Autres Sports Entretiens EPL Les News — 07 janvier 2011
A partir de demain à Paris, pour le traditionnel Tournoi de Bercy, et sur les antennes du groupes Canal (programme), nos handballeurs français entament une longue route vers un nouveau titre, celui de champion du monde, qui se disputera en Suède à partir du 13 janvier. Et comme d’habitude aux commentaires depuis 1997, nous retrouverons avec joie, l’exalté Frédéric Brindelle.
Mais qui est vraiment ce journaliste sportif qui enchante une partie du public par ses commentaires ? Que pense-t-il du développement du handball français depuis qu’il le suit ? L’occasion était trop belle pour aller lui tendre mon micro. Et, surprise comme on aimerait en connaître plus souvent lors d’interviews, cet homme est non seulement adorable, mais très intéressant, bavard, sans langue de bois et surprenant puisqu’il commence par nous parler de…cyclisme.
Alors installez-vous bien devant votre ordinateur car une fois encore c’est une interview fleuve qui vous attend. Mais passionnante.
Et en cadeau, à la fin de l’entretien, deux vidéos bonus qui vous rappelleront bien des souvenirs.

Tournoi de Bercy, Championnat du monde en Suède qui s’enchaîne, la période s’annonce chargée…
- En effet, c’est le plus gros mois de l’année pour moi, d’autant que je reviens à peine du championnat d’Europe féminin qui a eu lieu en décembre.

Tu n’es quand même pas mobilisé que deux mois par an ?
- Non car je commente également la Ligue des Champions de handball avec Chambéry et Montpellier et les autres grands clubs que l’on suit. Et je commente aussi toute l’année le cyclisme pour Sport+. Dès que je rentrerai de Suède, j’enchaînerai avec le Tour du Qatar, par exemple. Ca n’arrête jamais (rires).

Le cyclisme ? C’est pourtant dans le hand que tu t’es fait une vraie renommée… Il existe même un groupe sur Facebook « Fan des commentaires endiablés de Frédéric Brindelle » avec 374 fans…
- Oui, c’est vrai. Pourtant je t’assure que je suis connu dans le milieu du cyclisme dont je commente les courses avec Cyril Guimard depuis 1998 ! D’abord pour AB Sport, puis pour Pathé Sport, et maintenant Sport+. D’ailleurs, je me retrouve souvent avec Cyril en photo sur Internet sur les forums cyclisme et les coureurs français nous connaissent très bien depuis le temps. Bien sûr, par rapport à la grosse machine Canal+, les occasions de mettre le cyclisme en avant sont plus rares ou quasi inexistantes si ce n’est sur les Jeux Olympiques que ce soit à Athènes 2004 ou Pékin 2008, où là j’ai tout commenté : VTT, BMX, cyclisme sur route, sur piste.

Ok, mais pour le grand public le cyclisme c’est le Tour de France et basta. Or, sur le Tour, on ne t’y voit pas.
- C’est un peu le problème de cette discipline, mais ça ne nous empêche pas d’avoir du volume et de diffuser de belles courses, spectaculaires, que les téléspectateurs amateurs de vélo aiment suivre comme Gand-Wevelgem, les Tour du Pays basque, de Romandie, de Suisse, le Tour du Haut Var, Paris-Bourges, etc. Il y a pas mal de choses quand même. Ma seule inquiétude est de pouvoir gérer mon agenda car très souvent les courses doublonnent avec les compétitions de handball.

Handball ou cyclisme, où va ta préférence ?
- Difficile de répondre. J’ai pratiqué le cyclisme à niveau amateur. C’est le sport que j’ai le plus pratiqué et que je pratique encore. Je dois bien faire mes 6 000 kms par an d’entraînement, j’ai fait des compétitions dans le même club (CS Meaux) que Patrick Chassé, l’ancien commentateur d’Eurosport. Et puis tu peux faire du vélo de manière autonome alors que si je devais jouer au hand il faudrait que j’y sois tous les mercredis et les samedis soirs, or mon emploi du temps professionnel ne me le permet pas. Je connais donc vraiment bien le cyclisme en tant que sportif, alors que le hand, je l’ai pratiqué un petit peu quand j’étais plus jeune. Si je le maîtrise bien maintenant c’est parce que depuis 1997 j’ai tout appris sur le tas, au contact de mes consultants. Bref, à titre personnel, je n’ai pas de préférence. J’aime autant les deux car j’ai à la fois mon sport collectif et mon sport individuel et l’équilibre est parfait comme ça.

