Entretiens EPL Football Les News — 20 décembre 2010
Jérome Alonzo ? A l’évocation de son nom, les supporters Parisiens, Marseillais et Stéphanois se remémorent sans doute avec des frissons cet extravagant gardien de but aux arrêts aussi fantasques que spectaculaires. Retraité depuis peu, Jérome Alonzo est aujourd’hui consultant sur Orange Sport et fête les deux ans de son magazine Surface.

 

Pour « En Pleine Lucarne », il accepte de revenir sur sa carrière, ses regrets, sa reconversion, sa vison du foot, son avenir dans les médias (on l’entendra à la radio en 2011) mais aussi sur l’image du footballeur, sur les journalistes et, bien sûr, sur le PSG, club dans lequel il rêve de revenir un jour. Et, comme à son habitude, tout ça sans langue de bois. Interview avec un personnage aussi sympathique que naturel.

Ton magazine, Surface, qui fête ses deux ans aujourd’hui, c’est une idée née et imposée par ta reconversion ?

Non. La génèse de Surface remonte à au moins trois ans, quand j’étais encore au PSG et le premier numéro est sorti quand j’étais à Nantes. Un jour, avec mes associés, avec qui on avait déjà une petite boîte « familiale », on s’est dit : on a des connexions dans le monde du foot et dans celui de la mode, est-ce qu’il n’y aurait pas un truc à creuser qui n’existe pas ?
Quels ont été vos axes de réflexion ?
On ne voulait pas refaire un So Foot, qu’on respecte énormément parce que pour les gens qui aiment le foot c’est un truc sympa. Mais on voulait faire différent. Et c’est vrai qu’en matière de mag un peu décalé, à part So Foot, il n’y avait pas grand chose. La réflexion qu’on a eue a été la suivante : si j’ai entre 20 et 40 ans et que j’aime le foot, que j’ai quelques euros à dépenser dans un aéroport ou dans une gare, qu’est ce que j’aurais envie de lire ? De mon côté, je suis fan depuis toujours d’un magazine de mode comme « l’Optimum ». Je me suis dit que j’adorerais faire la même chose mais liée au foot. Je voulais faire parler les footballeurs de tout sauf de foot et les autres (artistes, etc…), ceux qui ne jouent pas, de leur faire parler de foot, de façon à faire découvrir tout le monde différemment.
Surface ne traduit donc en aucun cas un désir de reconversion dans la presse et le journalisme ?
Non, jamais je n’ai envisagé ça. J’adore ce que je fais pour Surface, j’adore l’aventure humaine que c’est. Mais, pour tout te dire, Surface est sans doute le plus mauvais placement financier que j’ai fait (rires). Depuis deux ans, je n’ai pas touché un euro avec le magazine. Je suis aujourd’hui plus que mécène. On a commencé à 4, on a aujourd’hui dix employés. C’est vraiment une occupation plus que non lucrative ! C’est donc vraiment un plaisir. Bien sûr, on aimerait devenir gros ou se faire racheter par un très gros dans 5,6, 10 ans, pourquoi pas ? Mais pour le moment ce n’est pas notre démarche.

« Les footballeurs sont à 90% des sapeurs »
Parlons du contenu maintenant, Surface c’est quoi ? Le magazine du footballeur moderne ?
A l’origine on s’est demandé comment nous, qui débarquons sans avoir les moyens de payer 5 000 euros pour se payer une interview de joueur, comment, donc, attirer les joueurs ? Aujourd’hui, un joueur apparaît le plus souvent dans les médias, à la télé ou dans la presse, en short, chaussettes et maillot de foot, en tenue joueur de foot quoi ! Or les joueurs de foot sont ce qu’on appelle des « sapeurs ». A 90%, ils adorent les fringues. A Surface, on a donc fait le pari de les inviter dans des endroits décalés, halls et suites d’hôtels de luxe, des lofts, dans des beaux studios photos, et de les saper.
Il a été facile de les convaincre de venir s’exprimer dans Surface ?
Oui, déjà parce que les premiers qu’on a interviewés sont des amis et ensuite parce que la qualité de la publication les a convaincus. Les joueurs ont tous trouvé ça valorisant pour eux, leur entourage, leur famille que d’apparaître autrement qu’en short. .
Tu tentes de redorer un peu le blason du footballeur ?
J’espère car, quoi qu’on en dise, la cote de désamour du footballeur existe belle et bien et elle était présente avant la coupe du monde en Afrique du sud. Et puis, pour beaucoup de gens, les footballeurs sont des gars sans cerveau, qui aiment les fringues et les voitures. C’est très réducteur. Moi j’aime les footballeurs, j’aime mon milieu, et je suis bien placé pour savoir que les footeux ne répondent pas tous à ce stéréotype. Dans l’immense majorité, ce sont des mecs biens. Et ce n’est pas parce qu’ils ont la chance de gagner très bien leur vie grâce à leur métier que ce sont des imbéciles et qu’ils n’ont un avis sur rien. J’essaye donc de le faire découvrir avec un oeil nouveau, hors foot en général. D’ailleurs, au départ, on voulait appeler le magazine « Hors jeu ».

