Les News — 27 juin 2010




Jean-Louis Valentin, l’ex-directeur délégué de la Fédération française de football, fut le seul à prendre ses responsabilités face aux joueurs grévistes en démissionnant. Il témoigne et, enfin -c’est le seul jusqu’à présent -ne manie pas la langue de bois, dans le Figaro Magazine (et sur le site lefigaro.fr)

De retour à Paris, Jean- Louis Valentin pose un diagnostic implacable sur le fonctionnement de l’équipe et de la Fédération. Sur les causes de la déroute? Il récuse la thèse du fiasco annoncé et plaide plutôt pour le scénario de « la désintégration brutale » après la défaite contre le Mexique. «Tout est parti en vrille en un weekend », poursuit-il. Avant de pointer toute une série d’incroyables dysfonctionnements. C’est en lisant L’Equipe,deux jours après la défaite, que Jean-Pierre Escalettes a pris connaissance des insultes proférées par Nicolas Anelka à l’encontre de Raymond Domenech. Preuve de la coupure entre les dirigeants et le sélectionneur. Domenech, dont il a été un défenseur, n’est pas épargné dans son réquisitoire. Valentin confie que le jour de l’annonce de la sélection à la télévision, personne n’était au courant que la liste comprenait trente joueurs! «Ça m’a fait mal. C’est un manque de confiance flagrant.» Plus globalement, il admet que « la communication de la fédé est merdique. Il y a une culture du secret qui est d’un autre temps. On n’arrive plus à parler simplement et calmement de l’équipe de France. »

Mais ses flèches n’épargnent pas non plus les joueurs. « Ils vivent dans un autre monde. Ils n’ont pas conscience que derrière eux, il y a un peuple. Ils voient la France comme un pays hostile, prompt à susciter des polémiques. Ils ne supportent plus de jouer au Stade de France car ils se font siffler. Notre erreur c’est de leur avoir tout cédé.»

Sur l’avenir de la FFF, il n’est guère optimiste. Il faut, selon lui, tourner la page de la « gestion à la papa». La Fédération, qui gère un budget de 200 millions d’euros, a besoin de managers: «Remplacer Jean-Pierre Escalettes (75 ans) par Fernand Duchaussoy (67 ans) ne changera rien du tout. Si l’on veut être efficace, il faut passer d’une présidence honorifique à une présidence active et d’incarnation.» Valentin suggère de nommer un ticket composé d’un homme de 45-50 ans, au profil de généraliste capable de parler aux médias, et d’un champion de la génération 1998.

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Vincent Rousselet-Blanc

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