« J’ai la plus grande chance qui puisse arriver à un journaliste sportif : je commente le hand au plus grand moment de son histoire. »

Et à titre professionnel alors ?
- Eh bien c’est simple : j’ai toujours travaillé dans des groupes qui ont toujours eu tous les gros événements sportifs de handball, tous les droits et avec un sport français qui gagne pratiquement à chaque fois depuis que j’ai débuté dans le métier. Et, à l’opposé, j’ai toujours été dans des chaînes où l’on n’avait jamais les droits des plus grandes courses cyclistes, je suis tombé dans les années dopage et c’est une discipline où les Français sont en grande difficulté au niveau international.

C’est donc dans le hand que tu t’éclates le plus ?
- Les émotions sont différentes et les deux sports sont très très présents dans ma vie personnelle. Ma mère s’est remariée avec quelqu’un que je considérais comme mon père et qui était cycliste, et mon fils qui a 9 ans joue au hand depuis 4 ans. Alors, quand je vois Thomas Voeckler gagner une course ou Pierrick Fedrigo, dont j’ai le maillot de champion de France accroché au-dessus de ma tête au bureau à Canal, c’est un sentiment très fort, car je sais aussi combien c’est difficile pour eux, combien ce sport est dur, exigeant, qu’on ne peut pas aller boire une bière avec le soir car le lendemain ils doivent recourir, etc. Quant au hand, c’est clair, c’est ma famille depuis 1997. J’ai vu les « Barjots » quitter l’équipe, j’ai vu arriver Fernandez et Dinart, ainsi que les petits jeunes qui me vouvoyaient au départ, les Guigou et tout ça, qui sont devenus des copains…

Qu’est-ce qui te séduit dans ce sport ?
Le hand véhicule un vrai esprit de famille car il y a une continuité dans cet esprit, il y a une histoire. Les joueurs, Olivier Krumbholz, m’ont offert des maillots et des posters dédicacés que j’ai chez moi avec des petits mots comme « tu es le Roger Couderc du handball« . Je prends ça comme un compliment. Ca me touche beaucoup.Et il faut bien dire aussi que j’ai la plus grande chance qui puisse arriver à un journaliste sportif : je commente le hand au plus grand moment de son histoire. Comme Roger Couderc s’est retrouvé dans le rugby à l’époque où la France se distinguait. Je ne sais pas si un jour quelqu’un aura autant de chances de pouvoir commenter un triplé historique. Donc les deux sports sont vraiment très proches dans mon coeur.

« Les handballeurs français auront toujours à se battre pour être reconnus à leur juste valeur. »


Quand on te voit à l’antenne, on a le sentiment qu’il règne dans le hand une ambiance comme on n’en voit plus ailleurs dans le sport professionnel de haut niveau. A la rigueur, peut-être dans le rugby. Le hand est-il le dernier bastion de l’ambiance « potes, famille » ?
- C’est intéressant que tu fasses cette comparaison avec le rugby car il y a un vrai lien entre les deux. Les consultants rugby de Canal+ me disent souvent « vous nous rappelez la belle époque du rugby ». Je pense que les acteurs du rugby français sont heureux de l’évolution de leur sport aujourd’hui, mais le professionnalisme et les enjeux sportifs font qu’ils se sont un peu plus renfermés.
Et puis si on parle de cette ambiance rugby dans le hand, ce n’est peut-être pas un hasard : le président de la Ligue de Hand est Philippe Bernat Salles, ancien international…de rugby et ceux, par exemple, qui s’occupent du marketing et de la Communication du tournoi de Bercy et de la Fédération Française travaillent pour Sella Communication, la société de.. Philippe Sella, un autre ancien rugbyman international français… Les gens du rugby se sentent donc très proches de l’état d’esprit du handball.