« Ce n’est pas dans le journalisme que je tirerai le meilleur de moi-même. »

Donc volontairement décalé.
Oui même si au départ on a vraiment eu du mal à trouver notre public. C’était de notre faute car on avait plein d’idées, trop d’idées. Puis on s’est re-concentré sur l’aspect foot des personnalités hors-foot et sur la mode pour les joueurs. Au début, les libraires ne savaient pas où nous placer : dans le rayon mode, foot, sport, people ? Maintenant Surface est bien identifié et la nouveauté, depuis trois numéros, ce sont les demandes d’interviews qui viennent des hommes politiques. Leurs attachées de presse nous appellent pour parler foot dans Surface ! Dire qu’on nous promettait trois numéros quand on a commencé. Aujourd’hui on fête nos deux ans. On a survécu. Ca durera ce que ça durera  mais on peut donc modestement considérer que Surface est une petite réussite.
Pour Surface, tu réalises des interviews. Un moyen d’apprendre un nouveau métier, le journalisme ?
Non. J’ai interviewé Pierre Ménès, par exemple, c’était l’un des premiers d’ailleurs. Je l’ai fait parce que ça m’amusait, parce que j’aime le contact et parce que les mecs se confient plus facilement à moi qu’à un journaliste lambda. Et puis j’étais à l’époque plus souvent sur Paris donc c’était plus facile (Jérôme vit à Nice maintenant). Je n’ai jamais eu jusqu’à présent une idée de reconversion derrière tout ça. J’ai toujours su que Surface serait pour moi un à-côté et non une activité principale. D’abord parce que techniquement je n’ai aucune légitimité, je ne suis pas journaliste et ensuite c’est surtout un plaisir. Ensuite, c’est paradoxal, mais depuis que je ne joue plus au foot j’ai moins de temps pour m’en occuper, de faire des interviews. J’assure encore les choix de sujet, les prises de contacts téléphoniques avec les joueurs, mais je me rends compte que pour bien tout faire il faut du temps. Et puis honnêtement, je ne pense pas que ce soit dans le journalisme que je tirerai le meilleur de moi-même.

« Je trouve hallucinant qu’il n’y ait pas d’autres gardiens de but consultants à la télé.»

Tu te sens plus efficace dans la peau d’un consultant foot, rôle que tu tiens pour la chaîne Orange Sport ?
Oui. Parce que depuis longtemps je me suis rendu compte que je suis à l’aise devant une caméra. Pas toujours avec un micro en main, mais devant une caméra oui. Et je me sens plus utile à cette place-là. Mais à Orange, j’apprends toujours. J’ai parfois un débit élevé quand je m’emballe. Je corrige ça et bien d’autres choses.
Il est curieux de voir que tu es le seul gardien de but consultant foot à la télé. Pourtant la vision du jeu d’un gardien doit être différente de celle des autres joueurs sur le terrain ?
C’est marrant que tu me dises ça parce que j’en parlais il y a quelques jours avec les gens d’Orange et c’est pour ça que ça commence à bien bouger pour moi. Prends les n°1 du foot actuel, Canal+,  tu te rends compte que le seul qui ait une légitimité à ce poste est Eli Baup… qui a joué gardien dans sa jeunesse, en amateur, bref, il y a très longtemps. Je trouve hallucinant qu’il n’y ait pas d’autres gardiens de but consultants. Il y a quand même, à chaque match, des choses à dire sur les gardiens, que ce soit pour des boulettes ou pour des exploits, pour analyser l’éclosion d’un jeune talent, pour le crépuscule d’un vieux fringant, etc. J’ai donc une chance d’occuper seul le créneau pour le moment car il y a vraiment des opportunités à saisir pour moi dans le domaine. 

