Les News — 22 juin 2010



Le journal L’Equipe, qui avait été condamné pour diffamation en
2009 après la publication d’une interview accusant de dopage l’athlète français Bob Tahri, a récemment été définitivement blanchi par la Cour
de cassation, selon un arrêt consulté par l’AFP et repris aujourd’hui par jeanmarcmorandini.com

Le 26 juillet 2007, un mois avant les Mondiaux à Osaka (Japon),
Le Monde avait révélé une affaire présumée de dopage touchant le demi-fond français. Le quotidien affirmait que l’athlète marocain Aïssa Dghoughi, spécialiste du 10.000 m lui-même suspendu et condamné par
la justice, avait fourni des produits dopants à plusieurs athlètes français, dont Tahri.

Trois jours plus tard, L’Equipe avait publié une interview de Dghoughi,
titrée « Tahri ne dit pas la vérité », où l’athlète marocain affirmait notamment que Tahri s’était rendu à plusieurs reprises au domicile d’une Allemande accusée d’avoir fourni des produits interdits à plusieurs athlètes. Des faits démentis par Bouabdellah Tahri. Le spécialiste du 3000 m steeple avait porté l’affaire en justice.

Le 5 juin 2008, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné le directeur de publication du quotidien sportif, Christophe Chenut,
à une amende de 2.000 euros et à 10.000 euros de dommages et intérêts.
Le signataire de l’interview, Damien Ressiot, avait lui été relaxé.

Le 28 mai 2009, la cour d’appel de Paris avait confirmé cette décision, à l’exception des dommages et intérêts qu’elle avait portés à 20.000
euros. La cour s’était refusée à octroyer le bénéfice de la bonne foi à M. Chenut, en raison de la « présentation orientée » et « dépourvue de neutralité » de l’interview. La cour évoquait notamment un titre « imprimé en
caractères très apparents » et mettant « en exergue, dans des termes ne résultant pas exactement de l’interview, les prétendus mensonges de la partie civile ». L’Equipe s’était pourvue en cassation.

Dans un arrêt rendu le 26 mai 2010, la chambre criminelle a cassé la décision de mai 2009, en considérant que Bob Tahri avait « limité » les poursuites en diffamation « aux seuls propos recueillis par le journaliste,
à l’exclusion du titre ».
La cour d’appel ne pouvait donc motiver sa décision en s’appuyant sur
des éléments non poursuivis. La relaxe de L’Equipe est aujourd’hui définitive.

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Vincent Rousselet-Blanc

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