L’Equipe de France de hand a tout gagné. Penses-tu qu’elle peut être encore motivée pour aller chercher un nouveau titre ?
- Oui pour une bonne raison que m’a expliquée Jackson Richardson dans un sujet qui sera diffusé dimanche pendant le tournoi de Bercy : « Nous, dit-il, on a de l’humilité car on doit toujours se battre pour être reconnus. »
Les handballeurs français, malgré leur palmarès incroyable, ont toujours à se battre pour qu’un jour leur maillot de l’équipe de France soit vendu à Décathlon à côté de ceux des footballeurs alors qu’aujourd’hui il n’y est pas. Ils se battent sur le terrain pour que les gamins à l’école connaissent autant Karabatic que Jo Wilfried Tsonga ou Tony Parker, parce que Tony Parker fait de la pub pour Kellogs alors que Karabatic ne fait pas de pub pour les jeunes. Ils veulent se battre aussi parce qu’il y a des émissions où ils pourraient être sollicités pour faire la promo de leur sport et tenter de lui faire bénéficier d’une programmation plus ambitieuse. Je les comprends.
Prenons l’exemple la Ligue des Champions de Hand. C’est une compétition formidable avec des clubs français performants, Montpellier qui l’a déjà gagnée, etc. Eh bien quand je pars commenter un match à Montpellier, que je me mets France Info ou Europe 1 et que je n’entends presque rien sur leur match, à peine une annonce, tu comprends qu’ils ne peuvent pas tomber dans la facilité, dans le confort. Ils vivent en permanence une remise en question pour être reconnus à leur juste valeur.

Donc même un tournoi préparatoire comme celui de Bercy est important ?
- Ce rendez-vous de Bercy est même crucial pour eux. Les joueurs et le staff se demandent comment il va être suivi, comment seront mises en valeur leurs performances, est-ce que Bercy sera plein…Ils se posent en permanence des questions pur savoir comment être reconnus du grand public.

Mais comment expliquer ça ? C’est l’équipe qui possède le plus beau palmarès international de toutes nos équipes de France tous sports confondus, ils attirent des millions de personnes devant la télé quand ils jouent une finale, ils ont une super image...
- Il y a plusieurs explications. Prends déjà le classement des sportifs français les plus populaires publié par l’Equipe Mag. Tu y retrouves Chabal par exemple. Chabal c’est le mec qui fait plein de pubs, on le voit partout. Tous ces sportifs comme lui qui, hors compétition, font de la pub sont devant au classement. Or sportivement, Chabal il ne fait plus vibrer sur le terrain depuis un bout de temps. Aujourd’hui nous sommes dans une génération « people », zapping, one shot, télé-réalité etc., donc très attachée à l’image et les sportifs les plus connus sont ceux qui se montrent en dehors du terrain, qui apparaissent dans les émissions people, sur lesquels on peut raconter des histoires comme Laure Manaudou, et ceux qui font de la pub.Les handballeurs français ne sont pas dans ce circuit là. Donc, ils sont un peu moins connus.

« Le handball a cinquante ans de retard sur les autres grandes disciplines »