Concrètement, dans le jeu, que voit un gardien que les autres ne peuvent pas juger ?
Tout ce qui est prise de balle, placements tactiques sur coups de pied arrêté qui sont des phases de jeu super importantes dans le jeu actuel, mais aussi les boulettes, pourquoi on la fait ou comment on aurait pu l’éviter, les techniques de face-à-face avec l’attaquant sur action de jeu ou penalty…Il y a plein de choses à raconter. Je commente donc les phases qu’on me demande d’analyser comme quand j’étais joueur, avec une vision et un recul que possèdent les gardiens de buts et qu’un consultant qui a joué attaquant n’aura peut-être pas.
Et des points faibles, bien sûr ?
Evidemment, je suis moins bon sur les changements de joueurs et de tactique en cours de match. Mais j’ai avec moi, à mes côtés sur orange Sport, Franck Sauzée qui, lui, connaît ça parfaitement. Je ne marche donc pas sur les plate-bandes de consultants qui ont été des tacticiens hors-pair pendant leur carrière. Mais j’amène un regard différent, nouveau et frais car j’étais encore en activité il y a quelques mois. Et j’apprends à critiquer quand il le faut et à bon escient mes collègues gardien, avec qui je jouais encore la saison dernière. Ce n’est pas facile de critiquer les potes (rires).
Le groupe Orange a annoncé son retrait du foot en 2012. Comment gères-tu cette annonce ?
C’est un choix des grands patrons, c’est comme ça. Moi, je me défonce, d’abord pour donner aux autres l’envie de continuer, puis, pourquoi pas, pour me faire repérer. La situation est plus motivante que déprimante donc.

« On me retrouvera à la radio début 2011″

Tu n’es pas réputé pour avoir la langue de bois, tu aimes parler, on t’imaginerait bien à la radio où les talk foot font rage…
Je suis d’accord avec toi. La radio est un média qui m’intéresse énormément et, pour être honnête, c’est actuellement en pourparlers. Je suis en contact avec deux stations nationales. Ca a capoté avec l’une d’elles, parce qu’aujourd’hui je ne suis plus footballeur, je suis un salarié et ce que l’on me proposait financièrement ne me convenait pas. Je ne veux pas me prostituer, je ne veux pas travailler à n’importe quel prix parce que, mine de rien, ça prend énormément de temps. Des négociations sont en cours avec l’autre, un autre gros du sport à la radio qui s’intéresse à moi pour tout début 2011. On peut mettre une petite pièce sur le fait que l’on me retrouvera à la radio très vite, pour du football, mais aussi peut-être pour la première émission Live Poker, concept qui n’existe pas encore en France.
Le poker ? Une de tes passions ?
Oui, j’adore ça, comme le golf. J’ai tous les vices (rires). Je m’y suis mis un jour complètement par hasard, sur le tard, et j’ai mordu au jeu. Je trouve le poker passionnant. J’ai d’ailleurs bossé trois ans avec un site internet qui s’appelait Poker 770, entre 2006 et 2009. J’ai arrêté car lors de l’ouverture du marché français, ils n’ont pas voulu prendre de licence pour la France, par choix commercial. Mon contrat s’est arrêté, ce qui m’a arrangé un peu car là aussi ça me prenait énormément de temps. Je suis donc en stand by par rapport au poker pro mais, chez moi, j’y joue régulièrement.

« Je déplore que beaucoup d’équipes jouent pour ne pas perdre et non pas pour gagner. »

Revenons au foot. Tu as vécu l’explosion du foot moderne lors de ta carrière. Qu’est-ce qui te plaît dans le foot actuel. Et ne te plaît pas  ?
Malheureusement je n’invente rien et mes réponses vont être classiques : je déplore d’abord que tous nos meilleurs joueurs s’en aillent à l’étranger car on n’a pas moyen financièrement de les retenir chez nous. Du coup, notre championnat se nivelle par le bas. Heureusement aujourd’hui on a encore des clubs qui ont été plutôt bons au niveau des économies, notamment Marseille et Lyon qui peuvent nous offrir des joueurs comme Lisandro, Lucho, Gourcuff, ou Gaby Heinze revenu en France. Paris, c’est un peu plus le système D, mais ils ont eu le nez creux pour Néné qui illumine le championnat actuellement. Le foot, et je ne le renie pas parce que j’en ai bénéficié, est plus que les autres un sport où le pognon est roi, avoir de très bons joueurs coûte très cher et le système français ne permet pas de les attirer.
Et au niveau du jeu ?
Concernant le jeu, son évolution tactique, je déplore que beaucoup d’équipes jouent pour ne pas perdre et non pas pour gagner. C’est pour ça que Lille est devant aujourd’hui car il joue pour gagner et Rudi Garcia a bien compris que pour marquer des points, mieux vaut jouer pour marquer et gagner. Il préfère en gagner trois en fin de match quitte à en perdre un, c’est plutôt intelligent.
Jamais les joueurs français ne se sont faits autant taper dessus par la presse et le public. Que penses-tu de la nouvelle génération ?
J’ai connu, il y a quelques années, une génération de jeunes joueurs qui arrivaient avec un peu d’arrogance, qui ne respectaient pas les codes, ne respectaient pas les anciens. Ca me gênait un petit peu. Je trouve que depuis deux ans, ça va beaucoup mieux. Les jeunes s’intègrent vraiment dans le moule du collectif et je suis plutôt content de ce que je vois et de ce que j’entends en France. Je ne suis pas alarmiste sur la génération qui arrive. Elle me semble plutôt bien. Les mecs ne sont pas mauvais dans leur Com’, même si ce n’est pas encore extraordinaire et que je préfère encore entendre une interview d’un rugbyman ou d’un handballeur plutôt que celle d’un footballeur.

