrive quasiment dans le stade. Et ils ne se mettent pas en grève tout le temps. Je vois d’ici que le jour où on déménagera Roland Garros en dehors de Paris qu’il y aura une grève sur la ligne de métro qui va y mener. Mais je ne suis pas inquiet historiquement pour Roland Garros.

Propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc en exclusivité pour « En Pleine Lucarne »

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