Ce n’est pas la seule raison pour expliquer que le handball français n’est pas médiatisé excepté une finale de l’équipe de France dans une grande compétition.
- C’est vrai et j’ai trois autres explications que je donne souvent aux étudiants qui viennent me voir parce qu’ils font des thèses sur ce sujet précis.Il y a trois angles à prendre en considération.
Le premier : contrairement aux autres sports, le handball est un sport jeune. Le handball tel qu’il est joué aujourd’hui n’existe que depuis 1950. Ce qui fait qu’il a au moins 50 ans de retard sur tous les autres grands sports médiatiques, foot rugby, tennis. Ca veut dire notamment que l’on a du retard sur le renforcement des structures nationales et internationales pour rendre les compétitions plus fortes.
Deuxième point : au niveau des clubs, et là je reprends la comparaison avec le rugby. Autour des clubs de rugby français tu as des notables, des chefs d’entreprise, des notaires.. Tout ceux qui font la vie d’un club de rugby en France sont des gens qui ont un fort pouvoir, un rôle primordial dans l’économie locale. Alors qu’historiquement, dans les clubs de handball, on retrouve des gens du milieu universitaire, des profs de sport. Certes ça nous donne une force parce que ces gens ont toujours réfléchi à l’amélioration de notre sport, au développement de sa pratique. En revanche tout ce qui est question de marketing ou de communication et développement économique, c’est toujours passé au second plan. Même si aujourd’hui la Com’ et le marketing de l’équipe de France s’est bien développé. mais c’est tout récent.
Troisième point : qu’est-ce qu’on propose au spectateur quand il vient voir un match ? On touche là le problème des salles plus ou moins bien conçues, de l’animation avant, pendant ou après les matchs, bref de la qualité de l’accueil. Des progrès sont faits, quelques clubs ont bien évolué, Montpellier étant très loin devant, Chambéry pas trop loin derrière, Dunkerque et Nantes font des efforts.Mais on se retrouve aussi avec des clubs comme Ivry ou Istres, qui ont beaucoup de bonne volonté ou de talent mais qui font 4-500 spectateurs par match, qui ont des salles déplorables, et qui, d’un point de vue bassin de population ne représentent pas grand chose. Pas facile aussi de fédérer autour de noms comme Istres, Ivry ou Tremblay-en-France comme on a pu le faire par exemple en basket avec Limoges ou Poitiers pour le volley.

D’accord, mais le succès médiatique de l’équipe de France pourrait inciter des gens à investir dans les clubs non ?
- Oui, ça marche au niveau de l’équipe de France, mais il faut voir le niveau du championnat aussi. Même un club comme Montpellier a des problèmes par exemple. Pourtant ils ont des partenaires, ils participent à la Ligue des Champions et attirent du monde dans les salles lorsqu’ils rencontrent Chambéry, Dunkerque ou Nantes, ses trois principaux poursuivants. Mais après ?  Que se passe-t-il quand tu as un Montpellier-Istres et que tu connais le score à l’avance du genre 41-22 ? Il n’y a pas de suspense, les gens ne viennent pas voir. D’autant plus quand ils vont dans des salles inadaptées, pas très accueillantes, sans loges, etc… Le feuilleton hand toute l’année n’est pas facile à tenir.

La ligue des champions connaît du succès sur Sport+ ?
- Elle mériterait encore mieux car c’est une super compétition et j’espère qu’elle va se développer avec en plus, cette année, un final Four à Cologne dans une salle de 20 000 personnes. Ce sera une grosse fête. Tous les clubs forts sont là : Croates, Hongrois, Allemands, Espagnols, Français, Danemark… Il faudrait plus médiatiser cette compétition pour donner envie ensuite de développer les clubs et donc le championnat français.
Je reprends l’exemple du rugby. Pourquoi ça marche ? Parce que chaque année, depuis des lustres, ce sport bénéficie d’une compétition internationale majeure : le tournoi des V puis des VI Nations. Cette compétition de très haut niveau fédère l’audimat et l’intérêt du grand public parce qu’elle est diffusée en clair (France Télévisions) et parce qu’elle est régulière. Dans le hand, on n’avait pas ça jusqu’il y a peu. On commence tout juste à instaurer un championnat du monde et un championnat d’Europe à des fréquences plus rapprochées. C’est ce qu’il nous faut pour attirer l’attention des gens. Mais, je le répète, ça va venir car nous avons 50 ans de retard. J’espère que ce qu’a fait Serge Blanco pour la promotion du Top 14, Philippe Bernat Salles, avec ses partenaires et son réseau, le fera pour le championnat de France de hand.