« Pour que l’interview soit bonne, il faudrait aussi que les questions des journalistes soient bonnes ! »

Puisque tu en parles, avoue quand même que le discours du footballeur ne contribue pas souvent à le rendre intelligent aux yeux du téléspectateur : langue de bois, formules toutes faites….
C’est drôle ce que tu dis car je suis en train de préparer un livre avec toutes ces expressions de footballeurs. Plus sérieusement, si leur langage est limité, c’est parce qu’on ne leur pas appris à le faire et parce qu’ils n’ont pas la stature du dialogue et du rapport aux médias. Leur rapport aux médias est ultra-méfiant car ils pensent que l’on va sortir leurs propos de leur contexte, donc ils ne se mouillent pas.
Vous ne recevez pas de consignes de la part de votre encadrement quand vous devez parler aux médias ?
Non, pas tant que ça. Simplement, je pense qu’à un moment donné, il y a un manque de talent au niveau de la Communication. Ce n’est pas rédhibitoire, ça peut s’arranger et de nombreux joueurs prennent des cours de com’ dans les clubs, notamment les jeunes, pour apprendre à s’exprimer devant une caméra et devant un public. Moi je sais que j’ai toujours aimé manier la langue car ça m’a toujours plu, je me sens à l’aise pour répondre aux journalistes. Il n’y a rien de grave, ça va de mieux en mieux. On est en train, petit à petit, de refaire notre retard sur d’autres sports où on s’exprime mieux ou plus naturellement. Maintenant il faut aussi dire une chose : pour que l’interview soit bonne, il faudrait aussi que les questions des journalistes soient bonnes !
Ce qui n’est pas toujours le cas…
Le mec qui te demande au coup de sifflet final « alors tu es déçu d’avoir perdu ? » qu’est-ce que tu veux lui dire ? Tu aimerais lui dire : « pauvre con, bien sûr que je suis déçu ». Et le mec te dit « il faut continuer à travailler ? » et tu lui réponds « non, non, on va se reposer une semaine et on verra au prochain match! ».
Le fait de n’avoir que quelques secondes à peine pour répondre ne joue pas en la faveur des joueurs aussi…
C’est des conneries ça ! je ne suis pas d’accord avec toi. Donnes-moi le micro deux minutes, eh bien en deux minutes, tu peux toujours dire des choses originales, marrantes, intelligentes. En deux minutes, devant des millions de personnes, tu dois te sortir les doigts du cul pour dire un truc sympa sinon, tu restes chez toi.. Paganelli, j’aime bien ce qu’il a apporté à l’interview de joueurs. Ce n’est pas stupide, il y a un ton, il met en confiance.  Parfois, des journalistes te posent des questions, tu as envie de leur demander : » oh, tu as révisé un peu ? Ma carrière, etc ?  »
Pourquoi ne pas leur dire alors ?
Mais tu crois que je me suis gêné pour le faire ? Un jour, on prend un but à la 93e minute, on perd 1-0, le journaliste arrive et me demande : « alors vous devez être triste ? ». Je lui ai dit « Ben non, je suis ravi ! Super ! » Evidemment, ça c’est mon cas perso mais j’avoue que vous, les journalistes, vous êtes parfois emmerdants avec certaines de vos questions idiotes. Maintenant, en règle générale, il faudrait qu’un peu plus de joueurs osent répondre comme ils le pensent vraiment. Seulement aujourd’hui, si un joueur rentre dans un journaliste de cette façon, ce n’est pas sur le mauvais journaliste que ça va retomber, mais sur le joueur. Mais c’est entrain de changer. Ca devient vraiment plus professionnel. Canal+, et plus modestement, Orange Sport, y sont pour beaucoup.
«  Je milite pour qu’un ancien gardien du PSG devienne entraîneur des gardiens, un mec qui n’a pas beaucoup de cheveux par exemple »
Pour boucler la boucle maintenant, n’as-tu pas le sentiment d’avoir arrêté un peu tôt ta carrière de joueur ?
J’avais encore un an au moins dans le moteur, c’est sûr. Mais tu sais, notre métier, c’est une histoire de belles rencontres. Et la dernière rencontre, après le FC Nantes, je ne l’ai pas faite. Ne me demande pas pourquoi, ça tient de la réussite, de la malchance. Je me suis un peu perdu à Nantes les six derniers mois, ma vie privée était aussi compliquée, donc j’ai pris la décision de dire « on arrête ».
Ne pas avoir joué en Angleterre restera comme LE regret de ta carrière ?
C’est un regret éternel. En même temps, moins attisé aujourd’hui parce qu’il n’y a pas de gardien français en Angleterre. Il y en a eu un, Fabien Barthez à Manchester United et ils ont quand même réussi à le virer ! Bon, il faut voir que les Anglais ils sont capables d’hésiter sur un mec comme Hugo Lloris ! Tu le crois ça ? Ils n’ont que des truffes Islandaises ou polonaises dans leurs cages et ils hésitent sur un mec comme Lloris. Un jour, je suis allé faire un essai à Crystal palace. Et le recruteur vient me voir et me dit : « tu es pas mal mais tu plonges trop ! » Tu plonges trop ! J’hallucine. Et il rajoute « vous les Français, les espagnols et les italiens, vous plongez trop. » Déjà je lui ai répondu : « Je t’emmerde, et puis si j’ai une balle près du poteau, je plonge, c’est plus pratique que de l’arrêter au pied. ». On s’est engueulé. Et ce recruteur m’a expliqué qu’en Angleterre ils préféraient les mecs meilleurs dans le corps à corps, physiques. Ils n’aiment pas trop le style spectaculaire à la Lama, Joseph Antoine Bell, Mandanda, etc.. C’est dommage car la Premier league était un championnat pour moi, en rapport avec mon sens du spectacle et du rapport à la foule.
Et un avenir dans l’encadrement d’un club, le PSG par exemple, ça te tenterait ?
Ca va bien au-delà du fait que ça me plairait ou me tenterait. Il est sûr, à moyen ou court terme, que ça va finir comme ça. Le terrain me manque trop, le rapport aux joueurs me manque trop. Depuis que je suis à la retraite, c’est génial car j’apprends le football d’une autre manière, je le regarde d’un peu plus haut d’une certaine manière et évidemment, je repartirai un jour dans un staff de l’un de mes anciens clubs, c’est sûr.
Avec une préférence entre le PSG, Saint-Etienne ou Marseille ?
Comme ça à l’instinct, je te dis Paris ou Saint-Etienne. Concernant le PSG, je déplore le manque d’anciens joueurs dans l’encadrement du club. Mais Paris se reconstruit. Aujourd’hui, il y a un ancien à la tête de l’équipe (Antoine Kombouaré), c’est déjà bien, mais pas grand chose d’autre. Moi, je milite pour qu’il y ait un ancien gardien du PSG qui devienne entraîneur des gardiens, un mec qui n’a pas beaucoup de cheveux par exemple (rires).

« Au-delà de tout, ma réussite est là : avoir été aimé dans ces trois clubs »

Le message est passé et devrait ravir pas mal de supporters car tu as gardé une cote de sympathie et de popularité incroyable auprès du public.
D’autant plus que je ne l’ai pas cherchée cette sympathie. Si j’avais été un lèche-cul… d’ailleurs si je l’avais été, j’aurais certainement fait une autre carrière… mais j’ai refusé les concessions. Pourtant, je ne suis pas un gars qui se plaît dans le conflit, je suis même plutôt consensuel. Mais tu peux être consensuel et dire merde quand tu as envie. Je peux donc avoir la prétention d’être celui qui a fait Marseille, St Etienne et Paris et d’y avoir laissé de bons souvenirs, alors que les supporters de ces clubs ne sont pas tendres avec les anciens passés à l’adversaire en général. Au-delà de tout, ma réussite est là : avoir été aimé dans ces trois clubs. Et quand je retourne dans ces stades, je reçois un accueil qui me donne parfois envie de chialer. Ma victoire, elle, est là, au-delà des chiffres, du pognon et tout ça. Et j’en suis fier. 

Propos recueillis en exclusivité pour En Pleine Lucarne par Vincent Rousselet-Blanc 

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Vincent Rousselet-Blanc

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