« Aujourd’hui le championnat de France fait peur »

Les droits du championnat sont actuellement remis sur le marché. Seuls France Télé et Eurosport s’y intéressent pour le moment. Pas Canal ?
- On va voir. Des rendez-vous sont pris, des discussions vont avoir lieu. Mais à Canal, aujourd’hui, on a le meilleur du hand, un produit qui marche très bien qui est l’équipe de France, et des compétitions internationales fortes (Bercy, Ligue des champions avec 3 à 4 matchs diffusés par journée et le Finale Four).Donc Canal a tout ce qu’il faut en hand.

Qu’est-ce qui ferait que Canal s’intéresse au championnat de France ?
- Déjà, qu’il progresse. Ce qu’il fait actuellement avec par exemple la mise en place d’un système de playoffs qui est déjà une manière de minimiser l’absence de suspense par rapport à la domination de deux trois gros clubs.Et puis on a vu l’entrée dans la boucle de professionnels de l’organisation tels que ASO (Amaury Sport Organisation qui gère le Tour de France) qui a décidé de développer autour de chaque club un engouement grâce à leurs partenaires ou leur relationnel, notamment auprès de la presse quotidienne régionale. L’évolution est en marche. Alors si quelqu’un arrive dans les couloirs de Canal avec un projet fort et va voir notre direction qui a toujours été proche du hand et qui l’a toujours soutenu, pourquoi pas ?

C’est donc à la Ligue de hand et à ses partenaires de faire des efforts ?
- Oui d’autant plus qu’après le retrait d’Orange Sport, la remise en vente des droits de retransmission télé du championnat constitue une occasion en or pour la Ligue de Hand de se positionner, de se façonner une image et un beau projet à vendre aux diffuseurs. Aujourd’hui, ce positionnement et le discours marketing se précisent et le message est le suivant : « le hand est devenu le petit frère du rugby, on a les mêmes valeurs, on offre du spectacle et on va vous proposer le même produit que les rugbymens ».
C’est bien sûr moins facile de convaincre les diffuseurs pour le hand que pour le basket qui, par exemple, s’appuie sur la grosse structure NBA qui nourrit l’intérêt mondial pour la discipline. Tu mets des playgrounds dans la rue, tout le monde est au courant. Et quand je me rends dans des gros pays de hand comme la Croatie, j’ai toujours vu dans les magasins de sport plus de maillots de joueurs de NBA que des maillots des joueurs de hand croates.Comme je disais, il nous faut de gros rendez-vous internationaux, qui deviennent réguliers, incontournables, spectaculaires et historiques pour se professionnaliser, améliorer les salles et fédérer le grand public. Mais aujourd’hui, le championnat de France de handball fait peur à voir ! Quand je vais voir Paris-Chambéry à Coubertin, ils ne remplissent que le premier étage !

Tu parles de salles inadaptées à l’accueil des spectateurs. Mais elles le sont aussi pour offrir de bonnes conditions de travail pour les retransmission télé. Or n’est-ce pas le point de départ d’un cercle vicieux : si on n’arrive pas à mettre le sport en valeur par une réalisation télé aussi bonne que pour le foot ou le rugby, il sera moins médiatisé, donc ne générera pas d’intérêt, pas de rentrées d’argent en droits télé, etc…
- Je suis tout à fait d’accord. Il m’est d’ailleurs arrivé récemment un incident avec le staff de l’équipe de Montpellier car je me suis permis de critiquer l’agencement pour les télés de leur superbe salle toute neuve, l’Arena. Le crime de lèse-majesté ! C’est effectivement une belle salle de 11 000 places, la 2e plus grande de France derrière Bercy, mais on ne peut pas installer les caméras ! On ne peut par exemple pas avoir de plan large sans être gêné par quelque chose. Pourquoi ? Parce que lors de l’élaboration des plans de la salle, les responsables sont allés demander à France 3 Régions quels étaient les aménagements nécessaires pour de bonnes conditions de travail lors de couvertures télévisées. Mais que fait France 3 Régions ? Du reportage pas de la retransmission en direct ! Ils viennent au match avec une caméra ou deux et font un sujet de 5 minutes. Mais jamais les responsables de Montpellier ou les architectes sont allés voir notre réalisateur pour lui demander quels étaient les besoins. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui la salle n’est pas adaptée à la télé, y compris pour les gens du tennis qui ont couvert le premier tournoi de Montpellier il y a quelques semaines : on ne pouvait même pas avoir en plan large les joueurs sur leur chaise au changement de côté parce que les architectes n’ont pas intégré nos besoins à réalisation de la salle. Nous, on s’est donc retrouvé dans les tribunes avec le poste commentateur. Et j’ai critiqué à l’antenne. C’est bien beau d’avoir de belles salles en France mais je ne pense pas que l’on sache s’entourer assez bien pour que le projet soit pensé dans tous ses aspects, notamment pour les retransmissions télés. Or on peut très bien installer des caméras sans que ça gêne le public comme à Bercy par exemple.

« Les Français termineront sur le podium »

Revenons à notre équipe de France ? Tu les sens comment pour ce championnat du monde ?
- Sur le podium malgré deux absences importantes. Celle de Guillaume Gille qui permet de faire souffler et Didier Dinard en défense et Nikola Karabatic en attaque. Et c’est le joueur le plus ancien, il est arrivé en même temps que moi. C’est la première compétition que je fais sans lui. Et puis il manquera Daniel Narcisse qui est l’une des vraies stars de l’équipe. Il sera tout de même présent puisqu’on lui a proposé d’être notre grand invité en plateau pour analyser les performances des Bleus, en alternance avec Philippe Gardent, l’entraîneur de Chambéry, ex capitaine des Barjots.
Mais je suis confiant car derrière il y a d’autres jeunes joueurs exceptionnels qu’on voit arriver en Ligue des Champions : Bertrand Roine avec Chambéry et surtout William Accambray avec Montpellier. Je pense qu’ils pourront bien remplacer les absents. Et puis les joueurs sont motivés. ils savent que l’avenir du hand, leur avenir, passe par des performances. Et puis nous sommes devenus gourmands. Imaginons qu’on se fasse éliminer en quarts de finale, pas sûr qu’ensuite ça intéressera beaucoup de monde de savoir qui remportera la finale.Ils auront une médaille. Il faudra juste éviter la Suède qui pourrait être avantagée par l’arbitrage.

Tu es donc un homme heureux aujourd’hui ?
- Oui. d’autant plus que lorsque tu arrives au degré d’implication qui est le mien avec cette équipe de France, avec le vécu que j’ai avec les joueurs, on devient un peu militant de la cause handball. J’ai de très beaux souvenirs avec eux, ils sont reconnaissants de notre travail de promotion du hand et de leur image. Ce sont des gens géniaux.

Propos recueillis par Vincent Rousselet-Blanc pour « En Pleine Lucarne »

@reproduction interdite sans citer la source

Vidéos Bonus :
Frédéric Brindelle et l’Equipe de France enflamment le plateau de Canal

http://www.youtube.com/v/UbZ_M56hEXU?fs=1&hl=fr_FR

http://www.youtube.com/v/_VtFQz8X-Gc?fs=1&hl=fr_FR

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Vincent Rousselet-Blanc

(4) Readers Comments

  1. je ne comprend pas que greg,qui as motivé ma carriere en hand quand j’etais a clermont l’herault,puisse commenter des matchs avec cette breldel;ilfaut qu’il arrete on ne suporte plus ses commentaires de merde.Et je pense que son influence télévisuele detaind sur toi.je me permet de te de dire « tu »car on a bu quelques whiskys ensembles après les matchs d’entrainment en semaine a la noté.Ce soir j’ai regarder nante montpel et 53,30 mn faute sur tej=2mn;et super votre star de la soirée »VALERO RIVERA »sur la dernière action;vous n’avez meme pas parlé de la branlée qu’il a pris pris par son entraineur et du jet de bouteille dans le couloirs des vestiaires!!!breldel arrete tout,on sais que tu n’as jamais joué au hand,sinon j’aimerai bien t’avoir a mon aile mème a 39 ans,tu passerai une mauvaise soirée.biz a greg et biz de guilhem de ST FELIX DE LODEZ.désolé pour l’orthographe je ne suis q’un simple hanballeur.

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